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Rencontres Tsiganes

Lettre d'information


L'éditorial

Humain, trop humain !

Treize associations ont adressé, le 8 novembre 2017, simultanément au Maire de Marseille et à la Préfète déléguée pour l'égalité des chances, un appel au respect, au droit, à la dignité, un cri de colère face aux expulsions des familles Roms des squats du 44,rue Gustave Eiffel, du 343, boulevard Romain Rolland et du 224, chemin Saint-Jean-du-désert à Marseille.
La première éjection sur les trottoirs de Marseille, par une centaine de policiers, s'est déroulée le 31 octobre à la veille de la trêve hivernale.
La seconde a eu lieu le 3 novembre sous les menaces et la pression d'une partie du voisinage et de la Mairie de secteur.
Pour la dernière évacuation, le 8 novembre, les familles ont quitté le site...spontanément...quand la police leur a demandé de partir !
Comme le précisait le courrier des associations, ces situations sont la conséquence d'une politique (d'une absence de politique) qui ne fait que déplacer les problèmes sans apporter de réponses adaptées.
Les associations demandaient au Maire et à la Préfète qu'une délégation des associations soit reçue pour contribuer à la recherche de solutions.
Le Maire n'a pas répondu !
La Préfète a répondu.
Ah ! dit-elle, s'il n'y avait pas eu cette décision de justice du 26 octobre 2017 qui confirmait une première décision de justice obligeant les familles à quitter les lieux avant le 23 août pour la sécurité des familles (zone inondable et présence d'une mezzanine dangereuse), elle n'aurait peut-être pas pris la décision d'expulser par la force publique !
Je rappelle que la requête des familles et de leur avocate visait à demander des délais supplémentaires pour libérer les lieux. C'est ce refus du tribunal de grande instance de Marseille d'accorder des délais supplémentaires dont se prévaut la Préfète pour évacuer manu militari ce squat.
Mais l'Etat- dit encore la Préfète - a proposé un hébergement à l'hôtel à chaque famille et certaines ont refusé ! Précisons que ces hôtels sont, certains à la limite de l'insalubrité, d'autres très éloignés du centre-ville et des transports en commun. Et surtout cette solution freine les familles dans leurs activités de subsistance.
Combien de temps les familles pourront-elles rester à l'hôtel ? Aucune solution pérenne n'est proposée .
JPPERRIN-RT