SAVOIR, DECOUVRIR, COMPRENDRE.

Ces trois mots constituent le triptyque proposé par le Mémorial du Camp des Milles à Aix-en-Provence pour suivre le cheminement du musée d’histoire et de sciences de l’homme ouvert en 2012. Le Camp des Milles abrite en effet un important musée historique tourné vers l’Éducation et la Culture et propose un parcours de visite inédit pour apprendre notre passé : un repère citoyen pour aujourd’hui et pour demain. 

Depuis plusieurs années déjà, Rencontres Tsiganes avait été associé au travail de mémoire animé par Alain CHOURAQUI, porteur de cet ambitieux projet et aujourd’hui président du Mémorial. A l’appui des nombreux témoignages et de l’histoire sombre de ce lieu qui a vu entre 1939 et 1942 transiter des milliers d’hommes de femmes et d’enfants juifs avant d’être déportés vers la solution finale, Alain CHOURAQUI a tenu à associer à ce projet la mémoire d’autres génocides, anciens ou plus récents, des Arméniens, des Tsiganes, des Rwandais. Les visiteurs sont ainsi appelés à mieux comprendre comment des fonctionnements humains peuvent aboutir à ces génocides et comment mieux les prévenir ou y résister.

Le génocide des Tsiganes trop longtemps oublié et parfois même nié, trouve ainsi une place dans ce parcours mémoriel. Si près de 500.000 d’entre eux ont trouvé la mort sous le régime nazi, la volonté d’extermination de ce peuple trouve son origine, dès les années trente, dans l’idéologie raciste qui se répand dans l’ensemble de l’Europe. Les Tsiganes considérés comme des asociaux sont regroupés dans de camps qui deviendront des camps de la mort. Cette sombre histoire est aujourd’hui remise en mémoire grâce aux travaux de nombreux chercheurs et historiens comme Henriette ASSEO (Les Tsiganes :une destinée européenne) Claire AUZIAS (Samudaripen , le génocide), Emmanuel FILHOL, Marie-Christine HUBERT (Les Tsiganes en France - Un sort à part 1939-1946). La France et la Région n’ont pas été épargnées par ce fléau et c’est le régime de Vichy qui en 1939 désigne les nomades comme de dangereux traîtres étrangers et les enferment dans des camps avant d’en envoyer dans l’enfer nazi. Près d’Arles, le camp de Saliers témoigne ainsi de cette période honteuse de notre histoire. Aujourd’hui l’association des fils et filles des internés du camp de Saliers mène une campagne active pour que perdure le souvenir de ces moments tragiques de notre histoire.

Le 27 novembre dernier, la Présidente de la Fédération Régionale des Centres Sociaux, Claudie LARRIEUX CLERC, a ouvert au Camp des Milles une journée sur le thème des luttes contre les discriminations et pour l’égalité. Plus d’une centaine de responsables bénévoles et permanents des Centres sociaux venus de toute la Région ont ainsi pu réfléchir sur le processus et les mécanismes de discrimination qui conduisent à des idéologies extrémistes et à leurs dérives. Après avoir été accueillis, le matin, par les responsables du Mémorial et une poignante visite du musée dans ses trois dimensions : Savoir, découvrir, comprendre, l’après-midi a été en partie consacrée à un thème d’actualité : de la discrimination à l’exclusion des Roms Tsiganes. Tour à tour Alain FOUREST au nom de Rencontres Tsiganes et l’anthropologue Marc BORDIGONI ont fait le rapprochement entre l’histoire évoquée dans le parcours du musée et les inquiétants symptômes qui apparaissent à nouveau aujourd’hui dans le rejet envers les Roms/Tsiganes. Un atelier animé par Caroline GODARD a permis d’approfondir les multiples discriminations dont sont l’objet chaque jour les familles roms dans la Région.
Alain CHOURAQUI a clos cette journée en rappelant la mission des centres sociaux auprès des citoyens dans ce travail d’alerte pour que l’histoire ne se renouvelle pas.

Ne rien faire, c’est laisser faire .
Que ferais-je demain si.... ?

Alain FOUREST 
Marseille le 02-12-2014

 

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