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Rencontres Tsiganes

Les Roms migrants : des nouvelles pour le moins contrastées 14 décembre 2006

{{{Les Français et les Tchèques ouvrent leurs portes aux travailleurs bulgares et roumains [FR]}}}

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La France et la République tchèque ont décidé d’ouvrir leurs frontières aux travailleurs bulgares et roumains. La France restreint cet accès aux secteurs déjà ouverts aux travailleurs des Etats membres ayant adhéré en 2004 }3}.

En Bref:

Le 30 novembre 2006, le gouvernement français a décidé d’inclure les Bulgares et les Roumains dans un schéma pour l’emploi qui s’applique aux travailleurs en provenance de huit pays d’Europe centrale et orientale ayant adhéré à l’UE en 2004. Ce schéma est limité à quelques secteurs français qui manquent de main d’oeuvre comme le bâtiment, l’agriculture, le tourisme et la restauration, mais sera étendu par la suite à d’autres secteurs.

A l’occasion d’un déplacement à Bucarest, la ministre française aux affaires européennes, Catherine Colonna, a souligné que dans ce cadre, les travailleurs bulgares et roumains se rendant en France sans permis de travail seraient considérés comme des clandestins et sujets à expulsion. Elle a insisté : « Les règles ne changeront pas ».

Le ministre roumain aux affaires européennes, Anca Boagiu, a salué la décision française et en première réaction à cette déclaration, a ajouté : « La France montre à la Roumanie qu’elle est un partenaire solide ». Les deux gouvernements entretiennent des liens étroits, qui se sont traduits, entre autres, par la tenue les 28 et 29 septembre 2006 du premier sommet de la Francophonie dans un nouvel Etat membre de l’UE, à Bucarest.

Le gouvernement tchèque a également décidé, le 30 novembre 2006, de ne pas imposer de restrictions sur les Bulgares et les Roumains à la recherche d’un emploi en République tchèque. Le porte-parole de la représentation permanente tchèque à Bruxelles, Jan Vytopil, a déclaré : « La liberté de circulation des travailleurs est l’une des quatre libertés fondamentales, constitutive de l’appartenance à l’UE et nécessaire au bon fonctionnement du marché intérieur européen ». Il a ajouté : « A partir du 1er janvier 2007, les travailleurs de Bulgarie et de Roumanie pourront, sans restriction, postuler à un emploi sur le territoire tchèque. Ce n’est qu’en cas de menace sérieuse pour son marché du travail que la République tchèque envisagera de prendre des mesures de régulation ».

La France s’ouvre aux Bulgares et aux Roumains
De notre envoyée spéciale à Sofia CHRISTINE FAUVET-MYCIA.
Le Figaro, Publié le 02 décembre 2006*

* Le 1er janvier 2007, la Bulgarie et la Roumanie vont intégrer l’Europe. Ses habitants pourront aussi entrer sur le marché du travail hexagonal.

EN VISITE à Bucarest jeudi, et à Sofia hier, le ministre français aux Affaires européennes, Catherine Colonna, a annoncé une bonne nouvelle à la Roumanie et à la Bulgarie : l’ouverture du marché du travail français à leurs ressortissants, dès le 1er janvier 2007, jour de l’entrée de ces deux pays dans l’Union européenne ; une ouverture certes « progressive et maîtrisée » mais une ouverture sans délai, alors que la France avait attendu le 1er mai 2006 pour accorder semblable mesure aux travailleurs des dix États, dont la Pologne et ses désormais fameux « plombiers », qui avaient rejoint en 2004 l’UE. À l’époque, seules la Grande-Bretagne, l’Irlande et la Suède n’avaient pas imposé de restrictions aux travailleurs des pays de l’Europe de l’Est. Tous les autres avaient souhaité la mise en oeuvre de clauses de sauvegarde. Aujourd’hui, les rôles sont inversés. Quand la Grande-Bretagne se montre frileuse, la France semble soucieuse de se montrer ouverte.

«Le choix de la cohérence»

Rappelant que « la libre circulation des travailleurs est l’un des principes fondateurs de l’Europe », le ministre délégué aux Affaires européennes a affirmé que la France souhaite, dès le 1er janvier 2007, traiter sur un pied d’égalité les travailleurs bulgares ou roumains et les ressortissants des autres nouveaux États membres. Une « soixantaine de métiers parmi sept secteurs d’activité couvrant des pans très larges de notre économie », tels que le bâtiment, l’hôtellerie, l’agriculture, seront donc ouverts aux travailleurs roumains et bulgares. « C’est le choix de la cohérence », a souligné Catherine Colonna, en évoquant les besoins du marché du travail français. « Il faut que la demande et l’offre se rencontrent de manière progressive et réfléchie », a-t-elle insisté.

Ce signe adressé à Sofia et Bucarest se veut un témoignage de « confiance » envers les autorités de deux pays qui ont encore des progrès à accomplir sur le chemin des réformes, comme n’a pas hésité à le rappeler le ministre français, mais qu’il convient d’accueillir « à bras ouverts » parce qu’il est « dans l’intérêt de tous de réussir la réunification de la famille européenne ».

L’Italie et la Grèce, destinations privilégiées

En octobre dernier, le gouvernement de Tony Blair avait fait savoir qu’il veillerait à limiter très sérieusement l’entrée des travailleurs roumains et bulgares sur son sol. Il avait révélé que 400 000 travailleurs en provenance des pays ayant adhéré à l’UE en 2004 étaient arrivés en Grande-Bretagne, soit un nombre largement supérieur aux estimations officielles, qui prévoyaient entre 5 000 et 13 000 nouveaux immigrés par an. Cet afflux avait conduit l’opposition conservatrice mais aussi certains responsables du Parti travailliste à réclamer à l’avenir un moins grand « laxisme », dans la crainte de voir débarquer sur le sol britannique de 60 000 à 140 000 immigrés bulgares et roumains, selon des études gouvernementales. L’annonce britannique avait résonné désagréablement aux oreilles des Bulgares et des Roumains, même si la Grande-Bretagne n’est pas, a priori, le pays où ils souhaitent le plus venir travailler.

Depuis la chute du communisme, les Roumains privilégient l’Italie. En 2004, ils étaient 175 000 à y disposer d’un permis de travail, 90 000 avaient choisi la Hongrie, 73 000 l’Allemagne, 60 000 la France. De leur côté, 750 000 Bulgares ont émigré, principalement en Grèce (200 000) en Italie (60 000) et en Espagne (80 000). Ce qui fait dire à un fonctionnaire bulgare, sur le mode de la plaisanterie, que l’UE n’a pas à s’inquiéter d’un afflux de travailleurs bulgares et roumains puisqu’ils sont déjà dans les pays de l’Union !

Les propos de Catherine Colonna, prenant le contre-pied de nos voisins britanniques, ne pouvaient que ravir ses hôtes

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