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Rencontres Tsiganes

A Palaiseau un prêtre s’engage auprès de roms 15 février 2007

{{{Monsieur le Sous Préfet,}}}

La Loi est sauve. Dieu merci !
J’ai lu avec intérêt votre argumentation montrant l’urgence qu’il y avait à détruire le camp des Roms de Palaiseau. Tout est dit et irréfutable. Cette loi a été constamment affinée par le ministre-candidat et elle a porté ses fruits. Les électeurs sauront apprécier.
Certes, les circonstances auraient pu entraver votre action. C’était le premier jour de grands froids et tout le monde pleurait la disparition de l’Abbé Pierre. Larmes de crocodile, diront certains puisque les lois qu’il a voulues et défendues avec tant d’acharnement permettent encore de détruire des abris précaires et de laisser plus démunis encore les êtres humains qui les habitaient.
Le siècle que nous venons de quitter, a été riche en exactions, tortures et autres insultes mortelles faites aux personnes. Curieusement, tous ceux que l’histoire a mis en accusation ont utilisé le même argument. « Nous ne pouvions pas faire autrement, il fallait obéir à la Loi. Nous n’avons fait qu’exécuter les ordres. »
Le magistrat que j’ai été durant 20 ans sait la force de la Loi et la difficulté à la mettre en œuvre. Il sait aussi quelle pondération est nécessaire pour qu’elle ne soit pas inhumaine.
Les Romains qui sont nos maîtres en législation et qui étaient de grands prédateurs, avaient su, eux aussi, organiser la Loi au profit d’une petite faction de privilégiés. Ils avaient pourtant une formule disant : « Summum jus, summa injuria. »
Le chrétien que je suis a retenu cet enseignement de Jésus : Devant les pharisiens qui lui reprochaient de violer régulièrement la loi du shabbat en guérissant les malades ce jour-là, il avait coutume de répondre : « Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le shabbat ! »
Une loi qui ne sert pas l’homme, qui le prive, au cœur de l’hiver, du peu de sécurité qu’il a pu recréer, n’est pas une loi juste et n’entraîne pas notre adhésion.
Je ne suis pas fier d’habiter votre arrondissement.

Jacques Fraissignes. 26 janvier 2007