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Rencontres Tsiganes

Dans le Val d’Oise, les maires et le préfet s’organisent pour expulser 18 juin 2007

{{{Les maires du Val d’Oise demandent l’expulsion des Roms de la plaine de Pierrelaye.}}}

Vendredi 8 juin à la Préfecture du Val d’Oise, une grande réunion est organisée pour parler des Roms à la demande des maires et propriétaires riverains. Tous les maires concernés sont présents : Pierrelaye, Bessancourt, Saint-Ouen l’Aumône, Méry, Frépillon, Cergy ainsi que des agriculteurs et l’exploitante d’un centre équestre.

Le tableau dressé est à l’unanimité très alarmant…pour la population. Les Roms sont accusés des pires comportements, par exemple déféquer et se laver au cimetière, couper des arbres, voler plaques de bronze et fils de cuivre, renverser les poubelles pour y chercher de la nourriture, faire des feux qui répandent une fumée nauséabonde, piller les réserves de vêtements destinés aux pauvres. « Ils pratiquent une mendicité de plus en plus agressive et exploitent leurs enfants, les femmes se prostituent » Des doutes sont même émis sur le devenir des morts au prétexte qu’aucun décès n’a été déclaré dans aucune commune depuis plusieurs années. Et évidemment, ils volent, ils trafiquent , exploitent femmes, enfants, handicapés. D’ailleurs, toujours selon les maires, les statistiques le prouvent, la délinquance augmente. Les maires lancent un cri d’alarme : ils craignent une révolte imminente de leurs administrés, la guerre civile menace !

Tous les élus sont cependant d’accord pour dire que les expulsions pourtant répétitives ces dernières années ne règlent pas la problème, les Roms se déplaçant de quelques centaines de mètres, ce qui nécessite une autre procédure…. Mais il faut faire quelque chose et la parution d’un décret qui permettra aux préfets d’expulser sans intervention de la justice fait naître tous les espoirs. La demande est donc de harceler les Roms, que gendarmerie et police enquêtent en profondeur, accentuent les interdictions de circulation : déjà une partie des chemins forestiers d’accès aux terrains ont été interdits et les roms payent une amende à chaque fois qu’ils rentrent chez eux. Il sera demandé aux agriculteurs de labourer, ce qui empêche les Roms de s’installer.

Les mêmes maires interpellent l’Etat, qui doit trouver les lieux d’accueil, un intervenant représentant les services juridiques ayant précisé qu’en tant qu’européens ces personnes bénéficient de la libre circulation.

C’est au tour des associations présentes (le comité de soutien n’a pas été invité) d’être interpellées et accusées de faire venir les familles, de les inciter à rester, d’être complices de l’exploitation des enfants, et peut-être également des trafics en ne les dénonçant pas.

Il n’y a pas d’écho lorsque les associations suggèrent que bien des comportements qui gênent semble-t-il le voisinage seraient évités si des sanitaires et des points d’eau étaient installés, si les enfants étaient scolarisés, protection la plus efficace. Il est rappelé qu’une vingtaine d’enfants n’ont pas pu être scolarisés à Méry sur Oise, le maire ayant refusé de les inscrire et ce alors que l’inspection académique avait accordé un poste d’enseignant. Pas de réaction non plus lorsqu’il est suggéré que les premières victimes des mafieux sont les Roms eux-mêmes.

Les agriculteurs riverains se sont encore insurgés et ont même quitté la salle lorsque le médecin représentant Médecins du Monde a demandé que le véhicule de l’association ait l’autorisation de circuler pour permettre d’apporter les soins. « Si vous les soignez, ils vont rester et venir encore plus nombreux. » Laissons les crever…

Il n’a pas été question des familles, de ce qu’elles vivent, des raisons de leur présence, de leurs projets : elles n’étaient pas invitées et ne pouvaient présenter une défense.

Pour conclure, le Préfet a demandé à la police et à la gendarmerie d’accentuer et multiplier leurs interventions afin d’éradiquer les trafics et les systèmes mafieux. Toutes les personnes en infraction devront être renvoyées dans leur pays pour trouble à l’ordre public. Il faut multiplier les contrôles et que les expulsions se fassent. Il demande aux associations de dénoncer les exploitations d’enfants et les trafics. Sale temps pour les Roms dans les prochaines semaines
Ensuite et seulement ensuite, après cette phase répressive, le Préfet suggère que des solutions pourraient être recherchées sous la forme de 2 ou 3 petits équipés et des accompagnements type MOUS. Les maires sont incités à accepter de telles solutions, mais aucun ne répond favorablement, car… ils accueillent déjà toute la misère du monde !

Que les maires du Val d-Oise réfléchissent : ils gagneront peut-être une bataille mais ils ne gagneront pas la guerre. Les Roms resteront ou reviendront. Et qui seront les indignes ?
Opre Roma.