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Rencontres Tsiganes

LE MAIRE, LE JUGE ET LE SOUS PREFET 18 septembre 2007

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Mardi 22 août 2007 : à Marignane au nom de la loi républicaine, Camille, Françoise et leurs enfants sont sommés de déguerpir de leur cabane sans eau et sans électricité qu’ils occupent depuis bientôt 37 ans. Par crainte des débordements, les autorités ont employé les grands moyens : 12 voitures de police, une compagnie de CRS, un huissier deux camions déménagement, un bouteur etc. Le quartier est entièrement bouclé et les journalistes n’ont pas accès au lieu et ont interdiction de filmer ou photographier.

Pourquoi un tel développement de moyens ? Camille et Françoise sont-ils de dangereux terroristes ? Sont-ils recherchés pour crime ? une prise d’otage ? Que craignent le maire et le sous-préfet ait l’origine de cette expulsion ?

En cette période de vacances, les militants associatifs qui soutiennent cette famille depuis deux ans sont en effet là, en ce début de matinée. Une dizaine, pas plus, impuissants et surtout très choqués par cette opération de force. A midi, tout est terminé. Le cabanon est détruit, les maigres biens de la famille rassemblés sur un terrain vague à quelques kilomètres de là, vont être dégradés par la pluie de la nuit.

Epilogue . Une famille à la rue dans une détresse totale, deux enfants qui ne pourront retourner à l’école mais la force reste à la loi : le maire, reniant les engagements de son prédécesseur, a obtenu que le juge reconnaisse son droit de propriété sur une parcelle de moins de 300 m2. Le juge, sans aucune enquête sur cette famille, hors de sa présence et sans appliquer les procédures prévues dans un tel cas a décidé de son sort en donnant raison au plus fort. Quant au sous préfet, il s’est dit contraint d’appliquer une décision de justice malgré les ultimes démarches entreprises pour l’en dissuader.

Conclusion : à quoi servent toutes les lois et règlements votées depuis plus de 20 ans par la gauche comme par la droite pour venir en aide aux familles en difficulté et lutter contre l’exclusion ? A quoi servent les commissions et les associations chargées de l’insertion par le logement ? Le beau programme de lutte contre le logement indigne » est-il enterré ? Les Don Quichottes de l’hiver dernier ont alerté l’opinion, mobilisé tous les élus et fait voter une loi sur le droit au logement, Tout ça pour rien ? et que dire des lettres de Monsieur Gaudin maire de Marseille, et de Madame Boutin Ministre du logement qui apportaient leur soutien à Camille et Françoise ? On s’est moqué d’eux et de tous les militants associatifs qui depuis deux ans se sont mobilisés pour que cette famille puisse enfin vivre dignement.

Mais un oubli qui change tout : Camille et Françoise ne sont semble-il pas tout à fait de citoyens comme les autres : Camille est aussi un manouche et Françoise une gitane !! Alors bien sûr pour « ces gens là » la loi républicaine n’a pas le même sens. Est-ce sort que l’on entend réserver aux quelques centaines de familles tsiganes qui vivent dans des conditions de précarité similaires dans les Bouches-du-Rhône ?

Marseille le 5/09/07
Alain FOUREST