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Rencontres Tsiganes

La gendarmerie et la police sur le pied de guerre ? 18 mai 2008

Marseille, le 14 mars 2008

Monsieur le Directeur de la Gendarmerie
En Région Provence Alpes-Côte-d’Azur

162, avenue de la Timone 13005 MARSEILLE

Monsieur le Directeur,

L’ensemble des médias fait largement écho, depuis quelques jours, aux informations que vous leur avez communiquées concernant l’arrestation d’un groupe de personnes soupçonnées d’une série de cambriolages dans la région. Nous ne pouvons tout d’abord qu’être satisfait du travail effectué par vos services afin de réduire, sinon supprimer, toutes formes d’atteinte aux biens et aux personnes qui empoisonnent la vie de nos concitoyens.

Toutefois, nous nous permettons d’attirer votre attention sur la terminologie employée, dans les informations que vous communiquez à la presse, pour désigner ces personnes et les lieux qu’ils fréquentent. En effet, dans les documents publiés par la presse et notamment l’AFP, nous notons que vingt-six tziganes sont soupçonnés de nombreux méfaits. De plus les lieux de leur interpellation sont désignés comme : camp de nomade ou encore campement de gens du voyage. Nous ne mettons pas en doute ces informations en notant toutefois que le chiffre de personnes finalement inculpées passe de 26 à 7 entre deux communiqués, en 48h.

Nous mettons cependant en cause les désignations de ces personnes sous l’étiquette « tsigane » ou « gens du voyage » comme c’est hélas d’usage courant. De telles désignations à propos d’actes délictueux jettent l’opprobre sur tout un groupe de personnes qui ont certes des modes de vie et une culture qui leur sont propres, mais qui ne peuvent, en aucun cas, être considérées comme des délinquants. Nous vous rappelons, de plus, que le droit français ne reconnaît aucune appartenance communautaire et que ces personnes, dans leur très grande majorité de nationalité française, doivent bénéficier de la même présomption d’innocence.

En contact régulier avec de nombreuses familles de culture tsigane, nous mesurons les effets très négatifs des informations partiales ainsi diffusées. Nous vous confirmons donc que, contrairement aux préjugés largement répandus et renforcés par les termes que vous employez, la plus grande majorité de ces familles vivent, souvent modestement, de leur travail et dans le respect des règles de droit. Etre trop fréquemment désignées comme délinquantes contribue à leur mise à l’écart de la société, au rejet de leur entourage et à des attitudes de discrimination, voire de racisme, condamnées par la loi.

Cette attitude hostile, très largement répandue envers un groupe ethnique présent dans l’ensemble de l’Europe, fait l’objet de nombreuses mises en garde de la part des instances européennes et en particulier de la Cour de Justice Européenne. Nous vous demandons donc instamment de bien vouloir donner à vos services les directives nécessaires leur permettant d’éviter dorénavant un tel amalgame très préjudiciable aux actions de dialogue et d’information que nous menons auprès des uns et des autres. Nous sommes à votre disposition pour vous rencontrer et définir ensemble les modalités d’une coopération à même de lutter contre ces préjugés.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments distingués.

Le président
Alain FOUREST

Association 1901.www.rencontrestsiganes.asso.fr. 43 rue Vendôme 13007 Marseille tél 04 91 31 31 27

{{{ {{
Un gang de cambrioleurs de résidences bourgeoises et châteaux démantelé}} }}}
Le 11/03/2008 à 17:56

{ {{Vingt-six tziganes,}} } soupçonnés d’avoir monté un réseau de cambrioleurs de résidences bourgeoises et châteaux, ont été interpellés mardi dans les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Ardèche et le Vaucluse, a-t-on appris auprès des gendarmes du Var.

Un stock important de bijoux (plus de cent chaînes et colliers en or), une vingtaine de tableaux, des portes antiques, une trentaine de meubles anciens, une centaine de chandeliers, une centaine de statuettes en bronze, une quarantaine de volets anciens, une porte de château, des jarres anciennes, trois palettes de radiateurs en fonte, des écrans plasma, du matériel hi-fi ont notamment été saisis.

Des armes dont la nature n’a pas été précisée ont également été saisies, dans le cadre d’une commission rogatoire assurée par les gendarmes de Clermont-Ferrand.

Les 26 personnes ont été interpellées dans des camps de nomades à Marseille, Le Rove, Ensuès-la-Redonne, Gardanne, Marignane, Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône), Saint-Etienne-de-Lugares (Ardèche), Nîmes, Marguerittes (Gard), Carpentras, Cavaillon, Menerbes, Oppède (Vaucluse).

Il s’agit de vingt et un hommes et de cinq femmes, âgés de 20 à 60 ans, parmi lesquels cinq brocateurs non sédentaires et deux gérants de société.

Tous ont été placés en garde-à-vue dans les brigades de la gendarmerie.

Les premiers défèrements devant le juge d’instruction de Draguignan devraient avoir lieu jeudi matin.

L’affaire a débuté le 9 octobre 2007 avec un important cambriolage commis dans une résidence bourgeoise de Rians (Var). L’intervention rapide des gendarmes de la brigade locale avait permis l’interpellation d’un des auteurs et la saisie d’une camionnette chargée de meubles anciens.

Persuadés d’être en présence de l’embryon d’un gang organisé, les gendarmes varois avaient alors créé une cellule d’enquête spécifique baptisée « Meubles 83 ».

Les investigations conduites dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Draguignan avaient permis d’identifier tout un réseau de cambrioleurs présumés, de receleurs, de revendeurs parmi lesquels des brocanteurs.

Trois cents gendarmes du Var, des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l’Hérault, ainsi que des gendarmes mobiles de Hyères (Var), de Gap (Hautes-Alpes), renforcés par le peloton d’intervention spécialisé d’Orange (Vaucluse) et quatre équipes cynophiles ont été mobilisés pour réaliser le coup de filet dans les campements.