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Rencontres Tsiganes

Aux Pennes-Mirabeau, la force reste à la loi, mais quelle loi ? 19 novembre 2008

Malgré la trêve hivernale et les engagements des autorités, les menaces et la force sont toujours d’actualité . On lira ci-dessous le courrier adressé sans résultat au Sous-préfet. Harcelées une nouvelle fois, les familles ont décidé de quitter le terrain pour se réfugier un peu plus loin dans une commune voisine.

Monsieur LE DEUN

Sous préfet d’ISTRES

13808 ISTRES Cedex

Objet : terrain de Pennes Mirabeau.

Monsieur le Préfet,

Je me permets d’attirer votre attention sur un groupe d’une trentaine de familles qui depuis quelques mois errent d’une commune à l’autre du département. Chassées d’Aix-en-Provence en juillet dernier, elles ont pu séjourner quelques semaines à Velaux. Le maire les a fait partir en faisant effectuer par un engin de chantier une multitude de trous sur le terrain, le rendant impraticable. Depuis deux semaines, ces personnes ont trouvé refuge sur un parking non utilisé au lieu dit les Cadeneaux sur la commune des Penne-Mirabeau. Ayant pris contact avec ces familles nous avons pu constater qu’elles ne créaient aucun trouble de voisinage, le terrain étant bordé par une piscine fermée, un terrain de dressage de chiens et une ligne à très haute tension. Le maire a néanmoins cru utile de saisir le tribunal qui a ordonné l’expulsion sans manifestement prendre en compte le fait que la commune n’était pas en règle avec la loi du 5 juillet 2000.

Les gens du voyage concernés n’ont pu, faute de temps, se faire assister d’un avocat et ont été vivement choqués d’une telle décision pour eux inattendue et qui remet leurs droits fondamentaux d’aller et de venir.

Je me permets de vous rappeler que, en vertu des décisions du Ministère de l’Intérieur et des engagements pris publiquement à plusieurs reprises par Monsieur le Préfet, le recours à la force publique ne peut être accordé tant que la commune n’a pas satisfait aux obligations du schéma départemental. Voilà plus de 5 années que cette commune, comme d’autre n’a pas fait les démarches indispensables pour désigner un terrain et réaliser une aire d’accueil.

Je me permets également de vous rappeler que par jugement en date du 14 novembre 2006 le tribunal administratif de Marseille a enjoint le préfet à déterminer des emplacements susceptibles d’être occupé temporairement ….

Dans de telles circonstances, toute intervention des forces de l’ordre sur le terrain des Cadenaux pour faire évacuer les caravanes des voyageurs, nous nous paraîtraient particulièrement inopportune et susceptible d’entraîner des réactions que nous ne saurions contrôler. Une telle décision ruinerait par ailleurs définitivement la confiance que nous avons pu établir avec certaines de ces familles.

Je vous prie d’agréer Monsieur le Préfet, l’expression de mes sentiments respectueux.

Le président
Alain FOUREST