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Rencontres Tsiganes

A Aix-en-Provence, Madame le Maire est toujours intraitable 25 mars 2009

{{ {{{Les familles Rroms sur le plateau du Réaltor à Aix-en-provence :}}} }}

{{{ {{Bilan et perspectives}} }}}

Depuis 2004, plusieurs groupes de réfugiés Rroms originaires de l’exYougolsavie (Serbie, ou Monténégro) occupent un terrain vague à proximité de la gare TGV d’Aix-en-Provence, à plus de 15 Km du centre de la ville, dans une zone éloignée de toute habitation. Logés dans de vielles caravanes ou des cabanons, ils ont déjà été chassés à deux reprises par la police. Au printemps 2008, la mairie d’Aix-en-Provence a engagé une procédure d’expulsion de ces familles. Dans une décision du 16 septembre 2008, le tribunal a débouté la Mairie qui a engagé un pourvoi en appel qui devrait aboutir dans les prochaines semaines.

Depuis plus de quatre ans, les militants de l’association Rencontres Tsiganes, avec l‘appui sur place de nombreux bénévoles (MRAP, LDH, la Pastorale des migrants etc..) sont intervenus auprès de ces familles dans trois directions essentielles :

1° Soutenir matériellement ces familles afin de leur permettre de survivre : vêtements, nourriture, soins d’hygiène, prêts d’une caravane, démarches administratives, moyens de transport etc .. La priorité a été donnée à la prise en charge des enfants mineurs et à leur scolarisation.
2° Mobiliser les structures associatives locales afin d’élargir la solidarité et d’assurer à ces familles des conditions de vie moins misérables. A ce jour, se sont associés a cette démarche : le Secours catholique, Médecins du Monde, l’ADAP 13, les services de la PMI, des personnels de l’éducation nationale, et du Conseil Général. Une aide financière publique de 10 000€ est gérée par le Secours Catholique. Chacun s’est efforcé de répondre aux besoins les plus urgents en fonction de ses compétences.
3° Interpeller les pouvoirs publics afin de les informer de la situation et les contraindre à prendre en compte la situation de ces familles vivant dans des conditions indignes d’une société développée. Les services de l’Etat nous ont fait savoir que, pour la plupart, ces familles ne sont ni expulsables ni régularisables et qu’ainsi, elles ne peuvent prétendre à aucun statut ni aucune aide publique.

Les perspectives

Devant une telle attitude et en raison de l’absence de toute perspective sérieuse d’amélioration de la situation de ces familles à court ou moyen terme, L’association Rencontres Tsiganes considère qu’elle ne peut plus assumer la responsabilité de cette impasse collective.

En effet, quel que soit l’exceptionnel dévouement des nombreux militants qui se sont mobilisés depuis quatre ans, il convient d’en mesurer les limites à la fois matérielles et humaines. La relation de dépendance qui s’est parfois créée avec certaines familles ne peut conduire qu’à de graves malentendus. La scolarisation des enfants demeure très aléatoire compromettant ainsi leur éventuelle insertion dans la société, L’impossibilité pour ces familles d’accéder, d’après leur statut, à des ressources stables les conduit à la marginalité sinon la délinquance.
Nous considérons donc que le rôle des acteurs de la société civile trouve là ses limites et que nous ne saurions, par nos interventions, justifier le silence et l’inaction des pouvoirs publics. A l’évidence, les militants associatifs locaux demeureront attentifs aux attentes quotidiennes de ces familles, mais elles ne pourront poursuivre utilement leur fonction sans une coordination renforcée autour d’un projet pour l’avenir de ces familles pris en compte par les autorités dont c’est la responsabilité.

L’association Rencontres Tsiganes poursuivra quant à elle son action d’information et de sensibilisation et d’alerte pour que, à Aix-en-Provence comme à Marseille et dans la région, les responsables gouvernementaux se décident enfin à prendre sérieusement en compte les directives européennes concernant les conditions d’accueil des Rroms dans le respect des diverses conventions relatives aux droits de l’homme et aux droits de l’enfant.

Marseille le 13/02/2008