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Rencontres Tsiganes

HYPOCRISIE ET POLITIQUE 19 octobre 2009

{{ {{{Jusqu’où iront la surdité et l’hypocrisie du pouvoir politique ?}}} }}

Lors de sa création en 2004, la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) avait soulevé beaucoup d’espoir. Les victimes de multiples formes d’injustice et les citoyens défenseurs des droits avaient jugé cette initiative encourageante assortie d’un scepticisme relatif. Ce nouvel organisme devait faire preuve de son utilité.

Après six années d’existence, sans mettre en cause le travail des membres de cette institution et de son président, le bilan apparaît bien mince au regard des inégalités croissantes et des discriminations plus manifestes. Les Tsiganes « gens du voyage » avaient espéré un traitement plus équitable et la remise en cause des multiples illégalités dont ils sont quotidiennement les victimes.

A diverses reprises en effet la HALDE, prenant en compte les nombreuses plaintes mettant en évidence les discriminations manifestes concernant les tsiganes voyageurs ou sédentaires, avait interpellé le gouvernement. Par délibération du 17 décembre 2007, la HALDE demandait fermement au gouvernement de reconsidérer le statut dérogatoire des gens du voyage en reprenant à son compte nombre de revendications régulièrement mises en avant par les associations de voyageurs. En particulier étaient mis en cause le carnet de circulation, le droit de vote mais aussi, à d’autres occasions, le droit au logement, la scolarisation, l’assurance des véhicules, le branchement électrique, etc….

Malgré plusieurs relances par la voie réglementaire laissées sans réponse, la HALDE, lors d’une délibération en date du 14 septembre 2009, a sorti la « grande artillerie » en décidant, comme le prévoient ses statuts, la publication au Journal Officiel (JORF n°0241 du 17 octobre 2009 texte N° 147) de son rapport et de ses critiques.

Voilà …. Bravo la HALDE et merci Monsieur SCHWEITZER …. Mais après ? Cette mesure exceptionnelle, mettant officiellement en cause une pratique gouvernementale discriminatoire, aura-t-elle le moindre effet ? On est en droit d’en douter compte tenu des initiatives récentes de ceux qui dirigent ce pays des Droits de l’Homme. On a en effet pu constater que, dans les dernières années, quatre lois sécuritaires n’ont fait que renforcer la stigmatisation des voyageurs considérés comme des délinquants à priori et multiplier toutes les mesures de contrôle et d’exclusion.

Alors que la Commission Nationale des Gens du Voyage et son président ne donnent plus signe de vie depuis plus de trois ans et que les divers organismes sensés défendre les droits et contrôler l’action de L’Etat sont remis en cause, le cri de la HALDE ne peut que renforcer notre inquiétude. De lourdes menaces planent sur tous ceux qui se refusent à rentrer dans le rang et revendiquer le droit à la diversité.

Alain FOUREST

Marseille, le 19 octobre 2009