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Rencontres Tsiganes

2010 : SE RASSEMBLER POUR RESISTER 30 décembre 2009

{{ {{{2010 : SE RASSEMBLER POUR RESISTER}}} }} En guise de vœux, c’est l’objectif qui nous paraît le plus urgent à mettre en œuvre pour faire face aux multiples formes de discriminations qui frappent le peuple Tsigane en France et en Europe. Lors de l’assemblée générale annuelle de Rencontres Tsiganes, nous avons en effet constaté une recrudescence des diverses formes de rejets et discriminations dont les tsiganes sont les victimes. Quelques exemples suffisent à mesurer la gravité de cette situation : -10 ans après le vote de la loi obligeant les communes à réaliser des aires d’accueil pour les voyageurs, à peine un tiers d’entre elles s’est mis en conformité . Dans la région, la résistance des élus est encore plus flagrante : Si quelques terrains ont été ouverts dans le Var et le Vaucluse, ils sont le plus souvent mal situés, mal équipés, trop coûteux ou encore mal gérés. Dans les Bouches-du-Rhône, aucun nouveau terrain n’a été ouvert malgré les multiples engagements pris par l’Etat. L’absence de terrain de grand passage a conduit la justice à condamner la Préfecture à une astreinte de 500 € par jour de retard à compter du 1er mars dernier sans aucun résultat à ce jour. -Après plusieurs années de reports, le gouvernement jette l’éponge et les communes ne pourront plus compter sur l’aide de l’Etat pour financer les aires d’accueil. C’est donc bien l’enterrement de la loi Besson qu’il conviendra de constater en 2010 et la fin des illusions pour certains et des discours hypocrites sur l’égalité des droits. -Cette égalité, c’est pourtant ce qu’ont revendiqué les parlementaires dans la sinistre comédie qu’ils ont jouée avant la trêve de Noël au sujet de la taxe d’habitation sur les caravanes. On lira par ailleurs le compte-rendu de ces débats honteux qui font clairement apparaître le mépris des élus pour cette catégorie de citoyens. -Pour tous ceux qui, faute de mieux, sont contraints de renoncer au voyage, l’absence de terrains familiaux et les multiples obstructions des maires, rendent illusoires le droit au logement, à la scolarisation ou à la formation. -Ce mépris, c’est aussi celui que le gouvernement a manifesté envers la HALDE en ne répondant pas aux nombreuses questions et recommandations qui lui ont été faites concernant discriminations envers les gens du voyage. En guise de sanction, la publication au Journal Officiel de la République de ce rapport n’a manifestement ému aucun de nos responsables politiques. -Le débat nauséabond sur l’identité nationale ouvre la porte à tous les amalgames et les gens du voyage, citoyens au rabais, se sentent une fois de plus mis en marge de la société. -Le contexte européen n’est pas plus réjouissant si l’on se réfère aux informations venues de Roumanie ou de Hongrie mais aussi de Suisse d’Italie ou encore d’Allemagne. Partout à travers l’Europe, c’est une politique de stigmatisation et de rejet envers les Rroms qui se développe et se généralise accompagnée parfois de « déportations » qui rappellent les plus sombres périodes de notre histoire commune. Ce sombre constat ne peut nous laisser sans réaction. Quand il est encore temps, il faut nous rassembler pour résister à ces dangereuses dérives. Ce rassemblement indispensable, c’est d’abord celui de la communauté tsigane dans sa diversité qui doit trouver les moyens de parler d’une seule voix. C’est aussi la responsabilité de tous les citoyens soucieux de la défense des libertés et du respect de la diversité des identités et des cultures. Alain FOUREST Marseille le 29/12/2009