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Roms : Les associations contre l’Etat Français 8 décembre 2010

AFP

25/11/2010 |
Plusieurs associations ont contesté aujourd’hui la politique de la France à l’égard des Roms. Il l’a juge discriminatoire et dénonçent les conditions des reconduites à la frontière et les difficultés d’accès à l’emploi ainsi qu’à l’éducation et à la santé, lors d’une conférence de presse au siège du CCFD-Terre Solidaire.
L’association rom de Roumanie Romani CRISS, qui vient d’enquêter dans les camps de roms en France, juge que les reconduites volontaires à la frontière « ne sont pas si volontaires que ça ». « On commence par détruire leurs camps et ensuite on les menace d’emprisonnement, alors ils signent pour partir mais on peut difficilement parler de rapatriement volontaire », a estimé Marian Mandache, chargé des droits de l’homme au sein de Romani CRISS.
Il déplore que depuis fin juillet, la politique française soit « devenue répressive, spécialement à l’égard d’un groupe ethnique, les Roms.
Romeurope, collectif d’associations françaises de défense des Roms, souligne de son côté que le plus souvent, les OQTF (obligation de quitter le territoire français) ne sont pas conformes à la législation.
Ces documents doivent être individualisés avec des précisions sur le cas des expulsables (date de l’arrivée en France, conditions de logements, de travail, situation de famille..): or, le plus souvent, ils sont préparés à l’avance et ne comportent que le nom de la personne concernée et des motifs très généraux.
Romeurope et le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) ont transmis à la Commission européenne un dossier de quelque 200 plaintes sur ce point précis d’OQTF non conformes au droit.
Romani CRISS déplore aussi les difficultés des Roms à trouver du travail: « ils cherchent des emplois peu qualifiés et on leur demande leurs diplômes », dit Marian Mandache.
En outre ils subissent les effets du régime européen transitoire, qui concerne la Roumanie et la Bulgarie, prévoyant notamment que leur embauche est plus réglementée que celles des autres ressortissants européens. « La France a le droit de maintenir ce régime transitoire à leur égard mais elle n’en a pas l’obligation », dit-il en soulignant que l’Espagne a supprimé ces dispositions.
Les associations notent aussi les difficultés de scolarisation des enfants alors que « le droit à l’éducation est garanti par le droit international (convention de l’ONU sur les enfants) indépendamment du statut des parents, qu’il soit légal ou pas ».
Plus globalement, Romeurope estime que la France n’a pas à reporter sur la Roumanie le problème des Roms, ni à s’en remettre aux décisions européennes sur le sujet. C’est à elle de s’occuper de l’intégration des Roms qui se trouvent sur son territoire (15.000 environ).
En discriminant les Roms, « on les prive du rêve européen », déplore Marian Mandache. « La France, il y a plus de deux siècles, a montré l’exemple en abolissant le tiers état et aujourd’hui elle contribue à en reconstituer un », déplore-t-il.