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Rencontres Tsiganes

Un comportement policier intolérable 28 mai 2011

 

Le Préfet de Région et le président du Conseil Régional ont été informés de tels faits  qui se passent e de commentaires

Opérations de Police à l’Arbois le 4 mai 2011

Le 4 mai, peu après 6 heures du matin, d’importantes forces de police ont investi le terrain de l’Arbois occupé par des Roms serbes depuis quelques années.

Ils ont emmené en garde à vue :
– Madame J…. , mère de quatre enfants âgés de 1 à 7 ans et vivant seule avec eux.
– Monsieur M J et sa femme M J, parents de 8 enfants âgés de 7 à 17 ans.
– Madame M T, dont le mari était absent, mère de cinq enfants âgés de 4 à 15 ans.
– Un homme prénommé Z.
– Un adolescent, S J, âgé de 15 ans.
 
Ils ont arrêté aussi quelques Serbes de passage sur un terrain voisin, de l’autre côté de la route.
 
Renseignements pris auprès des forces de Police, il s’agirait d’un simple contrôle d’identité…cela nous étonne.
 
Le jeune Sanson a été libéré dans la matinée, M J vers 18 heures, M T vers 19 heures. Les deux hommes ont été amenés au CRA de Marseille dont ils ont été libérés le lendemain.
J J a été emmenée à Marignane puis à Martigues. Elle aurait avoué un vol commis le 18 août, est passée en jugement le 5 tard dans la soirée et a été libérée, après une condamnation de 8 mois avec sursis, vers minuit.
 
Depuis ces événements nous avons fait une enquête pour savoir de quoi il retournait, ces personnes parlent très peu le français et ne comprennent souvent pas les situations, nous avons pris le temps de parler avec chacun, de nous faire traduire et de faire tous les recoupements possibles.
 
Il apparait alors que:
 
Aucun mandat ne leur a été présenté pour pénétrer dans leurs cabanes qui sont leurs logements, ni pour les emmener. Sauf pour J J dont nous n’avons pas vu le dossier, nous avons appris que les dossiers étaient vides, sans réquisition, ce qui explique la libération du CRA des deux hommes et le soir même des deux femmes.
 
Monsieur M J a demandé pour lui et le prénommé Zl’assistance d’un avocat qu’il connait et dont il avait la carte sur lui. Cela lui a été refusé et on l’a fait assister par un commis d’office. Il n’a donc pu joindre son avocat qu’une fois dans le CRA de Marseille."
 
Pour Jerina Jovanovic, on l’a accusée de vol, lui affirmant qu’on avait retrouvé ses empreintes. Cette dame n’ayant jamais été arrêtée depuis son arrivée en France, nous sommes étonnés que ses empreintes aient été ainsi reconnues à l’avance…Nous avons aussi découvert qu’en fait c’étaient d’autres personnes que cherchaient la police, et il semble même qu’il y ait eu confusion à cause de prénoms identiques. Elle a reconnu tout ce qu’on lui a dit, mais on ne lui a pas fourni d’interprète alors que nous sommes obligés régulièrement d’utiliser la traduction des grands adolescents dès que nous avons à traiter avec elle des questions autres que les situations de vie les plus simples (nourriture, santé). Elle n’a été assistée d’aucun avocat en garde à vue, elle a eu un avocat commis d’office pour le tribunal, qui ignorait tout de sa situation.
 
Ceci appelle de notre part plusieurs questions :
 
Un contrôle d’identité de personnes (de plus connues depuis des années) nécessite-t-il un tel déploiement de forces de police, nécessite-t-il de les emmener en garde à vue ? Ou bien le but est-il de les terroriser, sans préoccupation de l’impact sur les enfants ?
Pourquoi la police omet-elle systématiquement de montrer et faire lire les mandats (les enfants peuvent le faire quand les parents ne savent pas) ? Comment la police peut-elle se permettre d’arrêter alors qu’on ne trouve dans les dossiers aucune réquisition?
 
Il semble que la police ait profité d’une opération de recherche de délinquants, que nous n’avons pas à juger, pour un vol. Cela lui a permis d’arrêter quasiment tout le monde, cela s’appelle une rafle. La Police a montré devant tout le monde ses hésitations sur les gens qu’elle emmenait, elle a finalement renoncé à emmener deux adolescents, gardant le jeune Sanson avec qui elle avait déjà eu à faire, elle a laissé après hésitation une belle-sœur du couple Jovanovic…Quels étaient ses critères ?
 
Comment peut-on interroger et accuser de vol quelqu’un comprenant très mal le français sans lui fournir d’interprète, et ainsi lui faire avouer n’importe quoi? Nous ne savons pas si elle a volé ou pas, mais nous savons qu’elle a dit n’importe quoi, et nous savons que la Police cherchait d’autres personnes qu’elle n’a pas trouvées, elle semble s’être rabattue sur J J pour une raison qu’il faudrait connaître.
 
A ces questions simples de Droit, qui nous semble avoir été malmené, s’ajoutent des questions de Droits de l’Homme :
 
Comment peut-on emmener des parents en ne prévoyant rien pour les enfants ? Un bébé d’un an, pour parler du cas qui a été le plus difficile, peut-il être laissé ainsi sans sa mère (qui vit seule avec ses quatre enfants, l’aînée ayant 7 ans) ? 17 enfants ont été ainsi laissés sur le terrain. C’est un éducateur passant à 8 heures en se rendant à son travail à Aix qui a découvert la situation.
Madame M J a été laissée sur le trottoir seule sans argent ni téléphone à 17 km de chez elle, sans moyen de revenir (elle n’avait eu le temps de rien prendre lors de son interpellation, vu le climat de terreur instauré par une telle opération). Il en a été de même un peu plus tard pour Madame MT.
Madame J J s’est vue retirer sa jupe dans sa cellule de garde à vue. Il s’agit d’une humiliation insupportable. Après le jugement elle a été mise (vers minuit) sur le trottoir, sans non plus aucun moyen de retour chez elle : "casse-toi" lui a-t-on dit. La police lui a saisi sa carte d’AME, lui disant qu’elle n’avait qu’à rentrer en Serbie et qu’ainsi elle n’en aurait pas besoin. Nous ne savons pas où est cette carte.
 
Marc DURAND