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Roms : MdM dénonce « un harcèlement policier » à Marseille 2 août 2011

Le 29/07/2011 à 21:50

Le directeur général de Médecins du Monde (MdM), Pierre Salignon, a dénoncé vendredi à Marseille « le harcèlement policier » dont sont victimes les Roms dans la cité phocéenne, appelant à un « moratoire des expulsions » et à l’arrêt de ce comportement.
Pour expliquer une « situation plus aiguë » dans le traitement des Roms à Marseille qu’ailleurs en France, M. Salignon a jugé qu’il y avait « plusieurs éléments. Il y a un climat particulier, une tension sociale autour de cette communauté, des rythmes d’expulsion répétés avec dispersion et une sur-précarisation aiguë (…) ».
« Nos équipes sont particulièrement en difficulté à Marseille par rapport aux situations humaines qu’elles rencontrent. Tout laisse à croire qu’ici il y a un fonctionnement un peu débridé avec un harcèlement policier un peu systématique », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.
Saluant par ailleurs l’engagement à ses côtés du conseil général (PS) des Bouches-du-Rhône et du conseil régional (PS) Paca, l’organisation non gouvernementale a appelé à « l’arrêt immédiat du harcèlement policier » et « des expulsions sans autre solution » ainsi qu’à « la tenue d’une réunion de l’ensemble des acteurs institutionnels afin que soit repensée cette politique inefficace et dangereuse et mise en place une politique d’accueil en cohérence avec la réalité ».
Dans un communiqué transmis vendredi soir à l’AFP, la préfecture des Bouches-du-Rhône a dit que les récentes expulsions de terrains illégalement occupés avaient été menées « en exécution de décisions de l’Autorité judiciaire et sous le contrôle de cette dernière ».
Selon la préfecture, les offres d’hébergement d’urgence proposées aux Roms avaient « souvent » été refusées « par les intéressés eux-mêmes », ajoutant que la « concertation », qui a lieu « au quotidien, sur le terrain », « se poursuivra afin notamment d’étudier toute proposition concrète qui pourrait émaner des parties concernés ».
A Marseille, MdM a décompté 900 Roms expulsés, souvent à plusieurs reprises, de logements précaires depuis un mois et demi, ce qui a entraîné « une rupture des processus d’intégration engagés (structures de soins, scolarisation, papiers) » et un cercle vicieux les faisant passer « de la cabane, au parc et du parc au trottoir ».
Un père de trois enfants, membre de la communauté Rom, a témoigné. Présent à Marseille depuis 2006, il s’est dit inquiet à propos du lieu où seront scolarisés ses trois enfants, après que sa famille a été expulsée à deux reprises depuis le début de l’année. MdM a précisé que les enfants étaient scolarisés et bons élèves.
« Il y a aussi un certain nombre d’agressions privées dont les populations Roms sont victimes », a souligné Cendrine Labaume, coordinatrice générale de MdM à Marseille.
« Ce sont elles qui disent que par rapport à Lyon ou ailleurs, ici, c’est pire. Mais il y a surtout eu, depuis le mois de janvier, un certain nombre d’incendies provoqués, des cocktails Molotov qui ont été jetés sur des cabanes qui ont été incendiées », a-t-elle ajouté.
« Il y a aussi des agressions orales de la part du voisinage en permanence. Sur dix accompagnements que nous réalisons sur des femmes enceintes ou des personnes malades, six donnent lieu à des agressions orales directes » de la part de membres du voisinage, a-t-elle conclu.
© 2011 AFP

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