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Rencontres Tsiganes

Le grand écart 4 septembre 2012

LE GRAND ECART

Triste mois d’août ! Alors que, comme chaque année, nous espérons, pour beaucoup d’entre nous, retrouver un peu de sérénité et même pourquoi pas de douceur de vivre en nous éloignant du tumulte du monde, les « hommes du pouvoir » en profitent pour multiplier les mauvais coups en comptant sur notre silence. 

- Août 2010 : le discours de Grenoble et les circulaires ministérielles jettent les Roms à la rue et en pâture à une opinion publique déboussolée.

-Août 2011 à Marseille, la chasse aux Roms réfugiés à la porte d’Aix embrase les médias et Jean Claude Gaudin explique qu’il agit en humaniste respectueux de la loi.

- Août 2012 : On espérait le changement et le respect des engagements pris ! Hélas le nouveau Ministre de l’Intérieur, droit dans ses bottes et chouchou des sondages, reprend le même discours que son prédécesseur et les expulsions des familles se poursuivent et même s’amplifient à Aix-en-Provence, Marseille mais aussi Lille, Lyon, Paris, etc…

La multiplication des réactions d’incompréhension et d’alarme semble cependant inquiéter les nouveaux gouvernants. Une réunion interministérielle, suivie d’une circulaire d’application, semble donner le signal d’une nouvelle approche de la « question Rom ». Les représentants associatifs sont reçus et sinon écoutés, les préfets reçoivent des instructions, le droit européen est enfin reconnu et les conditions d’accès au travail des Roumains et Bulgares sont assouplies. Dans les Bouches-du-Rhône, la table ronde promise depuis un an est enfin réunie, des groupes de travail sont constitués et les réunions se multiplient pour permettre aux fonctionnaires de s’informer de la situation ! Des juges qui ont peut-être senti le vent du changement semblent hésiter et donnent quelques délais. Est-ce enfin la fin du cauchemar pour ces hommes, ces femmes et ses enfants harcelés depuis des mois par la police et par un voisinage de plus en plus hostile sinon violent ?

A travers la lecture des circulaires et les propos de quelques élus et Ministres, certains espèrent encore que le changement est en route. Mais un peu partout en France comme à Marseille, les CRS et les bulldozers continuent leur sale boulot : on applique les décisions de justice nous dit-on. Belle hypocrisie ! A Château-Gombert, jeudi 30 août à 6 heures du matin 60 personnes sont mises à la rue sans qu’aucune proposition d’hébergement ne leur soit faite. La Préfecture explique que ces familles auraient refusé le retour humanitaire !

Alors qui croire ? le Premier Ministre, son Ministre de l’Intérieur, celle du logement, de la Justice ? Les Préfets de la République n’obéissent-ils plus aux directives ? C’est le grand écart et les bonnes paroles ne suffiront plus à nous rassurer. L’urgence sanitaire et sociale ce n’est pas demain, c’est aujourd’hui. La reconnaissance des droits et le respect des principes humanitaires ne nécessitent pas de nouvelles lois ou de nouveau crédits. La rentrée scolaire c’est demain et des centaines d’enfants en seront exclus. 

Nous attendons sur le terrain des actes précis et des engagements concrets. Nous nous refusons à être les faire-valoir d’une politique de gribouille et perdre du temps en de multiples palabres. Nous attendons du Premier Ministre et du Président de la République un discours politique sans ambiguïté et qui rappelle à tous, les valeurs républicaines, la condamnation de toutes les discriminations et le respect de nos semblables.

Marseille le 3 septembre 2012 

Alain FOUREST (toujours en colère )