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Rencontres Tsiganes

L’avenir des sédentaires remis en cause 7 avril 2013

  Après les expulsions des familles de la Chaberte à La Garde  dans le Var, on lira ci-dessous le communiqué de  Rencontres Tsiganes.  Nous nous mobilisions auprès de ces familles pour que leur droit à l’habitat soit respecté. Une délégation sera présente et interviendra  le 9 avril  lors de la présentation du mal-logement dans la région  à l’initiative de la Fondation Abbé Pierre. Une  lettre a été envoyée au Premier Ministre et une  rencontre est sollicitée auprès du préfet de Région.

Les « gens du voyage » interdits de séjour
dans les Bouches-du-Rhône

Depuis plus de 10 ans notre association dénonce les conditions d’accueil des « gens du voyage » dans la région et particulièrement dans les Bouches-du-Rhône. Nous mettons en cause les multiples dysfonctionnements dans l’application de la loi du 5 juillet 2000 relevés récemment par la Cour des Comptes.
Comme le souligne cette juridiction dans son rapport d’octobre 2012, « au terme de la durée couverte par le schéma des Bouches-du-Rhône, seules les trois réhabilitations d’aires existantes prescrites par le schéma ont été réalisées (aires de Saint-Menet, de Martigues et d’Aubagne) et se sont de surcroît accompagnées, pour deux d’entre elles, d’une diminution du nombre de places ; ainsi, l’offre dans le département n’est que de 165 places d’accueil, soit 9 places de moins qu’avant l’entrée en vigueur de la loi ». Soit un taux de réalisation parmi les plus faibles de France (16% dans les Bouches-du-Rhône).
A ce jour, une seule aire d’accueil nouvelle a été ouverte à Arles en juillet 2012. Depuis 10 ans, il manque 900 places de stationnement de caravanes dans le département et aucune aire de grand passage n’est disponible.
Nous alertons en vain les pouvoirs publics sur les conséquences d’une telle carence qui a conduit un nombre croissant de familles à se sédentariser dans de nombreuses communes du département dans des conditions trop souvent précaires et parfois en dérogation aux règles d’urbanisme définies par les municipalités.

Alors que le gouvernement, par la voix du Premier Ministre, s’est engagé, après la décision du Conseil Constitutionnel sur la loi du 3 janvier 1969, à reconsidérer le statut, les conditions d’habitat et de déplacement des gens du voyage et qu’un projet de loi va être présenté au Parlement, plusieurs centaines de familles sont aujourd’hui menacées d’être chassées des terrains sur lesquels elles séjournent depuis parfois plus de quarante ans et dont elles sont souvent propriétaires.

A Gignac, commune membre de la Communauté Urbaine Marseille Métropole, le maire, prenant prétexte de la préservation des terres agricoles, engage avec le soutien explicite des autorités administratives, une campagne systématique d’évacuation de plusieurs dizaines de familles dont certaines sont présentes dans la commune depuis plus de vingt ans et sont propriétaires de leurs terrains.

Au Puy-Sainte-Réparade, à proximité d’Aix-en-Provence, le maire vient de mettre en demeure une quarantaine de familles dont certaines sont présentes dans la commune depuis plus de soixante ans.
Pourtant, comme beaucoup d’autres municipalités, ces deux communes dans l’obligation de réaliser des aires d’accueil ne se sont toujours pas conformées à la loi. Elles ne peuvent donc légalement interdire tout stationnement de caravane sur leur territoire. 

A Aix-en-Provence, une dizaine de familles qui n’avaient pu, faute de place, accéder au terrain d’accueil officiel, ont été obligées de stationner sur un terrain municipal voisin. La mairie a immédiatement saisi le juge des référés pour ordonner leur expulsion qui a été accordée malgré le non-respect de la loi par la communauté des communes.

Ces quelques exemples parmi d’autres démontrent, une fois de plus, le peu de considération que bon nombre d’élus de cette région ont pour les lois de la République. Leurs discours et leurs comportements vis-à-vis des gens du voyage ne font qu’attiser auprès de leurs électeurs la peur et la xénophobie. Après des années de patience, les Tsiganes, fort de leurs droits, sont aujourd’hui proches de la révolte.

Notre association les soutiendra dans toutes les démarches qu’ils se proposent d’entreprendre et nous alertons le gouvernement ainsi que les parlementaires pour que cesse dans la région cette scandaleuse discrimination à l’encontre de nos concitoyens. Nous demandons un moratoire contre toute expulsion et que, sans délais, un médiateur soit désigné afin qu’une concertation la plus ouverte s’engage avec les intéressés dans le but de définir des mesures respectueuses des droits et des besoins de ces familles.

Marseille le 11 mars 2013