Facebook Accueil

Rencontres Tsiganes

Un rapport d’Amesty International 5 mai 2014

À Marseille, les violences envers les Roms inquiètent

La minorité la moins aimée de France » et sans doute aussi d’Europe : c’est un accablant rapport que rend, ce matin à Marseille, Amnesty International. Intitulé « Nous réclamons justice », il s’adresse d’abord aux États européens, à commencer par la France, qui « ne s’opposent pas aux violences envers les Roms, et parfois même les favorisent ». L’ONG a enquêté à Marseille, mais aussi en République tchèque et en Grèce, « où des actes haineux particulièrement graves » ont été commis dernièrement.

Ces violences, « dont la plupart sont tues car peu de Roms osent porter plainte », consistent en des « contrôles d’identité en pleine nuit, des tentes déchirées, des objets brisés », mais parfois aussi, assure Amnesty, des coups. « Des gaz lacrymogènes ont été plusieurs fois utilisés contre des familles et en juin 2013, Elena, une jeune femme rom, a reçu à Marseille un plomb dans la tête. » Selon elle tiré par un riverain, ce coup a fait l’objet cette fois-ci d’une plainte « mais la police l’a classée », déplore Julie Heslouin. « Les gens vivent dans la peur. D’être agressés, d’être chassés. On le ressent fortement. » En France, en 2013, 19 000 Roms ont été expulsés de leur campement de fortune.

À Marseille, la première violence faite aux Roms – ils seraient 1200, un chiffre en baisse – reste cependant celle de l’extrême pauvreté. « Les familles jetées hors de leur campement se retrouvent sur le trottoir, totalement démunies » sans que « jamais ne se mette en place une politique de prévention ou de relogement », dénonce l’association. D’où une déscolarisation des enfants, un parcours d’insertion et sanitaire déjà chaotique à reprendre à zéro… Pourtant, depuis quelques mois, les Roms auraient pu voir leur situation s’améliorer, en raison de leur accès désormais légal au marché du travail. Las : « Il y a des réticences de la part de l’administration à leur permettre cet accès à l’emploi », a constaté Julie Heslouin.

Pièces jointes

AMNESTY INTERNATIONAL Télécharger