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Rencontres Tsiganes

Un racisme soft ? 24 janvier 2017

Du 30 janvier au 4 février prochain s’ouvre dans les Bouches du Rhône une Semaine départementale de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine. De nombreuses manifestations auxquelles Rencontres Tsiganes prendra part vont tenter de mettre en lumière les diverses formes de racisme et d’exclusion qui subsistent et parfois se renforcent dans notre région .

 

Le dernier rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme sur ce thème fait état « d’une plus grande tolérance de l’opinion publique depuis 2015…. Cette progression générale de la tolérance, déjà perceptible en novembre 2014 et en mars 2015, s’est confirmée lors de la dernière vague du baromètre réalisée en janvier »

 

Ce constat, à priori encourageant, peut cependant étonner ceux qui, au quotidien, sont confrontés aux diverses formes d’exclusion fondées sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les «races», ou, plus souvent encore, sur une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. Les Roms/Tsiganes ou encore gitans ou gens du voyage, qu’ils soient ou non citoyens français, font historiquement partie de ces “catégories » considérées comme inférieures. Ils sont condamnés à choisir entre une marginalisation coupable et une assimilation qui, sous le prétexte du droit commun nie leurs histoires et leurs cultures.

 

En contact régulier avec les divers membres de cette population, nous mesurons que le rejet dont ils sont l’objet ne se réduit pas hélas. La récente lettre de Monsieur Ravier, maire des XIIIème et XIVème arrondissements de Marseille, diffusée dans toutes les boîtes aux lettres est le dernier exemple de ce racisme assumé et appuyé de multiples informations mensongères et d’un appel à la haine. Moins ouvertement mais tout aussi pervers est le comportement de certains élus qui se refusent d’appliquer la loi et de permettre aux voyageurs de s’arrêter ou de séjourner sur leur propre terrain. Ils mettent en avant la sécurité et la tranquillité de leurs électeurs laissant ainsi supposer que les arrivants sont de dangereux délinquants. Comment justifier encore le comportement de ces agents en charge de fournir un bien reconnu de première nécessité, l’électricité et qui, sans prévenir coupent brutalement l’alimentation électrique d’une quarantaine de familles avec enfants et personnes âgées au matin d’un jour de grand froid ?

 

De telles attitudes que nous dénonçons régulièrement mettent en cause des élus, des fonctionnaires, des responsables politiques qui prennent prétexte d’une opinion publique désorientée et sensible aux arguments xénophobes de l’extrême droite et parfois la droite.

 

Certes dans les derniers mois de l’année 2016 des nouvelles rassurantes laissent espérer une évolution plus conforme au nécessaire respect de la diversité. Le discours du Président de la République à Montreuil Bellay en mémoire de l’enfermement des Tsiganes pendant la guerre de 1939-1945, la reconnaissance officielle de la culture tsigane par la signature d’une charte et le vote par le Parlement le 22 décembre 20016 de la suppression de la loi du 6 janvier 1969 qui faisait des gens du voyage des citoyens de seconde zone, sont autant de signes positifs venus d’en haut mais qu’il conviendra de faire reconnaître et appliquer sur le terrain. C’est la lourde tâche qui est devant nous et la semaine de lutte contre le racisme qui s’ouvre sera une nouvelle occasion de faire entendre la voix des discriminés.

 

Marseille le 20/01/2017

 

Alain FOUREST

Pièces jointes

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