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Rencontres Tsiganes

Archives de l'auteur : Jean-Paul Kopp

Lettres ouvertes à Monsieur le Préfet à l’Egalité des Chances 28 mars 2017

Dernières informations

Après avoir reçu l’assurance du préfet que les familles vivant dans le bidonville de l’avenue Capitaine Gèze ne seraient pas expulsées , au même instant deux autres expulsions par les forces de l’ordre en présence du maire  d’arrondissement Monsieur RAVIER  avaient lieu .

Ces évènements qui ont conduit une nouvelle fois des familles et des enfants à la  rue montrent l’incohérence  de cette politique inhumaine et la manière pour le moins curieuse  avec laquelle les représentants de l’Etat conçoivent les relations avec les mouvements associatifs

 

Marseille le 11 avril  2017

Monsieur le Préfet

 

C’est avec consternation que nous avons appris ce matin l’expulsion du bidonville de la Rose dans des conditions qui nous ont conduits à modifier radicalement les positions présentées aux journalistes au cours de notre conférence de presse.

Alors que nous nous étions préparés à souligner les perspectives ouvertes par l’évolution de votre position sur le Boulevard Capitaine Geze, alors que nous allions signifier que dans cette affaire, par cette décision, vous aviez posé un acte fondateur pour une meilleure collaboration entre nous qui ouvrait la voie à des réalisations conséquentes,

c’est la colère qui est revenue, avec plus de vigueur encore chez certains.

Car dans le mouvement associatif que nous représentons on ne comprend plus. Nous étions d’accord pour reconnaître que le bidonville de La Rose présentait des caractéristiques de dangerosité qui pouvaient amener à des décisions difficiles. Cela méritait que nous en parlions et que nous recherchions ensemble des solutions véritables.

De là à accorder le concours de la force publique pour, sans sommation, aller détruire les habitats des occupants, et les jeter à la rue sans aucun ménagement, il y a un pas que nous ne pensions pas voir franchi. Nous pensions, cela allait de soi, que vous nous donneriez une échéance, que nous en parlerions. L’inversion de calendrier entre Flégier et La Rose ne signifiait pas action brutale et immédiate, sans concertation, sur la nouvelle cible.

Consternant !

Notre regroupement poursuit son élargissement mais nous ne perdons pas de vue que notre objectif reste de construire avec vous et les collectivités territoriales parce que sans nous, vous ne réussirez jamais à répondre correctement aux exigences de l’intérêt général. Sans vous notre engagement perd l’essentiel de son sens. Nous ne pouvons qu’œuvrer ensemble.

Mais pas comme ça !

Nous poursuivons donc notre organisation dans ce contexte désespérant, qui n’est pas propre, nous le savons à notre département. C’est clair ! En période électorale la politique d’Etat impose encore plus ses exigences.

Voilà notre réaction aujourd’hui !

Y a-t-il eu des incompréhensions entre nous ? C’est possible, rien cependant de notre point de vue ne saurait en tout cas justifier ce qui s’est passé ce matin à La Rose.

Au vu de la situation nous sollicitons une nouvelle fois un rendez-vous. Il faut que nous nous expliquions, que nous prenions le temps de nous comprendre.

Signature des associations

 

 

 

 

Marseille le 27 mars 2017

à Monsieur le Préfet, délégué à l’égalité des chances
Nous avons été informés de l’imminence de l’expulsion avec le concours de la force publique des bidonvilles du boulevard Capitaine Gèze et de la rue Flégier.
Suite à cette nouvelle, les organisations signataires vous expriment leur colère et leur stupeur face à l’absence de concertation préalable comme nous en avons l’habitude dans le cadre du Comité de suivi des campements.
Pour ce qui les concerne, les collectifs Roms du département sont obligés de constater que les concertations entre nous sont balayées par l’irruption, dans vos décisions, d’événements qui apparaîtront imposés par des considérations politiques à nos yeux indéfendables moralement et totalement inopportunes dans le contexte.

Comment justifier ces initiatives brutales dans une urgence qui nous apparaît « liée à un calendrier électoral », qui va à l’encontre de l’action de relogement exigée par la circulaire d’août 2012, alors que nous venons de nous concerter dans le cadre du Comité de suivi des campements dans une tout autre dynamique et dans des perspectives de réflexions partagées.
Car dans cette affaire une vingtaine d’enfants scolarisés dont la majorité sont très assidus vont une nouvelle fois se retrouver sans logement.

Une fois de plus, et malgré les propositions que vous nous avez faites, l’enquête sociale pour relogement sera conduite au dernier moment. Une fois de plus, des familles seront jetées à la rue.
Elles seront privées de leurs droits et se retrouveront, une nouvelle fois, dans une situation de vulnérabilité et d’errance incompatibles avec l’effectivité des droits fondamentaux et la dignité.
Par cette lettre ouverte, nous exigeons un plan de relogement permettant la prise en compte des besoins des familles, particulièrement les plus vulnérables et de celles qui se sont inscrites dans un parcours d’insertion sociale, professionnelle et scolaire.

Quel est l’intérêt politique, économique, social, d’une telle mise en situation ?
Absurde, inconséquente, la politique en oeuvre ici est indéfendable aux yeux des acteurs engagés que nous sommes.

Comité départemental des collectifs de soutien aux Roms (collectifs d’Aix, Arles, Aubagne,
Gardanne, Martigues)
ATD Quart Monde PACA – CCFD – Terre solidaire – CIMADE Marseille – L’école au Présent – Fondation
Abbé Pierre – LDH Marseille – Médecins du Monde – MRAP13 – Pastorale des migrants – Rencontres
Tsiganes

Communiqué de Presse : pour un moratoire immédiat des expulsions sans solutions des familles vivant en bidonville 28 juillet 2015

Le vendredi 24 juillet 2015, le nouveau Préfet à l’égalité des chances, Yves ROUSSET a présidé une réunion de la commission en charge de l’insertion par le logement des familles vivant en bidonvilles (COPIL). Après un large tour d’horizon destiné à l’information du nouveau préfet, les associations et organismes présents ont à nouveau exposé les difficultés auxquelles ils sont confrontés et les limites d’application de la circulaire du 26 août 2012 censée permettre une mise à l’abri de ces familles.

Le Préfet a indiqué que trois nouveaux sites, regroupant plus de cinquante familles, allaient faire l’objet, dans les tout prochains jours, d’une évacuation en raison des risques d’insécurité déclarée. Il était annoncé en cours de réunion que la police procédait au même instant à l’expulsion d’un premier groupe de familles boulevard National. A ces 15 familles à nouveau à la rue, s’ajoutent celles qui ont dû quitter en urgence leurs cabanes détruites par un incendie le matin même.

Les représentants des associations ont mis en cause le caractère d’urgence de ces décisions en prenant pour exemple la précédente évacuation de la caserne Masséna qui ne leur paraissait pas justifiée. L’absence de solution d’hébergement pour ces familles est contraire à la circulaire interministérielle et n’est pas acceptable.

Dans ces conditions, les associations partenaires de la commission depuis sa création et qui ont apporté leurs connaissances des familles et leur savoir-faire dans l’aide à leur insertion sociale et professionnelle ont réclamé un moratoire sur ces expulsions dans l’attente de solutions appropriées à chaque cas. Cette position est conforme à celle adoptée à l’échelon national par le collectif Romeurope et le Collectif des Associations Unies.

En l’absence d’un engagement en ce sens de la part des pouvoirs publics, les représentants associatifs décident de ne plus prendre part à ces réunions dans l’attente de nouvelles propositions de l’État et de la mairie de Marseille garantissant la mise à l’abri de toutes les familles actuellement à la rue ou menacées d’expulsion.

Signataires : AMPIL (Agence méditerranéenne pour l’insertion par le logement) – Fondation Abbé Pierre – HAS (Habitat alternatif social) –  Médecins du Monde – Paroles vives – Rencontres Tsiganes – Secours Catholique

Pièces jointes

COMMUNIQUE DE PRESSE 28-07-15 Télécharger

Communiqué de presse Romeurope 20 juillet 2015

Pour un moratoire immédiat des expulsions sans solutions de familles vivant en bidonville

Romeurope

Paris, le 20 juillet 2015

Un grand nombre de bidonvilles est expulsé sans solution d’hébergement ou de relogement pour les personnes, dans l’indifférence estivale.

Une situation dramatique qui vient de frapper de plein fouet 450 personnes à Nantes, 180 personnes à Marseille dont la moitié sont des enfants, 500 personnes à Chelles, 150 personnes à Ris-Orangis, 100 personnes à Ivry-sur-Seine, 50 personnes à Aubervilliers, Bordeaux, le Havre et Logne…

Une situation dramatique qui pèse également aujourd’hui sur plus de 400 personnes à Grenoble dont 160 enfants, comme vient de le dénoncer le maire de Grenoble dans une lettre ouverte au Président de la République, mais aussi 240 personnes dont 100 enfants à La Courneuve, 300 personnes à Saint-Denis, 200 personnes à Bordeaux, à Nantes…

Chaque expulsion est un nouveau drame humain pour les familles qui sont forcées de trouver, en urgence, un autre abri de fortune sur un nouveau terrain ou dans les rues des grandes agglomérations en rompant avec toute attache territoriale. Ces opérations policières ont des conséquences humaines et psychologiques importantes pour ces familles sans cesse sous pression. Elles aggravent la situation des personnes en interrompant le suivi social et sanitaire organisé par les associations. Elles renforcent également l’exclusion de nombreux enfants en empêchant leur accès durable à l’école.

Chaque expulsion est un nouvel échec en matière de politiques publiques : qui peut encore croire que la destruction des bidonvilles fait disparaître la misère ?

Alors que cette politique répressive a montré toute son inefficacité, le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope et le Collectif des Associations Unies demandent au gouvernement la mise en œuvre immédiate d’un moratoire sur les expulsions tant que des solutions dignes d’hébergement, de logement et d’accompagnement social ne sont pas proposées aux familles.

En France, en 2015, environ 20 000 personnes vivent en bidonville. L’accès à des conditions de vie dignes et à l’insertion est possible pour ces personnes si l’Etat et les collectivités locales se mobilisent. Il n’en reste pas moins que la stabilisation des personnes et la sécurisation de leurs lieux de vie (accès à l’eau, à l’électricité, ramassage des ordures, sanitaires) sont les conditions indispensables pour qu’enfants et adultes accèdent à leurs droits (école, emploi, santé…). Comment suivre une scolarisation régulière, trouver et/ou garder un emploi et être suivi médicalement lorsqu’on est condamné à l’errance ?

A ce jour, la circulaire du 26 août 2012 qui prévoyait un accompagnement social et une anticipation des expulsions n’a pas produit les effets positifs attendus. Il est donc désormais impératif de rompre avec une approche fondée sur les expulsions systématiques qui finissent par créer les phénomènes qu’elles prétendent pourtant endiguer.

Le Collectif des Associations Unies et le CNDH Romeurope rappellent que notre République est fondée sur le respect de la dignité et des droits humains pour toutes et tous et qu’il est de notre devoir de proposer ensemble un accompagnement vers l’hébergement et le logement aux familles vivant aujourd’hui dans les bidonvilles.

Stoppons les expulsions sans solutions !

Pièces jointes

CP Bidonvilles Romeurope du 20-07-2015 Télécharger

Communiqué suite à l’ordonnance d’évacuation de la caserne Massena 2 juillet 2015

Le préfet de Région PACA a ordonné l’évacuation de la caserne Massena à la Belle de Mai à Marseille pour ce vendredi 3 juillet à 8h30. Cette décision fait suite à un arrêté de péril « imminent » pris par la ville de Marseille, propriétaire du site, et notifié aux occupants le mardi 30 juin.

Dans son arrêté, la Mairie renvoie la responsabilité de la prise en charge des familles à l’Etat, « considérant l’existence d’un dispositif préfectoral de prise en charge des publics fragilisés en situation d’urgence ».
Nous savons que ce dispositif consistera en une mise à l’abri dans l’urgence de quelques nuits à l’hôtel et pour quelques familles seulement.

La caserne abrite à ce jour 50 familles : 89 adultes et 83 enfants (dont 21 de moins de 3 ans).

Nous devons réagir face cette décision d’une extrême violence, contraire à la Circulaire interministérielle du 26 août 2012, qui met de nouveau à la rue des dizaines de familles sans aucune anticipation.

Nous vous invitons à une conférence de presse sur place : vendredi 3 juillet 2015 à 8h30

Rencontres Tsiganes

massena

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« Roms, Paroles vivantes » plus qu’un spectacle, un projet 9 juin 2015

Festival Off d’Avignon du 4 au 14 juillet à 16h au Théâtre de la Rotonde

Roms-paroles-vivantes

Extraits du dossier de presse :

«Roms,Paroles vivantes» est né de la rencontre de l’Atelier du Possible avec les roms de deux bidonvilles des Bouches-du-Rhône : un projet sur deux ans, co-produit par le CE des Cheminots PACA et soutenu par le Conseil Général.
Il s’est construit à partir de témoignages recueillis par Dominique Duby, auteure de la compagnie, sur les bidonvilles de Marignane et Luynes (anciennement Vitrolles, et transféré à la suite d’une expulsion).
Depuis le printemps 2014, et pendant plusieurs semaines, elle a écouté et s’est imprégnée de la réalité de vie des bidonvilles, des paroles des hommes et des femmes qui les habitent, et du travail des intervenants sociaux et bénévoles.
Le fruit de ce travail, «Roms, Paroles Vivantes», spectacle du réel, est présenté pendant le Festival OFF 2015 au Théâtre de la Rotonde. Il témoigne, interroge, veut provoquer la rencontre du public le plus large avec les Roms vivant actuellement dans notre région.Il mêle vidéos, textes, chant et danses, portés par trois artistes, et aussi des personnes issues des communautés Roms de Marignane et de Luynes.
L’objectif du projet «Roms, Paroles vivantes» est de donner une meilleure lisibilité de cette communauté afin de changer notre représentation «cliché», et de contribuer ainsi à restaurer un peu de sa dignité grâce à une parole créatrice.
Nous parlons non pas «des roms», mais de personnes, enfants et adultes, hommes et femmes, qui survivent, chez nous, à côté de nous, ici, en France. Nous mettons en lumière leur vie dans ce qu’elle a de fort et de terrible.

A l’issue de chaque représentation, nous proposerons au public, sous le chapiteau aménagé à cet effet par le Théâtre de la Rotonde, de retrouver les personnes des bidonvilles et des travailleurs sociaux présents ce jour-là.
Quatre rencontres thématiques seront proposées au cours des dix jours, avec des intervenants, Rencontres Tsiganes, l’ADDAP13*, Médecins du monde, Ligue des droits de l’Homme…

Retrouvez tout le dossier de presse en pièce jointe.

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Dossier de Presse Roms Paroles Vivantes Télécharger

Grâce à vous, « Marsactu » vivra ! 3 juin 2015

Marsactu-2

Durant des années, les journalistes de Marsactu ont été présents sur le terrain à nos côtés pour témoigner des bons et des mauvais moments.
Leurs nombreux reportages (*) ont su apporter un autre regard sur les Roms/Tsiganes, relayer leurs paroles et sensibiliser bon nombre de nos concitoyens à leur situation.
Au fil de nos rencontres, nous avons pu apprécier leur professionnalisme, leur disponibilité et plus encore, l’écoute et le respect qu’ils portaient aux plus démunis.

Aujourd’hui, ils ont besoin de nous afin de poursuivre leur travail et relancer leur journal.

A partir de 5€, vous pouvez participer à la renaissance d’un média indépendant dont nous avons bien besoin en cliquant sur ce lien : https://fr.ulule.com/marsactu/

Merci de relayer cet appel dans vos réseaux.

Le journaliste de Marsactu, Jean-Marie Leforestier, lors de la réquisition citoyenne de la caserne Cardot le 12 novembre 2012

Jean-Marie Leforestier de Marsactu lors de la réquisition citoyenne de la caserne Cardot le 12 novembre 2012

(*) Relire tous les articles de Marsactu sur la situation des Roms 

Des Roms sont toujours en panne d’insertion à Plombières

Le bidonville de la Parette s’arrête

Lorenzo et Bobby, destins croisés avant la fin du bidonville de la Parette

Les Roms de Fontainieu expulsés mais pas abandonnés

À la Belle de Mai, des enfants roms guidés sur le chemin de l’école

Accès à l’eau : l’inaction d’hier garantit l’action de demain

La Ville veut obliger le préfet à expulser trois camps de Roms

300 hommes, femmes et enfants vont être expulsés en plein hiver

Retour à Fontainieu dans les pas du « préfet des Roms »

Nouvelle réquisition au profit des Roms

Roms de Plombières : retour à zéro avec la quête de l’eau

À la caserne Cardot, 180 Roms expulsés retrouvent l’errance

À Marseille, des caméras ciblent Roms et gens du voyage

Expulsés des Créneaux, des Roms expérimentent la tranquillité à Fontainieu

Guy Teissier sur l’intégration des Roms : « Même s’ils étaient dix, c’est encore trop »

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Roms…

« Quand les Roms s’installent, on a une recrudescence des cambriolages »

« Une semaine en décembre » dans l’intimité d’une famille Rom

Expulsés des Créneaux par des riverains, les Roms portent plainte

Le naufrage de la réquisition citoyenne à Marseille

Roméo rêve d’une vie stable à Marseille

Réquisition à Plombières : la balle est dans le camp de l’État

La réquisition appartient à ceux qui se lèvent tôt

L’espace d’hébergement de Roms va quitter Plombières

Camp de Roms incendié : l’insoutenable légèreté

Roms : le plan sans argent du préfet Hugues Parant

Michel Bourgat : « L’expulsion des Roms est une bonne chose »

Carlotti : les Roms « ne seront pas traités différemment, mais au moins ils seront traités »

Alain Fourest : « la situation des Roms a empiré en 15 ans »

Roms : renoncement en forme d’appel à l’aide de la mairie de Marseille

Roms : concertation rime quand même avec expulsions

Un associatif agressé en marge de la sortie anti-Roms de l’UMP

« Malgré la difficulté, les Roms restent dignes »

Les précaires de l’eau vivent aussi en France

Le Festival Latcho Divano annonce la couleur

Roms : Une lettre polémique + une pétition de CIQ = un nouveau déménagement

Roms à Marseille : portes ouvertes, portes fermées

Roms à Marseille : errance et préjugés

MPM et ville de Marseille : même politique anti-Roms ?

Séance de mendicité devant la mairie de Marseille

Expulsion d’un camp de Roms à Marseille : l’Etat durcit le black-out médiatique

Roms : les journalistes interdits d’expulsion à Marseille

L’espace solidaire d’hébergement de la Belle de Mai : une solution provisoire pour l’intégration des Roms

Roms : mais que fait la mairie ?

Environ 60 Roms vont prendre l’avion. Restent deux milliers sur la Canebière et ailleurs à Marseille…

Quarante-huit heures avec les Roms marseillais

Marseille : « cachez ces Roms que je ne saurais voir »

« Les Roms seront les derniers à profiter de quelque chose de fraternel »

Quand les Roms deviennent « les faciles » boucs émissaires marseillais

La « patate chaude » des Roms tourne toujours

Le Secours Catholique vient en aide aux Roms de la Capelette

Roms de Chanterelle : Mennucci renvoie la balle dans le camp de Gaudin

La 40e journée internationale des Roms, c’est aujourd’hui en haut de la Canebière

Babel Med Music et Latcho Divano : l’amicale de toutes les cultures à Marseille

Marseille : la SNCF fait marche arrière sur une fiche ethnique

Roms du Panier : le sursis du jeudi ?

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Cérémonie du 23 Mai 2015 au Camp de Saliers 30 mai 2015

Ce samedi matin, par un fort mistral, au milieu de la Camargue sauvage, nous étions plus d’une centaine venus de tous les horizons à nous retrouver pour un moment de recueillement et d’amitié autour du Mémorial de Saliers.

Rappel de l’histoire de ce camp, témoignages, lecture de noms des morts en présence de nombreux descendants, dépôts de gerbes et chants.
Nous étions six représentants de l’association Rencontres Tsiganes à cette cérémonie pour montrer par notre présence aux nombreux représentants de la communauté Tsigane, notre solidarité et notre soutien.

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Tous les descendants de familles internées au Camp de Saliers de 1942 à 1944, et présents samedi au Mémorial, ont posé dignement, en mémoire de tous ceux et celles qui ont vécu, souffert ou sont morts ici. (©Photo André Luzy)

La veille, lors de l’assemblée générale annuelle de l’ANGVC (Association Nationale des Gens du Voyage Catholiques) Nelly DEBARD avait été élue présidente. Nous la félicitons pour cette désignation et nous lui souhaitons courage et détermination pour mener à bien cette mission et poursuivre le combat pour le respect des droits.

Saliers 2015

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La circulaire Grands Passages 2015 30 mai 2015

Comme chaque année, le Ministre de l’intérieur prend la peine de publier une circulaire à l’attention des préfets dans laquelle il rappelle que de nombreux groupes de voyageurs en majorité organisés autour des évangélistes vont circuler à travers la France et que des terrains d’accueil doivent leur être proposés conformément à la loi du 5 juillet 2000.
Comme d’habitude, dans la région, des groupes d’ailleurs souvent présents tout au long de l’année, en raison de l’absence de terrains de grands passages se trouvent dans l’obligation de stationner sur des espaces non prévus à cet effet. C’est malheureusement souvent l’occasion de conflits et de plaintes du voisinage et la presse s’en empare mettant systématiquement en cause les voyageurs.
Chaque semaine ou presque des articles dans la Provence ou Var Matin font état des exactions commises, souvent alimentés par l’hostilité des habitants. Dans les Bouches-du-Rhône, trois groupes au moins sont présents pour deux ou trois semaines à Aix-en-Provence, Cabries, Septèmes-les-Vallons. Lors d’une réunion de la commission départementale, la Préfecture a proposé d’ouvrir une aire de grand passage aux Saintes-Maries-de-la-Mer, montrant ainsi son ignorance de la réalité.

Photo d'un artiste amoureux

A lire dans La Provence du jeudi 21/05/2015 : Les Gens du voyage ont eu raison de Grannus

Circulaire Grand passage 2015 (PDF)

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Roms de Martigues : Il obtient son diplôme et finit premier de sa session de formation 30 mai 2015

Un petit mot pour vous dire que nous avons ici une bonne nouvelle concernant un des Roms de Martigues que nous suivons depuis maintenant bientôt deux ans.
Ilie Z. vient d’obtenir son diplôme de chaudronnier à l’AFPA d’Istres.
Il a été classé 1er de sa session de formation.
Nous avons défini aussi des protocoles de formation (toujours avec l’AFPA d’Istres pour deux autres Roms de Martigues, un en mécanique et un autre en logistique)
Pour ce qui concerne plusieurs des femmes, nous envisageons de faire la même chose une fois que leur niveau de français deviendra acceptable – formation en entretien et à l’aide à domicile.

Ilie avec son diplôme

Ilie avec son tout nouveau diplôme

Pour le collectif Roms de Martigues
Georges FOURNIER

Le 24 avril 2015

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Les deux bouts de la chaîne de l’exclusion 29 mai 2015

Le bateau en cartonMardi 14 au Mazarin, cinéma d’Aix, jeudi 16 au Renoir, à Aix encore, ont été projetés deux excellents films que l’on pourrait faire dialoguer, se faire répondre l’un à l’autre. Le premier est « Le Bateau en carton » (2010) de José Vieira, le second est « Perdus entre deux rives, les Chibanis oubliés» de Rachid Oujdi (2014). Vieira relate la vie d’un bidonville de Roms en région parisienne pris dans le processus des expulsions, Oujdi relate la vie de ces vieux travailleurs maghrébins, restés en France et vivant leur solitude entre deux rives qui ne les reconnaissent ni l’une ni l’autre. Essayons ce dialogue entre eux.

Le film de Vieira est austère mais pas misérabiliste, les gens sont positifs, ils veulent vivre, ils ont l’avenir devant eux et veulent le saisir. Le second est solaire. Il montre une population très âgée, finissante, souffrant de solitude, mais souriante tout au long des images, maniant l’humour, gardant l’amour de la vie (et de la France, malgré tout !) malgré les difficultés.

La vie des bidonvilles des années 50 et 60 est évoquée, lorsque ces Chibanis étaient jeunes, qu’ils sont venus travailler pour faire vivre leurs familles restées au bled. La pluie, la boue, les cabanes froides et non étanches, la corvée d’eau. Dans une France des « 30 glorieuses » ces gens étaient les acteurs de notre développement tout en vivant aux marges dans une situation indigne.[1] Dans les années 2000 voici les mêmes bidonvilles qui renaissent, toujours dans la boue et avec les corvées d’eau, toujours les cabanes suintantes. Cette fois-ci avec des familles entières à qui on refuse de travailler, alors que les Maghrébins étaient des hommes seuls qui travaillaient dur, on les avait fait venir pour cela. Des Roms, on ne veut pas qu’ils arrivent. Le traitement des bidonvilles par les autorités a donc été bien différent : tout bidonville est édifié sur un terrain vague, par définition illicite (il n’appartient pas aux occupants), mais dans les années 50 on s’en moquait, on voulait que les gens restent et bossent, ne retournent pas « chez eux », ce « chez eux » qu’ils vont donc perdre. Maintenant on se braque sur cette illicéité pour les pourchasser, espérant que leurs habitants s’enfuient « chez eux ». Dans un cas comme dans l’autre, on ne sait plus ce que signifie « chez eux ».

Les maghrébins étaient des hommes seuls, venus pour envoyer de l’argent à leurs femmes pour élever les enfants qu’ils ne connaissaient pas, ou si peu. Ils ont accepté cette séparation pour devenir des soutiens uniquement économiques. Ceci est leur souffrance actuelle, leurs enfants ne les (re)connaissent pas. La France les abandonne à leur sort, elle ne les voit plus. Et s’ils sont défendus, ils deviennent un « problème », ces quelques centaines de milliers de vieux ! Les Roms sont venus en famille, ont refusé cette séparation, c’est sur place qu’ils les nourrissent en glanant quelques euros. La présence des familles explique en partie le rejet. Les hommes seuls étaient baladés d’un bout à l’autre de l’Hexagone pour répondre à nos besoins, et on comptait bien les voir disparaître quand ils ne serviraient plus. Mais des familles, avec enfants, alors qu’on dit ne pas avoir besoin de leur travail (ce qui est une erreur ou un mensonge suivant le cas), cela inquiète, cela est « insupportable », pour qui se prennent-ils ? Ils deviennent le problème central, ces quelques 20000 personnes … dérisoire ![2]

Les Chibanis subissent une grande pauvreté (l’un disait avoir une retraite de 140€ mensuels). Les règlements exigent de rester au moins 6 mois en France pour toucher la totalité des retraites et allocations diverses. Sinon ce qu’ils toucheraient serait infime, cela après quarante ans de travail ! Mais ne peut-on changer une loi ou une réglementation quand ses conséquences entraînent une telle injustice ?[3] Non, parait-il, leur régime s’applique à tout le monde. On oublie qu’ils n’ont pas été au régime général (boulots non déclarés, papiers égarés – ils sont en majorité analphabètes – parce que personne ne s’est occupé de les aider à constituer des dossiers ou à déclarer leur travail, lorsqu’ils étaient en activité). Misère totale pour les Roms. On leur refuse des contrats de travail, ils sont alors sous-payés (30€ est un « bon salaire » quotidien… quand on les embauche), ils n’ont aucune aide, ni allocations familiales, ni aide au logement, puisqu’ils n’ont pas de contrat ! « Ils seraient une charge insupportable pour le système social français ». Ne parlons pas du RSA ou d’autres allocations. On leur refuse même l’aide juridictionnelle quand on les convoque au tribunal pour les expulser car « ils ne prouvent pas qu’ils sont pauvres ». Changer le règlement, ou l’appliquer avec souplesse serait un passe-droit insupportable (a précisé le Sous-préfet d’Aix).

On voit un Chibani du film à qui on réclame environ 19000€ de « trop perçu » parce qu’il est resté un an au Maghreb à cause de sa fille très malade. Donc il doit rembourser ce qu’il a perçu les trois années précédentes. S’il s’agissait de 19 millions d’euros, l’administration ferait sûrement une transaction (il n’est pas besoin d’évoquer Tapie ou Balkany ou quelques autres) comme elle en a le pouvoir, mais pour lui, pas question, il rembourse mois après mois…et il garde le sourire quand il l’évoque ! Quant aux Roms, quand ils font de la ferraille sur les décharges, ils se font arrêter puis condamner par les tribunaux (ils n’ont pas la chance d’être sur le bidonville du Caire qui fait vivre des milliers de gens, nous sommes en France tout de même !), c’est la loi…inventée pour qui ? Les banques refusent de leur ouvrir des comptes (la ferraille doit – règlement assez récent, visant qui ? – être payée par chèque). La raison invoquée par le capitaine de gendarmerie témoin de la chose : en Roumanie il existe des faux-papiers, alors il faut se méfier ! Il n’y a pas de faux-papiers à Marseille ? Qu’en sait-il sur la Roumanie ? Ainsi, dans les deux cas, les administrations, censées permettre aux citoyens de vivre, sont des machines à exclure. Racisme ordinaire…

Cette façon de faire de l’Administration est sous-tendue par cette idée récurrente de la fraude. Tous ces pauvres, Chibanis ou Roms (et tous les autres  « pauvres » d’ailleurs) seraient des fraudeurs en puissance (et des voleurs pour les Roms, tous bien sûr). Pas les autres « bons français », les Cahuzac, Tapie ou Balkany, ou encore Tiberi, pour parler des grands, ou les braves gens qui ne font pas de vagues. Mais les pauvres ! Alors pour eux il y a surveillance, méfiance, durcissement des réglementations, amalgames (« si ce n’est toi, c’est donc ton frère »), atmosphère puante dans laquelle nous marinons.

Les Chibanis sont des migrants. En 50 ils étaient soumis au code de l’Indigène, bien que français : on pouvait les déplacer librement, pour les besoins de la France. On les a transplantés en France pour nous servir. Nous avons fabriqué des migrants et ils l’ont accepté, bien obligés de nourrir leurs familles. Les Roms sont aussi des migrants, mais ce sont eux qui ont décidé de quitter leur pays qui ne leur proposait que le chômage et l’exclusion. Nous n’en voulons pas, les pensant inutiles. Ils sont venus pour les même raisons que les autres. Les premiers font verser une larme à notre député : « c’est nous qui les avons fait venir et voilà le résultat ! », ils sont de « bons pauvres », de « bons migrants ». Les seconds ont la malchance d’être de « mauvais pauvres ou migrants », alors on botte en touche quand on les évoque. Comme a dit notre Sous-préfet : « ce sont eux qui se sont mis dans leur tort en venant », fermez le ban. Mais les « bons » ou les « mauvais » sont de toutes façons les exclus du système, ceux qui payent dans leur chair et leur cœur pour l’indifférence et la haine des autres.

Que faire ? Les uns ont proposé une pétition, immédiate. Les autres une manifestation. Très bien, mais après ? On est devant une machine étatique à exclure, qui broie les personnes. Derrière cette machine se cachent les braves gens. « Il n’y a pas de fumée sans feu ». Si on peut mépriser les Chibanis, c’est que finalement ils auraient dû rentrer « chez eux », ce « chez eux » qu’ils ont perdu à notre service. Si on dit tellement de mal des Roms, c’est bien que ce doit être vrai, et eux aussi pourraient rester « chez eux », ce peuple que chaque pays a considéré comme « gens d’ailleurs ».

Cette machine, aveugle, injuste, broyeuse de vies, est au service de certains. Elle n’est pas une machine folle, mais une machine dirigée, elle est au service de certaines volontés. C’est à ces volontés qu’il faut s’attaquer. Partout le peuple doit manifester qu’on ne peut pas mépriser des travailleurs qui ont passé leur vie à œuvrer pour nous, qu’on ne peut pas accepter la chasse à des familles qui essayent de survivre dans un monde qui ne veut pas d’elles. Nous sommes tous responsables de nos dirigeants, nous sommes tous responsables de l’atmosphère dans laquelle nous vivons[4].

Marc Durand

Vendredi 17 avril 2015

 

[1] Les deux films montrent bien l’indignité, l’horreur des lieux, habités par des gens dignes. Cet hiver le bidonville de Luynes n’avait rien à leur envier. La réalité est chez nous.

[2] Quand il y a des élections, les 300 000 (environ) Chibanis ne sont pas évoqués, ils sont tombés dans l’indifférence de tous. Et on se concentre sur les 20 000 Roms qui seraient « le problème » de la France à voir la place qu’ils prennent à ce moment ! ils suscitent la haine de tous.

[3] Tout étudiant en Droit apprend dès le début de ses études que le Droit n’est pas un but, mais un moyen de permettre à une société à vivre en conformité avec ses valeurs, et qu’il doit constamment évoluer pour le permettre.

[4] « Responsables » ne signifie pas « coupables », mais « en responsabilité ». Cette situation est de notre responsabilité.

Pièces jointes