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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Devoir de Mémoire

Une journée pour la mémoire et pour l’avenir 7 novembre 2016

On pourra regretter qu’il ai fallu de si longues années pour qu’un gouvernement reconnaisse le sort tragique fait aux “nomades“, (Gitans,  Manouches, Sintis Tsiganes etc), durant la seconde guerre mondiale.  Le discours de François Hollande  ce  29 octobre 2016 à Montreuil-Bellay  marquera une étape importante dans un  long combat . Entouré d’un grand nombre de ceux qui ont eu à subir ces représailles  insupportables, le Président de la République s’est engagé en des termes à même de leur redonner leur fierté. Il a également reconnu la pleine citoyenneté à tous ceux qui aujourd’hui encore subissent des discriminations quotidiennes.

Eh bien voilà ! Nous y sommes, ce jour est venu et il fallait que cette vérité fût dite au plus haut niveau de l’Etat : la République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame.  “14595770_587539138104441_8269842228086114006_n

Une telle reconnaissance  ne saurait cependant  satisfaire  tous ceux qui aujourd’hui encore subissent les conséquences d’une législation  condamnable et discriminante.  La loi “égalité et citoyenneté“ doit sans délai  être votée par l’Assemblée Nationale et promulguer pour ouvrir une aire nouvelle dans l’égalité des droits entre tous les  citoyens quels que soient leur culture, leur mode de vie, leurs origines. Nous savons aussi, par expérience, qu’une loi n’est qu’un outil dont la mise en œuvre nécessitera encore de longues batailles.

(1) On remarque à coté du  Président Hollande  notre amie Nelly Debard Présidente de l’ANGVC ( Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens)

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Internement des familles « nomades » dans les camps de 1940 à 1946. Le récit de Violette. 22 octobre 2016

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Voici le témoignage de Violette Vanhasebroecke, filmée en 2016. Elle y raconte ce que furent ses années d’enfermement pour sa famille, ses parents et leurs treize enfants. Son père et son petit frère ont trouvé la mort dans les camps, parce qu’on pouvait mourir de froid ou même de faim derrière ces barbelés. Comme tous les survivants des camps et leurs descendants, elle attend une parole publique qui reconnaisse la spécificité de cet internement et l’implication des autorités françaises ainsi que la mise en place d’une politique mémorielle.
https://vimeo.com/187655974

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Une reconnaissance à petits pas 19 décembre 2015

Jargeau, cérémonie, 15 décembre 2015

Photo Jargeau

Mardi 15 décembre  2015, le 70ème anniversaire de la libération du camp de JARGEAU a été une nouvelle fois l’occasion de rappeler le sort fait en France aux tsiganes pendant la  seconde guerre mondiale. Cette  cérémonie s’est déroulée sous le haut patronage et en présence de Jean marc TODESCHINI secrétaire d’Etat chargé des anciens combattants et de la mémoire  et en présence de nombreux représentants de la communauté tsigane.

La participation à cette cérémonie du souvenir mais réel, d’une reconnaissance d’une page honteuse de l’histoire de la France de vichy.

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Cérémonie du 23 Mai 2015 au Camp de Saliers 30 mai 2015

Ce samedi matin, par un fort mistral, au milieu de la Camargue sauvage, nous étions plus d’une centaine venus de tous les horizons à nous retrouver pour un moment de recueillement et d’amitié autour du Mémorial de Saliers.

Rappel de l’histoire de ce camp, témoignages, lecture de noms des morts en présence de nombreux descendants, dépôts de gerbes et chants.
Nous étions six représentants de l’association Rencontres Tsiganes à cette cérémonie pour montrer par notre présence aux nombreux représentants de la communauté Tsigane, notre solidarité et notre soutien.

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Tous les descendants de familles internées au Camp de Saliers de 1942 à 1944, et présents samedi au Mémorial, ont posé dignement, en mémoire de tous ceux et celles qui ont vécu, souffert ou sont morts ici. (©Photo André Luzy)

La veille, lors de l’assemblée générale annuelle de l’ANGVC (Association Nationale des Gens du Voyage Catholiques) Nelly DEBARD avait été élue présidente. Nous la félicitons pour cette désignation et nous lui souhaitons courage et détermination pour mener à bien cette mission et poursuivre le combat pour le respect des droits.

Saliers 2015

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Commémoration à Salier 5 juin 2014

André LUZY a représenté Rencontres Tsiganes à la manifestation annuelle du souvenir au camp de Salier.  A l’occasion du pèlerinage des Saintes-Maries, de nombreux tsiganes, gitans et voyageurs se retrouvent en effet autour de ce monument érigé en Camargues pour rappeler l’emprisonnement par le régime de Vichy des tsiganes durant la guerre de quarante.

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Berlin rend un hommage tardif aux Roms victimes du nazisme 26 octobre 2012

 Cette reconnaissance bien que tardive marque cependant un étape importante dans la reconnaissance du peuple tsigane. Dans le contexte européen de chasse aux Roms, il convient sans cesse de rappeler cette période dramatique de l’histoire à nos contemporains

En France un projet de loi pour la reconnaissance du génocide tsiganes a été déposé par un groupe de parlementaires mais il est peu probable que ce texte aboutisse un jour tant cette question fait débat. à propos du génocide arménien.

 L’attitude du gouvernement de Vichy vis-à-vis des nomades tsiganes a trop longtemps été occultée et le travail de mémorisation doit s se poursuivre .

Mémorial aux Roms et Sintis - Berlin -

Mémorial aux Roms et Sintis – Berlin –

C’est un large bassin rond, rempli d’une eau aux reflets sombres. Au centre, une stèle, sur laquelle repose une fleur fraîchement coupée. De ce mémorial, que la chancelière allemande Angela Merkel devait inaugurer mercredi 24 octobre dans le parc de Tiergarten, au centre de Berlin, émane une impression de désolation, surtout lorsque l’eau de ce vaste puits reflète le gris d’un ciel d’octobre.
OEuvre de l’artiste israélien Dani Karavan, ce monument doit rappeler, à quelques centaines de mètres de la porte de Brandebourg et du Reichstag, l’extermination de 500 000 Tziganes européens pendant le IIIe Reich.
Telle une nouvelle pièce dans le puzzle rappelant l’horreur des crimes nazis, l’ouvrage est situé tout près du mémorial dédié aux juifs d’Europe assassinés, ce champ de stèles conçu par Peter Eisenman et inauguré en 2005, et non loin de celui consacré à la déportation de 50 000 homosexuels.
Mme Merkel l’a déjà dit, les lieux du souvenir doivent permettre aux générations futures de se confronter au passé de leur pays lorsque les derniers témoins auront disparu. Mais pour le représentant des communautés tziganes outre-Rhin, ce monument est avant tout la reconnaissance par l’Etat allemand d’un « Holocauste oublié ».
« L’Allemagne place désormais sa responsabilité dans l’extermination des Roms européens au coeur de ses lieux de pouvoirs, commente Romani Rose, le président du conseil central des Sintis et Roms. Aucun homme d’Etat invité à Berlin, qu’il vienne d’Europe centrale ou d’ailleurs, ne pourra l’ignorer. Les Européens dont les pays avaient collaboré avec les nazis prendront mieux conscience que les crimes commis contre les Roms durant la guerre sont une partie de leur histoire. Nous avons dû attendre longtemps, mais cette inauguration marque une césure. »

le Monde du 21/10/2012

A Aix-les-Milles, le travail de mémoire se poursuit 2 août 2011

Intervention à la Fondation des MILLES

commémoration de la rafle du Vel’d’hiv, hommage aux « Justes »

Je voudrais remercier,au nom de tous les membres de l’association Rencontres Tsiganes, que je représente ici, Alain CHOURAQUI de nous avoir sollicités pour participer à cette cérémonie .
Lors du premier colloque international de la jeunesse gitane à la fin des années 90 à Barcelone, Yehudi MENUHIN rappelait dans sa conférence inaugurale qu’il y avait au moins deux choses que partageaient le peuple juif et le peuple tsigane, c’était en premier l’amour et l’importance de la musique et en second, tragique, les persécutions, le génocide dont ils ont été victimes pendant la deuxième guerre mondiale, comme en témoignent aujourd’hui les deux mémorial à BIRKENAU, celui dédié aux victimes juives et celui dédié aux victimes tsiganes marquées au bras d’un Z comme Zigeuner.
De cette période, présente encore dans nos mémoires,nous retiendrons une idéologie construite sur la haine, le mépris, le rejet, la peur de l’autre, l’ignorance, le refus de l’autre dans ses droits les plus élémentaires et des actes barbares allant de la privation de la liberté jusqu’à son extermination.
Ce fut planifié, organisé avec hélas la complicité active ou passive d’une partie de la population française, son indifférence, son silence. Il y eut aussi des hommes et des femmes plus ou moins organisés qui se sont opposés, ont secouru et ont sauvé des enfants, des femmes et des hommes.
Concernant les populations tsiganes, nous savons peu de choses globalement et sur cette période particulièrement, quelques chercheurs, quelques associations ont commencé à réunir des documents d’archives, des témoignages, comme ici à la fondation des Milles et cette méconnaissance est liée certainement à plusieurs facteurs, les uns liés à l’extrême difficulté d’évoquer pour les survivants ce qu’ils ont subi, à la relative marginalisation de cette population surtout en situation de précarité et de nomadisme pour certains et au poids des représentations très négatives dont fait l’objet une bonne partie d’entre eux, mais aussi aux formes de transmission essentiellement orales de la culture tsigane. Ils ont été secourus par quelques religieux comme le Père FLEURY, des résistants, quelques civils mais ils furent peu nombreux.
Ils ont été massivement, par familles entières, conduits en camps d’internement comme celui, proche, de Salier, dans des conditions de vie indignes, malgré leur nationalité française et l’engagement dans la résistance de certains d’entre eux. Ils ont été envoyés en camps de concentration. On parle de 250000 à 500000 décès.
Que savons-nous d’eux ? Ils sont partis d’Inde au XXème-XXIème siècle vers l’Ouest. Qu’après deux siècles environ (entre le XVème et le XVIIème ) pendant lesquels, en France regroupés le plus souvent en Compagnies sous l’autorité d’un capitaine, ils ont assuré des fonctions guerrières, d’entretien et de divertissement à la demande des nobles et de leurs armées. Qu’au moment où le pouvoir féodal est combattu, ils sont pourchassés, proscrits, bannis, rejoignant les groupes d’errants, de vagabonds. Dans d’autres pays d’Europe, leur histoire n’est pas très différente, ils seront mis en esclavage en Roumanie et ce, jusqu’en 1855.
Ce qui va marquer profondément les relations depuis cette période et encore maintenant entre les groupes tsiganes précarisés et la société ce sont de part et d’autre des incompréhensions, de la méconnaissance mutuelle,  de la méfiance réciproque, de la peur et peu d’espace de médiation .
Et l’arrivée de migrants urbains et ruraux d’origine Rom venant des ancien pays de l’Est complexifie la compréhension de ces situations très contrastées et qui nécessite des réponses elles aussi diversifiées.
Mieux connaître le passé pour mieux construire le présent, pour garder mémoire et rester vigilant, sensibiliser, éduquer pour mieux vivre ensemble, nous nous réjouissons de pouvoir contribuer même modestement à cette mission que s’est donné la Fondation des Milles.
Michèle DORIVAL
17 Juillet 2011

Rencontre avec un admirable Grand-Père 19 juin 2011

 Avec Isabelle Ligner qui l’a accompagné dans l’écriture du récit de ses aventures, Raymond Gurême nous à tous subjugué par sa simplicité et sa  manière de raconter les plus dures moments de son existence. Comme il le constate, cette période dramatique de l’histoire de France est de retour avec les discours de l’été et la politique menée envers les Tsiganes et les Roms en France et dans le reste de l’Europe.

INTERDIT AUX NOMADES

Un Tsigane parmi les Résistants d’hier et d’aujourd’hui aux Glières

Par Isabelle Ligner
C’est sur une estrade de fortune et sous une pluie battante que Raymond Gurême, voyageur de 85 ans, a pris la parole le 14 mai aux côtés de grands résistants comme Stéphane Hessel, ancien ambassadeur et auteur du best-seller « Indignez-vous ! », qui a eu le mérite de réveiller les consciences en France et à l’étranger, inspirant notamment le mouvement actuel des Indignés en Espagne, en France ou en Grèce.
Cela se passait sur les lieux d’un des maquis français les plus connus, les Glières (Savoie), et a permis à Raymond Gurême de réclamer la fin des politiques frappant les plus fragiles dans la société et notamment les éternels bouc-émissaires, les Roms et les Gens du voyage.
Après avoir lu « Interdit aux nomades » (Calmann-Lévy), l’ouvrage qui retrace le parcours de M. Gurême, les organisateurs du rassemblement des Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui, Didier Magnin et le réalisateur Gilles Perret, avait tenu à trouver une place de dernière minute à ce voyageur, dont la famille fut broyée par le rejet et l’arbitraire. Ce en solidarité avec les Roms et Gens du voyage et afin de dénoncer les violentes déclarations gouvernementales prononcées depuis l’été 2010. Celles-ci ont débouché sur de multiples expulsions de terrains et toujours plus de discriminations.
Sur la tribune, sur laquelle il bondit d’un coup de rein devant 3.000 personnes médusées et une forêt de parapluies, Raymond Gurême a pu dire quelques motsà propos du traitement indigne que les Tsiganes ont eu à subir de la part des autorités françaises par le passé et faire le lien avec les discriminations qui les frappent actuellement.
Gilles Perret a rappelé le parcours de Raymond Gurême: français, interné avec toute sa famille à 15 ans dans un « camp pour nomades » par les autorités françaises, évadé, résistant, déporté vers des camps de discipline en Allemagne puis à nouveau évadé, membre des FFI pendant la Libération de Paris et jusqu’à la capitulation allemande. Puis, malgré le froid, l’humidité, l’émotion s’est installée lorsque Raymond Gurême a pris le micro pour rappeler les persécutions passées et exprimer son inquiétude pour le présent et l’avenir des Voyageurs: « Ce que j’entends actuellement me rappelle Vichy », a-t-il lancé sous les applaudissements. « Je ne voudrais pas que cela recommence parce que l’on est Gitans et pauvres… ».
Son intervention a servi de préambule à la lecture de l’appel de Thorens-Glières lancé officiellement par les premiers signataires, une douzaine de résistants dont Raymond Aubrac, Stéphane Hessel, Marie-José Chombart De Lauwe, présidente de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, Georges Séguy, Henri Bouvier, Léon Landini, Pierre Pranchère, Odette Nilès, ex-fiancée de Guy Moquet, Charles Paperon.
Cet appel concerne tous les citoyens, donc les voyageurs, puisqu’il demande aux candidats aux élections présidentielle et législatives de 2012 de renouer avec le « vivre-ensemble » et de défendre le socle des conquêtes sociales du Conseil national de la Résistance, systématiquement démantelées ces dernières années.
« Il est aujourd’hui concevable de définir un nouveau programme de la Résistance pour notre siècle » estiment les Résistants dans ce texte lu sur la tribune de Thorens-Glières, sous les applaudissements. « Au lieu de cela, le débat public qui s’annonce avec l’ élection de 2012 semble privilégier les manoeuvres politiciennes au service d’intérêts particuliers sans traiter: des causes politiques des injustices sociales, des raisons des dérégulations internationales, des origines des déséquilibres écologiques croissants ».
Afin de « garantir l’égalité », l’appel préconise de « reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale » et insiste sur le « droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l’éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine. Une égalité qui n’a de sens que dans le respect du droit des étrangers. »
Afin de « garantir la liberté », le texte souhaite que les législateurs puissent « approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé » et « garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent, comme en 1944. »
Afin de « garantir la fraternité », l’appel préconise de « travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine. Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie. »
« Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute nécessité de l’épanouissement du plus grand nombre et d’offrir une perspective d’avenir prometteur aux jeunes générations », a lu Stéphane Hessel devant une foule enthousiaste à l’idée d’inventer « de nouveaux jours heureux ».
Après la lecture de cet appel, Raymond Gurême a tenu à saluer au micro « ceux qui ont résisté aux Allemands et à la milice française, qu’ils aient sauvé leur peau ou non ».
La suite de l’après-midi, toujours sous un déluge, a été l’occasion d’échanges fructueux et de belles rencontres. Sous la « tente » aménagée de la librairie « Préface » de Bonneville, Raymond Gurême a dédicacé son livre à une cinquantaine de personnes, touchées par son histoire et l’énergie qu’il déploie pour lutter contre les préjugés et assurer un meilleur avenir aux générations de voyageurs qui viennent après lui.
Le rassemblement des Glières fédérait une nouvelle fois cette année des « Citoyens résistants » actifs dans différents domaines comme Alain Refalo, chef de file des désobéisseurs de l’Education nationale, l’urgentiste Patrick Pelloux, l’économiste Frédéric Lordon ou le président de la Ligue des droits de l’Homme Jean-Pierre Dubois.
Ce dernier a fustigé le lendemain sur le plateau des Glières et sous la neige « le discours insupportable sur l’identité nationale aux relents vichyssois » prononcé par Nicolas Sarkozy » sur le lieu même « où la barbarie nazie avait massacré ceux des Glières ».
« N’attendons pas que l’histoire se répète », a-t-il martelé. « Nous savons que nous ne sortirons de cette grave crise sociale et démocratique que, soit à gauche par la solidarité et l’égalité, soit à l’extrême-droite par le chacun pour soi et la compétition à outrance ».
Cofondatrice de l’Organisation contre la torture en Tunisie et figure de la récente révolution du jasmin, l’avocate tunisienne Radhia Nasraoui a pour sa part invité les Citoyens résistants à passer de « l’indignation », prônée par Stéphane Hessel, à la « révolte ». « Je vois qu’ici aussi vous avez besoin d’un régime vraiment démocratique, parlementaire…Vous avez besoin aussi d’institutions qui oeuvrent dans l’intérêt de tous les citoyens, et pas uniquement pour une classe bien déterminée », a-t-elle lancé.
Le rassemblement et l’association Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui sont nés de l’exaspération engendrée par la « récupération » du plateau des Glières par le candidat Sarkozy durant la campagne électorale de 2007. Depuis, les effectifs du rassemblement ne cessent de croître.
Dans un communiqué, l’association a dénoncé le fait que le président de la République soit venu mardi 31 mai « faire son rituel show médiatique » sur le Plateau des Glières, y voyant une nouvelle fois, un « détournement manifeste du prestige du maquis des Glières à des fins strictement personnelles ».
Quant à Raymond Gurême, il espère pouvoir participer à nouveau l’année prochaine à cette mobilisation citoyenne qui a tendu la main aux Roms et Gens du voyage par son intermédiaire. Il souhaite aussi, à terme, une meilleure reconnaissance du rôle méconnu des voyageurs dans la Résistance alors qu’il vient d’essuyer un énième refus de l’administration française concernant le statut de déporté/résistant. Ce refus est notamment basé sur une décision de justice d’un tribunal nazi de 1943, qui l’avait condamné pour le « vol » d’un camion de vivres, qu’il a remis à un réseau de Résistants, près d’Angers. Par un raisonnement pour le moins curieux, l’administration française actuelle le considère donc comme un voleur et non comme un Résistant, sur la base d’un jugement nazi.