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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Histoire et Traditions

Comment peut-on être tsigane ? 23 novembre 2009

Point de vue

{{ {{{Une complémentarité entre les identités juive et française, par Richard Prasquier}}} }}

LE MONDE | 19.11.09

« Comment peut-on être juif ? » La question n’a jamais été facile, et souvent, quand on croit l’avoir résolue, on l’a compliquée. La République, pourtant, semblait lui avoir apporté non seulement une réponse, mais la paix des décisions prises et la sérénité des dilemmes surmontés. Etre juif, c’était être comme les autres, tout simplement. Avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Se soumettre à la loi, qui est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. En un mot, être citoyen. C’est la dette, depuis plus de deux siècles, des juifs envers la France, le pays qui, le premier en Europe, fit d’eux des citoyens comme les autres. Et c’est la source d’une gratitude que les juifs éprouvent à l’égard de la patrie où, pour la première fois après des siècles d’errance et de persécutions, ils ont pu, selon le mot de l’abbé Grégoire, « reposer leurs têtes et sécher leurs larmes ».

Mais ce n’est pas si simple. Car qu’est-ce que cela veut dire, être citoyen ? Selon le mot fameux de Clermont-Tonnerre en 1790, reconnaître la citoyenneté des juifs, c’était leur accorder tout comme individus et leur refuser tout comme nation. Cette formule, l’idéologie qui la sous-tend, le mécanisme intellectuel qui la justifie sont à examiner d’un regard neuf. Car être un individu comme les autres, c’est pour tout citoyen la moindre des choses.

Nous mesurons les conquêtes passées, nous en connaissons la valeur, mais ce n’est pas être irrévérencieux que d’affirmer que, si l’on traite un juif comme un autre citoyen, on ne fait rien que d’élémentaire. En revanche, refuser toute reconnaissance d’une identité collective, cela signifie, pour le dire avec cette brutalité qui seule parfois exprime les choses exactes, nier tout ce qui fait qu’il y a entre les juifs un socle commun de références, d’attachements et de valeurs qui les rend non pas à part, mais distincts. Dire que tous les citoyens sont égaux, ce n’est pas dire qu’ils sont tous identiques.

Voilà qui exige, bien sûr, une clarification. Je tiens à dire deux vérités, avec la plus grande clarté.

Premièrement, pour en revenir aux mots de Clermont-Tonnerre, les Français juifs ne sont pas, et ne prétendent pas être, une nation dans la nation. Ils sont français, enfants de Marianne, héritiers des Lumières, et de cette patrie des philosophes éclairés et des tolérances équitables qui nous a faits ce que nous sommes.

Un héritage symbolique

Deuxièmement, et c’est là le plus difficile sans doute à entendre aujourd’hui, les juifs, par-delà les frontières, sont un peuple. Certes pas un peuple fondé sur le sang, les gènes ou l’enracinement dans un sol. Ce qu’ils ont en commun est un héritage, symbolique et prégnant, fondé sur une loi morale, des textes et des pratiques, héritage parfois accepté partiellement, mais héritage de choix, forgé par des siècles d’histoire tourmentée, maintenu à travers les dispersions et affirmé malgré les persécutions. La traque à l’époque de Vichy a convaincu, parfois dans le désespoir, ceux des juifs qui en doutaient jusque-là de la signification d’un destin commun. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) est l’héritier de cette prise de conscience.

Les juifs ont une langue, vénérable et ancienne, qu’ils ont ressuscitée. Et ils ressentent aussi, pour la plupart, la force spirituelle d’un foyer commun vers lequel tournent leurs pensées et leurs tendresses, Israël, Etat non pas juif, car ouvert à tous ses citoyens, mais Etat du peuple juif. Que celui-ci ait retrouvé sa souveraineté à Jérusalem, c’est le sursaut des espérances reconquises, une nouvelle dimension dans nos existences pour nous juifs, qui, selon la formule d’Elie Wiesel, pouvons vivre en dehors d’Israël mais ne pourrions pas vivre sans Israël.

Ce que je voudrais exprimer ici, c’est la force complémentaire de ces deux identités, française et juive. C’est la rencontre de deux universalismes, celui des droits de l’homme et celui des Dix Commandements. Nous en sommes les passeurs, les héritiers et les témoins. Cette rencontre nous crée des obligations, à savoir de nous ouvrir à la parole des autres. Nous ne devons jamais les oublier malgré les dangereuses tentations du repli entre soi. C’est cela qui nous rend français, et nous assumons de l’être à travers une appartenance à une communauté juive insérée en plein coeur de la nation française et rejetant tout communautarisme.

L’enjeu, en somme, c’est d’accepter que les juifs partagent une identité qui va au-delà de ses racines religieuses – qui, elles, il est vrai, doivent demeurer dans la sphère intime et rester du ressort de l’individu. Leur identité est collective, elle est celle d’un peuple, en un mot elle est politique.

Et c’est pourquoi le CRIF, organe politique de la communauté juive de France, parle en son nom, dans la République, avec l’exigence de la loyauté. Il ne représente nullement « tous » les juifs de France et estime qu’il serait absurde et contraire à notre tradition nationale de revendiquer un tel magistère.

Les juifs qui se reconnaissent dans ses conceptions et ses combats sont nombreux, avec des choix de vie ou de positionnement politique fort variés. Nous espérons qu’un jour ce type de mise au point ne sera plus nécessaire. Parce que nous aurons été compris. Et donc non seulement acceptés comme des individus, mais reconnus pour ce que, collectivement, nous entendons apporter à notre nation, la France.

Richard Prasquier est président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Le temps des pélerinages 17 septembre 2009

Après les Saintes Maries-de la Mer en mai, et Paray le Monial , en Août, c’est a Lourdes que les catholiques se sont rassemblés. A Couvron dans l’Aisne près de 30 000 évangélistes venus de toute la France , se sont, pendant huit jours, retrouvés pour prier et faire la fête. Malgré les craintes habituelles des pouvoirs publics et des populations voisines, aucun incident notable n’est venu troublé ces réunions traditionnelles.

{{ {{{Lourdes. Pèlerinage des gens du voyage : « On progresse ensemble »
}}} }}

{{La Dépêche .Gens du voyage. Un pèlerinage haut en couleur et très encadré.}}

Le pèlerinage des gitans et gens du voyage se poursuit à Lourdes et pour apaiser un climat qui n’a pas toujours été serein, de nombreuses actions sont organisées. Les réunions directement sur le terrain entre les représentants des gens du voyage, les services de la ville et ceux de la police sont un bon moyen de prendre la température au jour le jour. Un espace de dialogue entre les uns et les autres et l’occasion de certaines mises au point, notamment de la part du commandant Spinosi : « La loi est la même pour tout le monde, on ne laissera pas faire n’importe quoi. S’il y a des comportements déviants, ces gens-là auront des comptes à rendre. Il faut cesser toutes sortes de rodéos en voiture, même dans les camps, c’est dangereux et il peut y avoir un accident . Nous, on souhaite que tout se passe bien ». Une même fermeté mais aussi un désir de pacifier les choses du côté de la ville par le biais de son maire, Jean-Pierre Artiganave : « Il faut communiquer, comme vous le faites, avec les médiateurs qui ne sont pas là pour faire la police. Les choses se passent bien dans l’organisation et dans le moral ; alors, allons jusqu’au bout. On est là pour tout le monde. Petit à petit, on progresse et je crois qu’on progresse ensemble ».

{{ {{{Quelque 30.000 Tziganes évangéliques rassemblés à Couvron}}} }}
(
AFP) – 30 AOUT 2009

COUVRON, Aisne — Le rassemblement de quelque 30.000 Tziganes évangéliques s’est achevé dimanche par une cérémonie de baptêmes par immersion à l’issue de deux semaines de convention religieuse sur l’ancienne base militaire de l’Otan à Couvron (Aisne).
La convention annuelle des Tziganes évangéliques est organisée par la mission évangélique tzigane, plus connue sous le nom de Vie et Lumière, un mouvement pentecôtiste adhérent de la Fédération protestante de France (FPF).
Sous un grand chapiteau jaune et bleu réunissant près de 4.000 fidèles, chants et prières étaient accompagnés par les accords des guitares manouches, alors que les pasteurs de la communauté des gens du voyage s’adressaient au public à la manière des télé-évangélistes.
De récents convertis ont également été invités à témoigner de leur expérience avant que les évangélistes ne procèdent aux baptêmes d’une quinzaine de personnes.
Tout de blanc vêtus, les fidèles se sont présentés successivement devant une petite piscine gonflable disposée sur une scène avant de s’y allonger entièrement, la tête maintenue sous l’eau quelques secondes par leur pasteur.
« Ma vie vient de changer, j’ai maintenant la paix dans mon coeur », a déclaré Joseph Reinhart, enveloppé dans un peignoir de bain et encore ruisselant de l’eau baptismale.
Pour Joseph Fabulet, un des pasteurs de la communauté, les conversions à la foi pentecôtiste se multiplient chez les gens du voyage qui y trouvent une « école de vie et de respect des autres dans un contexte social très défavorisé ».
Selon le pasteur, les pèlerins sont principalement venus de toute la France, essentiellement du Nord-Est de l’Hexagone, mais également de Belgique, d’Allemagne, d’Italie ou d’Espagne.
Au plus fort de la manifestation, près de 5.000 caravanes ont été recensées selon lui sur le tarmac de l’ancienne base militaire.
En août 2008, 20.000 Tziganes s’étaient retrouvés sur l’aérodrome de Toul Rosières (Meurthe-et-Moselle).

Tsiganes, Romas, « gens du voyage », les connaissons-nous ? 20 mai 2009

mardi 21 avril 2009

LDH Section CANNES-GRASSE
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
Attention, ce QCM a été élaboré il y a plusieurs années, sur la base de chiffres datant de 2 ou 3 ans… Soit des données de 2002 à 2004 pour la plupart. Nous les réactualiserons au fil de nos recherches… Cependant il n’y a pas eu de « révolution » majeure dans ce domaine et les ordres de grandeur doivent être les mêmes aujourd’hui.
Ceux qui veulent en savoir plus sur ce sujet consulteront avec bonheur Rencontres Tziganes qui contient des informations et des rapports concernant les différentes composantes du peuple Rom/Tsigane et qui référence les sites d’autres organisations.
Tsiganes, Romas… Que savons-nous d’eux ?

- Les tsiganes sont originaires :
De l’Inde
De la Chine
D’Afrique
D’Italie

- La présence Tsigane en France est attestée pour la 1ère fois
En 1219
En 1419
En 1619
En 1819

- En France les Tsiganes parlent pour la plupart le français mais chaque groupe a une langue propre :
Les ROMA (ou Roms) parlent le Romani
Les SINTIS parlent le Calo
Les MANOUCHES parlent le Calo
Les GITANS parlent Sinto

- Toutes ces langues tsiganes ont pour source commune :
Le Sanskrit
Le Latin
Le Grec
Le Chaldéen

- L’un de ces groupes ethniques ne se reconnaît pas comme tsigane (mais pour tous le « voyage est un état d’esprit ») :
les Manouches et les Sintis (comme Django Reinhardt, les Bouglione, Zavatta…)
les Gitans ou khali (avec le flamenco…)
les Roma, Bohémiens (conservateurs de la tradition)
les Yéniches de souche européenne

- Quand un tsigane meurt, sa caravane est
Donnée au plus âgé
Mise aux enchères
Brûlée (ou vendue à un gadjo pour l’achat du caveau)
Donnée à de jeunes mariés

- Traditionnellement les tsiganes sont
Etameurs, rémouleurs,…
Maçons, carreleurs,…
Eleveurs, cultivateurs,…
Secrétaires, comptables,…

- L’espérance de vie des tsiganes (Médecins du monde) est
De 60 ans
De 65 ans
De 70 ans
De 75 ans

- Selon Médecins du monde, la mortalité infantile chez les tsiganes est X fois supérieure à celle de la France :
X=1 (il n’y a pas de différence)
X=2
X=4,9
X=10

- Les Roms sont venus de
Espagne
Europe centrale
Grèce
Italie

- Les « Gens du Voyage » (tsiganes et non-tsiganes vivant et/ou circulant en France) sont de nationalité française à
65%
75%
85%
95%

- Dans l’Europe des 25, les Roms et « gens du voyage » forment un groupe de
1 à 2 millions de personnes
2 à 5 millions de personnes
5 à 8 millions de personnes
8 à 10 millions de personnes

- Sous le nom de ROMA les Tsiganes ont
Un hymne, un drapeau et une représentation à l’ONU
Une armée commune
Une monnaie commune
Une langue commune

- Qu’est-ce qui est vrai ?
En 1940, à Buchenwald, le Zyklon-B a été testé pour la première fois sur 200 enfants tsiganes.
On estime au minimum à 500.000 le nombre de Tsiganes exterminés dans les camps Nazis (c’est la « Poraimos » équivalent de la « Shoah » des juifs).
En fait, l’extermination des Tsiganes avait commencé dans certains pays de l’est dès le début du 20ème siècle.
Les trois sont vrais.

- Officieusement, en France, on estimait le nombre des « Gens du Voyage » en 2003 à environ
300 000 dont 250 000 sédentarisés
500 000 dont 150 000 réellement itinérants
1 000 000 dont la moitié d’itinérants
5 000 000 aux trois quarts itinérants

- Les « Gens du Voyage » doivent posséder un carnet de circulation notifiant entre autres
La situation de famille, le nom du conjoint
La profession du titulaire, le nom des enfants
La profession du titulaire, le nom du conjoint
Le signalement du titulaire : taille, couleur des yeux et des cheveux, le teint, la corpulence, le nom des parents

- Pour les « gens du voyage » la loi Besson (5-7-2000) oblige les communes de plus de 5000 habitants
A les inscrire sur les listes électorales
A réserver des logements sociaux
A ouvrir des écoles de danse
A réaliser des terrains aménagés

- Les places pour caravanes sur terrains aménagés étaient fin 2003 de l’ordre de :
8 000 existantes pour 30 000 nécessaires
8 000 existantes pour 200 000 nécessaires
30 000 existantes pour 30 000 nécessaires
30 000 existantes pour 200 000 nécessaires

- Pour l’occupation illégale d’un terrain dans une commune « en règle », la loi Sarkozy (18-3-03) prévoit, entre autres, pour les « Gens du Voyage » :
Une nuit d’hôtel avec p’tit déj.
Saisie de la caravane et du véhicule.
Une réprimande pour la 1ère infraction.
2 mois de prison, une amende de 3750EUR, saisie du véhicule hors habitation, 3 ans de suspension du permis.

- M. Sarkozy a déclaré (12-5-04) : « La cause des gens du voyage doit être défendue par des hommes et des femmes de qualité. Votre mode de vie constitue une part essentielle de l’héritage européen : nous devons le protéger… L’itinérance est reconnue par la loi comme un mode de vie légitime… »
Vrai
Faux

Le temps des pélerinages 17 septembre 2008

{{Rassemblement tzigane de Toul : « les nuisances moins importantes que dans toute autre population »}}

LIBERATION 04/09/2008

– Alors que l’incompréhension perdure année après année entre élus et Tziganes, la préfecture de Meurthe-et-Moselle a indiqué mercredi avoir enregistré un recul de 15% de la délinquance en un an pendant le grand rassemblement évangélique organisé du 17 août au 2 septembre sur l’aérodrome de Toul-Rosières par Vie et Lumière. « Un quartier de 20.000 habitants produit son lot d’insécurité et de d’incivilités. Mais les nuisances ont été moins importantes que dans toute autre population », se félicite le préfet, Hugues Parant. Les organisateurs ont évalué à 35.000 le nombre de participants.
La délinquance sur le secteur a baissé d’environ 15% par rapport au mois d’août précédent, alors que les violences aux personnes ont diminué de 60%, selon les statistiques préfectorales. Seules 128 infractions ont été recensées, dont 90 liées aux véhicules. La manifestation s’est aussi traduite par d’importantes recettes supplémentaires pour les commerçants: +50% chez les discounters, +30% dans les commerces de bouche, +15% dans les supermarchés, selon la préfecture. La cellule médicale installée sur le site a permis de réaliser près de 1.100 consultations.
Le seul point noir concerne les bords de route, salis par les pèlerins. Une équipe de Tziganes s’emploie à nettoyer les abords du site conformément aux indications des maires, note le préfet.
Quelque 4.000 caravanes avaient été comptées au plus fort de la convention annuelle des Tziganes évangéliques, organisée par la mission Vie et Lumière, mouvement pentecôtiste adhérent de la Fédération protestante de France.
Fin août, une réunion publique avait été organisée par la préfecture entre les pèlerins et les élus du secteur. Un pasteur des Tziganes, Charles Velty, avait souligné « l’humiliation » ressentie par les Tziganes à « chaque arrêté municipal discriminatoire ». « Quand on arrive dans les villes, le maire est toujours invisible. Et son adjoint ne peut pas prendre de décision. On part alors dans la ville suivante, où on reçoit la même réponse négative. Quand le soir tombe, on finit par s’installer où l’on peut », avait-il expliqué. « Si la population tzigane respectait la population sédentaire, elle serait respectée », avait protesté le maire d’un village du secteur, courroucé de constater que des terrains proches de sa commune avaient été salis.
AFP

{{ {{{Lourdes. Un pèlerinage haut en couleur}}} }}

{{Gens du voyage. Lourdes vit au rythme du pèlerinage des voyageurs depuis une semaine.}}

Delphine Pereira. |LA DEPECHE 23 Août 2008

C’est un pèlerinage qui, chaque année, inquiète autant qu’il fascine. Le grand rassemblement des gitans et gens du voyage amène à Lourdes près de 7.000 pèlerins depuis 52 ans.

L’arrivée massive de plus de 500 caravanes, le 15 août, s’est finalement bien passée avec l’ouverture des principaux terrains quelques heures avant la date officielle. Maisqu’importe, l’installation s’est déroulée dans le calme. Les premiers incidents ont eu lieu le samedi, sur le terrain du Tydos, mais après l’intervention des CRS, tout semble être rentré dans l’ordre, du moins à cet endroit-là.
Le dialogue avant tout

Il faut dire que les responsables, élus et direction de pèlerinage, travaillent depuis des mois pour parvenir à ce résultat, comme le souligne le père Dumas, le directeur du rassemblement : « Nous avons nommé des médiateurs dans chaque camp. C’est vrai, tout le monde a peur d’être médiateur mais l’essentiel, c’est de faire d’abord la paix dans sa propre famille afin que tout se passe bien avec toutes les autres. Ce sont des médiateurs de paix ».

Pour le commissaire de police Nicolas Canouet, le pèlerinage se passe bien, dans l’ensemble : « Nous avons connu quelques agitations, notamment sur le terrain du Paradis, et ça nous a inquiétés un peu mais il faut absolument traiter les problèmes qui deviennent récurrents sur ce site. Les forces de police organisent aussi des contrôles de routine dans les bars. Cela fait partie du dispositif, il ne faut pas prendre ça comme une agression car les cafetiers et les commerçants ont aussi besoin de ça. C’est important d’avoir des médiateurs qui sont autant d’interlocuteurs pour avoir le ressenti de chacun. On peut être dans l’échange ».

En ville, on aura aussi noté des problèmes de stationnement et de circulation générés par le marché qui a lieu tous les matins et qui attire, à chaque fois, de nombreux Lourdais en quête de bonnes affaires. Les CRS ne sont jamais loin, une nécessité selon le maire de Lourdes : « S’il y a des effectifs supplémentaires, c’est aussi et avant tout parce que Lourdes est une ville touristique et que les mouvements de population, en particulier sur le mois d’août, sont très importants. Il est essentiel que l’on continue à se parler ».

Les gens du voyage regrettent, eux, que les agissements d’un petit nombre viennent ternir l’image de cette communauté en démarche de pèlerinage : « C’est une minorité qui commet des méfaits mais après, c’est la réputation de tous les gens du voyage qui est entachée ».

Les premières caravanes ont déjà commencé à lever le camp avant la fin du pèlerinage, dimanche matin, avec la messe de l’au revoir et la translation de la statue de Notre-Dame des gitans.

Bienvenue aux Saintes Maries de la Mer 30 avril 2008

Comme chaque année, plusieurs milliers de tsiganes voyageurs venant de toute la France mais aussi d’autres pays voisins, se rassembleront dans cette petite commune de notre région pour manifester leur foi mais aussi leur attachement à leurs traditions culturelles et familiales. Nombreux sont ceux qui ne pouvant plus voyager retrouvent, à cette occasion , pour quelques jours, leur « camping » et leur mode de vie traditionnelle. Le carcatère spectaculaire d’un tel rassemblement et la curiosité toujours renouvelée pour « le peuple des gitans » attirent également de nombreux touristes au risque de brouiller le sens du pélerinage et du rassemblement.

Depuis plusieurs années dèjà nous dénonçons les conditions dans lesquelles ces familles sont acueillies: insuffisance des terrains de stationnement; pas d’équipement sanitaire et d’hygiène; prix exhorbitant des places de camping , risques multiples notatment d’incendie etc… Chaque année la mairie annonce des améliorations qui ne viennent pas et dès la fête passée les tsiganes sont jugés indésirables.

On rappellera que, d’après la loi du 5 juillet 2000, ce type de « grand rassemblement » est sous la responsabilité de l’Etat qui doit prévoir et organiser des conditions d’accueil satisfaisantes. Nous avons à nouveau rappelé au Préfet sa responsablité et nous l’avons invité à venir sur place se rendre compte de la situation.

Des dates à retenir:

Mercredi 21 mai : cérémonie du souvenir au camp de Salier à l’initiative de l’association SAMUDARIPEN

Vendredi 23 mai à 14h : Assemblée générale de l’ANGVC ( Association Nationale des Gens du Voyage Catholiques)

{{ {{{
« L’Eglise des voyageurs » s’adapte aux temps nouveaux}}} }}
LA CROIX 07 /0 4/08

L’aumônerie catholique des gens du voyage tenait, du 4 au 6 avril, son congrès national

«Il n’y a pas l’Église des voyageurs et l’Église des gadjé (1). L’Église est une, sainte, catholique et apostolique. Il faut réussir à créer une communauté chrétienne unie et soudée », lance un homme monté sur le podium, dans la grande salle du centre de pèlerinage de Benoîte-Vaux, dans la Meuse.

Nous sommes au congrès national de l’aumônerie des gens du voyage, qui a lieu tous les deux ans en un lieu différent. Désignés par toute la communauté catholique, environ 200 responsables diocésains de toute la France, voyageurs et gadjé, y étaient réunis du vendredi 4 au dimanche 6 avril pour des séances de mise en commun de ce qu’ils vivent localement (notamment dans les mini-congrès régionaux), et de leurs projets pour les deux années à venir, entrecoupés de moments religieux (procession, prière, messe) et conviviaux.

Samedi après-midi, c’est un principe, seuls les voyageurs prennent la parole. Le thème choisi pour cette édition : « Peuple du voyage, garde confiance, Dieu t’aime ». « On a tous des moments de doute, mais on se rappelle tous les jours la confiance que Dieu nous a donnée. On met notre confiance dans un avenir où nos enfants apprennent à lire et écrire, où l’on respecte davantage la planète », affirme un délégué de Tours.
Recul de la foi et concurrence des évangéliques
« Nous avons un ami à l’hôpital depuis trois mois. Notre groupe de prière s’y réunit à 90 tous les mercredis, l’hôpital nous a prêté une salle », raconte une religieuse tsigane de la Haute-Saône. Ainsi, les témoignages de foi et de nombreuses pensées pour des malades dominent, ponctués de chants.

« On a besoin de moments comme ça pour se souvenir que l’on fait partie d’une aumônerie nationale, que l’on n’est pas seuls », commente le P. Olivier Dumas, aumônier national des gens du voyage et lui-même manouche (c’est d’ailleurs l’un des trois seuls prêtres en France à être de la communauté des gens du voyage).

S’il juge l’aumônerie des gens du voyage dynamique, avec ses écoles de la foi, les célébrations qu’elle organise en plein air ou sous chapiteau, ses chorales, temps de prière, partenariats avec des organismes non tsiganes, il est aussi inquiet de la défection des rangs de l’Église catholique au profit des mouvements évangéliques, et du recul de la foi, au même titre que dans le reste de la société.
Manque de bénévoles
« On se sent un peu seuls, pratiquants catholiques, au sein même des gens du voyage », confirme Sonia, mère de famille, dont le port d’attache est en Meuse, et qui fréquente la paroisse de son secteur. « La foi se perd quand on se sédentarise, que l’on va moins aux pèlerinages d’été, comme aux Saintes-Maries-de-la-Mer, mais voyager coûte cher », poursuit Jean-Dominique, son mari.

Le couple est très reconnaissant envers leur aumônier, qui vient tous les mercredis faire le catéchisme à leurs enfants, et prie régulièrement avec eux, parfois au cours de veillées. « C’est quelqu’un de précieux. Sans lui, on aurait du mal à avancer, surtout l’hiver, quand on n’est pas en pèlerinage. Il est toujours à l’écoute, et même s’il est gadjo, on se comprend totalement. »

Celui-ci, Claude Demarcq, diacre, regrette le manque de bénévoles en Meuse pour organiser les temps de prière avec les familles, sur les terrains. « Les gadjé sont déjà très sollicités ailleurs, et ils ont peut-être des craintes vis-à-vis du monde du voyage. Les voyageurs, eux, ont parfois peur de ne pas y arriver. Mais il faudrait qu’ils puissent prendre plus de responsabilités au sein de l’aumônerie », estime-t-il.

C’est le cas dans le diocèse de Strasbourg, où depuis quelques années un voyageur, Rosino Hoffmann, est, à la demande de l’archevêque, coopérateur en pastorale, rémunéré par le diocèse pour animer le monde du voyage sur le plan religieux mais aussi apporter une médiation dans les questions plus matérielles telles que les aires d’accueil. À Benoîte-Vaux, il raconte des réalisations exemplaires : animations de messes dans les paroisses, participation des jeunes voyageurs au pèlerinage de la pastorale des jeunes de leur âge, non-voyageurs, à Lourdes.

Élise DESCAMPS, à Benoîte-Vaux (Meuse)

(1) Dans leur langage, les « gadjé » sont tous ceux qui ne sont pas les gens du voyage

Le rassemblement évangélique annuel des tsiganes 19 septembre 2007

{{
Convention 2008 des Tsiganes évangéliques lundi, 27 août 2007}}

Journalchretien.net Par Linda Caille

La convention annuelle tsigane a été officiellement inaugurée près de Chaumont (Haute-Marne), sur la base aérienne de Sémoutiers, le 22 août en présence du pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), de Yves Guillot, préfet de la Haute Marne et de Pierre Hérisson, sénateur de la Haute-Savoie et président de la commission nationale consultative des gens du voyage.
A la montée des officiels sur l’estrade barrée, sous l’immense chapiteau de l’association Vie et Lumière, la Marseillaise a retenti, jouée par deux guitaristes, version tsigane. Cette réunion annuelle des tsiganes évangéliques est organisée par la mission évangélique tsigane, connue sous le nom de l’association Vie et Lumière, membre de la Fédération protestante de France (FPF).
La convention rassemble 30 000 personnes et 6 000 caravanes, ce qui fait de ce campement annuel « la première ville de la préfecture » en nombre d’habitants a souligné Yves Guillot. Ce dernier avait déjà accueilli la convention en 2004, en tant que préfet de l’Ariège.
Pierre Hérisson, le « sénateur des gens du voyage » comme les tsiganes le nomment, se rendait pour la troisième fois à la convention annuelle. Il a rappelé la nécessité pour eux que l’accès au droit de vote, aux services bancaires et aux services d’assurances soit facilité. De plus, la loi oblige les communes de plus de 5000 habitants à posséder une aire d’accueil convenable dans le respect du mode de vie des gens du voyage.
Le pasteur Claude Baty assistait pour la première fois à ce grand rassemblement. Il a souligné la place particulière du témoignage tsigane au sein de la Fédération protestante, rappelant que le thème du voyage traverse toute la Bible. Il a également invité la communauté des tsiganes évangéliques à participer à la grande fête du protestantisme, prévue en 2009, à Strasbourg.
Le président de l’association Vie et Lumière, le pasteur George Meyer a quant à lui remercié la présence de tous, précisant : « Ce n’est pas la gendarme qui a changé notre cœur mais Jésus Christ ».
Pendant trois mois, une tournée d’évangélisation composée de caravanes tsiganes et de prédicateurs ont voyagé de ville et ville pour « prêcher la parole de Jésus » lors de réunions publiques, ouvertes à tous, « croyants ou non croyants ». La convention est le point d’orgue de cette tournée.
Sur la base aérienne de Sémoutiers une gendarmerie est présente sur place, ainsi qu’une douzaine de pompiers, deux médecins, deux infirmières, le Samu. Une petite maternité a même été organisée.
Le temps fort de ce rassemblement, qui se termine le 26 août, sera les baptêmes par immersion de tsiganes adultes.

Protestantisme : « les tsiganes insérés mais décalés » 17 août 2007

{{
Protestantisme : « Les Tsiganes sont insérés mais décalés »}}

lundi, 23 juillet 2007 / Journalchretien.net

Entretien avec Marc Bordigoni. Propos recueillis par Linda Caille

Marc Bordigoni est ingénieur de recherche à l’Institut d’ethnologie méditerranéenne et comparative à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme d’Aix-en-Provence. Il a rencontré le monde des Gens du Voyage en travaillant au cours de ses études sur une aire de stationnement. Depuis 5 ans il a repris des recherches ethnologiques sur les rapports qu’entretiennent les « Gitans » et la société française. Ancien Maître de conférences des Universités, il a publié des articles concernant les Tsiganes dans les revues Ethnologie française, Études tsiganes.Septembre 2004. Propos recueillis par Linda Caille
Mission : Pourquoi s’interroger sur le nomadisme dans une société sédentaire ?
Marc Bordigoni : Le paradoxe est qu’il y a de moins en moins de nomades (ou de place pour les nomades) dans une société sédentaire mais où les gens sont de plus en plus mobiles. Les personnes voyagent, elles vont d’un lieu de résidence à un autre, qu’il soit temporaire ou permanent, pour le travail ou les vacances. On peut passer sa vie sur les routes, dans les gares et les aéroports, le plus souvent seul, quelquefois avec des collègues de travail et rarement en famille. Être un « travailleur nomade » est une expression à mon avis inexacte, cette circulation incessante n’a rien à voir avec du nomadisme. Je serais tenté de définir le nomade, ou plutôt les nomades (l’expression « gens du voyage » n’a pas de singulier) comme des gens qui se déplacent en famille et pour qui le fait de voyager permet d’organiser la vie économique de cette famille, qu’ils soient chasseurs-cueilleurs, éleveurs (Peuls, Touaregs), prestataires de service auprès d’éleveurs (les Baxtiari d’Iran) ou prestataires de services auprès des populations sédentaires comme les Tsiganes en Europe occidentale.
En France dès la fin du XIXe siècle les pouvoirs publics ont affirmé et garanti la liberté de circuler, (commerce, industrie, tourisme), mais en même temps ils ont voulu contrôler les « nomades » (catégorie juridique mise en place par une loi de 1912). Mais les pouvoirs publics n’ont jamais garanti le droit de stationner. On peut noter que du « temps des chevaux » comme disent les vieux gitans, la loi obligeait les maires à laisser stationner les caravanes de bohémiens, comme on disait, eu égard aux… chevaux. D’où la loi Besson en l’an 2000 qui fait obligation aux communes de plus de 5 000 habitants de créer une aire de stationnement (cf. encadré p. 7). Pour les Tsiganes français qui vivent « sur le voyage » comme ils aiment à le dire, les espaces ouverts permettant de stationner sont de plus en plus rares, et même quand ils achètent en famille des terrains pour pouvoir stationner quelques mois par an, les plans d’occupation des sols imposent des règles difficilement conciliables avec la présence des caravanes.
Quelle est la place de la religion chrétienne dans la vie des « gens du voyage » ?
MB : Certaines familles de gens du voyage ont des ancêtres dont on retrouve trace dans les archives il y a plus de 400 ans (on parlait alors d’Égyptiens et de Bohémiens). Ces documents sont souvent des actes de baptême, plus rarement des actes de mariage ou de décès. À travers le monde, selon les pays, ceux que l’on nomme Tsiganes sont musulmans, orthodoxes, catholiques ou protestants. Nomades ou sédentaires, ils demeurent souvent un peu en marge du fait de leurs activités économiques (prestations de services : spectacles, musique, artisanat, travail agricole journalier…)
Les autorités religieuses se sont rarement souciées d’eux, se contentant de leur conformité affirmée. La présence des gitans au pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer est au départ celle de petits groupes familiaux de boumians, comme on dit en Provence, qui viennent là au XIXe siècle, comme les Provençaux et Languedociens, dans l’espoir de guérisons miraculeuses.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’Église catholique se préoccupe de l’évangélisation des familles gitanes et cela pour deux raisons : l’aide de certaines familles manouches fournie à un prêtre dans l’assistance aux juifs internés près de Poitiers et de la diffusion d’une nouvelle expression de la foi à travers des Assemblées de Dieu.
À l’intérieur de la communauté tsigane évangélique, en quoi la guérison est-elle un moyen d’évangélisation ?
MB : Le pasteur Le Cossec (cf. page 11) rapporte dans ses mémoires la guérison par imposition des mains du fils de Marie-Jeanne Duvil, en 1950, à Lisieux. Elle est à l’origine de la diffusion du Pentecôtisme auprès des familles manouches de France. Aujourd’hui, dans chaque veillée, des femmes et des hommes portent témoignage de leur conversion et le plus souvent l’histoire qu’ils racontent commence par le récit d’une guérison, la leur ou celle d’un proche. L’imposition des mains par les pasteurs n’est que le moyen de la manifestation de la présence du Saint-esprit, car c’est lui qui « touche au cœur », guérit et libère du tabac, de l’alcool, des drogues.
Comment les pasteurs sont-ils formés ?
MB : C’est une grande force du mouvement évangélique que de s’appuyer sur des membres de la communauté pour la diffusion de la foi. Après un premier essai de formation au sein de l’École biblique européenne des Assemblées de Dieu qui fut un échec, le pasteur Le Cossec mit en place des formations propres aux futurs « serviteurs de Dieu » tsiganes qui devaient suivre deux sessions de deux mois à l’école biblique et ensuite, exercer leur ministère pendant deux ans sous la responsabilité des anciens avant d’être reconnus aptes au ministère.
Existe-t-il des dissensions entre les Tsiganes catholiques et les Tsiganes protestants ?
MB : Je serais tenté de distinguer deux niveaux, celui des personnes qui ont des responsabilités religieuses (pasteurs et rachaï (curés) et les autres. Au premier niveau, il y a débat sur le fond. La question de la formation est un point de discorde ainsi que la place accordée ou non à Marie, sur les textes à prendre en compte, leur interprétation ou au contraire leur lecture littérale. Il y a une dimension, toute humaine, de concurrence.
Dans les familles les choses sont très variables. La conversion d’un membre peut être l’occasion de vraies disputes (peut-être parfois est-ce l’inverse, une discorde indicible prend-elle un prétexte religieux ?) Bien souvent le souci de vivre ensemble, d’être bien ensemble, fera taire un temps au moins les dissensions religieuses.
Les Tsiganes évangéliques évangélisent-ils en dehors de leur communauté ?
MB : Il faudrait pouvoir définir ladite communauté. La Mission évangélique tsigane a depuis longtemps une mission auprès de « Tsiganes de l’Inde ». Sont-ils ou non membres de cette communauté ? En France, j’ai observé que les efforts des pasteurs tsiganes portent sur leurs proches.
Si vous voyez des caravanes et un chapiteau près de chez vous, vous pouvez demander à assister à la veillée, vous serez bien reçu. Mais pour l’avoir fait je ne peux pas dire que les pasteurs avec lesquels j’ai eu l’occasion de m’entretenir à la fin de ces veillées aient eu une attitude prosélyte, cette attitude aurait aussi été celle de bien d’autres pasteurs non tsiganes.
Les Tsiganes cherchent-ils une intégration ou un statut définitivement à part ?
Au regard de l’histoire des Tsiganes en France, et surtout des Tsiganes de France, c’est-à-dire des Français qui se sentent et se disent « gitans » ou « voyageurs », je serais tenté de dire que l’appartenance à la fédération protestante de France leur permet d’obtenir une reconnaissance de « vrais chrétiens ». N’oublions pas que le mot ordinaire qu’emploient les Tsiganes n’est pas « évangélistes » ou « pentecôtistes », ils se disent « chrétiens » et si besoin est, ils précisent « baptisés ».
Dans le passé, la foi des Tsiganes était mise en question du fait de leur absence à la messe. Mais comment rentrer dans une église occupée par ceux qui vous rejettent ? Le protestantisme, par son organisation communautaire et par l’absence de hiérarchie cléricale, par la doctrine et les fondements théologiques de la pratique religieuse a ouvert un espace à une expression de la foi chrétienne des Tsiganes. Cet espace leur permet d’exister sur la place publique de manière légitime. C’est ce que rappelle l’hebdomadaire Réforme (n° 3091, 26 août – 1er septembre 2004) : « Cette église [la Mission évangélique Tsigane de France] est membre de la Fédération protestante de France, identité rapidement avancée par les responsables pour asseoir leur respectabilité ».
C’est une des manifestations contemporaines de la manière « tsigane » d’être au monde, c’est-à-dire tout à la fois « dedans » et « dehors ». Il n’y a pas de société tsigane en dehors de la société, mais il y a une manière tsigane d’être inséré mais légèrement décalé, ce en quoi certains protestants se reconnaîtraient volontiers. n

Un peu d’histoire 19 avril 2007

Les deux documents ci-joints sont un rappel un peu grinçant mais hélas toujours d’actualité sur le comportement des « gadgé » à travers l’histoire vis-à-vis du peuple tsigane. Sous une forme apparemment plus civilisée et malgré les grandes déclarations sur l’égalité des droits, la chasse aux tsiganes se poursuit aujourd’hui et parfois même s’amplifie.

 

Pièces jointes

Histoire des tsiganes dans la drôme Télécharger
déclaration du Roy Télécharger

Les Gitans en Espagne 30 décembre 2006

{{{En Espagne, les Gitanes redressent la tête}}}
LE FIGARO De notre envoyée spéciale à Séville DIANE CAMBON.
Publié le 04 décembre 2006

Présente en Espagne depuis le XVe siècle, la communauté tzigane – la plus importante hors d’Europe de l’Est, avec 650 000 membres – n’a jamais pu trouver sa place dans la société ibérique. Sous Franco, le Code civil faisait des Gitans des suspects potentiels. Les préjugés restent tenaces, mais leur avenir passe sans doute par les femmes, qui ont décidé de se prendre en main pour sortir de leur ghetto.

Les rues en asphalte défoncé, où cohabitent chiens errants et gamins en souillon, sont jonchées de détritus. En guise de logements, des maisons en préfabriqués pour les plus chanceux, ou des cabanes improvisées en tôle ondulée. Sur les trottoirs s’accumulent vieille ferraille et appareils électroménagers éventrés. Bienvenue au Vacie, le plus grand et plus ancien bidonville gitan d’Europe. Situé dans la banlieue sud de Séville, en Andalousie où vit la moitié de la communauté tzigane d’Espagne, ce quartier coupé de la civilisation s’étale sur deux kilomètres et abrite près de deux cents familles. Seule lumière d’espoir, la garderie où sont éduqués et nourris les plus jeunes. Cette crèche de fortune a vu le jour en 2003, grâce à la détermination d’associations de femmes qui militent pour l’émancipation des Gitanes. Assis devant sa baraque, Angel Montoya est l’un des rares hommes à les encourager à voler de leurs propres ailes. « Moi, je me suis marié avec une Paya (non-Gitane), et j’invite mes filles à ne pas prendre d’époux avant l’âge de 20 ans », assure-t-il, sous le regard admiratif de son épouse.

S’il est encore trop tôt pour parler de révolution des moeurs, un réveil de la gent féminine calé (gitane) est manifeste. La vocation traditionnelle des épouses, l’éducation d’une ribambelle d’enfants, n’est plus suivie à la lettre. L’accès à l’école et le contrôle des naissances permettent peu à peu aux filles de modifier leurs comportements. Et ni l’indifférence de la société espagnole ni les reproches de certains hommes du clan ne semblent pouvoir freiner l’élan de ces femmes réunies dans des dizaines d’associations dispersées dans le pays. Tout en respectant leurs traditions et leur culture, elles aspirent à entrer de plain-pied dans la société moderne, où le rôle de la femme n’est plus seulement celui d’une mère. Le 24 novembre, elles ont organisé le premier Sommet des femmes gitanes à Grenade. Fatima, belle brune aux boucles en cascade, assure être « très en retard » par rapport à sa mère, qui a eu son premier fils à 14 ans. Vêtue d’une longue jupe noire et parée de bijoux en or, elle vient, à 17 ans, d’accoucher de son premier enfant. Contrairement à ses aînées, elle ne veut que quatre enfants, cinq de moins que sa mère. Sur le perron de sa maisonnette blanche, construite récemment par les autorités andalouses, Fatima explique qu’elle désire avant tout reprendre les cours dispensés par Carmen, éducatrice de Fakali, association située dans le centre de Séville.

Comme la plupart des mères, Fatima ira avec son bébé aux ateliers « Auto estime » et « Choisis pour toi ». En fait, des leçons d’alphabétisation et de mathématiques de niveau primaire. « Notre objectif est de leur montrer qu’il existe une vie en dehors du quartier et qu’elles ont droit à l’éducation et à la santé, comme tout citoyen espagnol », expose Carmen. Selon le Centre de recherche sociologique espagnol, 40 % des Tziganes ne savent ni lire ni écrire, contre 80 % en 1977. « La majorité de la jeune génération a été à l’école au moins jusqu’à 12 ans, mais seulement 30 % d’entre eux arrivent au bac », explique Carmen. L’échec scolaire est souvent lié, pour les garçons, à l’obligation d’aller travailler ; pour les filles, à leur devoir d’être femme et mère.

Pour les associations de défense des Gitanes, cette dernière raison est maintenant inacceptable. Dans son bureau de l’Institut de la femme, à Madrid, Pilar Heredia se bat pour faire évoluer les mentalités. Elle incarne, à elle seule, la réussite des femmes rom. À la tête de l’association Yerbabuena, cette madone de 42 ans, mère de quatre enfants, est depuis le mois de juin la première Gitane à occuper un poste institutionnel. Elle a été nommée par le ministère des Affaires sociales. « Je sers de pont entre l’administration et ma communauté, j’essaye de faire tomber les clichés de part et d’autre », déclare-t-elle. Parmi ses objectifs : faire comprendre aux Gitans – 50 % ont moins de 16 ans – l’importance de l’éducation, devenue obligatoire depuis seulement deux décennies en Espagne. « Beaucoup refusent que leurs enfants aillent à l’école, de crainte de les voir se marier avec un Payo », observe-t-elle, en dénonçant aussi les barrières sociales qui démotivent les jeunes. Et de poursuivre avec fougue : « Les Gitans, surtout les femmes, doivent se battre sur deux fronts : chez les leurs pour s’émanciper ; dans la société, pour s’imposer. » « Si on veut s’en sortir, il faut ignorer le regard des autres », affirme Angela, 28 ans, qui sait désormais lire et écrire. Célibataire, sans enfant, elle souhaite créer sa société de vêtements. « Je veux démonter les préjugés », dit-elle, dans un andalou langoureux. Ambitieux : la communauté reste la minorité la plus mal vue d’Espagne. Mais l’espoir grandit : 80 % des mille Tziganes inscrits à l’université sont des femmes. « Toutes les Gitanes ne sont pas des danseuses de flamenco, des diseuses de bonne aventure ou des voleuses de poules », s’amuse Pilar Heredia.