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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Histoire et Traditions

Les « fils du vent » à Lourdes 30 août 2006

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Les « fils du vent » à Lourdes}}}

La cité mariale accueille cette semaine le cinquantième pèlerinage des gens du voyage, en présence du cardinal Roger Etchegaray
«La Mère de Dieu n’a demandé l’autorisation à personne pour camper dans cette grotte, lance le cardinal Roger Etchegaray. C’est elle qui vous accueille. Gardez l’esprit du voyage, ne vous accrochez pas à ce monde. » À peine rentré d’une mission au Liban à la demande du pape, le cardinal français préside cette semaine le 50e pèlerinage des gens du voyage à Lourdes. Très à l’aise devant ces 8.000 pèlerins, il a rappelé qu’il fut jadis aumônier diocésain des Gitans à Bayonne et, à ce titre, présent au tout premier pèlerinage organisé à Lourdes en 1957.

« Je me souviens bien aussi du couronnement de la statue de Notre-Dame des Gitans par Paul VI, le 27 septembre 1965 à Pomezia, près de Rome, où le pape a valorisé la mission des “éternels pèlerins” que vous êtes », souligne le cardinal. Sur les divers lieux de campement, l’ambassadeur itinérant des papes a répété, citant cette fois Jean-Paul II : « Il faut développer la compréhension et la solidarité envers la population gitane, en repoussant toute tentation égoïste de méfiance et d’indifférence. »

Souvent confrontés à des réactions d’exclusion, Roms, Manouches, Gitans, Sintis ou Yéniches, tous ensemble Tsiganes, se sentent chez eux à Lourdes. « Ici, devant les grands personnages de la ville et de la région, Bernadette – qui ne savait pas lire – a su témoigner de sa foi malgré les oppositions », remarque le P. Jean-Pierre Etcheverry, ancien directeur du pèlerinage.
Une antenne locale créée à Lourdes pour les gens du voyage
Les responsables des sanctuaires de Lourdes ont d’ailleurs voulu donner la première place à ces « voyageurs » à l’occasion de leur jubilé. Venus de toute la France et de plusieurs pays d’Europe, les « fils du vent » – comme ils aiment se définir – ont par exemple présidé et guidé la procession aux flambeaux, lundi 21 août au soir, portant la statue de Notre-Dame des Gitans, qui pérégrine d’une région à l’autre chaque année. Dans la foule était tenue bien haut l’effigie de Céferino Gimenez Malla, ce Gitan espagnol fusillé en 1936, le rosaire à la main, et béatifié par Jean-Paul II en 1997.

« Nous avons mission d’être une famille de nomades dans l’Église, pour l’aider à faire mémoire de ce qu’elle est en profondeur : un peuple en marche », témoigne un pèlerin, Jean-Paul Weiss, dit « Pouchou ».

Tous les « voyageurs » apprécient aussi qu’une antenne locale ait été créée à Lourdes dans le cadre des services de l’Église en lien avec les Sanctuaires Notre-Dame, pour accueillir et répondre toute l’année aux attentes des gens du voyage. Cette permanence, souhaitée par l’évêque de Tarbes et Lourdes, permet d’assurer un suivi entre deux pèlerinages.
Une pastorale confrontée au « prosélytisme pentecôtiste »
L’enjeu est de taille pour l’Église catholique, et le travail immense pour le P. Claude Dumas, aumônier national des gens du voyage, lui-même issu de ce monde des voyageurs comme deux autres prêtres, trois diacres et une religieuse. Avec eux, environ 80 personnes sont en responsabilité directe dans les aumôneries diocésaines françaises, ils proposent une animation pastorale soutenue mais souvent confrontée au « prosélytisme pentecôtiste ».

« Des pentecôtistes entretiennent la peur et la superstition chez les voyageurs, mettant exagérément en valeur les phénomènes extraordinaires au détriment de l’Évangile vécue au quotidien, et ils rebaptisent leurs adeptes, au mépris des relations oecuméniques, déplore Mgr Gilbert Louis, évêque de Châlons-en-Champagne, accompagnateur des gens du voyage au nom des évêques de France. Cette intolérance, apparue dans les années 1950, ne cesse de s’amplifier, causant de grandes souffrances dans les familles divisées par la foi chrétienne qui était jusqu’à présent leur ciment. »

C’est d’ailleurs pour faire face au pentecôtisme qui commençait déjà à toucher les Gitans que les PP. d’Armagnac, Fleury et Barthélemy ont eu l’intuition de fonder ce pèlerinage à Lourdes au cours de l’hiver 1956.

« Après Lourdes, nous nous retrouvons régulièrement dans les écoles de la foi, qui se développent, et nous approfondissons notre connaissance de la Bible, Parole de Dieu vivante dans nos cœurs », souligne James. Ce « fils du vent » de l’Essonne a, comme d’autres laïcs de sa communauté, reçu de l’aumônerie une mission de « rassembleur » au sein de son peuple.

François VAYNE, à Lourdes

Rassemblement annuel des Tsiganes évangélistes 25 août 2006

{{{Trente mille Tziganes sont attendus en Moselle pour leur grand rassemblement annuel}}}
LE MONDE | 17.08.06

Par centaines, les caravanes ont commencé à affluer, mercredi 16 août, sur la base militaire de Grostenquin (Moselle), à quelques jours du coup d’envoi de la Convention nationale évangélique des gens du voyage, qui doit se dérouler du 23 au 27 août, à l’appel de Vie et Lumière, mouvement pentecôtiste rattaché à la Fédération protestante de France. Les premiers pèlerins sont arrivés deux jours plus tôt que prévu dans cette commune rurale proche de la frontière allemande, alors qu’organisateurs et services de l’Etat terminaient d’aménager la plate-forme, une ancienne base de l’OTAN de 400 hectares.

Sous la pression des élus locaux, Daniel Ferey, préfet par intérim, a consenti à ouvrir le site dès mercredi – et non vendredi comme envisagé initialement -, de manière à libérer les aires de stationnement, terrains agricoles et voies d’accès occupés par les convois de voyageurs qui, de toute la France et des pays limitrophes, convergeaient vers Grostenquin. Trente mille Tziganes sont attendus pour ce rassemblement, organisé chaque année sur un site choisi par l’Etat.

Un immense chapiteau, sous lequel seront célébrés les offices et baptêmes d’adultes par immersion, a été dressé mercredi. Auparavant, et dans un temps record, les services de l’Equipement et de la protection civile s’étaient employés à « viabiliser » le site : 1 800 barrières formant une ceinture métallique de 4,5 kilomètres ont été installées le long des pistes, afin de délimiter le périmètre de 160 hectares que les pèlerins seront autorisés à occuper. Vétustes, les bâtiments et hangars ont été exclus de la zone pour des raisons de sécurité. Une brèche a été ouverte à coups de bulldozer de manière à aménager un second accès pour les secours. Des plaques métalliques ont été posées dans la boue pour permettre aux véhicules de passer. D’immenses tuyaux ont été tirés pour l’alimentation en eau potable. Des sanitaires chimiques ont été installés, une entreprise privée a été sollicitée pour organiser l’assainissement et le traitement des ordures. Des groupes électrogènes seront mis en service pour alimenter un dispensaire de campagne, où une centaine de consultations pourront être assurées quotidiennement par des médecins volontaires.

Les commerçants locaux ont été sollicités pour participer aux ravitaillements de cette ville éphémère, deux fois plus peuplée que Saint-Avold, la cité la plus proche, qui compte 14 000 habitants. Côté sécurité, trois escadrons de gendarmerie mobile viendront renforcer les brigades du secteur ainsi que le service d’ordre – une centaine d’hommes – du comité organisateur.

Répondant aux inquiétudes des élus locaux, affolés à l’idée de voir tripler en si peu de temps la population de leur canton, le préfet a assuré que « la plupart des prestations seront facturées aux organisateurs ». Un chèque de garantie de 60 000 euros a déjà été déposé par Vie et Lumière, pour le paiement des fournitures.

« AU PIED DU MUR »

Cette année encore, la tenue de la manifestation a suscité une vive polémique. « Si les communes du secteur devaient débourser 1 centime, je démissionnerais aussitôt », avait menacé Claude Bitte, conseiller général (UMP) du canton de Grostenquin. Informé le 27 juillet du choix de « ses » terres pour la tenue du pèlerinage, cet élu avait protesté en haut lieu. Dans un courrier à Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, il se disait « scandalisé » d’avoir été mis ainsi « au pied du mur ». Mercredi après-midi, en visitant le site, investi en quelques heures par 2 500 caravanes, l’élu se disait « rassuré ». « Cela dit, je ne peux pas faire un pas sans être interpellé sur cette manifestation, qui continue à inquiéter la population locale », confiait-il.

Guide spirituel de la communauté tzigane, le pasteur Joseph Charpentier multiplie les contacts sur place pour « rassurer » les autochtones. « Nous sommes là pour prier, mais ce rassemblement est aussi un moyen, pour notre communauté, de faire tomber les préjugés et de montrer aux riverains que nous pouvons cohabiter en harmonie. Toutes nos célébrations seront ouvertes aux gens de l’extérieur. » Et d’ajouter : « Si nos rassemblements se passaient mal, l’Etat ne mettrait pas chaque année à notre disposition des aires d’accueil aussi vastes. »
Nicolas Bastuck
Article paru dans l’édition du 18.08.06

Pèlerinage 2006 des Saintes Maries de la Mer 30 avril 2006

Cette manifestation a d’abord un caratère religieux mais c’est aussi l’occasion de nombreuses rencontres familiales et amicales que de nombreux sédentaires de la région ne sauraient manquer. L’ANGVC ( Association nationale des Gens du voyage Catholiques) invitent à son assemblée générale qui se tiendra le lundi 22 mai à 14h.30

La veille, le dimanche 21 mai l’association Samudaripen d’Arles invitent à un rassemblement devant la nouveau mémorial du camp de Salier. pour plus d’information on peut joindre romanezesmeralda@yahoo.fr.

Tous ceux qui ont la possibilité de se rendre à aux Saintes Maries durant ces journées, n’hésitez pas à aller à la rencontre des voyageurs et à témoigner sur les conditions toujours aussi précaires dans lesquelles ils sont accueillis. Vos témoignages pourront nous aider à compléter le dossier que nous enverrons aux pouvoirs publics afin d’exiger enfin que ce rassemblement soit organisé dans des conditions dignes et sûres.