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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Editos

L’été, saison des expulsions 17 juillet 2018

Pour le Président de la République, c’est un « pognon de dingue » qui est consacré aux minima sociaux.
Bien sûr, les expulsions ne sont pas des minima sociaux. Mais quel « pognon de dingue » l’Etat consacre-t-il à ces expulsions !
Et pour les familles Roms, l’été est une « saison en enfer ».
Depuis 2011, ce sont 1300 personnes des squats et bidonvilles de Marseille qui ont subi 16 évacuations par la force durant la période d’été.
En réalité, ce sont environ 350 personnes , toujours les mêmes, qui sont frappées par ces expulsions  dont on suit le parcours dément depuis près de 7 ans : Porte d’Aix – UHU et trottoirs de l’UHU – Caserne Cardot – 124, bld Plombières – Caserne Masséna – Bld National – Magallon – Capitaine Gèze – Eiffel – Chemin de la Madrague Ville – Cazemajou.
On voit également que cette perpétuelle errance se concentre dans un même périmètre urbain relevant, pour l’essentiel, de la géographie prioritaire de la politique de la ville.
Les lieux occupés sont, la plupart du temps, des sites appartenant à l’Etat ou à des structures publiques sur lesquels il y a rarement des projets identifiés.
Ces lieux, réhabilités et réaménagés, pourraient devenir une bonne solution de relogement.
A titre malheureusement illustratif, lundi 9 juillet, le site d' »Haribo » qui existait depuis 2012 a été évacué sans solution d’hébergement si ce n’est une proposition de mise à l’abri à l’hôtel de quelques jours, que seule une famille a acceptée.
Jean-Pierre Perrin

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) publie son 27ème rapport sur l’état du racisme en France. 27 avril 2018

Depuis 1990, une enquête dresse l’état de l’opinion en matière de racisme, d’antisémitisme et de xénophobie.

Elle se base sur ce qui est appelé « l’indice de tolérance » qui varie de 0 à 100 ( 100: haut niveau de tolérance; 0 : pas de tolérance!).

En 2017, l’indice de tolérance s’établit à 64, considéré comme un chiffre stable.

Le rapport précise : « On observe des différences notables selon les minorités : l’indice s’établit à 34 pour les groupes rassemblés sous l’étiquette « Roms » contre respectivement 61 pour les musulmans, 72 pour les Maghrébins et 78 pour les noirs et les juifs. En tendance, les noirs (- 3 points) et les Roms (- 2 points) voient la tolérance à leur endroit régresser. »

Le rapport constate que les Roms sont le groupe qui est confronté au plus grand rejet de la part du reste de la population avec des stéréotypes, des préjugés qui ont la vie dure (ils ne veulent pas s’intégrer, ils exploitent les enfants, ils volent, mendient, ils sont sales…).

« Ces préjugés sont alimentés par des discours publics qui tendent à justifier l’échec d’initiatives d’intégration par la seule attitude des bénéficiaires, par la spectacularisation de la pauvreté par les médias et par une politique ambiguë vis-à-vis de la « gestion » des bidonvilles…De nombreuses familles se voient ainsi discriminées et privées de droits aussi fondamentaux que le droit à la sécurité, à la santé, à l’éducation, à la libre circulation » …et au logement.

Les associations se sentent un peu seules et pas vraiment soutenues pour combattre , au quotidien, ces discriminations et exiger le respect des droits.
Certains médias, dans notre région, apportent une contribution remarquable à la compréhension de la situation de ces familles. Qu’ils en soient remerciés ! Il faut poursuivre votre travail.

La lutte contre le racisme anti-roms passe par l’arrêt des expulsions . L’Instruction du Gouvernement du 25 janvier 2018 aux Préfets de Région et de département qui vise à donner une nouvelle impulsion à la résorption des campements et des bidonvilles ouvre des perspectives de solutions pérennes que les pouvoirs publics ( Etat et collectivités territoriales) ne manqueront pas de saisir !

JP PERRIN

IL N’Y A PAS TOUJOURS QUE DE MAUVAISES NOUVELLES : RESTONS VIGILANTS ET MOBILISES 2 mars 2018

Que ce soit à travers une Instruction du Gouvernement aux Préfets de région et aux Préfets de départements sur la résorption des bidonvilles ou que ce soit à travers quelques décisions de justice récentes en faveur des populations Roms ou désignées comme telles, des éléments positifs pour les associations qui luttent pour le respect des droits se font jour.
Le 25 janvier 2018, une Instruction du Gouvernement visant à donner une nouvelle impulsion à la résorption des campements illicites et des bidonvilles était signée par 8 ministres ( Intérieur- Justice- Europe et Affaires étrangères- Cohésion des territoires- Solidarités et Santé- Travail- Education nationale- Egalité entre les femmes et les hommes).
Elle complète (et ne la supprime donc pas) la circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites ( la fameuse, revendiquée par les associations et inappliquée sur nos territoires).
Un objectif de résorption durable des bidonvilles est fixé à 5 ans « en développant et multipliant les stratégies locales globales, partenariales et pluriannuelles » impliquant la mobilisation des services de l’Etat, les collectivités locales (les communes, les intercommunalités en particulier les métropoles), les départements, les régions, l’Europe, les associations, les opérateurs, les bailleurs sociaux et les occupants eux-mêmes.
Cette stratégie territoriale devrait donner lieu à une convention de partenariat formalisant notamment l’adhésion des collectivités locales concernées.
Signalons tout de même que les mesures préconisées ici étaient et sont encore l’expression de l’exigence portée auprès des pouvoirs publics -en particulier l’Etat- par Rencontres tsiganes et Médecins du Monde notamment.
D’autres points essentiels sont précisés dans l’Instruction : apporter des réponses différenciées en fonction des caractéristiques des campements et des personnes ( on substituerait à la logique d’expulsion une politique d’accompagnement des personnes); lutter contre la grande précarité et assurer le respect des lois de la République; mobiliser les financements de l’Etat et rechercher les cofinancements.
La Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL) assurera une mission d’animation et de suivi des stratégies territoriales de résorption des bidonvilles à travers une commission spécifique.
Concernant les décisions de justice, on signalera la condamnation de l’Etat et de la Ville de Lille pour l’expulsion illégale des habitants d’un bidonville (TGI de Lille), la reconnaissance, par le TGI de Bobigny, que le « procès-verbal d’expulsion étant entaché de nullité, il faut replacer les requérants dans une situation équivalente à celle où ils se trouvaient antérieurement à leur expulsion » et condamnant la Ville de Pierrefitte à payer des dommages-intérêts aux requérants en réparation de leur préjudice moral et matériel. En matière d’accès à l’école, le 23 janvier, la Cour de Cassation a cassé un arrêt de la Cour d’Appel de Paris estimant que celle-ci n’avait pas recherché  » si le refus d’inscription de la mairie de Sucy-en-Brie ne dissimulait pas une discrimination fondée sur l’origine et le lieu de résidence des enfants, constitutif d’une faute civile ». Les magistrats de la Cour de Cassation ont jugé qu’il y avait discrimination.
Enfin , rappelons les ordonnances de référé du Tribunal d’Instance de Marseille concernant les sites de Cazemajou (11 janvier 2018) et des Aciéries (25 janvier 2018) ne supprimant pas l’application de la trêve hivernale…mais ordonnant l’expulsion.
Dernière décision du TI de Marseille (1.02.2018) concernant le 46, boulevard du Capitaine Gèze  » si le principe de proportionnalité ne s’oppose pas à cette expulsion, il commande que soit accordé un délai aux occupants sans droit, qui permettra la recherche de solutions d’accompagnent dans le domaine du logement ». Un délai de 6 mois est accordé. La Ville de Marseille est condamnée aux dépens.
Voilà des opportunités qui s’offrent à l’Etat, aux pouvoirs publics pour appliquer dès maintenant l’Instruction évoquée plus haut !
Pour le respect des droits et le droit au logement notamment, il nous faut rester vigilants et se mobiliser.
Avant que la trêve hivernale ne s’arrête et avec la fin de celle-ci que les expulsions ne reprennent, des associations appellent à un rassemblement citoyen le 24 mars à Marseille. Face à l’urgence sociale, venez exprimer votre indignation ce jour-là et nous accompagner dans la poursuite de ce combat.
JP Perrin
Président
cir_42949

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C’est 2018 ! 9 janvier 2018

Que nos valeurs de justice, de solidarité soient partagées !
Que notre engagement pour le respect et la dignité des femmes, des hommes, des enfants roms/tsiganes soit porté !
Que tous les enfants en âge d’aller à l’école suivent une scolarité normale !
Que le droit au logement décent, à la formation professionnelle soit respecté !
Ces vœux sont des combats incessants.
Rencontres tsiganes, avec les associations partenaires, les poursuivront en 2018.
Après le drame terrifiant de l’incendie du bidonville du chemin de la Madrague Ville à Marseille, le 9 décembre, dans lequel ALIN est mort, les menaces d’expulsion sont toujours d’actualité. 
En 2017, 580 personnes ont été expulsées de leur lieu de vie, seules quelques unes ont bénéficié de quelques nuits d’hôtel. Actuellement, sur 5 sites, les jugements rendus, au cours de l’année écoulée, font droit à l »expulsion, sur 5 autres, les familles sont en attente de l’ordonnance de référé.
Nous exigeons un plan global de résorption des bidonvilles sur Marseille, porté par toutes les collectivités concernées. Nous avons proposé aux pouvoirs publics de contribuer activement à ce plan.
Pour l’instant, nos propositions rencontrent une méchante indifférence.
Combien de drames faudra-t-il pour que nous soyons entendus ?
JPPERRIN-RT

Humain, trop humain ! 23 novembre 2017

Treize associations ont adressé, le 8 novembre 2017, simultanément au Maire de Marseille et à la Préfète déléguée pour l’égalité des chances, un appel au respect, au droit, à la dignité, un cri de colère face aux expulsions des familles Roms des squats du 44,rue Gustave Eiffel, du 343, boulevard Romain Rolland et du 224, chemin Saint-Jean-du-désert à Marseille.
La première éjection sur les trottoirs de Marseille, par une centaine de policiers, s’est déroulée le 31 octobre à la veille de la trêve hivernale.
La seconde a eu lieu le 3 novembre sous les menaces et la pression d’une partie du voisinage et de la Mairie de secteur.
Pour la dernière évacuation, le 8 novembre, les familles ont quitté le site…spontanément…quand la police leur a demandé de partir !
Comme le précisait le courrier des associations, ces situations sont la conséquence d’une politique (d’une absence de politique) qui ne fait que déplacer les problèmes sans apporter de réponses adaptées.
Les associations demandaient au Maire et à la Préfète qu’une délégation des associations soit reçue pour contribuer à la recherche de solutions.
Le Maire n’a pas répondu !
La Préfète a répondu.
Ah ! dit-elle, s’il n’y avait pas eu cette décision de justice du 26 octobre 2017 qui confirmait une première décision de justice obligeant les familles à quitter les lieux avant le 23 août pour la sécurité des familles (zone inondable et présence d’une mezzanine dangereuse), elle n’aurait peut-être pas pris la décision d’expulser par la force publique !
Je rappelle que la requête des familles et de leur avocate visait à demander des délais supplémentaires pour libérer les lieux. C’est ce refus du tribunal de grande instance de Marseille d’accorder des délais supplémentaires dont se prévaut la Préfète pour évacuer manu militari ce squat.
Mais l’Etat- dit encore la Préfète – a proposé un hébergement à l’hôtel à chaque famille et certaines ont refusé ! Précisons que ces hôtels sont, certains à la limite de l’insalubrité, d’autres très éloignés du centre-ville et des transports en commun. Et surtout cette solution freine les familles dans leurs activités de subsistance.
Combien de temps les familles pourront-elles rester à l’hôtel ? Aucune solution pérenne n’est proposée .
JPPERRIN-RT

Des hommes et des femmes mobilisé-e-s pour le droit 20 octobre 2017

Jeudi 5 octobre 2017, le journal La Provence, en première page, titrait « L’OM annonce la couleur ». En page intérieure, la nouvelle Préfète à l’Egalité des chances, Marie-Emmanuelle Assidon, elle aussi annonçait sa couleur à propos des expulsions des familles roms à Marseille. Citons «Je ne vais pas vendre de la poudre de Perlimpinpin (sic!). Nous savons tous que la politique de résorption des camps conduit en effet à leur reconstitution…Mais ce qui nous guide, c’est la sécurité, l’aménagement urbain…il y aura donc encore des expulsions en cours d’année. Il n’y a pas de solution miracle. Et il faut l’engagement de tous les acteurs. »

L’engagement de tous les acteurs ! Cela tombait bien ! Avant cet article de La Provence, la veille, le Tribunal de grande instance de Marseille ajoutait sa couche de couleur dans une ordonnance de référé ordonnant l’expulsion, à la demande de la ville de Marseille, des familles demeurant 12 chemin de la Madrague Ville «  attendu que ni le droit au logement et à l’abri, ni le droit au respect de la vie privée et familiale ne sauraient avoir pour conséquences de conférer à certains individus des prérogatives particulières à raison de leur origine ethnique ou de leur mode de vie (nomadisme) et à empêcher la cessation d’un trouble manifestement illicite, par ailleurs nuisible et dangereux; que de même , la bonne ou mauvaise exécution des obligations imparties à l’Etat en matière d’assistance aux individus dépourvus d’hébergement demeure sans incidence sur l’appréciation de la nécessité  de l’expulsion qui repose sur l’atteinte au droit de propriété….ordonnons l’expulsion de Messieurs … » (la Marseillaise 17-10-2017)

Les décisions de justice ne doivent pas être commentées !

Ce jugement est inique !

Pas moins de 7 procédures sont actuellement en cours à Marseille touchant à l’expulsion de familles roms ou à l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) pour 26 personnes de nationalité roumaine.

Pour cette dernière affaire, Delphine Tanguy, journaliste à La Provence, relatait dans ce journal l’audience qui s’est tenue devant le Tribunal Administratif le 16 octobre.

Rencontres tsiganes et d’autres associations sur Marseille sont mobilisées pour faire reconnaître leurs droits aux populations roms/tsiganes.

Devant les tribunaux, ce sont des avocats qui se battent quotidiennement pour faire respecter le droit et défendre des familles vivant dans une précarité sans nom.

On ne dira jamais assez toute la gratitude et le profond respect que l’on porte à ces hommes et femmes pour qui justice rime avec humain.

Les associations se sont regroupées pour dénoncer la violence des expulsions. Elles demandent à rencontrer la Préfète à l’Egalité des chances pour participer à la mise en oeuvre, avec l’Etat, d’une politique plus conforme aux engagements de la France en matière de respect des droits fondamentaux.

Le Défenseur des Droits a été saisi par Rencontres tsiganes et l’Ecole au présent pour dénoncer les conditions de vie des familles de la Madrague ville et pour que puisse être trouvé un hébergement pérenne à ces familles, en application de la circulaire interministérielle du 26 août 2012.

Une nouvelle fois c’est une avocate, Chantal Bourglan, qui a apporté son appui précieux, juridique et humain pour permettre la saisine du Défenseur des Droits.

Merci. Bravo aux avocats. Leur force et leur fierté, leurs convictions et leurs compétences, leurs émotions et leurs doutes parfois aussi dans ce métier où chaque victoire pour le droit est une solide et magnifique passerelle sur le chemin de la liberté, de l’égalité et de la fraternité pour tous les citoyens quelque soit leur origine.

JPPerrin.

RT

http://www.lamarseillaise.fr/bouches-du-rhone/societe/64375-bidonvilles-a-dispositif-sature-urgence-d-alternatives

La Provence -17-10-17 La Provence 05-10-17

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Un élan de perspectives ? 20 septembre 2017

On se lasserait presque en « découvrant » tous les ans la situation française en matière de pauvreté, de mal logement décrite par la Fondation Abbé Pierre. Son vingt-deuxième rapport, en 2017, dresse une nouvelle fois un état désespérant et qui s’aggrave. Plus de 4 millions de personnes sont sans-abri ou mal logées et près de 15 millions de personnes sont touchées par la crise du logement !

Depuis le Moyen Age, les pouvoirs publics se penchent sur le sort des « miséreux ». Dans les vingt dernières années, aucun gouvernement, en France, n’a été avare de son plan de lutte contre la pauvreté, contre l’exclusion, en faveur des plus démunis, etc. Il n’y a que peu d’intérêt à en dresser la liste. Tous en ont commis. Le constat est cinglant : Les riches s’enrichissent, les pauvres s’appauvrissent !

Bien sûr, des lois, des textes règlementaires ont pu voir le jour et ont porté des espoirs. Leur mise en œuvre a été timide : oui, depuis 2013, quelques relogements de familles, à chaque expulsion, ont bien amorcé une lente mais encourageante résorption des bidonvilles.

Mais le processus s’enraye déjà : force est de constater que cette année, la pleine saison des expulsions, particulièrement nombreuses dans les Bouches-du-Rhône et à Marseille, qui bat son plein, se distingue par l’absolue non-application de la circulaire ministérielle du 26 aôut 2012 relative à « l’anticipation et l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites »

Profitant sans aucun doute du changement de Président à Rencontres tsiganes, le Président de la République, Emmanuel Macron, a pourtant déclaré le 27 juillet 2017 dernier : « Je ne veux plus personne dans les rues d’ici la fin de l’année. » Deux mille dix-sept ? 2017 ?

Avec ses partenaires associatifs locaux et amis, Rencontres tsiganes, quant à elle, poursuit l’objectif qu’elle s’est fixé : permettre des hébergements pérennes pour les familles tsiganes/roms et contribuer à la mise en actes des propos du Chef de l’Etat, en lien avec les familles concernées.

Or pour que propos et textes ne se limitent pas à des effets d’annonce, il conviendrait, il est grand temps même, que de concrètes mesures de Salut public soient enfin prises par l’Etat et les collectivités territoriales. Et que leurs représentants soient bien présents, en nombre, manches retroussées, autour des tables qui étudient et proposent des solutions de relogement pérennes aux familles à la rue.

Jean-Pierre PERRIN

Président de Rencontres tsiganes

 

Le préfet fait état de son impuissance. 9 juillet 2017

 

C’est devant une vingtaine de fonctionnaires de l’Etat, une élue du conseil départemental et six représentants d’associations de voyageurs que s’est tenue le 28 juin 2017 la dernière réunion de la commission départementale des gens du voyage des Bouches du Rhône. On a, une fois de plus, noté l’absence des nombreux maires pourtant membres  de cette commission.

 

La présentation des articles de la loi “égalité et citoyenneté“ et les décrets d’application les plus récents ont fait l’objet d’une longue présentation par le service. En conséquence la composition de la commission va être revue et le schéma départemental d’accueil sera une nouvelle fois remis à plat. Le nouveau schéma est prévu pour être opérationnel au printemps 2019 !!!

 

On notera que le schéma d’origine a été modifié à de nombreuse reprises et qu’à ce jour, moins d’un quart des places prévues à l’origine est aujourd’hui ouvertes. Les maires de communes récalcitrantes peuvent se rassurer et continuer à défier la loi et poursuivre les gens du voyage de leur vindicte.

 

Les représentants associatifs ont alors, tour à tour, fait part de leurs désillusions et les multiples obstacles rencontrés dans le département pour faire respecter la loi. Ils estiment que, si le représentant de l’Etat dans le département ne met pas en œuvre les moyens dont il dispose pour faire respecter la loi, les nouvelles mesures législatives et réglementaires présentées n’auront aucun effet. La réalisation d’une nouvelle étude des besoins est inutile et coûteuse de même qu’un nouveau schéma s’il n’est pas appliqué.

Malgré la présentation de cas flagrants de discrimination des droits des gens du voyage le préfet n’a pu apporter, une fois de plus aucune réponse concrète.

 

 

 

 

Pour ma part, j’ai exprimé devant la commission, le point de l’association Rencontres Tsiganes dont on lira le texte ci-dessous.

 

Monsieur le Préfet, mesdames et messieurs

 

 

Mandaté par l’association Rencontres Tsiganes en Provence-Alpes-Côte-d’Azur j’ai pris part depuis l’origine, le 7 novembre 2001, à toutes les réunions de cette commission et j’en détiens tous les procès-verbaux. J’ai, à de nombreuses occasions et dans d’autres cénacles, tenté de faire entendre la voix des gens du voyage. Ceci me permet, vous le comprendrez, de dresser devant vous et les institutions que vous représentez, un bilan de ces 16 années d’activités. 

 

Concernant l’accès aux droits des gens du voyage, si, à l’échelle nationale, nous avons pu constater de réelles avancées qui conduisent à la reconnaissance de la citoyenneté pleine et entière des gens du voyage et aux évolutions législatives et réglementaires qui font l’objets de l’ordre du jour de cette réunion, force est de constater que, dans le département de Bouches -du-Rhône, les droits des gens du voyage et leurs conditions de vie se sont  sérieusement dégradées durant les dernières années.

 

Sans revenir sur les multiples rapports, interventions et démarches que nous avons entrepris pour que, au minimum, la législation soit respectée dans ce département, Je me contenterai, aujourd’hui, d’attirer votre attention à titre d’exemple sur trois les trois dossiers suivants :

 

 1°L’aire d’accueil de Saint Menet à Marseille 

Cette aire d’accueil controversée a été fermée pour travaux urgents en février dernier, n’est toujours pas ré-ouverte et les travaux ne sont pas achevés. A ce jour il n’y a pas d’aire d’accueil à Marseille alors que le schéma en prévoyait deux à l’origine. Où vont les voyageurs ? Pour la plus grande, partie ils stationnent de manière irrégulière un peu partout en fonction de la proximité des écoles et de leurs activités. Des familles séjournant, faute de mieux, sur un terrain privé à la Penne-sur-Huveaune sont convoquées au TGI de Marseille en référé le 5 juillet prochain. Qui est responsable ? va défendre leurs droits ? 

 

2°Terrain de l’Anjoly à Vitrolles. 

Après de multiples incidents plus ou moins graves depuis un an, aucune perspective sérieuse n’’est proposée à ce jour à la trentaine de familles installées depuis parfois plus de dix ans sur ce terrain appartenant à la commune. Le risque d’incidents et de conflits plus ou moins violents s’accroit de jour en jour.  Un article de de presse relatant la propreté des rues à Marseille a mis en avant une photo prise à Vitrolles le 27 février à proximité du terrain des voyageurs, sans mentionner que le stock de déchets était dû au refus de l’entreprise de nettoiement d’intervenir sur le site.

 

Chemin des Vaneu à Cabriès Calas

Une vingtaine de familles sont installées parfois depuis plusieurs années sur des parcelles dont elles sont propriétaires. La plupart d’entre-elles disposent de branchements électriques définitifs de la part d’ENEDIS. Cinq familles ont reçu un courrier d’ENEDIS leur annonçant que leur contrat prendrait fin dans les prochains jours.  Rappelons qu’une telle décision est illégale et qu’elle a fait l’objet depuis de nombreuses années de décisions judiciaires condamnant ENEDIS à maintenir la fourniture de courant. Nous souhaitons très vivement avoir une réponse au courrier concernant cette question envoyée à Monsieur le Préfet en date du 12 janvier dernier et restée à ce jour sans réponse. 

 

 

Je conclurai cette dernière intervention en souhaitant vivement que ceux qui auront la charge, dans une commission départementale élargie avec de nouvelles compétences et de nouveaux moyens, prennent la mesure du chemin qui reste à accomplir pour, que dans ce département, les discriminations et les refus de droits dont sont victimes une partie de nos concitoyens soient enfin abolis.

 

Marseille le 28 juin 2017

 

Alain FOUREST 

 

 

 

LA CULTURE dans tous ses états. 24 mars 2017

 

Rendons ici hommage à cette équipe de bénévoles qui depuis 10 ans a affronté tous les obstacles pour nous proposer une nouvelle fois une quinzaine riche en émotions, en débats, et en découvertes sur la culture tsigane d’ici et d’ailleurs. Le festival LATCHO DIVANO est de retour, plus riche et plus diversifié que jamais. :

 

Demandez le programme. Il y en a pour tous les goûts   !!!! www.latcho-divano.com

 

 

La présentation de ce programme à la friche de la Belle de Mai à Marseille a donné lieu à une visite commentée de l’exposition consacrée à l’œuvre de l’artiste Rom autrichienne CEIJA STOJKA. Récemment découverte, cette peintre “naïve“ exprime à sa manière, tout autant les horreurs des camps nazis que sa joie de vivre. Une visite à la friche s’impose absolument avant le 16 avril. Les œuvres complètes feront l’objet d’une rétrospective à Paris, dans un an, à la “Maison Rouge“.

 

La connaissance des “autres cultures“ et de la “culture des autres“ est cœur du projet de l’association Rencontres Tsiganes qui, dans son centre de ressources, 34 cours Julien à Marseille,  rassemble à destination du public une documentation complète (Livres, revues, films, vidéos, photos etc..) sur les cultures tsiganes à travers le vaste monde. : « Dans son sens le plus large, selon l’UNESCO, la culture peut aujourd’hui être considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeur, les traditions et les croyances. » Dans le langage courant, l’expression ‘culture tsigane’ peut donc être pris pour inadaptée car elle fait quasi exclusivement référence à l’offre de pratiques culturelles,  rejetant ainsi dans un autre débat ce réservoir commun constitué de manières distinctes de penser, d’agir et de communiquer.

 

Cette conception de la culture a été partagée par la Ministre de la culture Audrey AZOULAY. Le 22 septembre 2016 elle a cosigné avec les représentants des associations de Tsiganes et Gens du Voyage une charte d’objectifs culture qui se donne pour but : « modifier le regard que la société porte sur les minorités culturelles qui la composent : prévention du rejet, lutte contre la discrimination, l’intolérance et le racisme …. »

 

Reste à donner une signification concrète à ces louables intentions et à mobiliser sur le terrain tous ceux : acteurs de la vie culturelle, artistes, et militants associatifs pour que la culture soit, au-delà d’un festival,  au centre de notre projet de vivre ensemble.

 

Marseille le 20/03/2017

 

Alain FOUREST

http://www.telerama.fr/scenes/ceija-stojka-l-artiste-rom-rechappee-des-camps,155471.php

 

Pièces jointes

Une loi peut-elle changer la vie ? 21 février 2017


Publiée au journal officiel du 29 janvier 2017, la loi dite “égalité et citoyenneté“ marque sans aucun doute une étape importante dans la reconnaissance de l’égalité des droits de citoyens français qui, jusqu’alors, faisaient l’objet d’un statut particulier contraire à la constitution.

L’histoire de ce texte et plus exactement de l’article 195 qui stipule : « La loi no 69-3 du 3 janvier 1969 relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe est abrogée. » mérite d’être rappelée. La plupart des associations représentatives des voyageurs et les organisations qui les soutiennent se sont engagées de longue date pour la suppression d’un texte qui, sous prétexte de mieux organiser la vie des “gens du voyage“ avait comme effet de légaliser la discrimination de plusieurs centaines de milliers de français. Si les lois Besson de 1990 puis de 2000 ont reconnu le droit à l’habitat et à la libre circulation de ces familles, il aura fallu attendre près de 50 ans pour que l’égalité des droits de tout citoyen soit enfin reconnue.

Après de nombreux rapports plaidant pour cette suppression et des tentatives de législateurs convaincus de la nécessité de cette suppression, une proposition de loi, à l’initiative de Dominique RAIMBOURG député de Loire-Atlantique a fait l’objet du premier vote favorable par l’Assemblée Nationale le 10 juin 2015 après un long chemin semé d’obstacles. On pensait alors voir le bout du tunnel. C’était sans compter avec la pusillanimité sinon l’hostilité du gouvernement d’alors et tout spécialement du Premier Ministre. Prenant prétexte de l’opposition supposée du Sénat, le texte a été jeté dans les oubliettes des procédures législatives au grand dam des associations. Heureusement Dominique RAIMBOURG veillait obstinément et, avec la complicité de la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé Marisol TOURAINE les articles votés en juin 2015 ont pu être réintroduits dans un texte un peu fourre tout sur l’égalité et la citoyenneté dans 205 articles et 7 pages du Journal Officiel. Après un véritable suspens, cette loi, inscrite en procédure d’urgence, est devenue définitive le 28 janvier dernier. OUF !!!!

Toutefois la bataille est loin d’être achevée. Plusieurs décrets et circulaires doivent être encore validés avant que, cette loi soit intégralement applicable. Il conviendra de veiller à ce que les textes d’application ne remettent pas en cause le sens de la loi mais surtout que, sur le terrain, ceux qui seront chargés de sa mise en œuvre la respecte scrupuleusement. L’expérience nous permet d’en douter lorsque l’on connaît l’hostilité de nombreux élus locaux et de leurs électeurs à l’égard des voyageurs. On citera ainsi l’attitude d’un député maire qui a défendu le projet de loi devant l’Assemblée au nom du groupe socialiste et qui sur place, dans sa commune, manifeste ouvertement son rejet des voyageurs.

Malgré ces incertitudes, cette date du 29 janvier 2017 marquera une étape importante dans la reconnaissance des droits d’une minorité de citoyens trop longtemps rejetés. Des bouleversements sont à attendre dans de nombreux domaines de la vie quotidienne des voyageurs. Certains pourront parfois regretter les anciens carnets ou livrets de circulation qui les mettaient à part de la société dans laquelle ils s’inscrivent. Cette nécessaire reconnaissance juridique ne saurait toutefois faire disparaître les valeurs et traditions culturelles attachées aux Tsiganes/Voyageurs et reconnues à travers le monde entier.

 

Marseille le 18/02/2017

 

Alain FOUREST

Pièces jointes