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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Discriminations / Racisme

Roms en Hongrie : une lueur d’espoir 21 février 2017

Le rapport d’Amnesty International  sur la situation des Roms en Hongrie montre que, la discrimination envers cette communauté ne se limite pas à la seule Roumanie

Publié le 26.01.2017.

Amnesty International / David Gaspar

https://www.amnesty.fr/discriminations/actualites/roms-en-hongrie-une-lueur-despoir

Quatre ans après le déferlement de haine contre les communautés roms de Devecser dans l’ouest de la Hongrie, la Cour européenne des droits de l’Homme exhorte le gouvernement à mieux protéger cette minorité.

Le 5 août 2012, les familles roms de la ville de Devecser, dans l’ouest de la Hongrie, ont fait face à un déferlement de haine d’une rare violence. 700 militants d’extrême droite se sont rués sur leurs habitations armés de parpaings. Saisie des faits, la Cour européenne a rendu une décision qui dénonce la passivité de la police et de la justice au moment des faits.

Une victoire pour les familles roms

C’est une décision qui sonne comme une victoire aux yeux des familles roms violemment agressées par des centaines de militants d’extrême droite à Devecser, en Hongrie le 5 août 2012.

A l’heure où le climat xénophobe de la Hongrie fait couler beaucoup d’encre, les attentes étaient fortes de voir officiellement reconnues par la Cour européenne les pratiques anti-tsiganes qui sévissent dans le pays depuis de nombreuses années.

Un signal fort envoyé au gouvernement hongrois

En dépit des plaintes déposées par les familles en 2012 suite à leur agression, l’enquête n’avait rien donné, la motivation haineuse n’avait pas été retenue et les agresseurs courent toujours.

En reconnaissant le comportement passif des forces de police au moment de l’agression et le manque d’empressement de la justice à qualifier les faits de crimes de haine, la Cour européenne envoie un signal fort au gouvernement actuel de Victor Orban, dont le parti, Fidesz, est réputé pour ses positions hostiles aux minorités.

Le Jobbik, 3ème parti au gouvernement ouvertement d’extrême droite, s’est quant à lui, illustré pour ses propos d’une rare violence à l’égard des Roms.

Le calvaire de la minorité rom hongroise

En 2008 et 2009, une série d’attaques anti-tsiganes avaient coûté la vie à six personnes appartenant à la minorité rom. Aujourd’hui, la minorité continue de subir discrimination et rejet dans de nombreux domaines comme l’école et l’emploi.

Dans notre rapport de 2010 « Agressions contre les Roms en Hongrie. Il faut enquêter sur les motivations racistes des agresseurs », nous interpellions le gouvernement hongrois sur l’importance de reconnaître et de traiter les crimes de haine mais également de protéger les populations ciblées par ces crimes.

 

 

 

 

Pièces jointes

Confirmation de la condamnation de Mr Jousse, ex-maire de Roquebrune/Argens 21 février 2017

 

 

Le 12 novembre 2013, le maire de Roquebrune sur Argens déclarait lors d’une réunion publique et suite à un départ de feu sur un terrain occupé par des familles roms : “Je vous rappelle quand même que les gens du voyage, que dis-je, les Roms, m’ont mis neuf fois le feu. Neuf fois des départs de feux éteints par le SDIS dont le dernier, ils se le sont mis eux-mêmes. Vous savez ce qu’ils font : ils piquent des câbles électriques et après ils les brûlent pour récupérer le cuivre et ils se sont mis à eux-mêmes le feu dans leurs propres caravanes. Un gag ! Ce qui est presque dommage, c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours ! Mais je ne l’ai pas dit, je ne l’ai pas dit. Non mais parce que les Roms, c’est un cauchemar, c’est un cauchemar

Le recours contre l’arrêt de la Cour d’Appel d’Aix en Provence du 26/05/2015, condamnant le Maire pour délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence pour leur appartenance à une ethnie, une race, une religion, vient d’être rejeté.

 

Cour de cassation provocation discrimination (1)

Pièces jointes

Cour de cassation provocation discrimination (1) Télécharger

Un racisme soft ? 24 janvier 2017

Du 30 janvier au 4 février prochain s’ouvre dans les Bouches du Rhône une Semaine départementale de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine. De nombreuses manifestations auxquelles Rencontres Tsiganes prendra part vont tenter de mettre en lumière les diverses formes de racisme et d’exclusion qui subsistent et parfois se renforcent dans notre région .

 

Le dernier rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme sur ce thème fait état « d’une plus grande tolérance de l’opinion publique depuis 2015…. Cette progression générale de la tolérance, déjà perceptible en novembre 2014 et en mars 2015, s’est confirmée lors de la dernière vague du baromètre réalisée en janvier »

 

Ce constat, à priori encourageant, peut cependant étonner ceux qui, au quotidien, sont confrontés aux diverses formes d’exclusion fondées sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les «races», ou, plus souvent encore, sur une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. Les Roms/Tsiganes ou encore gitans ou gens du voyage, qu’ils soient ou non citoyens français, font historiquement partie de ces “catégories » considérées comme inférieures. Ils sont condamnés à choisir entre une marginalisation coupable et une assimilation qui, sous le prétexte du droit commun nie leurs histoires et leurs cultures.

 

En contact régulier avec les divers membres de cette population, nous mesurons que le rejet dont ils sont l’objet ne se réduit pas hélas. La récente lettre de Monsieur Ravier, maire des XIIIème et XIVème arrondissements de Marseille, diffusée dans toutes les boîtes aux lettres est le dernier exemple de ce racisme assumé et appuyé de multiples informations mensongères et d’un appel à la haine. Moins ouvertement mais tout aussi pervers est le comportement de certains élus qui se refusent d’appliquer la loi et de permettre aux voyageurs de s’arrêter ou de séjourner sur leur propre terrain. Ils mettent en avant la sécurité et la tranquillité de leurs électeurs laissant ainsi supposer que les arrivants sont de dangereux délinquants. Comment justifier encore le comportement de ces agents en charge de fournir un bien reconnu de première nécessité, l’électricité et qui, sans prévenir coupent brutalement l’alimentation électrique d’une quarantaine de familles avec enfants et personnes âgées au matin d’un jour de grand froid ?

 

De telles attitudes que nous dénonçons régulièrement mettent en cause des élus, des fonctionnaires, des responsables politiques qui prennent prétexte d’une opinion publique désorientée et sensible aux arguments xénophobes de l’extrême droite et parfois la droite.

 

Certes dans les derniers mois de l’année 2016 des nouvelles rassurantes laissent espérer une évolution plus conforme au nécessaire respect de la diversité. Le discours du Président de la République à Montreuil Bellay en mémoire de l’enfermement des Tsiganes pendant la guerre de 1939-1945, la reconnaissance officielle de la culture tsigane par la signature d’une charte et le vote par le Parlement le 22 décembre 20016 de la suppression de la loi du 6 janvier 1969 qui faisait des gens du voyage des citoyens de seconde zone, sont autant de signes positifs venus d’en haut mais qu’il conviendra de faire reconnaître et appliquer sur le terrain. C’est la lourde tâche qui est devant nous et la semaine de lutte contre le racisme qui s’ouvre sera une nouvelle occasion de faire entendre la voix des discriminés.

 

Marseille le 20/01/2017

 

Alain FOUREST

Pièces jointes

L’UE reconnait son échec dans la lutte contre la discrimination des Roms 23 décembre 2016

 

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Par : Euroefe | Traduit par: Marion Candau

30 nov. 2016 (mis à jour: 30 nov. 2016)

« Les Roms disent : ça suffit ! »

Exclusion sociale, chômage, pauvreté et même famine : voilà ce qui résume le quotidien des Roms dans l’UE, selon l’agence européenne des droits fondamentaux. Un article d’EurActiv Espagne.

« Ce rapport met en lumière une réalité inquiétante et inévitable : la plus grande minorité ethnique de l’UE continue d’être victime d’une discrimination intolérable et d’une inégalité d’accès aux services de base », résume Michael O’Flaherty, directeur de l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA).

30 % des Roms européens manquent d’eau potable, un enfant sur trois vit dans un foyer où il souffre de la faim et seuls 53 % des mineurs reçoivent une éducation primaire.

Les données, recueillies dans la « seconde enquête de l’Union européenne sur les minorités et la discrimination », proviennent d’entretiens avec près de 8 000 Roms et rassemblent des informations sur 33 787 membres de cette minorité dans neuf pays de l’UE.

C’est en Bulgarie, en Croatie, en République tchèque, en Grèce, en Hongrie, au Portugal, en Roumanie, en Slovaquie et en Espagne que vivent cinq des six millions de Roms résidant dans l’UE.

Des politiques qui tournent à l’échec

Environ 80 % d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, exactement le même pourcentage qu’en 2011, année du sondage précédent. Dans la population globale, les personnes vivant sous ce seuil représentent 17 % de la population.

« Étant donné l’ampleur des ressources investies ces dernières années et le poids des politiques de la Commission, je crois que nous pouvons qualifier cette absence de progrès d’échec », regrette Andrey Ivanov, un des responsables du rapport, qui s’est concentré sur les données et non sur les solutions.

Andrey Ivanov, chef de la section des Roms et de l’intégration des migrants à la FRA, reconnaît qu’il est très difficile de résumer les raisons de ce manque d’avancées, mais qu’il faut tout de même reconsidérer les politiques.

>> Lire : La France poursuit sa politique d’expulsion des Roms condamnée par l’Europe

« Un des indicateurs les plus marquants de ce sondage est celui de la faim : 7 % des personnes interrogées assurent que dans leur foyer au moins une personne a souffert de la faim quatre fois durant le mois précédant l’entretien.

Selon les données collectées auprès de ces personnes, le taux de chômage est de 34 %, et celui de scolarisation, chez les enfants âgés de sept à 14 ans, est de 93 % mais retombe à 52 % chez les jeunes de plus de 15 ans et de 5 % pour les plus de 18 ans.

Par ailleurs, 20 % des élèves roms dans le secondaire ont un niveau inférieur aux autres élèves de leur âge. Même si elle est interdite, la ségrégation des enfants dans les écoles est toujours très fréquente en Grèce, en Hongrie, en Slovaquie et en Bulgarie.

Dans ce dernier pays, 60 % des enfants roms scolarisés entre 6 et 15 ans vont dans des centres où tous leurs camarades de classe sont de la même ethnie.

Quant au logement, un autre grand indicateur du niveau de vie, la situation est très grave en Europe de l’Est et meilleure en Espagne et au Portugal. Ainsi, 67 % des Roms vivant en Roumanie n’ont pas l’eau courante et 65 % des Roms de Bulgarie n’ont pas de toilettes, de douche, ou de salle de bain.

 

En Espagne les gitans manifestent pour leurs droits 23 décembre 2016

l’Union Romani et le Mouvement contre l’Intolérance ont manifesté en face du siège de la Commission Européenne à MADRID pour mettre en cause l’augmentation de la « Gitanofobia »  à l’occasion de la célébration  de la journée internationale du peuple GITAN  et en commémoration du premier congrès  international gitans du 1971 qui a approuvé le drapeau et l’hymne des gitans

Asociaciones y partidos gritan « basta ya » contra el auge de la gitanofobia

EFEMadrid7 abr 2016

La Unión Romaní y el Movimiento contra la Intolerancia han convocado hoy frente a la sede de la Comisión Europea en Madrid para lamentar la gitanofobia, con motivo de la celebración este viernes del Día internacional del pueblo gitano, que conmemora el primer Congreso Internacional Gitano de 1971, que aprobó en Londres la bandera y el himno gitanos. EFE

La Unión Romaní y el Movimiento contra la Intolerancia han convocado hoy frente a la sede de la Comisión Europea en Madrid para lamentar la gitanofobia, con motivo de la celebración este viernes del Día internacional del pueblo gitano, que conmemora el primer Congreso Internacional Gitano de 1971, que aprobó en Londres la bandera y el himno gitanos. EFE

http://www.efe.com/efe/Plantillas/http://www.efe.com/efe/Plantillas/

Varias asociaciones de gitanos y representantes políticos se han concentrado hoy ante la sede de la Comisión Europea en Madrid, bajo el lema « los gitanos y gitanas dicen basta ya », para denunciar el aumento de agresiones contra esta minoría en toda Europa en los últimos meses.

« En 2016, por desgracia la gitanofobia está creciendo », ha explicado a Efe el delegado de la Unión Romaní en Madrid, Mariano González, que se ha referido a las humillaciones de hinchas del PSV Eindhoven en Madrid a un grupo de mujeres gitanas, pero también a otras agresiones que han tenido lugar en otras ciudades de Europa.

Por ello, González ha exigido que « la Comisión Europea tome cartas en el asunto » y tras la concentración han entregado en su sede española una documento con el manifiesto y sus requerimientos.

El presidente de Movimiento contra la Intolerancia, Esteban Ibarra, además de instar a hacer cumplir las ordenanzas europeas en materia deportiva y de odio, ha criticado en declaraciones a Efe a la UEFA por no haber condenado los hechos.

« Es una vergüenza que la UEFA esté callada », ha declarado Ibarra quien ha asegurado que este organismo europeo tiene códigos disciplinarios que se plantean sanciones a clubes deportivos por las actuaciones de los grupos hinchas que tienen asociados.

« El nazismo vuelve a estar de moda, el racismo anti-gitano nunca murió y hoy la intolerancia criminal vuelve a sacar las garras », han denunciado en el manifiesto que han leído en voz alta.

Recordando que mañana es el Día Internacional del Pueblo Gitano, las asociaciones presentes han pedido que además de las diligencias abiertas por la Fiscalía por las humillaciones de los hinchas del PSV, la UEFA se pronuncie en firme por los « lamentables hechos » y se aplique el Reglamento Disciplinario a los Clubs por sus hinchas asociados.

Tras la lectura del manifiesto, medio centenar de personas han coreado « basta ya » para pedir que cese la discriminación, las injurias y calumnias, los estereotipos y el menosprecio y han concluido la concentración cantando el himno del colectivo que habla sobre la persecución y masacre de miles de gitanos por los nazis.

Al acto ha asistido el secretario de Movimientos Sociales del PSOE, Ibán García del Blanco, quien ha apuntado que no son hechos aislados, sino que es « la llama de un fuego que se está empezando a prender, que es el fuego de la intolerancia ».

También han acudido representantes en la Asamblea de Madrid de otros partidos y el viceconsejero de presidencia de la Comunidad de Madrid, Enrique Ruiz, quien ha justificado su presencia porque los hechos « bochornosos » e « intolerables » del PSV ocurrieron en suelo madrileño.

En la misma línea, el Consejo de la Juventud de España (CJE) se ha solidarizado con el pueblo gitano pidiendo « un mayor compromiso gubernamental con la lucha por la igualdad » y ha condenado « el aumento del odio y la intolerancia ».

Y el mismo día el ministro de Educación, Cultura y Deporte en funciones, Íñigo Méndez de Vigo, ha recibido a la presidenta de la Federación de Asociaciones Mujeres Gitanas (Kamira), Carmen Santiago, para tratar de reeditar el convenio que desarrolla acciones encaminadas a favorecer el acceso y la permanencia de la población gitana en la formación reglada.

 

Pièces jointes

Le singulier combat de Stéphane Ravier 11 décembre 2016

Suite aux propos tenus par Monsieur Stéphane Ravier, sénateur-maire, dans le « Journal du Maire du 13/14° » du mois de décembre, nous publions, avec Médecins du monde, la LDH, le CCFD-TS et L’Ecole au présent, le communiqué ci-joint

Le singulier combat de Stéphane Ravier

Dans « La Lettre du maire » du mois de décembre éditée par la Mairie du 13/14 de Marseille, Monsieur Stéphane Ravier consacre 4 pages à s’auto congratuler de son action face à ce qu’il appelle les « campements sauvages de Roms ».

A le lire, il mènerait à lui tout seul, et seul contre tous (Etat, Département, Ville, ONG), un vaste programme d’éradication des bidonvilles. On pourrait presque le féliciter d’avoir ainsi participé à sortir tant de familles d’une aussi grande précarité.

Il oublie simplement de préciser que les mesures d’expulsions systématiques qu’il exige sont non seulement coûteuses mais d’une totale inefficacité quand elles ne sont pas accompagnées de
solutions pérennes :

– Monsieur Ravier s’est ainsi félicité de l’évacuation de Frais Vallon – Lagarde (triomphateur, il s’était même fait prendre en photo devant les bulldozers). Ces familles sont actuellement dans ce qu’il appelle « la jungle de la Rose » ;
– Idem pour le boulevard Plombières (où il était également présent). Les familles sont maintenant Avenue Arnavon (ce qu’il appelle « Campagne Larousse ») ;
– Quant aux familles du Boulevard Villecroze, elles avaient été auparavant expulsées de la rue de Lyon ;

En fait, Monsieur Ravier se glorifie de vouloir déplacer les problèmes mais il ne contribue en rien à les régler.
Comme à son habitude, Monsieur Ravier s’agite, gesticule et accuse les collectivités et les associations de terrain d’être responsables d’une situation qu’il contribue lui-même à faire perdurer.

Et nous sommes bien placés pour savoir que les collectivités qu’il accuse d’inertie usent et abusent parfois de tous les moyens légaux pour obtenir des évacuations dont il est en rien responsable.

Quant aux ONG qui seraient selon lui « largement subventionnées » pour qui la solidarité inconditionnelle a encore un sens, leurs actions permettent entre autre de trouver des solutions de
mises à l’abri des familles, prévenir les risques sanitaires, développer la médiation, renforcer la prévention et favoriser la scolarisation des enfants et l’insertion professionnelle des adultes. Autant de domaines où Monsieur Ravier et ses services sont totalement absents.

C’est pourquoi nous invitons Monsieur Ravier à venir rechercher avec les autres collectivités compétentes et acteurs de terrains des solutions humaines et durables qui seront bénéfiques à tout
le monde, et pouvoir enfin rejoindre un véritable combat, digne d’un élu de la République, celui qui doit être mené contre toutes les formes de misère.

Format PDF : Réponse à S.Ravier 10-12-16

Pièces jointes

Réponse à S.Ravier 10-12-16 Télécharger

Encore des amalgames douteux et accusatoires 22 octobre 2016

 

Au risque de lasser le lecteur nous revenons une nouvelle fois, pour mettre en cause les désignations pour le moins douteuses des médias, relatives aux gens du voyage.

Trois  derniers exemples relevés parmi beaucoup d’autres :

 Paris

©AFP

Des individus, « des gens du voyage », selon Eva Devictor, avaient mis en place « un véritable réseau » de vol, et de recel de poussettes, via des sites internet de vente entre particuliers.

Aix-en-Provence

Aux assises d’Aix-en-Provence, lors d’un procès récent d’un groupe de grand banditisme accusé de plusieurs meurtres, la presse locale, comme nationale, a titré sur le procès du « clan des gitans » pour désigner certains des co-accusées. C’est une fois de plus l’ensemble d’un groupe social auquel ils sont supposés appartenir qui est ainsi mis en cause.

Préfecture du VAR,

Service hébergement et accompagnement logement

Version 1er avril 2016 ,

En application de la réglementation, la préfecture du VAR a publié le “schéma départemental de la domiciliation des personnes sans  domicile stable“ . Ce document est  un outil permettant en principe de faciliter la vie quotidienne des gens du voyage.  La lecture de ce texte fait apparaître cependant une vision pour le moins caricaturale du public concerné. A la suite d’une enquête auprès des CCAS, on peut lire :  le public « des gens du voyage“  est un public éloigné de l’insertion, souvent illettré  et agressif, qui demande un accompagnement spécifique …. 

Une telle formulation dans un document public, est révélateur des préjugés envers un groupe de personnes de la part des personnels des CCAS  et des associations agrées. Cette présentation ambiguë ne fait que renforcer la stigmatisation dont sont trop régulièrement l’objet les Gens du voyage.

 

 

Odieuse agression à Marseille 21 août 2016

Marseille : violente attaque sur un campement de Roms

La Provence du Mercredi 17/08/2016 à 09H27 – Marseille

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Cocktails Molotov, chevrotines : huit blessés mardi soir boulevard Magallon

Tu restes cette nuit d’accord Madame ? » Dans les yeux d’Andrada, 15 ans, comme dans ceux des autres habitants du squat Rom du boulevard Magallon (15e), il y a de la peur. Dans la soirée de mardi à mercredi, un déferlement de violences sans précédent s’est en effet abattu sur leur terrain, près du métro Bougainville.« Tout le quartier l’a vu, on était tous aux fenêtres », confirme aussi cette voisine directe.20160817_1_2_8_1_0_obj12517619_1

Des « assaillants », pour l’heure non-identifiés, auraient attaqué le campement à l’aide de projectiles, de cocktails Molotov, chevrotine, et peut-être d’une arme blanche « de type sabre » précisent les Roms: « C’est la plus grave agression de ce type survenue à Marseille », s’indigne Laurie Bertrand, coordinatrice technique de la Mission bidonvilles pour Médecins du monde. « Il y a beaucoup de confusion dans le déroulé des faits, nous réunissons encore les éléments », glissait, prudent, Laurent Nunez, préfet de police, qui ne confirmait « pas à cette heure les tirs ». « Ils avaient des fusils », affirment pourtant les jeunes Roms tandis que les riverains témoignent avoir entendu « des coups de feu » au cours de la soirée. L’enquête a été confiée à la sûreté départementale de la DDSP, sous l’autorité du Parquet.

Sept Roms ont été hospitalisés pour des blessures causées, selon les rapports médicaux, par « polycriblage de chevrotine ». Deux jeunes hommes, plus touchés, ont dû subir une intervention chirurgicale hier matin. Enfin, un autre homme, présenté par la police comme l’un des possibles « assaillants », a également été admis aux urgences de l’Hôpital européen. Il souffre d’un grave traumatisme crânien.

Des jets de bouteilles enflammées visibles sur une vidéo

Des groupes d’ « assaillants » organisés, pour l’heure non-identifiés, ont jeté des cocktails Molotov sur le campement, comme on le voit sur cette vidéo réalisée par un voisin.

Gonflé par les expulsions de campements voisins, le squat Rom de Magallon est depuis février, avec ses 160 occupants, le plus important de Marseille. Propriété de la Ville, qui escompte y déménager un jour l’UHU de la Madrague-Ville, le site faisait l’objet d’un arrêté d’expulsion qui n’a finalement pas été exécuté, le 21 juillet dernier.

Sollicité par les associations, le préfet à l’Égalité des chances Yves Rousset avait fait part de sa volonté d’étudier un « projet de stabilisation » des familles. Les voisins, eux, se plaignent des nuisances occasionnées par leur présence.

Alors, que s’est-il passé mardi soir ? Prudente, la police confirme seulement « deux attaques ». Après la première, vers 21 h 30, un équipage de police a été dépêché sur place ; les voisins témoignent alors de la « dispersion » des assaillants dans les petites rues du quartier. « Et puis vers minuit, raconte une voisine, on a vu les jets de cocktails Molotov et appelé les pompiers. Il y a des tas de gosses là-dedans. »

Dans une vidéo postée sur Youtube, que nous avons pu consulter, on distingue nettement des silhouettes lancer des projectiles enflammés à l’intérieur du squat. « Il aurait pu y avoir des morts », s’indigne Patrick, de l’association Just, familière des lieux. Vers 1 h du matin, et jusqu’au petit jour, la police est restée sur place sécuriser les lieux. Médecins du monde, qui va proposer un accompagnement psychologique aux familles après cette violente attaque, regrette « le pourrissement » des relations avec le voisinage, accentué par « l’absence de politique de fond » des autorités. Aux expulsions ne succèdent en effet que la création de nouveaux squats. Depuis 2012, une circulaire ministérielle impose pourtant aux préfets d’accompagner les évacuations de mesures de relogement. À Marseille, elles ne sont que marginalement proposées.

Delphine Tanguy

 

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Cogolin, une commune peu fréquentable. 22 avril 2016

Le maire FN de cette riche commune varois, Marc Etienne Lansade a fait récemment parler de lui en publiant une vidéo qui fait du bruit. On le voit arpentant  un terrain où séjournaient quelques familles de Roms dans des conditions de grande précarité. Il se flatte devant de bulldozers écrasant de vieilles caravanes, d’avoir expulsé ces personnes en quelques semaines tenant ainsi  sa promesse électorale. Il appelle ses concitoyens à mettre en sécurité leur terrain et assure que la mairie peut les y aider. « Nous avons des aires d’accueil prévues pour eux (les Roms et gens du voyage NDLR), j’aimerais que nous arrêtions d’être la victime de ces gens » regrette-t-il.

Un tel comportement odieux  dont le caractère xénophobe et ouvertement raciste  prennent dans cette commune une dimension singulière.   Ce nouveau maire qui manie  l’amalgame et le mensonge avéré s’inscrit en effet dans une tradition déjà longue de discrimination de manipulation et  d’appel au rejet de l’autre.

Comme le montrent ci-dessous les archives de Rencontres Tsiganes un prédécesseur de  ce Monsieur  Lansade  s’est fait connaître en 2004 en chassant  de sa commune des familles de tsiganes qui y vivaient depuis de très nombreuses années en bonne entente avec le voisinage . Comme le montre le communiqué ci-joint nous avions alors soutenu ces familles dans leur combat pour plus de justice et de respect de leurs  droits de citoyens. Les autorités judiciaires et préfectorales varoises avaient  cédé alors aux pressions du maire et les familles avaient dû quitter la commune. terrain3On remarquera qu’à l’époque , le juge avait retenu comme argument la promesse du maire de réaliser une aire d’accueil sur le terrain ainsi libéré.  Douze ans   plus tard  son successeur  avec un certain aplomb ou une perte de mémoire promet toujours la réalisation de l’aire d’accueil pour gens du voyage. Il omet au passage de signaler qu’un tel équipement obligatoire n’est pas ouvert aux familles de Roms.  Qu’en pense le préfet de VAR et les tribunaux chargés de faire respecter la loi ?

photo1jeanmoulin

Si  vous avez l’occasion de  traverser ce département,  haut-lieu du tourisme et de l’évasion, il vous faudra éviter de passer par COGOLIN, son village et sa marina, qui sont des endroits définitivement non-fréquentables.

communiqué cogolin.doc

 

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Une nouvelle déclaration du Conseil de l’Europe 21 mars 2016

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Il est temps de remédier à l’hostilité profonde à l’encontre des gens du voyage

C’est le titre du nouveau rapport publié par NILS MUIZNIEKS le 4 février 2016 et qui s’adresse tout particulièrement à la France. On trouvera ci dessous les principales mesures recommandées.

Que faut-il faire ?

Tout d’abord il est essentiel de supprimer toutes les dispositions discriminatoires qui réglementent la vie des personnes vivant dans une caravane. Au XXI siècle, il n’est plus admissible d’empêcher les Gens du voyage d’exercer l’ensemble de leurs droits sur un pied d’égalité avec les autres citoyens.
Les autorités doivent condamner tous les propos racistes qui visent les Gens du voyage ; il faut, en outre poursuivre en justice et sanctionner comme il convient les auteurs de discours de haine à leur égard.
Il faut étudier davantage et mieux faire connaître l’histoire des Gens du voyage, ce qui peut contribuer à éradiquer les préjugés tenaces et, par conséquent, à mettre fin à la perpétuation de violations des droits de l’homme contre les membres de ces groupes.

Il faut assurer aux Gens du voyage une reconnaissance pleine et entière de leur culture, identité et mode de vie spécifiques. Le débat lancé par le Parlement irlandais en 2015 en vue d’accorder aux Gens du voyage irlandais le statut de minorité ethnique est un exemple prometteur. En général, il faut donner aux Gens du voyage des possibilités accrues de préserver et de promouvoir leur culture qui fait partie intégrante du patrimoine culturel européen, comme l’a souligné le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe dans sa Recommandation Rec(2004)14 relative à la circulation et au stationnement des Gens du voyage en Europe.

Il faut prendre des mesures énergiques pour accroître le nombre et la qualité des sites disponibles pour les Gens du voyage, qu’ils soient de transit ou de stationnement. Les autorités locales doivent être fortement encouragées et, si nécessaire, contraintes à autoriser le séjour temporaire des Gens du voyage. Les Etats doivent s’assurer que ces obligations sont respectées. Ils ne doivent pas se décharger sur les autorités locales de leur responsabilité de garantir à ces personnes des conditions de logements adéquates.

COE 160216 – Article N. Muziniecks – Remédier à hostilité contre les GDV en Europe

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