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Archives par catégorie : Discriminations / Racisme

Les députés européens appellent à la fin des discriminations contre les Roms 23 novembre 2017

En session plénière, les députés voteront sur un rapport appelant à l’égalité des droits pour le peuple Rom et à la fin de la haine à leur égard. La rapporteur Soraya Post nous en dit plus.

« Nous ne demandons rien de plus, mais également rien de moins pour la communauté rom que ce que nous demandons pour le reste de la population »: c’est ce que déclarent les députés de la commission des libertés civiles dans un rapport d’initiative sur lequel ils se prononcent ce jeudi 28 septembre.

 

Même si les principes d’égalité et de non-discrimination sont entérinés dans nos constitutions et dans les traités européens, ils ne s’appliquent pas encore de la même façon à tout le monde. La communauté Rom fait l’objet de discriminations depuis des siècles, et la situation ne semble pas sur le point de s’améliorer tant les stéréotypes sont ancrés.

La situation de la communauté Rom en chiffres

Selon une enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, 80% des Roms vivent sous le seuil de pauvreté de leur pays; la moitié des 6-24 ans ne va pas à l’école et 63% des 16-24 ans sont sans emploi, n’étudient pas ou ne se forment pas, en comparaison à seulement 12% des Européens du même âge. L’étude Eurobaromètre sur la « Discrimination dans l’Union européenne en 2015 » montre quant à elle que 20% des participants à l’enquête seraient mal à l’aise s’ils devaient travailler avec un Rom, et seuls 45% ne verraient pas d’inconvénients à ce que leur enfant ait une relation avec un Rom.

« Personne ne souhaite être pauvre. Personne ne souhaite vivre comme du bétail. Personne ne souhaite garder ses enfants hors du système scolaire. Personne ne souhaite vivre sans électricité. Personne ne souhaite vivre sans eau potable. Si nous voulons devenir une Union fière, nous ne pouvons pas continuer comme ça, tant que nous aurons 10, 12 millions de personnes totalement exclues de tout », déclare la députée socialiste suédoise Soraya Post, auteur du rapport sur le sujet et elle-même membre de la communauté Rom.

Regardez notre vidéo pour en savoir plus et suivez le débat lors de la session plénière ainsi que le vote en ligne!

 

Pièces jointes

Ces 570 bidonvilles que la France ne veut pas voir 20 octobre 2017

Ces 570 bidonvilles que la France ne veut pas voir

En 2017, 16 000 hommes, femmes et enfants vivent dans l’Hexagone dans des cabanes de fortunes ou dans des squats insalubres. Avant la trêve hivernale, la course aux démantèlements s’accélère.

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par Maryline Baumard

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image: http://img.lemde.fr/2017/10/19/0/0/5000/3333/534/0/60/0/6e2da5b_8711-1frxn8o.gtrso9wwmi.jpgLa baraque de Denis dans la forêt entre Noisiel et Noisy-le-Grand.

La saison des expulsions bat son plein dans les bidonvilles. A moins de deux semaines du début de la trêve hivernale, une cinquantaine de personnes voient chaque matin leur refuge détruit. Depuis juillet, un quart des habitants des campements a déjà été délogé et « sur ces 4 600 expulsés, une moitié à peine a bénéficié de quelques nuits d’hôtel avant de se réinstaller un peu plus loin », explique Manon Fillonneau, déléguée générale du Collectif Romeurope.

Pour la première fois cet hiver, les bidonvilles vont être protégés des évacuations, grâce à une mesure de la loi Egalité et citoyenneté, adoptée le 27 janvier. Mais d’ici au 1er novembre, date à partir de laquelle les expulsions sont interdites, la course au démantèlement des baraquements et des campements de fortune à la suite de décisions de justice ou de la prise d’arrêtés municipaux s’accélère. Et ce, dans un silence assourdissant ; cette misère-là n’intéresse guère dans un pays qui croyait que ses bidonvilles avaient été éradiqués depuis longtemps.

Valérie Pécresse a pourtant tenté de ramener le sujet sur le devant de la scène. Aux manettes depuis décembre 2015, la présidente (Les Républicains) d’Ile-de-France a tout à coup découvert « 100 bidonvilles dans la région » et estimé sur la chaîne CNews, le 26 septembre, qu’en la matière, « la cote d’alerte [était] clairement dépassée ». Là encore, le sujet n’a pas trouvé de résonance. Comme si les quelque 16 000 personnes recensées en avril dans 571 campements illicites, dont 113 en Ile-de-France, n’intéressaient personne. Même avec leurs 36 % de mineurs.

 Lire le reportage :   Des baraques dans un bois et la peur de l’expulsion pour quotidien

Et pourtant, difficile de ne pas voir ces excroissances urbaines. De l’alignement de cabanes le long des autoroutes qui irriguent l’agglomération parisienne aux installations dans un pré vacant ou au fond d’une forêt, tous ces campements sont des bidonvilles. S’y ajoutent les grands squats installés dans des bâtiments le plus souvent insalubres. Selon le relevé officiel de la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal), la répartition est d’ailleurs quasi équitable entre ces deux types de bidonvilles. Ceux qui vivent dans leur voiture ou sous une tente isolée n’entrent, en revanche, pas dans le comptage.

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Une baraque rom dans les bois à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), le 14 octobre. KAMIL ZIHNIOGLU / SIPA POUR « LE MONDE »

« On vit en France sur le mythe que les bidonvilles ont disparu. C’est faux ! Et sur le sujet, on s’inscrit dans une approche cyclique, pose l’historien Yvan Gastaut, de l’université Nice-Sophia-Antipolis, qui s’est intéressé aux bidonvilles en se penchant sur les différentes vagues migratoires qui ont peuplé la France. D’abord, il faut un élément déclencheur pour que la société civile s’émeuve. Ensuite, le politique s’en saisit et éradique cet habitat précaire, en faisant croire que le problème est définitivement réglé… Exactement de la même manière qu’il a vidé la “jungle” de Calais fin 2016. »

Encore a-t-il fallu aux associations gagner le droit d’appeler ces lieux par leur nom, alors que Nicolas Sarkozy puis Manuel Valls, avaient privilégié le terme « campements illicites », ce qui laissait entendre que seuls des Roms y vivaient.

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« Aujourd’hui les habitants des bidonvilles sont dans leur très grande majorité des ressortissants des pays de l’Est, essentiellement des Roumains et des Bulgares, même si on y croise de plus en plus d’autres populations », explique Olivier Peyroux, l’un des meilleurs connaisseurs en la matière, à la tête de son association Trajectoires.

Mais le sociologue ajoute que le grand campement de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), évacué le 28 septembre, rassemblait des Moldaves et des Ukrainiens ; que celui de la Cité de l’air, à Athis-Mons (Essonne), héberge, lui, des Syriens et des Maghrébins, et que de très rares Français d’origine vivent dans ce type d’habitat organisé. « Parce qu’on ne s’installe pas comme ça dans un bidonville. En général, il y a un droit d’entrée à payer et on y rejoint des membres de sa famille au sens large », ajoute Olivier Peyroux.

« Pour les pouvoirs publics, le bidonville, c’est simplement le royaume des Roms, une façon commode de voir les choses, puisqu’ils y sont très majoritaires, et peu importe que tous ne se reconnaissent pas dans cette catégorie », note Florian Huyghe, de la Fondation Abbé Pierre. « Cet étiquetage, politique », pose quand même un problème puisqu’il « vise à limiter l’empathie et même à faire accepter à l’opinion les destructions d’habitat sans relogement », estime le chargé de mission à l’association.

D’ailleurs, le campement de Calais, un temps agrégé à la très officielle liste des bidonvilles de la Dihal, en a été sorti. Parce qu’il faisait exploser les statistiques ? Parce que ses habitants, massivement des réfugiés, faussaient cette assimilation commode entre Roms et bidonvilles ? Les autres campements de fortune de migrants de la région des Hauts-de-France – Grande-Synthe (Nord) en son temps ou Norrent-Fontes (Pas-de-Calais) –, eux, n’y ont jamais figuré.

« Un lieu de désintégration »

Une prévention étrange puisque au fil du XXe siècle, le bidonville a toujours abrité les derniers arrivés. Thomas Aguilera et Tommaso Vitale, tous deux chercheurs en sciences politiques, font d’ailleurs remonter ces premières constructions de fortune aux années 1930, lorsque l’Etat faisait appel à une main-d’œuvre espagnole, portugaise et italienne, sans politique du logement. Aux lendemains de la seconde guerre mondiale, les Algériens s’y installent à leur tour ; si bien qu’à l’aube des années 1960, 10 % des immigrés, soit 45 000 personnes, y trouvent refuge. Il y a alors 14 000 Algériens rien qu’à Nanterre (Hauts-de-Seine), 15 000 Portugais à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne)…

La différence avec aujourd’hui, c’est que « dans les années 1960, le bidonville est un espace de transition. Aujourd’hui, c’est un lieu de désintégration », déplore Thibaut Besozzi, chercheur à l’université de Lorraine. C’est devenu une sorte de no man’s land que les instances étatiques font tout pour passer sous silence.

Sollicités par nos soins, d’ailleurs, ni la Dihal, ni le ministère de la cohésion des territoires, ni même la préfecture d’Ile-de-France n’ont donné suite, comme si leur politique de démantèlement massif n’était pas vraiment assumée. Evacuation, éparpillement, reconstruction… Un cycle infernal est effectivement à l’œuvre, face à ces ressortissants communautaires, qui doivent justifier d’un moyen de subsistance s’ils veulent rester en France au-delà de trois mois.

On déplace la misère sans la traiter

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Une baraque rom dans les bois à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), le 14 octobre. KAMIL ZIHNIOGLU / SIPA POUR « LE MONDE »

La circulaire interministérielle du 26 août 2012, qui préconise une évaluation des situations des familles avant une évacuation, « n’est plus à l’ordre du jour », déplore Manon Fillonneau. Et lorsqu’elle faisait encore un peu foi, son application « variait en fonction des rapports de force locaux », rapporte la mission d’évaluation du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, de novembre 2016. Autant dire que si personne ne plaidait le dossier, les cabanes étaient broyées et les habitants non relogés.

En revanche, même si un œil sagace veillait, les familles les moins éloignées de l’intégration pouvaient escompter une prise en charge pour les aider à sortir de la précarité ; ce que le rapport qualifie d’application « hétérogène et sélective, en définissant implicitement un public cible ».

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Il serait injuste de dire que rien n’a été fait : depuis 2013, 5 000 personnes issues de l’habitat précaire ont été logées, soit un peu plus de 1 000 par an. Cela reste très insuffisant : en moyenne, on vit près de sept ans dans un bidonville en France, avant d’obtenir un toit. « On devrait se demander pourquoi, avec une évacuation tous les trois jours en moyenne depuis quelques années dans ce pays, et une par jour en ce moment, on a toujours le même nombre d’habitants en bidonvilles », interroge Manon Fillonneau, pour laquelle c’est bien la preuve qu’on déplace la misère sans la traiter.

Enfants sans école

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Une baraque rom dans les bois à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), le 14 octobre. KAMIL ZIHNIOGLU / SIPA POUR « LE MONDE »

D’ailleurs, les statistiques de la Dihal confessent en creux cette chasse à l’homme quand elles rappellent que 44 % des bidonvilles ont moins d’un an et qu’en dépit d’une constance du nombre d’habitants global (autour de 6 000) dans les camps d’Ile-de-France, la répartition départementale, elle, évolue beaucoup.

Cette politique a forcément un coût caché, en plus des 320 000 euros moyens d’un démantèlement (selon les données compilées par Olivier Peyroux), puisque « à chaque évacuation les familles se précarisent un peu plus, perdent confiance dans les institutions, se cachent un peu plus loin. Les travailleurs sociaux qui les suivaient les perdent, et le travail devra repartir de zéro avec d’autres, là où ils reconstruiront », déplore Florian Huyghe.

Difficile sans doute d’assumer qu’en France des zones laissent la moitié des enfants sans école… Or, « 49 % des enfants ne sont effectivement pas scolarisés dans les bidonvilles et 30 % ne l’ont jamais été, ni en France ni en Roumanie », rappelle Olivier Peyroux à partir de son recensement mené sur 899 personnes – soit 5 % de tous les Roms de France – dont 462 enfants.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a, pour sa part, mis en avant le sujet dans son rapport annuel 2016 présenté en février ; mais cela n’empêche pas des maires de trouver des stratagèmes destinés à empêcher des enfants de se rendre en classe ; des chauffeurs de bus d’interdire la montée, même avec titres de transport… Dans la France de 2017.

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Dans ces bicoques de la forêt entre Noisiel et Noisy-le-Grand, des pères, des mères, des enfants se battent depuis l’été pour survivre, avec au-dessus de leur tête l’épée de Damoclès de l’expulsion.

KAMIL ZIHNIOGLU / SIPA POUR « LE MONDE »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/10/19/la-france-compte-plus-de-500-bidonvilles_5203014_3224.html#VjJi3chySITUlguC.99

Le mémorial du camp de Saliers à ARLES profané 20 septembre 2017

 

Une croix gammée a été peinte sur la stèle du mémorial du camp tzigane de Saliers, un camp de concentration longtemps oublié en Camargue, près d’Arles (Bouches-du-Rhône).  Les associations
du Mémorial des Nomades de France ont annoncé avoir porté plainte contre les auteurs de la récente profanation du mémorial de ce camp et contre le maire d’Arles pour non-dénonciation de ces faits.

Pièces jointes

Qui sont vraiment les Roms de France ? 20 septembre 2017

On estime entre 15 000 et 20 000 le nombre de Roms en France. Venus majoritairement de Roumanie et de Bulgarie, ce sont des Européens à part entière. Ils font pourtant l’objet d’une logique politique d’exclusion et de préjugés tenaces. Des chercheurs démêlent le vrai du faux dans cet article initialement paru dans le numéro 2 de la revue Carnets de science.

https://lejournal.cnrs.fr/articles/qui-sont-vraiment-les-roms-de-france

Expulsion de 200 personnes à bougainville. 9 juillet 2017

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 COMMUNIQUE

 

Ce jeudi 6 juillet 2017, environ 200 personnes, dont la moitié d’enfants, seront remises à la rue après avoir trouvé refuge pendant 1 an et demi dans un bâtiment de la ville de Marseille. Aucune solution de relogement n’aura lieu. Les forces de police travailleront à empêcher toute réinstallation, plongeant les familles dans une situation d’errance contrainte et d’insécurité extrême.

A Marseille, 12 000 personnes vivent à la rue alors que de nombreux bâtiments publics restent inutilisés et 74 000 logements inoccupés.

 

Depuis février 2016 des familles ont trouvé refuge, suite aux expulsions de leurs précédents lieux de vie, dans un site inutilisé appartenant à la ville de Marseille. A moyen terme, ce site serait destiné à accueillir le transfert de l’Unité d’Hébergement d’Urgence. Ce site entrait donc avant l’heure dans ses nouvelles fonctions en offrant un toit à des familles à la rue.

 

Au fil des expulsions sur le territoire marseillais, le nombre de personnes habitant le site a grossi, pour atteindre jusqu’à 250 personnes. Extrême précarité, absence d’intervention des pouvoirs publics, accès aux services de première nécessité très réduits (eau, assainissement, électricité), intérêts économiques de certains habitants et d’entreprises locales profitant de l’opportunité ; le site s’est progressivement empli d’un amoncellement de déchets ménagers et transformé en décharge sauvage.

Les familles et habitants n’ont bénéficié d’aucun accompagnement vers le logement et l’insertion par les pouvoirs publics.

 

Ce jeudi 6 juillet 2017, la police viendra faire appliquer l’ordonnance de quitter les lieux. Ce sera de nouveau une errance sur le territoire marseillais en recherche de nouveaux lieux où s’abriter. La police veillera à empêcher toute nouvelle installation. Ces personnes seront pour la plupart expulsées à peine leurs maigres bagages posés et baladées de friches en trottoirs. De nouveau, les parcours de santé, de scolarité, d’insertion, d’emploi seront rompus.

 

Les associations et les collectifs demandent aux pouvoirs publics de respecter le droit inconditionnel à l’hébergement des personnes prévu par le CASF qui stipule qu’ « II appartient aux autorités de l’Etat de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale. ».

 

Les associations et les collectifs demandent au Préfet Délégué pour l’Egalité des Chances et au Maire de Marseille, dans le cadre de leurs prérogatives et en attente de solutions pérennes, d’apporter des réponses transitoires telles que la réquisition des bâtiments publics inutilisés (ordonnance de 1945), ou encore la stabilisation temporaire de certains lieux de vie.

 

Les associations et les collectifs demandent que soient garantis la dignité et les droits fondamentaux des personnes.

 

Les associations et les collectifs appellent à un rassemblement, jeudi 6 juillet 2017 à 8h00, devant le lieu de vie, au 31 Boulevard Magallon 13015 Marseille (derrière le métro Bougainville).

 

 

Signataires :

Médecins du Monde, Fondation Abbé Pierre, JUST, CIMADE, ATD Quart Monde PACA, CCFD-TS, Pastorale des Migrants, LDH Marseille, Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-Papiers (CADDRIS), Collectif départemental Roms (Aubagne, Aix, Marignane, Gardanne), SAF (Syndicat des Avocats de France), Collectif des Délinquants Solidaires

 

 

 

Contacts Presse :

Laurie Bertrand

Coordinatrice technique Mission Bidonville Médecins du Monde

06 16 45 96 49

Mission.bidonville.marseille@medecinsdumonde.net

Pièces jointes

Un important avis de la CNCDH 24 avril 2017

Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (Extraits)
Situation des « gens du voyage » et des roms migrants

Les questions relatives aux « gens du voyage

CNCDH gens du voyage

 

30/03/17 – Rapporteur national indépendant sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, la CNCDH rend chaque année un rapport dans lequel elle dresse un état de lieux du racisme sous toutes ses formes et des moyens de lutte mis en œuvre par les Institutions de la République et la société civile.

Pièces jointes

CNCDH gens du voyage Télécharger

“A bras ouverts”, esprit fermé – une œuvre inacceptable !!!! 6 avril 2017

Un film qui entraîne de nécessaires  réactions: A LIRE

Communiqué de la CNCDH Romeurope

Paris, le 5 avril 2017

Comme beaucoup de spectateurs, nous sommes atterrés par l’image des personnes dites Roms que renvoie le film A bras ouverts. Empilement de clichés racistes et de préjugés stigmatisants, ce film est un miroir du traitement particulier dont les Roms sont l’objet en France.

Certes le film se veut une comédie et une caricature, mais son auteur ainsi que son acteur principal auront beau se réfugier derrière leur ambition de moquer les « bobos de la gauche caviar », il n’en demeure pas moins qu’il entretient les pires stéréotypes qui alimentent très concrètement le traitement indigne dont sont victimes les personnes Roms.

Le 30 mars dernier, la Commission nationale Consultative des droits de l’Homme (CNCDH) a publié un rapport annuel sur le racisme confirmant que les Roms restent en tête du box-office des personnes les plus rejetées en France. Concrètement, ce sont des refus aux guichets pour ouvrir des droits, des jets de cocktails molotov dans des bidonvilles de personnes identifiées comme Roms, des morts suite à des incendies de leur habitat précaire, des expulsions à répétition sans solution de relogement, des propos haineux envers les Roms

Nous aimerions bien pouvoir rire, mais la situation ne s’y prête absolument pas. Les personnes Roms avec lesquelles les membres du CNDH Romeurope luttent au quotidien vivent en France dans une situation d’extrême précarité, en bidonville, en squats ou à la rue. La mise au ban de la société de ces migrants précaires d’Europe de l’Est est entretenue par des politiques publiques basées sur la destruction à haute fréquence des bidonvilles où ces personnes s’installent. Ces politiques contribuent à l’ancrage dans une misère de plus en plus profonde d’enfants, de femmes et d’hommes qui sont présents en France pour certains depuis de nombreuses années.  Il est toutefois important de rappeler que nombre de Roms en France ne vivent ni dans la pauvreté, ni dans des bidonvilles. « Les Roms » sont pourtant systématiquement associés dans le débat public à un groupe homogène formé de personnes incapables de sortir de la précarité.

Le CNDH Romeurope considère qu’il est urgent de changer de regard, de réaffirmer l’égalité et la fraternité entre tous, ce que ce film ne permet pas.

Spartacus Ursu, membre de l’association la Voix des Roms, réagit à la sortie du film de Philippe de Chauveron.

Né il y a 19 ans en Roumanie, Spartacus Ursu s’est installé en France à 7 ans. Il a vécu dans des bidonvilles jusqu’à ses 13 ans, avant d’être accueilli avec sa famille dans un squat, puis chez un couple. Son histoire a fait l’objet d’un documentaire, «Spartacus et Cassandra», sorti en 2012.

 

Membre de l’association la Voix des Roms, le jeune homme a vu «A bras ouverts». «Le film empile les clichés. Beaucoup de ce qu’il montre est faux : ni poules ni cochons dans les campements, on ne mange ni hérissons ni taupes. Le film rit de situations que les Roms subissent. Si les enfants ne vont pas à l’école, c’est parce que les campements sont régulièrement évacués. Et la violence est liée à la pauvreté.»

 

VIDEO. La critique cinglante du film « A bras ouverts » par un jeune Rom

 

«C’est aussi ce qui explique que certains Roms vivent de la mendicité. J’ai fait la manche de 7 à 17 ans et j’en avais honte, mais il fallait bien manger […] On peut rire de tout, à condition de savoir de quoi on parle. Nous sommes déjà rejetés par la société. Il ne manquait plus pour nous détruire qu’un film qui nous présente comme des sauvages.»

Le Parisien

 

«À bras ouverts» n’est pas seulement un mauvais film, c’est une œuvre inacceptable

Hendy Bicaise — 26.03.2017 – 16 h 22, mis à jour le 27.03.2017 à 9 h 30

Dans les salles le 5 avril prochain, la nouvelle comédie de Philippe De Chauveron avec Christian Clavier reproduira-t-elle le succès de leur précédente collaboration («Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?», 12 millions d’entrées en 2012). S’appuyant sur une représentation abjecte de la communauté Rom, on ne pourrait que le déplorer. Sous ses atours de comédie populaire et enjouée, le film est un objet dangereux qu’il convient de combattre.

 

La famille Rom d’À bras ouverts.

AVERTISSEMENT: Cet article spoile une grande partie du film À bras ouverts, mais un tel développement nous est paru nécessaire pour mieux juger des ressorts nauséabonds du film.

C’était le 6 mars dernier, lors d’une avant-première publique du film à Lille, le scénariste et réalisateur Philippe De Chauveron s’adresse aux spectateurs avant qu’ils ne découvrent À bras ouverts. On lui demande ce que cela fait de le présenter enfin quand il a tant fait parler en amont sur internet.
Sans doute la question porte-t-elle sur un «bon buzz» plutôt qu’un «mauvais buzz», reste que De Chauveron se défend: «Je ne fais pas attention aux polémiques», avant d’ajouter quelque chose qu’il n’aurait sans doute pas pensé préciser en préambule de la projection: «Nous avons essayé de rendre les Roms sympathiques». «Essayé» seulement? Et de les «rendre» sympathiques, vous dîtes? Autrement dit, en réalité, ils ne le seraient pas vraiment? Allez, on taquine… Cessons le procès d’intention, le film parlera de lui-même, se dit-on. Verdict quatre-vingt dix minutes plus tard: À bras ouverts ne rattrape pas ces propos maladroits, il fait même pire, infiniment pire.

Aïe? Ouais, ouais…

 

Pourtant, ça commence en douceur: la première attaque n’est même pas formulée à l’encontre d’un groupe ethnique ou d’une catégorie sociale, elle se porte sur les aficionados de l’art contemporain. Une cible facile et privilégiée de longue date par la comédie française, même dans ses productions les plus nobles. En 1995, Les trois frères aident ainsi à populariser et ridiculiser à la fois Braque et Vaserely (Les Inconnus remportent le César du meilleur premier film).
En 2011, Intouchables réduit un tableau abstrait à l’erreur d’un artiste qui a juste pissé le sang sur la toile (le film totalise 9 nominations aux César). C’est toujours la même rengaine avec l’art contemporain: «Attends, je peux le faire ça, moi aussi», «Le gars, il a pas fait exprès…», etc.. Ici, la première réplique voit ainsi Daphné Fougerole (Elsa Zylberstein) présenter sa dernière œuvre à son mari Jean-Etienne (Christian Clavier), précisant s’être inspiré de l’exposition Monumenta… d’Ai Weiwei.

Or, l’artiste chinois n’a jamais participé à l’événement du Grand Palais. Ça a l’air d’un détail mais ce n’en est pas un, c’est la preuve tangible d’un mépris pour ce milieu artistique, pour ceux qui l’alimentent et ceux qui l’affectionnent. Alors, peut-être De Chauveron se moque-t-il de la méconnaissance de Daphné? Il serait généreux de donner un tel crédit à un film qui s’amusera plus tard à comparer une œuvre conceptuelle à un empilement hasardeux de poubelles.

Passer notre Rom à la machine

En l’occurrence, celui qui s’autorise cette comparaison, le faisant sans penser à mal, c’est Babik, le «chef» d’une famille Rom que les Fougerole hébergent dans leur jardin. À bras ouverts débute par un débat télévisé durant lequel, acculé par son interlocuteur d’extrême droite, l’intellectuel de gauche Fougerole cherche à joindre l’acte à ses belles paroles et annonce que sa maison est désormais ouverte pour toute famille Rom dans le besoin. Avant de revenir plus bas sur la caricature du «gauchiste», il faut s’attarder, longuement, sur la représentation de cette famille, car c’est de ce point de vue que À bras ouverts va rapidement devenir irrécupérable.

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Le blackwashing n’existe pas

Première raison de faire la moue: le choix d’Ary Abittan pour incarner un Rom, l’acteur lui-même ne l’étant pas. Le type de «washing» dont il s’agit reste à définir, mais c’est forcément une maladresse. Seulement, on re-tique derechef quand on découvre que le majordome des Fougerole, l’indien Ravi, est joué en réalité par un certain Armen Georgian. Là, white washing il y a, mais ce à quoi on ne s’attendait pas, c’était de découvrir que le comédien est plus régulièrement connu en tant que «journaliste diplomatique» sur France 24. Un choix curieux, pas seulement parce qu’il ne se hisse pas au niveau de drôlerie de Peter Sellers dans La Party, prestation aussi ayant pour elle d’avoir bientôt un demi-siècle, mais parce que l’on aurait supposé que cette personne que l’on a notamment pu voir s’exprimer sur sa chaîne à propos du génocide arménien aurait eu des scrupules à tourner dans un film qui humilie ouvertement le peuple Rom (eux-mêmes originaires du nord de l’Inde à l’origine, d’ailleurs).

Car le problème est bien là: on pourra parler de caricature, de satire ou de second degré pour légitimer le traitement infligé aux personnages roms, mais les dégâts causés n’en sont pas moins considérables, et ce pour au moins trois raisons:

1/ renforcer l’image déjà négative d’une communauté dans l’esprit des gens n’est jamais souhaitable, même sous l’égide de la comédie…

2/ …probablement moins que jamais quand le distributeur cale la sortie du film à trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle…

3/ …et peut-être moins encore dans le cas de la communauté rom que d’autres puisqu’elle est déjà largement stigmatisée et jugée indésirable dans de nombreux pays de l’Union européenne.

Les dix dénigrements

 

Alors maintenant, prenons le temps nécessaire pour répertorier autant que la mémoire du spectateur le permet l’ensemble des attaques perpétrées à l’encontre de la communauté rom dans le film. La comédie a bon dos, vous n’allez pas être déçus du voyage.

  • 1/ La famille de Babik est laide et sale. Apparences physiques, vêtements, dentition… Ils sont manifestement censés provoquer le rejet. Le pompon revenant au cousin Crouch, mentalement déficient, au visage disgracieux et… qui assomme des hérissons et les dévore crus. Ce serait déjà grossier mais pas encore choquant si De Chauveron ne souhaitait pas ensuite imaginer que l’ensemble de la famille se régale quotidiennement avec les trouvailles de Crouch!
  • 2/ Famille qui, d’ailleurs, contrairement aux Fougerole n’a pas même de patronyme… À quoi bon, n’est-ce pas?
  • 3/ Toujours concernant le physique, Daphné et une amie commentent celui d’Erwan, l’un des membres de la famille de Babik, alors qu’il passe la tondeuse dans la jardin. Elles s’étonnent: «Le Rom est plus trapu et velu normalement, non?» Malgré l’inélégance et la xénophobie intrinsèque à la réflexion, il y avait ici moyen de tordre le coup aux clichés. Or, Erwan étant en réalité un caucasien français intégré incognito aux roms hébergés par les Fougerole, étant plus grand et plus athlétique que les Roms autour de lui, ceci atteste de l’affirmation première de Daphné sur leur physionomie peu avantageuse.
  • 4/ Un «running gag» consiste aussi à se moquer de la façon dont les Roms s’expriment pour demander de l’argent dans la rue: «Sivouplééé!». C’est vrai après tout, c’est tordant la mendicité… L’expression donnait même son titre au projet il y a quelques mois, heureusement changé depuis.
  • 5/ On les voit mendier, mais aussi voler et manipuler les quidams (le fameux coup du faux handicap que le réalisateur reconduit sans vergogne), ou encore faire preuve d’une grande intelligence quand Babik utilise le roman de Fougerole comme papier toilette (et non, ce n’est pas un acte politique).
  • 6/ Ce chef de famille gagne malgré tout notre sympathie pendant les deux-tiers du film, puis De Chauveron prendra les quelques décisions nécessaires vers la fin pour le rendre détestable: Babik devient plus violent, il impose aux femmes de se taire quand les hommes parlent, et va même chercher à vérifier l’hymen de sa fille pour savoir si elle a oui ou non perdu sa virginité avec Lionel, le fils Fougerole.
  • 7/ Aux yeux de spectateurs déjà échaudés, ce mode de pensée jugé archaïque s’exprimera aussi par la demande de Babik que Lionel devienne lui-même rom s’il veut épouser sa fille Lulughia; soit le cauchemar de bien des Français que d’imaginer que les minorités refusent l’intégration au point de leur demander à eux de se conformer à leur mode de vie et/ou leur religion.
  • 8/ Vers la fin du film, lorsque l’on croise d’autres personnages que les «Babik», une poignée de Roumains possiblement Roms mais pas forcément, De Chauveron en cadre un obèse ronfleur mal habillé et un autre plus mince et discret mais qui se balade néanmoins dans un TGV avec une poule sous le bras… car il aurait été tout de même dommage d’imaginer que l’un d’eux puisse lire un roman ou porter le costard.
  • 9/ Filtre ainsi petit à petit l’idée que les Roms sont des sous-hommes. Le coup du PQ littéraire et des hérissons au dîner induisent déjà cela, en plus du fait que Ravi le majordome parle péjorativement de «zoo» pour qualifier le jardin des Fougerole depuis leur arrivée. Mais Philippe De Chauveron est capable de pire. Il faut voir ce plan ignoble sur la main de Babik la première fois qu’il sonne chez Fougerole, lente et squelettique comme celle d’un vampire.

– Il est montré comme un vampire… Oui, oui. Ce plan + l’idée qu’il doit être invité chez vous pour mieux vous nuire. #ABrasOuverts pic.twitter.com/da4ud1ntv1

— Hendy Bicaise (@hendicaise) March 16, 2017
De quoi convoquer un pan célèbre de la mythologie de la créature: l’idée qu’elle doive impérativement avoir été invitée par l’hôte pour avoir le droit de passer le pas de sa porte. Et en l’occurrence, Jean-Etienne Fougerole a bien invité les «Babik», il ne pourra dès lors pas se plaindre s’il se fait saigner à blanc.

  • 10/ Viendra ensuite la grande scène finale… Dans la plupart des comédies françaises jouant sur le choc des cultures, l’épilogue se veut une grande fête où les anciens ennemis devenu amis s’amusent ensemble, alors que le générique s’apprête à défiler. Devant tant de malaise et d’abjection, on était prêt à accueillir chaleureusement ce lieu commun naïf et hypocrite du genre. Seulement surprise, si fête il y a, en l’occurrence le mariage de Lionel et de Lulughia en Roumanie, le sourire vire à la grimace pour Fougerole qui réalise que la famille de Babik va rester dans sa vie pour toujours…

Le Rom, ennemi commun

 

Face à À bras ouverts, on en viendrait presque à regretter Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?, le précédent De Chauveron, qui reposait sur un comique de vannes, rebonds d’une communauté à l’autre, toutefois nuisible dans sa façon de marteler et entériner les stéréotypes. Son excuse pouvait être de taper équitablement sur tout le monde façon South Park (qui est passé à autre chose depuis une quinzaine d’années), mais une hiérarchie existait en réalité: quand l’un des gendres du personnage incarné par Christina Clavier imagine pour plaisanter que s’il avait eu une cinquième fille, elle aurait épouser un Rom… tout le monde se marre.
De même que Rien à déclarer (Dany Boon, 2010) permettait aux Belges et Français de dépasser leurs discordes en trouvant un nouvel ennemi commun, le Chinois. Ici, c’est le Rom qui permet de trouver un terrain d’entente, dans la haine de l’autre donc. Le gag de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu? est devenu un film entier, avec un ennemi unique désigné, dont on pourra cette fois «rire de» plutôt que «rire avec» puisqu’il est probable qu’une majorité de roms vivant en France ne dépensent pas leur argent pour se faire humilier sur grand écran ce printemps.

L’idée n’est donc pas d’aller draguer les spectateurs de la communauté vivant en France, comme ce fut le cas de celle portugaise avec La Cage dorée (Ruben Alves, 2013), ou de se réjouir qu’ils se rendent dans les salles même si ce n’était pas calculé (on pense en particulier aux Hmongs, petit boost surprise de Gran Torino de Clint Eastwood en 2008).
Dans le cas de À bras ouverts, la moquerie semble donc se faire dans le dos des roms. Le portrait est de surcroit tellement rabaissant qu’il invite même à la comparaison entre le film et Les visiteurs. Seulement, tant que le voyage dans le temps n’existera pas et ne fera pas de nos ancêtres nos contemporains, on pourra se permettre de se moquer d’eux…

@hendicaise on dirait Les Visiteurs (Avec des Roms à la place des Moyennageux)

— Victor Saint Macary (@victorsaintmac) March 17, 2017

«On est chez nous!»

Alors que, dans le cas présent des Roms, franchir une frontière non pas temporelle mais spatiale pour mieux humilier ses voisins, faire fi des persécutions qu’ils subissent, se désintéresser complètement de leurs us et coutumes (ah si pardon, j’oubliais le civet de hérissons…) et se concentrer uniquement sur les clichés les plus odieux, ça, c’est inacceptable. Et le plus révoltant, c’est ce que l’on ne parviendra pas même à dire avec assurance que «l’enfer est pavé de bonnes intentions» à l’endroit de Philippe De Chauveron.

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En 2016, la comédie française a encore rimé avec malaise

La question doit néanmoins se poser, comme toujours. Prenons l’exemple de Just the wind (Benedek Fliegauf, 2012), film autrement moins léger que À bras ouverts, revenant sur le meurtre d’une famille entière de roms en Hongrie en 2009. Un carton au début du film dénonce l’injustice, et sert dès lors de parade pour le réalisateur, puisque sur le papier ses intentions sont dès lors officiellement bonnes. Or, par sa mise en scène, Fliegauf montre par la suite les personnages comme vils, répugnants, fainéants voire responsables de leurs supplice (c’est l’un d’entre eux qui provoque gratuitement la seule bagarre du film), et ne les filmera dignement que dans la mort.
Et bien chez Philippe De Chauveron, c’est la même chose, ce sont finalement des décisions esthétiques et narratives qui expriment ce que la seule comédie ne pensait pas dire. C’est là que se pose la traditionnelle question de la distinction entre le discours des personnages et celui du film. Lorsque Daphné hurle «On est chez nous!», il est possible que De Chauveron se moque seulement des relents estampillés FN de quelqu’un se réclamant de gauche. Il va pourtant apposer son propre discours sur celui des personnages.

Le réalisateur met en place une sorte de système faisant que les dires de ses personnages de gauche faussement progressistes se révèlent presque systématiquement contredits par l’image. Un exemple: Fougerole cherche à convaincre le maire de sa ville que les Roms sont victimes de clichés infamants, cut, plan suivant, la mère bien portante de Babik tient en laisse un énorme cochon, partant en promenade. Second exemple: Fougerole est sur son lit devant la télévision et insulte bassement l’élu d’extrême droite à l’écran, ceci déclenche automatiquement l’arrivée des «Babik» à l’intérieur de sa maison, souhaitant utiliser ses toilettes, sous-entendu et gag attendu: le début des emmerdes.

Fougerole est en quelques sortes puni, le cut et le champ-contrechamp font le travail: à peine a-t-il reproché à demi-mot le racisme de son ennemi politique que le film lui donne tort, c’est bien le politique d’extrême droite qui a raison, celui qui sait mieux que Fougerole que les Roms, ces vampires, ne risquent pas de s’arrêter au seuil du foyer. On n’est plus chez nous…

À droite toute!

Le plus gênant dans À bras ouverts, c’est bien cela, c’est qu’il donne systématiquement raison au personnage d’extrême droite. L’élu s’appelle Barzach, ce qui sonne un peu comme Forbach, fief de Florent Philippot, mais peut-être n’est-ce qu’un hasard. Il faut aussi dire qu’il est jeune, et qu’il est homosexuel, mais là encore, possible qu’il ne s’agisse que d’une coïncidence de caractérisation plutôt qu’une inspiration. Que ce soit le cas ou non, il y a là une volonté de rajeunir et de revaloriser l’image historiquement étriquée de l’extrême droite française, a contrario de la gauche incarnée par Fougerole, profondément ridiculisée. L’homme est plus vieux, moins séduisant, libidineux et maladroit, et plus que tout, c’est un menteur.

Et cela, Philippe De Chauveron ne l’indique non pas uniquement au détour de cuts assassins mais de façon plus diffuse. On le comprend quand Barzach nous dit que Fougerole accueille avec une feinte générosité les «Babik» pour mieux «vendre sa soupe», et que cela s’avère, puisqu’effectivement l’intellectuel pense aux ventes de son dernier essai en premier lieu. Idem quand Barzach nous dit qu’il est «démago», l’attitude de Fougerole dans le film tendra à le prouver de plus en plus clairement au fil du récit.

Si l’on peut arguer que la pensée politique d’extrême droite est bel et bien différente des autres, plus nocive et nauséabonde, certains spectateurs jugeront acceptable et même bienvenu qu’un parti nationaliste ait voix au chapitre au travers d’un film, «pour une fois». Ils peuvent le penser, mais on peut aussi estimer qu’il en va de la responsabilité des producteurs et distributeurs, et surtout avec un «timing» ostensiblement seyant, de ne pas livrer aux spectateurs des comédies aux discours rances et à ce point hostiles aux minorités, faisant le lit de l’extrême droite.

En début d’année, Si j’étais un homme d’Audrey Dana a déjà été accusé de transphobie, depuis quelques semaines Gangsterdam a lui été accusé d’homophobie, de misogynie et de prôner la culture du viol (sortie le 29 mars).

Donc dans le film Gangsterdam, qui sortira à la fin du mois avec son avalanche de promo, il y a beaucoup de scènes vraiment pas terribles.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Mais surtout, il y a une scène particulièrement choquante.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Pour résumer, 4 potes gentils arrivent à coincer et à maîtriser 2 potes méchants. Jusque-là, tout va bien.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Celui-ci suggère, plutôt que de les tuer, des les humilier. Et pas n’importe comment.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Regards en coin, les gentils s’interrogent… Finalement, ils acceptent. Après micro-réflexion collective de 4 secondes.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Et tout le monde en rigole. Les gentils, évidemment, mais aussi les premiers concernés.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Bienvenue dans le monde merveilleux de scénaristes qui ne se rendent même pas compte de ce qu’ils sont en train de faire.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Avec sa représentation proprement inacceptable de la communauté rom, À bras ouverts s’ajoute à ce corpus et invite, plus encore qu’à souhaiter son insuccès, à espérer un éveil moral des décideurs au-delà même des auteurs et connaître au plus tôt une nouvelle mue de la comédie française.

 

Jean Marie LE PEN à nouveau condamné. 24 mars 2017

 

 

La Cour d’appel d’Aix en Provence a de nouveau condamné Jean Marie LE PEN pour les propos qu’il avait tenus à Nice lors d’une conférence de presse.

« Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Roms qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante. Ceci n’est que le petit morceau de l’iceberg », avait notamment déclaré Jean-Marie Le Pen.

Devant la Cour d’Appel il a maintenu ses propos : « Ce sont des termes que je maintiens parce que je les ai pensés », avait expliqué à la barre le père de Marine Le Pen, qui devra payer 2.000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme, partie civile. La Ligue des droits de l’Homme, partie civile en première instance, recevra 1.000 euros.

La cour d’appel d’Aix-en-Provence l’a de nouveau reconnu coupable de provocation à la haine et à la discrimination pour ces propos et condamné a 5.000€   d’amende

 

 

 

Pièces jointes

Roms en Hongrie : une lueur d’espoir 21 février 2017

Le rapport d’Amnesty International  sur la situation des Roms en Hongrie montre que, la discrimination envers cette communauté ne se limite pas à la seule Roumanie

Publié le 26.01.2017.

Amnesty International / David Gaspar

https://www.amnesty.fr/discriminations/actualites/roms-en-hongrie-une-lueur-despoir

Quatre ans après le déferlement de haine contre les communautés roms de Devecser dans l’ouest de la Hongrie, la Cour européenne des droits de l’Homme exhorte le gouvernement à mieux protéger cette minorité.

Le 5 août 2012, les familles roms de la ville de Devecser, dans l’ouest de la Hongrie, ont fait face à un déferlement de haine d’une rare violence. 700 militants d’extrême droite se sont rués sur leurs habitations armés de parpaings. Saisie des faits, la Cour européenne a rendu une décision qui dénonce la passivité de la police et de la justice au moment des faits.

Une victoire pour les familles roms

C’est une décision qui sonne comme une victoire aux yeux des familles roms violemment agressées par des centaines de militants d’extrême droite à Devecser, en Hongrie le 5 août 2012.

A l’heure où le climat xénophobe de la Hongrie fait couler beaucoup d’encre, les attentes étaient fortes de voir officiellement reconnues par la Cour européenne les pratiques anti-tsiganes qui sévissent dans le pays depuis de nombreuses années.

Un signal fort envoyé au gouvernement hongrois

En dépit des plaintes déposées par les familles en 2012 suite à leur agression, l’enquête n’avait rien donné, la motivation haineuse n’avait pas été retenue et les agresseurs courent toujours.

En reconnaissant le comportement passif des forces de police au moment de l’agression et le manque d’empressement de la justice à qualifier les faits de crimes de haine, la Cour européenne envoie un signal fort au gouvernement actuel de Victor Orban, dont le parti, Fidesz, est réputé pour ses positions hostiles aux minorités.

Le Jobbik, 3ème parti au gouvernement ouvertement d’extrême droite, s’est quant à lui, illustré pour ses propos d’une rare violence à l’égard des Roms.

Le calvaire de la minorité rom hongroise

En 2008 et 2009, une série d’attaques anti-tsiganes avaient coûté la vie à six personnes appartenant à la minorité rom. Aujourd’hui, la minorité continue de subir discrimination et rejet dans de nombreux domaines comme l’école et l’emploi.

Dans notre rapport de 2010 « Agressions contre les Roms en Hongrie. Il faut enquêter sur les motivations racistes des agresseurs », nous interpellions le gouvernement hongrois sur l’importance de reconnaître et de traiter les crimes de haine mais également de protéger les populations ciblées par ces crimes.

 

 

 

 

Pièces jointes

Confirmation de la condamnation de Mr Jousse, ex-maire de Roquebrune/Argens 21 février 2017

 

 

Le 12 novembre 2013, le maire de Roquebrune sur Argens déclarait lors d’une réunion publique et suite à un départ de feu sur un terrain occupé par des familles roms : “Je vous rappelle quand même que les gens du voyage, que dis-je, les Roms, m’ont mis neuf fois le feu. Neuf fois des départs de feux éteints par le SDIS dont le dernier, ils se le sont mis eux-mêmes. Vous savez ce qu’ils font : ils piquent des câbles électriques et après ils les brûlent pour récupérer le cuivre et ils se sont mis à eux-mêmes le feu dans leurs propres caravanes. Un gag ! Ce qui est presque dommage, c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours ! Mais je ne l’ai pas dit, je ne l’ai pas dit. Non mais parce que les Roms, c’est un cauchemar, c’est un cauchemar

Le recours contre l’arrêt de la Cour d’Appel d’Aix en Provence du 26/05/2015, condamnant le Maire pour délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence pour leur appartenance à une ethnie, une race, une religion, vient d’être rejeté.

 

Cour de cassation provocation discrimination (1)

Pièces jointes

Cour de cassation provocation discrimination (1) Télécharger