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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Scolarisation/Santé/Travail

Encore des maires qui ne respectent pas la loi 21 février 2017

En octobre 2016, nous rendions compte de l’inauguration  d’une nouvelle aire d’accueil  au lieu dit la Malle sur la commune de Cabriès  dans les Bouches-du-Rhône. Réalisée par la communauté du Pays d’Aix (CPA) il avait été convenu que les enfants séjournant sur cette aire pourraient s’inscrire dans les écoles les plus proches de Cabriès ou Simiane. Il y a une quinzaine de jours, les familles séjournant sur l’aire et le responsable du CASNAV, nous signalaient que les deux maires refusaient l’inscription des enfants. Ils prétextaient que les maires qu’ils ont remplacés n’avaient donné qu’un accord verbal qu’ils ne veulent pas assumer .

Contre la décision des maires, sur l’intervention directe de l’inspecteur d’académie et conformément à la loi, les enfants ont été cependant accueillis dans les écoles mais ne peuvent bénéficier de la cantine et des services annexes.

Nous avons dénoncé vivement un tel mépris de la loi et demandé au Préfet (lettre jointe) d’intervenir auprès des maires pour que les enfants soient normalement inscrits dans les écoles voisines .préfet scolarisation Bouc Bel AirV2- 07-02-2017

 

 

Dans une commune voisine, à Eguille, le maire, Claude FILIPPI qui, depuis de nombreuses années, se refuse à créer une aire d’accueil prévue par le schéma départemental, s’en prend violemment au Préfet  dans les termes qui suivent :

Depuis plus de trois semaines les gens du voyage sont installés en toute illégalité sur le parking de « Bovéro » sur la zone de la Jalassière à Eguilles. Rentrés sur cette propriété privée par effraction, ils détournent et volent en toute impunité l’électricité, l’eau, ont déjà beaucoup dégradé le site et nuisent à l’attractivité commerciale de la Zone ..
Que fait la justice? Que fait l’état ? RIEN !
Je dénonce ici cette situation inadmissible qui révolte la majorité silencieuse des honnêtes citoyens, artisans ou chefs d’entreprise, qui seraient, s’ils commettaient des infractions similaires, immédiatement interpellés et placés en garde en vue.

 

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préfet scolarisation Bouc Bel AirV2- 07-02-2017 Télécharger

Le Défenseur des droits s’engage sur la durée de séjour 24 janvier 2017

Relevé sur facebook

Florent Rapenne

nous y sommes arrivées et par ce courrier c’est définitif Mon Tony et Ma Lyly pour la petite Gina et pour vous , ce courrier indique le changement du règlement intérieur de l’air d’accueil des gens du voyage du bassin de Pompey vous pourrez stationnées tout le long de l’année scolaire sans limitation de durée . je remercie toutes les personnes du défenseur des droits qui ont été a mon écoute et avec qui j’ai passez des heures au tel , par E-Mail ect….et avoir été aussi a l’écoute d’une famille pour le bien être de leur filles , je remercie aussi Gigi président de l’association des fils et des filles d’internés du camps de salier pour son courrier pour interpellé aussi le maire de cette ville . j’ai mené ce combat qui a durée plus de 2 ans et demi et qui me tenais a coeur pour faire valoir leurs droits. maintenant c’est terminé mes amis 2017 sera une nouvelle année qui commencera sur de bonne condition de scolarisation pour Gina et la défenseure des enfants souhaite a Gina une excellente année scolaire , encore merci .

Florent chargé de relation du C-N-A-C-I
( Collectif National d’Associations des Citoyens Itinérants )

C’est une très importante décision que, grâce à la ténacité d’un militant comme Florent Rapenne, le Défenseur de Droits a prise à l’encontre de la communauté de communes du bassin de Pompey. Il faut maintenant faire en sorte que cette décision s’applique partout en France et que les règlements intérieurs des aires d’accueil soient modifiés pour en tenir compte. Pour notre part, nous nous emploierons sans délai à faire appliquer cette importante décision dans la région.

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Marseille : ces Roms sur le chemin de la réussite 24 janvier 2017

  • vendredi 30 décembre 2016 :Journal La Marseillaise Ecrit par Gérard Lanux
  • Des familles qui n’aspirent qu’à vivre en France dans la dignité, contrairement aux images véhiculées par les apôtres du rejet.

  • Rencontre avec des citoyens d’origine roumaine dans les locaux de l’association Habitat alternatif social. Yves Rousset, préfet à l’Egalité des chances, est venu saluer une action exemplaire pour l’accueil et le soutien aux réfugiés.

Ils sont venus en famille. Les femmes portant leurs plus jeunes enfants dans leurs bras. Répondant à l’invitation de l’association Habitat alternatif social (HAS), qui, depuis 2013, a assisté – et soutient – une cinquantaine de familles de Roms dans leur parcours pour une meilleure intégration au sein de la société française. Un moment émouvant de chaleur humaine, et un rappel, de la part des animateurs de l’association, des efforts consentis de part et d’autre pour démentir les mauvaises prophéties de ceux qui prétendent que ces familles n’ont qu’à s’en retourner dans leur pays d’origine. Ce n’est pas la conviction d’éric Kerimel, directeur de HAS, qui a tenu, en premier lieu, en présence d’Yves Rousset, préfet à l’Egalité des chances, à « féliciter les personnes les plus avancées dans leur parcours d’insertion. Vous êtes des gens agréables et c’est un plaisir de vous réunir ici. » Un préambule pour rappeler que l’association a assisté, dès 2013, trois familles dont les enfants étaient atteints de tuberculose. « Puis, l’année suivante, ce sont dix autres familles issues des bidonvilles, avec des problèmes de santé qui ont été accompagnées par l’association. »

Le difficile cap de l’accès au logement

De fil en aiguille, c’est un nombre croissant de familles qui ont été prises en charge. Notamment dans la recherche de logements, un cap difficile à franchir, déplorait Eric Kerimel. « A Marseille, c’est un vrai handicap. Les propriétaires de logements vacants n’aiment pas trop travailler avec les associations », poursuit-il en s’adressant aux familles rassemblées. « Ce sont malheureusement les plus pauvres à qui l’on propose les logements les plus chers. »

Autre handicap, l’obtention de tous les droits indispensables à la réussite d’une nouvelle vie. Pas forcément du fait de la mauvaise volonté des institutions, comme la Caisse d’allocations familiales, ou la Sécurité sociale, « mais plutôt en raison de la longueur des procédures ».

Mais ce qui tient particulièrement à cœur au directeur de Habitat alternatif social, c’est l’inscription des enfants à l’école. « C’est à vous de prendre cet aspect essentiel en charge. Nous pouvons aider à résoudre les problèmes de santé, à trouver un logement décent, mais ne pouvons rien faire à votre place pour la scolarisation de vos enfants. Car les parents, c’est vous. » Le préfet a tenu également à s’adresser aux familles et les remercier d’être « les acteurs vivants de la réussite de l’insertion  ». A son tour, Yves Rousset les exhortait à porter une attention particulière à l’éducation de leurs enfants.

En trois ans, l’association HAS, grâce à des aides et soutiens divers, a pris en charge une cinquantaine de familles, soit plus de cent personnes. Une goutte d’eau, pourrait-on dire, comparé aux deux mille autres toujours en situation extrême. Mais c’est la qualité de l’intervention qui prime. Elle se lit sur le visage de ces familles, dont l’une de leurs « enfants » travaille aujourd’hui au sein de l’association.

Gérard Lanux

 

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Le droit à l’éducation remis en cause 23 décembre 2016

A travers le monde, beaucoup s’apprêtent à commémorer la naissance d’un enfant qui, un soir d’hiver, a vu le jour en Palestine dans une étable comme nous le rappelle la Bible. Dans cette région du monde des milliers d’enfants meurent sous les bombes et subissent les conséquences d’une haine sauvage. Depuis quelques années, les images d’enfants morts sur les plages de Turquie de Grèce ou, hier, dans les rues d’ALEP, se succèdent et soulèvent de part le monde des vagues d’émotion et parfois de colère et de honte. Notre indispensable “compassion“ ne saurait cependant pas se circonscrire à cette région du monde. Ici en France, parfois à deux pas de chez nous, d’autres enfants naissent et tentent de survivre dans des conditions de non droit indignes d’une société développée.

Les militants associatifs qui tentent chaque jour de venir en aide à ces enfants dans la rue se heurtent trop souvent à l’indifférence et parfois même l’hostilité de nos concitoyens. Les choix politiques des gouvernements successifs qui multiplient les obstacles à toute forme d’installation régulière des familles Roms sont en contradiction avec l’article 28 de la Convention internationale des droits de l’enfant qui stipule « que les Etats parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation et en particulier, en vue d’assurer l’exercice de ce droit progressivement et sur la base de l’égalité des chances : ils rendent l’enseignement en primaire obligatoire et gratuit pour tous. »

 C’est au nom de cette Convention Internationale et d’autres textes aussi contraignants que le Défenseur des Droits, saisi par un collectif de citoyens,vient de condamner la commune d’HELLEMES pour avoir interdit l’accès à l’école des d’enfants de familles ROMS résidant dans la commune Décision DDD_Hellemes_13.12.2016). Une telle décision bienvenue ne peut cependant effacer les conséquences directes sur la scolarités des enfants qui, comme à Marseille, sont poursuivis de bidonvilles en bidonvilles remettant chaque fois en cause le travail des bénévoles et des enseignants pour assurer à chaque enfant une scolarisation indispensable. On estime ainsi que, dans les Bouches du Rhône plus 500 enfants sont ainsi exclus de tout enseignement.

Dans la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur des enfants du voyage sont aussi fréquemment interdits d ‘accès à ’école. Des maires s’opposent à la loi malgré les démarches des parents et les interventions des associations auprès des autorités. A la FARLEDE dans le Var ou encore à GEMENOS dans les Bouches-du-Rhône des enfants n’ont pu être scolarisé et les familles ont dû quitter la commune.

La responsabilité des élus et directement en cause car, soit par négligence ou par volonté manifeste d’exclusion, ils sont en contradiction avec la législation française et européenne, en multiplient les obstacles à la scolarisation des enfants. La récente déclaration d’une candidate présidente qui prétend interdire l’accès à l’éducation des enfants étrangers montre les dangers qui menacent, en France comme dans le monde, les droits des enfants que l’on croyait universellement reconnus.

En cette fin d’année, il convient plus que jamais de soutenir toux ceux qui, par leur savoir-faire, leur connaissance des familles et des besoins des enfants, agissent au quotidien pour que, tout simplement, le droit des enfants soit reconnu et enfin appliqué soit appliqué.

Alain FOUREST

Marseille le 20/12/ 2016

Contact :L’école au présent  Tél. 06 66 06 74 37 

Jane Bouvier lecoleaupresent@gmail.com

 

 

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Décision DDD_Hellemes_13.12.2016 Télécharger

le Rapport annuel de Médecins du Monde 22 octobre 2016

Comme chaque année ce rapport met en lumière la situation  d’un nombre croissant de personnes en France  qui ne peuvent avoir accès au minimum vital en matière d’accès aux soins.  A Marseille depuis déjà dix ans l’équipe de MdM fait, en relation avec Rencontres Tsiganes, un travail quotidien  auprès des  personnes et des familles  dans la détresse qui sont renvoyés  de squat en squat  au mépris des règles de droit.expulsion-rue-de-lyon

 

Introduction du rapport MdM

Face aux réponses essentiellement sécuritaires et répressives du gouvernement et à la veille de fêter 30 ans d’actions de M. de M . en France, nous réaffirmons, à l’occasion de la publication de ce rapport, que la solidarité doit être plus que jamais au cœur de nos politiques publiques et que la France ne doit pas oublier sa tradition de terre d’asile.

 Nous espérons que ce rapport contribuera à une prise de conscience de l’ensemble des acteurs concernés.

 Yannick Le Bihan

Directeur des Opérations France Médecins du Monde

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Enfants des bidonvilles : une rentrée des classes trop souvent impossible 24 septembre 2016

 

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En France, pour de nombreux enfants vivant en bidonvilles, la rentrée des classes est encore trop souvent un parcours à obstacles. Pour les uns c’est une expulsion, à deux semaines de la rentrée, qui brise leur scolarité, pour d’autres ce sont les maires qui refusent de les inscrire dans les écoles de leur commune.

Il convient de rappeler sans cesse que la France a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant, s’engageant ainsi « à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien être » (art. 3) par le droit de vivre avec ses parents (art. 9), le droit à un « niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social » (art.27), le droit à la santé (art.24) et le droit à l’éducation (art28).

 

http://sur.laprovence.com/s/krYW

http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes/bouches-du-rhone/marseille/marseille-pas-de-rentree-scolaire-pour-les-enfants-roms-expulses-1076695.html

http://www.leparisien.fr/saint-ouen-93400/le-maire-de-saint-ouen-refuse-de-scolariser-les-enfants-roms-13-09-2016-6116833.php

http://www.lavoixdunord.fr/40502/article/2016-09-02/des-enfants-roms-prives-de-rentree-scolaire-par-le-maire-de-maubeuge

 

*Une étude sur la scolarisation des jeunes de 12-18 ans vivant en bidonvilles et en squats est finalisée et imprimée ! Elle sera présentée mardi 27 septembre à 11h au siège du SNUipp-FSU, 12 rue Cabanis à Paris, où se déroulera une conférence de presse. Elle sera également accessible en ligne sur le site internet de Romeurope (www.romeurope.org – onglet CDERE).

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La reprise des expulsions estivales ? 20 juin 2016

Si pour beaucoup l’approche de l’été signifie temps de vacances et de repos, pour les familles roms ou désignées comme telles, qui résident dans des squats et bidonvilles, c’est la crainte d’une nouvelle expulsion, d’une nouvelle errance. C’est dans cette angoisse que vivent aujourd’hui 19 familles, au 64 bd de Lyon à Marseille. Expulsées au cours de l’été 2015 de la caserne Masséna*, ces familles avaient trouvé refuge dans une friche industrielle, propriété de l’établissement public foncier PACA. Celui-ci les avait assignées en référé au tribunal d’instance cet hiver. Le juge avait fait droit à la demande d’expulsion. L’EPF demande aujourd’hui le concours de la force publique pour recouvrer son bien. L’Etat « applique la loi » et prévoit une évacuation du site début juillet…

Dans un simulacre d’application de la circulaire interministérielle de 2012, un diagnostic social vient d’être confié en toute hâte à ADOMA et l’AMPIL. Des orientations seront peut être proposées pour un hébergement voire un logement mais on sait d’ores et déjà que ces demandes ne seront pas satisfaites, « faute de places » ! Car le scénario est malheureusement connu : le nom de ces familles figurera sur une liste d’attente qui ne fait que s’allonger au fil des expulsions. On le sait maintenant, pour la mission de résorption des bidonvilles confiée à ADOMA en 2014, l’Etat ne se donne pas les moyens de ses ambitions. Or des solutions existent et nous sommes nombreux, associatifs, militants ou bénévoles à vouloir contribuer à les mettre en oeuvre.

Pour l’heure on cède aux demandes du plus fort : l’Etablissement foncier PACA, pourvoyeur de sites pour Euroméditerranée.

Mais le « 64 rue de Lyon » ce sont 31 adultes, plusieurs d’entre eux en formation professionnelle, en chantier d’insertion, un auto-entrepreneur… , 36 enfants, tous scolarisés pour ceux qui sont en âge de l’être.

Ce sont des familles dont on ne peut qu’admirer la volonté et la ténacité dans les démarches qu’elles entreprennent pour espérer pouvoir vivre, un jour, dignement dans ce pays.

Si vous souhaitez manifester votre solidarité vis à vis de ces familles, vous pouvez écrire au Préfet à l’égalité des chances, Monsieur Yves Rousset –  Préfecture des Bouches du Rhône -Place Félix Baret –  CS 80001 –  13282 Marseille Cedex 06

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Marseille : ces enfants roms privés d’école

Lundi 20/06/2016 à 07H50 Marseille

Les expulsions répétées cassent leur parcours scolaire. C’est pourtant leur seule chance d’insertion en France

Menacés d’une expulsion, les 18 enfants du squat de la rue de Lyon, ici avec Jane Bouvier, perdront-ils leur école à la rentrée ? Photo d.ta.

Ils babillent, joyeux, se coupent la parole pour raconter : leur classe, leurs maîtresses, leurs copains marseillais, le chemin familier répété depuis septembre du grand garage Ford désaffecté de la rue de Lyon (15e) jusqu’à l’école Arenc-Bachas, près du terminus du métro. Roms, ils ont grandi à Marseille, y sont nés souvent, et n’en avaient connu jusque-là que les trottoirs, la manche, au feu rouge avec la mère, la ferraille avec le père.

Alors cette école, ce chemin, pour les 18 gamins du squat de la rue de Lyon, sont une fierté. « Ce qui est exceptionnel, se réjouit Jane Bouvier, fondatrice de l’association L’École au présent, c’est que sur ce campement, 100 % des enfants sont scolarisés. » Cette Anglaise menue de 42 ans, psychologue clinicienne de formation, s’est attelée depuis 2012 à scolariser les enfants de Roms de Marseille. Seule, d’abord, puis épaulée par un réseau dense de solidarités : travailleurs sociaux, enseignants, soignants, policiers de la Brigade des mineurs ou… cheminots. La justesse du combat de Jane Bouvier, sa fine connaissance des familles, acquise en autodidacte, suscite leur adhésion : « Pour ces enfants, la seule façon de se bâtir un autre destin que celui de la rue, c’est l’école », répète-t-elle inlassablement. Or, à chaque nouvelle expulsion, « tout le travail en direction des familles est rompu, les personnes éparpillées, alors que scolariser leurs petits est pour elles un désir très fort », enrage-t-elle.

Un droit, pourtant, pour tout enfant, français ou étranger, âgé de 6 à 16 ans

En France, si moins de la moitié des enfants des bidonvilles vont à l’école, c’est aussi en raison de ces expulsions répétées et coûteuses (l’État et les collectivités y consacrent de 30 à 40 millions d’euros par an). Après celles-ci, et malgré l’obligation rappelée aux préfectures, à peine 2 % des familles sont relogées, estiment les ONG. 98 % des familles quittent donc un abri précaire pour le seul trottoir. Une réalité liée à l’explosion de la demande d’hébergement d’urgence, via le 115, et à la pénurie de lits. Ainsi, actuellement, 80 de ces SOS restent chaque soir sans solution à Marseille. « En 2015, une femme rom a ainsi accouché dans la rue », rapporte ainsi, accablée, une source proche de la préfecture.

Dramatique pour les adultes, cette situation l’est encore davantage pour les enfants qui, en perdant leur toit de fortune, se voient aussi privés de leur seul accès à l’intégration : l’éducation. Un droit, pourtant, pour tout enfant, français ou étranger, âgé de 6 à 16 ans, résidant sur le territoire national. En 2013, Georges-Pau Langevin, ministre déléguée à la Réussite éducative, s’en émouvait : « L’école pour tous n’est pas un credo démagogique, mais une expression du principe d’égalité sur lequel repose notre démocratie », rappelait-elle fermement.

À Marseille, le travail mené par « Madame Jane », désormais soutenu par la Fondation Abbé Pierre, renverse peu à peu les statistiques : grâce à lui, plus de 200 enfants Roms sont scolarisés. « Et pour la plupart, cela se passe bien », assure Jane Bouvier. Son dernier tour de force ? Avoir convaincu près de 300 hauts fonctionnaires européens, à Bruxelles, de « parrainer les enfants des bidonvilles de Marseille », en s’acquittant des 11 € de leur assurance scolaire obligatoire…

Retour dans le garage de la rue de Lyon, où la crainte de l’expulsion se précise. Soneta, qui, a 29 ans, ne sait ni lire, ni écrire, rêve d’une « autre vie » pour ses enfants. « Qu’ils aient la chance que moi je n’ai pas eue », dit-elle. Directrice de l’Établissement public foncier Paca, propriétaire du site, Claude Bertolino confirme que l’expulsion interviendra en juillet – le site « dangereux » étant voué à la démolition. « Cela leur laissera l’été pour trouver une autre solution, juge-t-elle. Ils auront au moins eu une année d’école ! » À ces mots, Caroline Godard, de l’association Rencontres tsiganes, s’étrangle : « On remet des enfants à la rue, dans l’indifférence générale. C’est intolérable. »

Yves Rousset, préfet à l’égalité des chances : « Nous n’avons pas de baguette magique »

Nommé il y a un an à Marseille, Yves Rousset est le préfet à l’Égalité des chances.

Comment évolue la population rom à Marseille et comment travaillez-vous auprès d’elle ?

C’est un nombre qui est à peu près stable (environ 1 500 personnes, Ndlr). Nous avons des partenaires (Ampil, Adoma, HAS, etc.) qui font auprès d’elles un excellent travail : nous identifions les familles qui ont une véritable envie d’insertion, qui est attestée par la scolarisation des enfants, l’inscription d’un parent dans des parcours de recherche d’emploi. À celles-ci, nous tentons de trouver un logement : HAS, je le sais, travaille actuellement à cela pour une vingtaine de familles. Nous savons que lorsque les Roms entrent en situation d’emploi, leurs employeurs en sont parfaitement satisfaits. Et les enfants s’intègrent aussi à leur école.

Les expulsions cependant n’ont jamais cessé et conduisent à une rupture dans ces parcours d’insertion…

Avant toute expulsion, nous engageons un diagnostic social, avec des travailleurs sociaux, qui vont permettre de rechercher des solutions de relogement.

Mais quand la solution consiste à un maximum de six nuits d’hôtel, on sait que les enfants finiront à la rue.

Je suis d’accord avec vous. Ce n’est pas acceptable. L’avenir des familles roms en France passe évidemment par l’insertion de leurs enfants, grâce à l’école. Mais nous faisons avec nos moyens, qui sont contraints. Nous n’avons pas de baguette magique.

Quelles sont les pistes pour accroître l’offre insuffisante de logements d’urgence ?

Face au manque de places d’hébergement pour sans-abri et pour éviter de continuer à payer des nuitées hôtelières, Adoma (ex-Sonacotra) et la Caisse des dépôts vont acheter des chaînes d’hôtels bon marché et en modifier la destination. L’idée est d’y bâtir aussi des dispositifs d’accompagnement. Ce plan national concerne aussi Marseille.

Delphine Tanguy

http://www.laprovence.com/article/edition-marseille/3994368/marseille-ces-enfants-roms-prives-decole.html

*https://marsactu.fr/roms-apres-les-expulsions-de-lete-la-difficile-reconstruction/

http://www.lamarseillaise.fr/bouches-du-rhone/societe/49473-caroline-godard-on-demande-de-la-stabilite-pour-travailler-avec-les-familles-roms

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David et Soledad : un parcours exemplaire mais plein d’obstacles 20 juillet 2015

David et Soledad

Parmi les clichés concernant les familles roms, l’un des plus tenaces est leur supposé refus de scolariser leurs enfants. Jane Bouvier, en créant en 2013 l’association «L’école au présent », a souhaité apporter un démenti à ces idées reçues. Depuis trois ans, elle parcourt tous les bidonvilles de Marseille et inscrit les enfants dans les différentes écoles de la ville. Dans la plupart des cas, non seulement les parents ne s’y opposent pas mais ceux sont les enfants eux mêmes qui expriment avec force leur désir d’emprunter le chemin de l’école, comme les autres

Retour sur le parcours de deux enfants :

Fin 2012, Soledad née en 2003 et David né en 2002 vivent au 91 bd Plombières, dans une caserne réquisitionnée par un collectif d’associations et de militants. Ils sont scolarisés pour la première fois : Soledad à l’école Edouard Vaillant et David à l’école du Parc Bellevue.

Soledad et David vivent avec leurs parents, elle est l’aînée d’une fratrie de 5 enfants, lui d’une fratrie de 3 enfants.

Fin Juillet 2013, a lieu l’expulsion du 91 bd Plombières. La famille de Soledad rentre en Roumanie, les enfants sont déscolarisés pendant 9 mois. La famille de David, après plusieurs semaines d’errance, se retrouve sur un terrain au 124 bd Plombières. En septembre David et ses frères et sœurs peuvent poursuivre leur scolarité dans la même école.

La famille de Soledad revient en France en mai 2014 et Soledad demande à Jane Bouvier de lui trouver une place à l’école. La famille s’installe, elle aussi, dans une petite tente au 124 bd Plombières dans le dénuement le plus total. La directrice de l’école du Parc Bellevue accepte d’accueillir la fratrie.

Juillet 2014, nouvelle expulsion. Les familles quittent le 124 bd Plombières. La famille de David est accueillie à l’ESH (espace solidaire d’hébergement) géré par l’AMPIL, la famille de Soledad se retrouve à la rue. Ils dorment dehors, sont harcelés par la police tous les jours, plusieurs fois par jour mais dès la rentrée des classes, Soledad reprend le chemin de l’école.

Fin septembre 2014, la famille s’installe dans un squat au Boulevard National à deux pas de l’école. Soledad se lève seule tous les jours pour aller à l’école et n’est jamais absente. Elle participe à tous les évènements, les sorties, même au soutien après la classe.

Le père de David est arrêté et incarcéré pour un vol de ferraille, la maman désespérée, prend rendez vous avec la directrice de l’école pour lui expliquer la situation et lui demander si David peut manquer un jour par semaine pour travailler avec elle. L’école décide d’aider la famille (restos du cœur etc.) et refuse que David travaille avec sa maman pendant le temps de classe.

L’équipe enseignante est très attachée à ces deux élèves et admirative de leur courage et leur assiduité.

Jeudi 18 juin 2015, David et Soledad reçoivent le prix d’honneur délivré par la Ville de Marseille et la Caisse des écoles (lors d’une cérémonie au Dôme), aux élèves de CM2 les plus méritants.

 David et Soleda, Roms et élèves méritants de Marseille : Article de Delphine Tanguy dans La Provence

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Roms de Martigues : Il obtient son diplôme et finit premier de sa session de formation 30 mai 2015

Un petit mot pour vous dire que nous avons ici une bonne nouvelle concernant un des Roms de Martigues que nous suivons depuis maintenant bientôt deux ans.
Ilie Z. vient d’obtenir son diplôme de chaudronnier à l’AFPA d’Istres.
Il a été classé 1er de sa session de formation.
Nous avons défini aussi des protocoles de formation (toujours avec l’AFPA d’Istres pour deux autres Roms de Martigues, un en mécanique et un autre en logistique)
Pour ce qui concerne plusieurs des femmes, nous envisageons de faire la même chose une fois que leur niveau de français deviendra acceptable – formation en entretien et à l’aide à domicile.

Ilie avec son diplôme

Ilie avec son tout nouveau diplôme

Pour le collectif Roms de Martigues
Georges FOURNIER

Le 24 avril 2015

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A Martigues la mobilisation citoyenne semble avoir payé 10 novembre 2014

Le témoignage de Nanie

Les Roms ont vocation à s’intégrer…

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C’est ce que, à une échelle très localisée, vient de démontrer l’action menée à Martigues autour de quelques familles Roms, une quarantaine de personnes environ. Celles-ci ont squatté plus d’un an une maison désaffectée appartenant à l’Etat.
Rapidement, un collectif de soutien s’est constitué. Sa caractéristique ? Sa grande diversité[1], son ouverture totale à la citoyenneté, et sa volonté dès le début de conjuguer accompagnement concret des familles, et lutte idéologique contre les exclusions. De mêler participation assidue aux réunions avec les autorités et manifestations, devant la sous-préfecture, ou devant le tribunal. De considérer que les différences entre chrètiens et non croyants, syndicalistes, politiques, caritatifs et militants associatifs, loin d’être un handicap, étaient au contraire une source de richesse et d’efficacité.
Le collectif n’a jamais remis aux autorités, aux instances institutionnelles, le soin de régler le sort de ces familles. Au contraire, il a toujours considéré que l’action au grand jour, l’appel clair aux habitants, la publicité la plus importante possible étaient garants des succès.
Le collectif n’a ménagé aucun effort pour entourer ces familles des nécessaires solidarités qui seules pouvaient assurer leur protection. Pour contrecarrer l’argument de dangerosité de la maison mis en avant par les autorités, des subventions ont permis de refaire l’installation électrique jugée déféctueuse. Des poêles en conformité avec les normes ont été achetés, l’urgence de démolir la maison a été battue en brèche par une étude sérieuse du dossier autoroutier….parallèlement, des militant(e)s s’occupaient du suivi des enfants scolarisés, de l’obtention des cartes AME, des questions quotidiennes qui foisonnaient, on s’en doute.
Mais surtout, des manifestations publiques ont pu rassembler des participants en nombre, montrer la culture de ces personnes, les raisons de leur venue en France, leur grande humanité…Ce fut le cas de la soirée NOUS LES ROMS, à la MJC de Martigues, au mois de mars, et tout particulièrement de la venue de Eric Fassin, le 10 octobre, qui fut une étape décisive dans la période où tout était en train de se régler. Le collectif a participé, avec les familles, aux concerts organisés par RESF contre le racisme. Il a tenu un stand à la journée d’initiative citoyenne organisée par le collectif Front de Gauche de St Mitre….
Un appel à témoignages auquel des personnalités martégales ont répondu avec coeur, et une pétition, qui en 4 semaines a été honorée de 1100 signatures, ont marqué l’ampleur de l’élan de solidarité autour de ces personnes.
Aussi, malgré le jugement d’expulsion sans délai prononcé en décembre, la sous-préfecture a-t-elle proposé, devant un tel élan, de travailler avec le collectif et la mairie à trouver des solutions.
En huit mois, avec les efforts conjugués des trois parties, des résultats appréciables sont obtenus. Et ce sont aujourd’hui six familles de Roms qui sont en bonne position pour travailler, se loger, et ainsi vivre dignement dans notre ville. Même si nous déplorons que deux familles, sous les pressions des autorités, soient reparties en Roumanie, nous saluons les résultats obtenus.
Certes le comportement des familles Roms a beaucoup joué pour attirer les sympathies et les solidarités. Mais c’est aussi la richesse de ce collectif, étayé sur sa diversité et sa citoyenneté, qui a permis que tout au long de ce chemin délicat, les positions politiques adoptées et mises en oeuvre aient été solides, et suivies de ce succès.
Les réunions fréquentes, bruyantes, où chacune et chacun cherchait à apporter sa contribution, pouvaient présenter une apparente désorganisation. Pourtant, c’est grâce à cet investissement libre et généreux de chacune et de chacun que l’ensemble du collectif a pu jouer un rôle majeur.
Une bataille concrète, radicale, qui montre que lorsque les citoyens, les organisations s’emparent d’une cause et la servent sans arrières-pensées boutiquières, ils peuvent l’emporter.
Nanie Bellan, membre de Ensemble OEB, de la LDH, citoyenne du monde.

[1] Le collectif de solidarité aux Roms de Martigues comporte des citoyens engagés et les organisations suivantes : ASTI, CCFD-Terre-Solidaire, EELV, ENSEMBLE, FCPE, FSU Martigues, Ligue des Droits de l’Homme, N.P.A., P.G., R.E.S.F., Sud Education ; UL CFDT Martigues, UL CGT Martigue

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