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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Scolarisation/Santé/Travail

Mobilsation générale à Aix contre la mairie 9 juin 2012

 Après plusieurs manifestations le collectif associatif de soutien au Roms et sans abris poursuit son combat pour obtenir des conditions de vie digne pour les Rroms et mettre fin aux expulsions . On rappelle que Madame Joissains à décidé d’expulser tous les Roms de sa commune.

Le ‘Soutien Scolaire’ et les ‘Consultations Médicales’ ont pris la forme de deux algécos* posés au coeur du bidonville du plateau de l’Arbois où vivent des familles Roms.

Une réalisation concrète, résultat du ‘faire ensemble’ de nos associations : la Ligue des Droits de l’Homme, le Secours Catholique, Rencontres Tsiganes, Médecins de monde, Emmaüs, l’addap13 et du soutien du Conseil Général des Bouches du Rhône par la présence de son Vice Président – André GUINDE.

Geste hautement symbolique que d’opposer à l’extrême précarité deux redoutables armes : le savoir et la santé.

Merci à vous qui en étiez témoins cet après-midi du lundi 4 juin 2012.

Merci à toutes celles et tous ceux, bénévoles et travailleurs sociaux, qui ont engagé le combat pour plus de justice et plus d’humanité.

 

Médecin du Monde saisit le Défenseur des Droits au sujet des Roms de Marseille 9 juin 2012

Médecin du monde saisit le Défenseur des droits au sujet des rroms de Marseille
31 mai 2012
Par la rédaction

Anticipant une possible expulsion du site de la porte d’Aix sur la quelle la justice doit se prononcer le 19 juin, Médecin du monde saisit le Défenseur des droits. Lisez l’argumentaire de l’association qui présente la situation sanitaire, juridique et humaine des rroms à Marseille.

« Saisine relative à la violation de droits fondamentaux des populations rom dans l’agglomération marseillaise », s’appuyant sur 17 ans d’accompagnement sanitaire de populations rroms dans la périphérie de grandes agglomérations, Médecin du monde (MDM) tire la sonnette d’alarme au sujet de Marseille. Constatant qu’en l’espace de 6 mois plus de 85% des lieux de vie ont connu des évacuations forcées contraignant les familles à se réinstallé sur des « bouts de trottoirs », l’association saisit le Défenseur des droits. Insistant sur les conséquences désastreuses pour la santé MDM argumente :

1) sur la violation du droit au logement et la conditionnalité de l’hébergement d’urgence

2) des agissements qui semblent contraires à la déontologie des forces de police

3) des violences verbales et physiques

4) un contexte de violation de droits fondamentaux à l’égard des populations rom sur l’ensemble du territoire

Si la Halde avait abordé à la fois les questions concernant d’un côté les rroms migrants en situation précaire et de l’autre les gens du voyage, le Défenseur des droits, n’a pour l’heure publié de délibérations que sur les gens du voyage.

La Ville de Marseille ferme une école 27 décembre 2011

En septembre dernier la ville de Marseille a décidé la fermeture d’une école à Saint-Menet alors qu’un professeur était affecté à ce poste par l’Education Nationale.

Malgré diverses interventions, aucune explication n’a été fournie par la mairie de Marseille pour justifier une telle décision unilatérale.

Rappelons que cette école maternelle située sur le terrain d’accueil des gens du voyage accueillait depuis plusieurs années des enfants de voyageurs. Cette scolarisation souhaitée par de nombreuses familles est considérée par tous les pédagogues comme un facteur important de lutte contre l’illettrisme encore trop répandu dans la communauté des voyageurs.

Nous considérons que la décision de fermeture de cette école prise unilatéralement par la ville de Marseille est une forme de discrimination directe et condamnable.

Nous demandons donc que tout soit mis en oeuvre pour que l’école de Saint Menet soit mise en état de fonctionner et d’accueillir les enfants dés le 3 janvier.

Marseille le 21 novembre 2011


 

Madame Danielle CASANOVA
Adjointe au Maire
Mairie de Marseille
Hôtel Daviel
13233 Marseille cedex 20

Madame,

En avril dernier, nous avions été alerté par le projet de fermeture de l’école maternelle située sur le terrain d’accueil des gens du voyage à Saint Menet. Sur notre intervention auprès du Recteur et de l’Inspecteur d’Académie, le poste d’enseignant affecté à cette école a donc été rétabli. Or nous apprenons que vos services n’ont pas fait le nécessaire pour que cette école puisse fonctionner normalement dans les locaux prévus à cet effet. Dans ces conditions l’école n’a pu ouvrir à la rentrée. Ce retard inexplicable est particulièrement grave car nous apprenons que, si l’école ne peut ouvrir à bref délai le poste d’enseignant devra être supprimé.

Nous considérons qu’une telle école joue un rôle essentiel dans la socialisation des enfants de gens du voyage. C’est un atout indispensable au travail mené par ailleurs par les responsables du terrain d’accueil. Vous connaissez le handicap que constituent pour ces familles les difficultés d’accès au système scolaire. Nous estimons, pour notre part, que tout doit être mis en oeuvre pour lutter contre une telle discrimination dont sont trop souvent victimes les Tsiganes voyageurs ou sédentaires. C’est pourquoi nous vous demandons avec instance de donner les directives à vos services afin de mettre cette école en état de fonctionner dans les meilleurs délais.

Il nous paraîtrait en effet très incohérent et regrettable que le Maire de Marseille face obstacle au fonctionnement d’une école pour de simples raisons matérielles alors que le Ministère de l’Education Nationale met à disposition un enseignant titulaire.

Dans l’attente d’une réponse nous vous prions d’agréer Madame l’expression de notre considération distinguée .

Le Président
Alain FOUREST

Les contradictions de l’Union Européenne 30 août 2011

 Ces trois information parues à quelques jours d’interval démontrent la  difficulté à trouver un langage commun  vis-vis de la communauté Roms  Roms et  la responsabilité majeure de chaque Etat  qui  refuse toute ingérence dans un domaine relevant pourtant de la charte européenne des droits de l’homme approuvée avec le traité  Lisbonne . 
 
 

Bruxelles félicite la France à propos de la libre circulation

 Bruxelles Correspondance

La Commission considère que dix membres de l’Union sont toujours en infraction
 
 
Viviane Reding a décidé, jeudi 25 août, de se rappeler au bon souvenir des dirigeants français, mais ce n’est plus, cette fois, pour critiquer leur attitude à l’égard des Roms.
 
Bien au contraire. Dans un bilan intitulé " Un an après la controverse " – à savoir les suites du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy en juillet 2010 -, la commissaire luxembourgeoise à la justice félicite Paris pour avoir, à l’instar de 15 autres capitales de l’Union européenne (UE), " entièrement répondu aux préoccupations de la Commission " et, enfin, transposé une directive européenne de 2004 sur la libre circulation de tous les citoyens de l’Union.
 
Le 6 juin, le gouvernement Fillon a, en effet, adopté les modifications législatives exigées par Bruxelles, y compris, souligne Mme Reding, " les garanties qui protègent les citoyens de l’UE contre les expulsions arbitraires et les traitements discriminatoires ".
 
Si la commissaire encense désormais la France, qui a connu, durant l’été 2010, " des événements qui ont été un signal d’alarme pour l’Europe ", c’est parce qu’elle estime avoir gagné la partie et qu’elle tient à le faire savoir.
 
En 2010, elle avait dû affronter les critiques, parfois virulentes, de la présidence, de la diplomatie et du gouvernement français qui n’avaient pas digéré ses critiques sur les expulsions de Roms. Des événements qui lui rappelaient, affirma-t-elle sans trop de nuances, de sombres épisodes de la seconde guerre mondiale. Plus tard, elle menaça Paris d’un recours devant la Cour de justice avant d’y renoncer, mais elle annonça qu’elle plaçait le pays " sous surveillance ". Autant de chiffons rouges agités devant les officiels français, qui ne se privèrent pas de railler cette commissaire d’un " petit pays ", invité par M. Sarkozy à accueillir lui-même des Roms, cette femme " avide de popularité ", cette prétendue gardienne des traités bafouant les droits du peuple français, dixit Pierre Lellouche.
 
Peu d’empressement
 
Les relations entre Paris, d’un côté, Bruxelles et Luxembourg de l’autre s’en trouvèrent gravement affectées et un Conseil européen en fut perturbé, en septembre 2010.
 
Habile, Viviane Reding souligne aujourd’hui que la polémique déclenchée en France a eu le mérite de révéler des centaines d’autres situations problématiques dans d’autres Etats : 786 cas recensés, dont 90 % ont été résolus après concertation avec les pays concernés.
 
Aujourd’hui, ce n’est plus la France qui est en cause, mais l’Allemagne, la Pologne, l’Espagne, le Royaume-Uni, etc. Des procédures d’infraction ont été lancées contre dix capitales, parce qu’elles ont mal transposé ou mal appliqué la directive de 2004 sur la libre circulation.
 
Premières victimes, les Roms, alors que les Vingt-Sept ont adopté, au mois de juin, une stratégie assortie de quatre priorités : l’éducation, l’accès à l’emploi, aux soins et au logement pour cette minorité forte de quelque 12 millions de personnes.
 
Une dizaine de milliards est disponible pour les Etats, mais une infime partie de ce montant est utilisée, prouvant le peu d’empressement des Etats à vouloir intégrer ces populations.
 
Jean-Pierre Stroobants
 

La Commission autorise l’Espagne à restreindre temporairement la libre circulation des travailleurs roumains

 

11/08/2011
 
Des cartes et une valise avec un autocollant dans lequel c’est écrit ‘Europe’À la suite d’une demande formulée par les autorités espagnoles le 28 juillet 2011, la Commission européenne a autorisé l’Espagne à restreindre l’accès des travailleurs roumains à son marché du travail jusqu’au 31 décembre 2012, du fait de graves perturbations dans ce domaine.
 
Ces restrictions s’appliqueront à l’ensemble des secteurs et des régions. La décision ne concerne toutefois pas les ressortissants roumains déjà actifs sur le marché du travail espagnol.
 
La Commission européenne autorise ces restrictions temporaires compte tenu de l’actuelle situation économique de l’Espagne. La chute sans précédent du PIB (-3,9 % entre 2008 et 2010) a entraîné un taux de chômage record au sein de l’UE, supérieur à 20 % depuis mai 2010.
 
En outre, l’analyse effectuée par la Commission a établi que les ressortissants roumains résidant en Espagne sont fortement touchés par le chômage, étant donné que 30 % d’entre eux sont sans emploi. En Espagne, 191 400 citoyens roumains étaient sans emploi au premier trimestre 2011, ce qui représente le nombre de chômeurs le plus élevé après celui des citoyens espagnols. Trois ans auparavant, ce chiffre n’était que de 80 100. Au cours de cette même période, le nombre de Roumains employés a chuté de près de 24 %.
 
Malgré une baisse, probablement causée par la récession économique, du nombre de ressortissants roumains venant travailler en Espagne au cours des dernières années, leur afflux demeure important. Le nombre de Roumains résidant habituellement en Espagne a augmenté, passant de 388 000 au 1er janvier 2006 à 823 000 au 1er janvier 2010.
 
L’Espagne ayant déjà ouvert son marché du travail à tous les citoyens de l’UE, toute restriction de la libre circulation des travailleurs constitue une dérogation et ne peut être que de nature temporaire. La Commission européenne suivra de près la situation en Espagne et aura la possibilité de modifier ou de révoquer sa décision à tout moment si elle le juge opportun.
 
D’une manière générale, la libre circulation des travailleurs a eu des effets économiques positifs à l’échelle européenne et a généré une croissance économique dans les pays d’accueil. D’après de récentes estimations, en effet, l’incidence à long terme des flux de population observés entre 2004 et 2009 sur le PIB de l’UE-15 se chiffre à +0,9 %.
Prochaines étapes
 
La Commission européenne va maintenant informer le Conseil de sa décision. Tout État membre peut, dans un délai de deux semaines ouvrables, demander au Conseil de modifier ou d’annuler la décision de la Commission relative à la suspension de l’application de la législation de l’UE.
 
 
 
 
 
 

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4 juin : journée nationale pour le droit des enfants Roms 28 mai 2011

Communiqué de presse
 
 

Le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation organise une rencontre nationale le 4 juin 2011

 Afin de combattre les causes de la non-scolarisation des enfants Roms, les membres du Collectif pour les droits des enfants roms à l’éducation vont se réunir pour une journée de travail le samedi 4 juin 2011 au siège du SNUipp, 12 rue Cabanis, 75014 Paris, métro Glacières, de 9h30 à 17h00.
 
Malgré les nombreuses initiatives prises par le collectif, depuis sa création en 2009, des milliers enfants roms restent en marge du droit à l’éducation. La mobilisation du collectif a permis une dénonciation publique de cette réalité. Mais en dépit de quelques prises de conscience et de la réelle motivation des enfants et des familles, l’évolution de la situation est insuffisante. Les obstacles matériels conjugués aux discriminations de la part des institutions empêchent toujours des nombreux enfants roms d’être scolarisés.
 
Après la dénonciation pour une prise de conscience, il est temps d’agir
pour que le droit à l’éducation des enfants roms soit une réalité !
 
Le but de la rencontre nationale est de permettre aux membres du collectif et aux autres acteurs du domaine de l’éducation de se réunir afin de débattre sur les moyens d’action communs à mettre en place concernant des revendications qui restent inchangées:
– demander aux maires de respecter leur obligation de scolariser ces enfants comme prévu par la loi
– demander aux Conseils Généraux de prendre au sérieux leur mission de protection de l’enfance en déployant les moyens dont ils sont dotés à cette fin
– demander aux Inspections Académiques d’activer les dispositifs adaptés pour accueillir de façon rapide les enfants roms dans les établissements.
 
 
 
L’ UNICEF  soutient la campagne du collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation.
 
 

De quoi vivent les Tsiganes ? 8 décembre 2010

  Cet article bien documenté permet une nouvelle fois  de faire reculer des préjugés  trop largement répandu y compris dans les plus  hautes instances de  l’Etat

 

 De quoi vivent les Roms et les gens du voyage

Les Tsiganes de France sont-ils tous les bandits de grand chemin que décrit la rumeur publique ? Notre enquête le démontre, c’est loin d’être la réalité.
CAPITAL .fr Mis à jour le 03/11/2010
Combien faut-il que ceux-là aient volé de poules pour se payer des voitures pareilles ?» Ce lundi de septembre, à Poitiers, un cortège de 150 familles du voyage traverse la ville, à bord de luxueuses Mercedes, de grosses BMW et de Jeep Cherokee, mais aussi de fourgons blancs attelés à de grosses caravanes.
«Les camionnettes nous servent à transporter les produits que nous vendons sur les marchés», explique Charlot Ziegler, un quinquagénaire costaud en jean-chemise. De fait, une fois ouvert par le côté, le camion immaculé de son neveu laisse place à un magasin d’horloges. «Vous voyez, on n’est pas tous des voleurs», sourit-il.
La vox populi continue pourtant d’accuser les «romanichels» de tous les maux. Braqueurs de distributeurs bancaires, pilleurs de maisons de campagne, escroqueurs d’aide sociale… Depuis qu’en juillet dernier une poignée de Manouches a mis à sac la paisible bourgade de Saint-Aignan, en Loir-et-Cher, tout y passe ou presque.
Et les accusations du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, à l’encontre de la communauté rom (elle serait responsable d’un vol sur cinq à Paris !), assorties du démantèlement manu militari d’une bonne centaine de leurs campements sauvages, n’ont rien fait pour arranger les choses. Diable ! Les Tsiganes et les Gitans seraient-ils tous des bandits de grand chemin ? Après un mois d’enquête auprès de ces populations mal aimées, le tableau apparaît heureusement beaucoup moins noir.
Premier constat : les gens du voyage et les Roms ne forment pas une population homogène. La première appellation désigne les 500 000 citoyens français qui ont adopté un mode de vie nomade (135 000 d’entre eux), semi-itinérant (145 000) ou qui l’ont abandonné récemment pour se sédentariser (220 000). Pour la plupart, ces vrais et faux voyageurs sont issus d’une mosaïque de peuples ayant des racines dans l’Inde du Nord, Manouches de France, Sinti d’Italie, Calderaches de Roumanie, Gitans d’Espagne ou encore Yéniches d’Allemagne.
Au fil des siècles, ils se sont métissés avec toute une misère de maquignons normands, de ramoneurs savoyards et autres colporteurs jetés sur les routes par la faim, pour constituer une population vivant à l’écart des «gadjé», les autres Français. «Aujourd’hui, tous se revendiquent de la culture tsigane et émaillent leurs phrases d’expressions en romanès, une vieille langue indo-européenne», résume Patrick Williams, directeur de recherche au CNRS.
Ceux qu’on a pris l’habitude d’appeler «les Roms» sont beaucoup moins nombreux : guère plus de 15 000 dans l’Hexagone. Eux ne sont ni français ni nomades. Fraîchement débarqués de Roumanie (pour 90% d’entre eux) ou de Bulgarie, ils s’entassent dans des bidonvilles aux portes des grandes villes. Selon l’ethnologue Martin Olivera, le seul département de Seine-Saint-Denis en abriterait 3 000.
Les premiers sont arrivés après la chute du Mur, puis le mouvement s’est accéléré en 2002, quand la France a assoupli sa politique d’immigration. L’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union européenne, le 1er janvier 2007, ne leur a cependant pas ouvert plus grand les portes : comme Bruxelles le lui permet, Paris a décidé de limiter à trois mois la durée maximale de leur séjour, jusqu’en 2013. Après seule-ment ils auront le champ libre en France.
Voilà pour le paysage. Et maintenant, passons aux actes. Comment les gens du voyage parviennent-ils à se payer d’aussi belles voitures et d’aussi confortables caravanes ? Très simple : la plupart d’entre eux ont un métier. Pas dans les bureaux, bien sûr ! Elagueurs, ferblantiers, rempailleurs, marchands ambulants, couvreurs-zingueurs, artistes de cirque (20 000 Tsiganes travaillent sous 200 chapiteaux familiaux)… leurs activités sont par nature indépendantes, et presque toujours héritées de la tradition. «C’est plus fort que nous, on a tous ça dans la peau», sourit Xavier Lapere, qui a laissé tomber sa médecine en troisième année pour devenir un… roi du manège.
Avec son grand huit et son «slalom», un toboggan de 50 mètres de long, il fait «la tournée royale» d’avril à octobre (Foire du Trône, Fête des Loges, jardin des Tuileries, Fête au bois de Boulogne), de loin le plus prestigieux des circuits forains. Son chiffre d’affaires ? Impossible de le connaître. Comme tous ses compagnons, ce businessman voyageur a tendance à se refermer dès qu’on aborde les questions d’argent. Mais, manifestement, il n’en manque pas, pas plus d’ailleurs que tous les propriétaires de gros manèges.
Selon les années, un simple stand d’autos tamponneuses employant quatre salariés d’une même famille génère 400 000 euros de chiffre d’affaires officiel, auxquels il convient d’ajouter 30 à 40% de recettes au noir, de l’aveu même de l’administration fiscale. Bien assez pour vivre à l’aise après avoir amorti les investissements (une grosse attraction coûte 1,2 à 2 millions d’euros) et payé les frais de fonctionnement.
Mais la grande majorité des 100 000 forains tsiganes ne roulent pas carrosse. En courant les fêtes villageoises avec un manège pour enfants ou une baraque à gaufres, ils parviennent tout juste à joindre les deux bouts. «Certaines épouses en sont même réduites à faire des ménages», témoigne Michel Pierre, du journal «L’Inter-Forain».
Avec la crise, les 150 000 marchands voyageurs traversent eux aussi des difficultés. «Les clients dépensent moins», regrette Steve François. Après un été à vendre des vêtements sur les marchés proches de Perpignan, ce jeune Gitan vient de quitter le pays pour reprendre la route. Comme tous les ans. Direction le Tarn, où il rejoindra un convoi d’une centaine de familles. Au programme : lente remontée vers le Nord, halte en Ile-de-France, puis cap sur l’Alsace avant de rejoindre le bercail, en juin prochain, par la vallée du Rhône.
A chaque étape, Steve fait les marchés dans un rayon de 50 kilomètres, participe aux réunions évangélistes locales, achète des fins de série dans les usines textiles. Et, bien sûr, n’omet jamais de rendre visite aux siens. «Mes grands-parents ont eu treize petits-enfants. Tous sont sur les marchés !» Une centaine de cortèges de vendeurs, comprenant entre 100 et 250 familles, sillonne ainsi toute l’année l’Hexagone.
Charlot Ziegler n’abandonnerait cette vie pour rien au monde. Lui vend des tapis en faisant du porte-à-porte dans les beaux quartiers. «Je me lève très tôt et je finis tard pour rencontrer les clients en dehors de leurs heures de travail». Si ça marche ? «On est des malins», avoue-t-il. Toute sa fortune est là, sur la route, pour en témoigner. Pas de villa et encore moins d’assurance-vie, mais deux superbes caravanes (une pour lui et son épouse, une pour ses enfants), une camionnette Mercedes dans laquelle il entrepose son stock de kilims, et une Audi A6 anthracite rutilante, achetée 20 000 euros d’occasion il y a six ans.
«On bosse dur, mais on s’en sort quand même pas mal…». Moins accros aux grands espaces que les marchands, les artisans, qui tracent la route dans les mêmes convois, finissent parfois par se sédentariser autour de leur clientèle locale. Arrivés à Montreuil dans les années 1960, des centaines de Roms serbes travaillant dans le bâtiment vivent désormais dans des pavillons.
Cela n’empêche pas les banques de se montrer méfiantes avec les voyageurs : en général, elles refusent de leur prêter de l’argent, faute, estiment-elles, de garanties suffisantes. Pour financer leurs voitures et leurs roulottes, les nomades en sont donc réduits à s’endetter auprès des établissements de crédit à la consommation (Cetelem, Cofinoga…) à des taux pouvant atteindre 20%. «C’est un peu une injustice, mais ils n’ont pas le choix», observe Christophe Robert, un responsable de la Fondation Abbé Pierre qui connaît bien ces populations.
Bien entendu, le monde des caravanes possède aussi son prolétariat : une centaine de milliers de travailleurs saisonniers peu ou pas qualifiés, qui, entre deux ouvrages, subsistent grâce aux allocations familiales et au RSA. Les Michelet sont de ceux-là. Il y a quelques années, ils ont posé leurs caravanes sur un bout de terrain agricole qu’ils ont acheté près de Romorantin, dans la vallée du Cher.
Au printemps, ils cueillent les asperges et les fraises, l’été, ils ramassent les cornichons. Des boulots rarement déclarés, bien sûr. Et, trois mois par an, ils vont chercher leur pitance ailleurs : «On fait les vendanges en Champagne, les pruneaux à Agen, les cerises dans le Luberon, ça rapporte bien», avoue Raymond. Combien ? Le smic… Des membres de sa famille font également un peu de ferraille, distribuent des prospectus et travaillotent dans le bâtiment, au noir ou sous un statut d’autoentrepreneur. Pas folichon.
Mais tout de même bien en comparaison des Roms. Eux se débattent dans une misère noire. Comme ils n’ont droit à aucune aide sociale, ils s’habillent au Secours populaire, font la queue devant les Restos du Cœur et récupèrent, le soir, des légumes gâtés et des barquettes périmées dans des poubelles d’hypermarchés. Que font-ils ? Pas grand-chose, en vérité. Les rares un tant soit peu qualifiés vendent leur force de travail à la sortie des magasins de bricolage.
Chargement et déchargement de matériaux, coup de main pour la peinture… Si tout va bien, ils toucheront une trentaine d’euros pour une journée de travail. Toujours mieux que les camarades qui font la musique dans le métro (ils ramassent 25 euros), lavent les pare-brise aux feux rouges ou vendent des jonquilles ramassées dans les squares (20 euros de gain quotidien). Quant à ceux qui, comme Lyuba, se contentent de se livrer à la mendicité huit heures d’affilée, ils ne peuvent guère espérer plus de 15 euros. Dérisoire, peut-être, mais pas aux yeux de cette Roumaine de 20 ans. Parce que, en prenant le quart tous les matins devant une boulangerie de Montmartre avec son bébé dans les bras, elle gagne trois fois l’équivalent du smic de son pays, que, d’ailleurs, elle n’aurait aucune chance de toucher dans sa Craiova natale.
Presque cyniquement, les lois du marché se sont mêlées de pervertir cette économie de la subsistance. Une famille qui déniche un terrain vague bat aussitôt le rappel de ses compagnons, après y avoir elle-même pris ses quartiers en qualité de chef de camp. Pour pouvoir y installer leurs baraquements, les autres groupes devront lui verser un loyer. «Cette dîme varie de 30 à 150 euros par mois dans les 40 campements de Seine-Saint-Denis», estime le sociologue Olivier Peyroux, de l’association montreuilloise Hors la rue.
D’autres clans s’improvisent banquiers : ils prêtent de l’argent à des taux usuraires ou avancent le prix du voyage à des candidats à l’immigration. Cette dette à prix fort s’appelle la «kamata». Pour la rembourser, certains Roms sombrent parfois dans la vraie délinquance : vol de métaux, pillage de jantes de voitures et de rétroviseurs et autres fric-frac. Quand ils ne sont pas obligés de mettre leurs enfants au service de leurs créanciers. Voilà comment des gamins de 10 ans sont contraints de se livrer à toutes sortes de trafics, comme dans Dickens, leur jeune âge leur garantissant une certaine impunité (lire l’encadré ci-dessous). Et parfois même à la prostitution.
En revanche, la communauté des gens du voyage n’est pas connue des spécialistes pour être particulièrement criminogène. Bien sûr, certains de ses membres se laissent parfois aller à, disons, quelques dérapages. Les saisonniers solognots, par exemple, se livrent au braconnage avec tant de délectation qu’on les surnomme les «renards à deux pattes», les couvreurs-zingueurs et les élagueurs y vont de temps à autre un peu fort sur les factures avec les personnes âgées et, sans les trafics d’œuvres d’art volées, certains marchands des puces seraient bien en peine de garnir leur échoppe.
Quant aux Manouches qui contrôlent la filière de la récupération des métaux, ils leur arrive de prendre des distances avec les bonnes pratiques commerciales : la police parisienne enquête actuellement sur un vaste trafic de métaux en bande organisée…
Mais ces filouteries si souvent pointées du doigt par l’opinion ne doivent pas faire illusion : les nombreux policiers que nous avons interrogés nous l’ont tous confirmé, il est bien rare que l’arrivée d’un camp dans une ville soit marqué par une flambée des vols ou des actes de délinquance. En général, il ne se passe… rien. «Le quartier gitan est le plus tranquille de l’agglomération», fait même remarquer Pierre Parrat, adjoint au maire de Perpignan. En somme, on n’est pas plus malhonnête en caravane qu’en maison individuelle.

Appel des Eurodéputés 30 décembre 2009

Appel des Elu(e)s Eurodéputés EUROPE ECOLOGIE

{{ {{{Pour une politique d’accueil et d’accès aux droits des Rroms d’Europe de l’Est installés en France}}} }}

23 November 2009 par Catherine Grèze

Nous, élu-e-s, dans la diversité de nos mandats, dans la pluralité de nos appartenances politiques, avons été, à des niveaux divers, confrontés au défi que représente l’installation de Rroms d’Europe de l’Est sur nos territoires.

Face à la détresse humaine vécue par les Rroms nous refusons l’inaction et l’indifférence, qui nous sont présentées comme autant de fatalités. Nous refusons qu’une telle indignité soit faite à l’être humain et avons décidé de ne plus en être spectateurs. Attachés à la construction Européenne nous ne pouvons la concevoir sans un développement de tous ses territoires, de toutes ses populations et sans une volonté politique affirmée de lutter contre les discriminations. En Roumanie, en Bulgarie, dans les pays d’Ex-Yougoslavie comme ici, en France, les Rroms sont victimes de ces discriminations. Notre expérience nous montre qu’à toutes les échelles, de la commune à l’Union Européenne, nous pouvons contribuer à des avancées concrètes dans le sens d’un accueil digne sur nos territoires, qui peuvent être couplées à des actions de coopération décentralisée visant à améliorer les conditions de vie dans les régions d’origine.

A notre niveau, avec nos moyens, nous agissons ou nous engageons à agir. Ces actions, bien souvent, nous avons dû les inventer, les improviser, avec une expérience limitée de nos services, dans une grande solitude, sans assurance d’avoir les moyens de les mener et bien trop souvent sans le soutien de l’Etat. Aussi nous souhaitons promouvoir aujourd’hui, en s’associant au sein d’un collectif d’élus, un partage et une mutualisation de ces expériences locales qui démontrent chacune à leur manière qu’une politique alternative aux expulsions sans relogement est possible. A l’Etat d’en prendre également sa part.

Citoyens de l’Union Européenne et pourtant privés du droit au travail par l’instauration en France de dispositions liées au régime transitoire, les Rroms Bulgares et Roumains ne peuvent pas s’intégrer par le travail. Cette situation, contraire à l’idée européenne, est génératrice d’injustices mais alimente également l’irrégularité de leur présence en France et, par voie de conséquence, leur misère. Si les traités d’adhésion autorisent temporairement que des limitations soient posées à leur accès au marché de l’emploi, il appartient à l’Etat d’y mettre fin. La volonté politique doit y être. Elle y sera si, ensemble, nous agissons dans ce sens. C’est pourquoi nous demandons à l’Etat la fin du régime transitoire qui prive les Roumains et Bulgares de l’accès au travail et fait d’eux des européens de seconde zone.

Le 20ème anniversaire des Droits de l’Enfant 6 novembre 2009

A Paris, à l’initiative de Romeurope de nombreuses organisations ont tenu une conférence de presse sur la scolarisation des enfants Rroms et publié un document faisant apparaître les obstacles multiples à cette scolarisation. Des courriers ont été envoyés aux Ministres et aux élus.

A Marseille plusieurs évènnements sont programmés les 18, 19 et 20 novembre prochain:

{{ {{{20e anniversaire de la convention internationale des droits de l’Enfant}}} }}

il serait temps de l’appliquer !

• mercredi 18 novembre devant l’IUFM 63 à 16H00, La Canebière :

happening par des enseignants en résistance
« contre le démantèlement de l’école publique…construisons une école respectueuse des Droits de l’enfant ! »

• mercredi 18 novembre au CRDP de 17h à 20h 30 – 31 bd d’Athènes 13002
information organisée par RESF 13
«Enfants sans papiers, enfants sans droits ? Halte à la maltraitance d’Etat !»

• jeudi 19 novembre à l’Alhambra de 19h à 21h – 2 r du Cinéma St Henri13016

film suivi d’un débat avec Rencontres Tsiganes
« le cheval venu de la mer » 2 enfants tsiganes confrontés aux préjugés

• vendredi 20 novembre, l’Equitable Café 18h30-21h- 54 cours Julien 13006

Fanfare – débats – buffet –
«de l’ONU à Marseille, ou du discours à la réalité»

Pièces jointes

droit à la scoalrisation des enfants Rroms Télécharger