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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Gens du Voyage

A Montpellier expulsion de gitans sédentarisés 21 mars 2016

expulsion MontpellierInfo 24 par Jean marc AUBERT

 

7 familles de Gitans sédentarisés, soit une quarantaine de personnes dont des enfants ont été expulsés par les services de police ce matin de leurs caravanes installées sur le parking de la résidence du Mas de Cholet, près de l’avenue du Mas de Portalys, aux Près-d’Arènes, à Montpellier.

« Les caravanes et les familles expulsées occupent désormais un terrain proche de celui où elles étaient installées depuis de nombreuses années, des tranchées sont creusées à l’endroit d’où elles ont été expulsées ce matin pour ne plus pouvoir revenir. Il faut savoir que ces Gitans avaient obtenu l’accord verbal il y a 8 ans de Mme Hélène Mandroux, maire de la ville à l’époque et l’autorisation verbale d’Annie Bénézech, adjointe au maire en charge du quartier pour s’installer résidence Cholet » certifie Yaka Maraval, le médiateur de la communauté gitane de Montpellier.

« Aucun dialogue »

Yaka Maraval dénonce ce matin l’absence totale de dialogue avec les collectivités : « Depuis que ces 7 familles m’ont alerté de leur expulsion, il y a quelques semaines, j’ai tenté de rencontrer des élus de la Ville, dont celui en charge des quartiers sud, en vain. Les médiateurs de la Ville, de la Métropole et de la préfecture de l’Hérault font la sourde oreille, également, où ces 40 Gitans vont-ils aller vivre, désormais ? Depuis, ce matin, ils squattent un terrain sans autorisation, c’est un cercle vicieux infernal. Ces Gitans sont nés au Mas de Portalys et Mas de Cholet, c’est leur quartier ».

Opération l’an dernier 

L’année dernière (photo), une opération policière avait été lancée au Mas de Portalys pour enrayer un trafic présumé de ferraille. La procédure judiciaire serait toujours en cours.

Une cinquantaine de policiers ont de nouveau débarqué résidence du mas de Cholet, ce matin avec un tractopelle. Les Gitans expulsables attendaient leur venue.

Yaka Maraval, présent sur place, regrette qu’aucun élu ne se soit déplacé pour cette nouvelle opération.

Pièces jointes

Une enquête sur la sédentarisation dans les Bouches-du-Rhône 19 février 2016

Cette enquête a fait l’objet d’une présentation sommaire lors de la dernière réunion de la commission départementale des gens du voyage, le 10 février dernier. Au cours de cette réunion présidée par Stéphane BOUILLON, Préfet de Région, et madame Danièle BRUNET, conseillère départementale,  les participants ont pris connaissance du travail  engagé il y a plus d’un an  que nous attendions avec impatience. Voilà en effet plus de dix ans que, à chaque occasion, nous n’avons cesser de rappeler que, dans la Région, la sédentarisation, le plus souvent contrainte, d’un nombre croissant de voyageurs est une question majeure laissée sans solution .

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Cette enquête à laquelle nous avons pris une part active ne fait que confirmer nos analyses. Ce sont plus de 300 familles qui dans l’urgence nécessitent que  des solutions d’habitat adaptées leurs soient proposées.  Les aires d’accueil prévu au schéma départemental ne peuvent répondre à leurs besoins.

On lira ci joint les avis que Rencontres Tsiganes a rédigé et diffusé sur cette enquête et les  propositions qui sont faites aux pouvoirs publics pour répondre à ces besoins. On peut regretter que la présentation trop rapide de cette étude en fin de séance de la commission, n’ait pas fait l’objet d’un débat et d’un programme d’action.IM000378

Pour éviter une fois de plus, qu’un tel travail soit rapidement oublié et qu’aucune suite ne lui soit donnée, nous  nous engageons à en diffuser les résultats et à agir pour que des programmes d’actions soient  mis en place.

analyse étude sédentaires

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Pièces jointes

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Étude sur la sédentarisation II des Télécharger
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Commission Nationale des Gens du Voyage (suite) 19 février 2016

Ci-dessous le résumé de l’intervention de Sylvia PINEL, alors ministre du logement,  lors de la réunion de la  nouvelle  commission nationale, le 17 décembre 2015.

Commission nationale des GDV

Garantir l’accès au droit des Gens du voyage

Afin de mieux répondre aux besoins des gens du voyage, en s’adaptant notamment aux nouvelles tendances comme la sédentarisation, cette Commission :

  • participera activement à l’élaboration des politiques publiques ;
  • traitera des sujets tels que l’habitat, la formation, l’emploi, la santé et la culture ;
  • intègrera des Gens du voyage pour être au plus proche des réalités ;
  • disposera d’une formation plus resserrée pour plus d’efficacité.

« La proposition de loi relative au statut, à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage sera inscrite à l’ordre du jour du Sénat, début 2016 »
_Sylvia Pinel

Le nouveau président de la Commission, Dominique Raimbourg, député de Loire-Atlantique, est l’auteur d’une proposition de loi relative au statut, à l’accueil et à l’habitat des Gens du voyage, soutenue par le Gouvernement, et adoptée en première lecture par l’Assemblée Nationale.

« C’est un texte d’équilibre et qui permet l’apaisement, en ce qu’il donne des droits nouveaux, mais aussi des devoirs aux Gens du Voyage. »
_Sylvia Pinel

Inscrite dans la volonté d’une politique plus juste en faveur des Gens du voyage, elle propose notamment la suppression des livrets de circulation et des quotas de population, ainsi que la reconnaissance de l’habitat mobile.

« Les Gens du voyage peuvent désormais élire domicile dans la commune de leur choix et peuvent ainsi prétendre à l’ensemble des droits, et notamment sociaux et civiques qui découlent de la domiciliation, tout en gardant un mode de vie mobile. »
_Sylvia Pinel

Elle renforce les prérogatives des Préfets pour faire respecter les obligations des communes quant à la réalisation des équipements nécessaires à l’accueil des gens du voyage, et aussi leurs capacités d’intervention en cas d’occupation illicite.

 

De tels propos ne peuvent que satisfaire tous ceux qui plaident pour la reconnaissance de l’égalité des droits des gens du voyage. Toutefois l’expérience montre les limites d’un discours si sincère soit-il. Pour preuve Sylvia PINEL n’est plus, depuis  5 jours,  Ministre du logement en charge des gens du voyage. On peut souhaiter que celle qui lui succède, Emmanuelle COSSE soit aussi  attentive à  la mise en œuvre des engagements pris par celle à laquelle elle succède !!

Pièces jointes

A nouveau, des voyageurs sont contraints de s’installer sur un parking privé 15 février 2016

Après avoir été chassé d’un premier terrain, des familles, faute de terrain de grand passage, se sont une nouvelle fois arrêtées sur le parking d’un centre commercial à Bouc-Bel-Air   Plan de Campagne.

« C’est un terrain privé, évidemment, mais ce n’est pas la première fois que nous devons gérer ces passages. Nous aurions bien aimé collaborer davantage avec la mairie », glisse Thierry Matesi, le directeur du site. La direction a fait au mieux pour que les choses se passent dans la meilleure intelligence avec ces occupants, « nous avons réservé une voie de livraison et tenté d’amorcer le dialogue… » Le juge des référés d’Aix a été saisi et la présence des gens du voyage constatée par huissier. »

Caravanes palace

Richard Maillé le maire annonce qu’un terrain d’accueil est enfin en cours de réalisation  et ouvrira au printemps. Il oubli toutefois de préciser que,  si ce projet voit enfin le jour après plus de 10 années d’atermoiements,  il ne règlera pas la question des grands passages pour lesquels aucun terrain n’est opérationnel dans le département des Bouches-du-Rhône. Cette question sera à nouveau mise sur le tapis  lors de la prochaine réunion de la commission départementale des gens du voyage prévue le 10 février prochain. Nous mettrons en cause  l’analyse des autorités locales qui considèrent que les grands passages n’ont lieu qu’entre les mois de mai et septembre . Dans la région des grands groupes circulent en effet tout au long de l’année.

 

Dernière minute :

mardi 19 janvier  un groupe d’une centaine de  caravanes s’est installé sur le parking du centre commercial de VITROLLES. Le journaliste  de la Provence  a titré son article ainsi :

« Caravane palace » sur le parking

http://www.laprovence.com/

Mardi 19/01/2016 à 05H42 Vitrolles 8 réactions

120 véhicules de gens du voyage ont investi dimanche soir un parking du centre commercial Grand Vitrolles

 

Les voyageurs apprécieront !!!!

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MOIRANS : Encore un amalgame douteux 20 janvier 2016

Moirans 1L’intervention des forces de l’ordre en grand nombre lundi 11 janvier au matin, a  fait la “UNE“ de  tous les médias et l’objet de multiples commentaires (Y compris celui du Premier Ministre) en général peu flatteur  pour les gens du voyage!

Nous avons tenu à reproduire  ici les réactions de  Milo DELAGE représentant de la “vie du voyage“ et de quelques voyageurs, relevées sur leurs comptes Facebook. Comme eux, nous constatons, preuves à l’appui, que  le déploiement de police se déroule dans une cité HLM et non sur un terrain de regroupement de caravanes ? . Curieux non!!

On notera d’autre part le message d’excuse du maire de Moirans à l’adresse  de  MILO DELAGE

 

moirans 2

Milo DELAGE

« Bonjour a tous . Le maire de moirans m Gérard Simonet viens de me téléphoner pour me dire et s’excuser de la tournure des événements de moirans consernant les amalgames fait par les médias pour l’appellation gens du voyage ? Comme en a vue hier sur les chaînes de télévision les gaguoulars s’était pas des gdv . M le maire le reconnais . Je vous demande de partager cette information tres importante . Merci milo »

LE maire de MOIRANS

Mc Ab Juste le procureur de la République a dit aux journalistes, « qu’il n’y avait pas que des gens du voyage dans les arrestations, sinon les journalistes se sont bien amusé, et moi bien énervée, honteux les saletés de racistes, j’ai pas arrêté de défendre nos valeurs, un fait divers et on en a pour un an, alors que les gadjos c’est des centaines de faits de crimes, viols, agressions tous les jours,

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ENFIN ! une nouvelle commission nationale GDV 19 décembre 2015

Après plus de trois ans d’attente un décret du Ministère du logement et de l’égalité des territoires annonce la composition de la nouvelle commission et  la convocation d’une première réunion le 17 décembre. Un précédent arrêté  avait nommé comme président Dominique RAIMBOURG rapporteur de la loi  du 9 juin dernier.

Cette nouvelle était attendue depuis longtemps par les associations de voyageurs qui   s’inquiétaient du manque d’intérêt du gouvernement pour leur cause.

IL est très souhaitable que cette commission, contrairement à la précédente, prenne sérieusement en compte les nombreux problèmes soulevés par les uns et les autres depuis de trop nombreuses années.

On souhaite également que les représentants des associations trouvent enfin l’occasion de s’exprimer et de se faire entendre. Il faut se féliciter de la nomination de Nelly DEBART au titre de l ‘ANGVC . On rappellera que, comme sa mère Georgette, NELLY est un membre fidèle de Rencontres Tsiganes depuis  l’origine.

La présence de  trois autres de nos amis : Milo DELAGE, Eugène DAUMAS et Laurent ELGHOZY est, nous l’espérons, le signe qu’un dialogue utile pourra s’instaurer à l’avenir .

 

Décret commission Nationale

 

 

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Une reconnaissance à petits pas 19 décembre 2015

Jargeau, cérémonie, 15 décembre 2015

Photo Jargeau

Mardi 15 décembre  2015, le 70ème anniversaire de la libération du camp de JARGEAU a été une nouvelle fois l’occasion de rappeler le sort fait en France aux tsiganes pendant la  seconde guerre mondiale. Cette  cérémonie s’est déroulée sous le haut patronage et en présence de Jean marc TODESCHINI secrétaire d’Etat chargé des anciens combattants et de la mémoire  et en présence de nombreux représentants de la communauté tsigane.

La participation à cette cérémonie du souvenir mais réel, d’une reconnaissance d’une page honteuse de l’histoire de la France de vichy.

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Jargeau, cérémonie, 15 décembre 2015 Télécharger

Stationnement des Gens du voyage : chacun doit respecter la loi 19 décembre 2015

COMMUNIQUE

 

Stationnement des Gens du voyage : chacun doit respecter la loi

 

Une nouvelle fois, Madame Valérie BOYER Députée maire des 11è et 12è arrondissements de Marseille met violement et injustement en cause une centaine de familles de gens du voyage qui depuis quelques semaines stationnent sur un terrain appartenant à Marseille-Provence-Métropole (MPM) dans le quartier de La BARASSE. Son attitude et ses propos publics accusant ces personnes d’illégalité et de comportements nuisants pour le voisinage relèvent d’une diffamation et d’une stigmatisation condamnées par la loi.

Rappelons en effet que depuis la loi du 5 juillet 2000 la mairie de Marseille puis MPM sont dans l’obligation de créer des aires d’accueil et de grand passage pour ces personnes en application du schéma départemental qui fixe les obligations de chaque commune. Malgré de multiples rappels de la part du préfet, la ville de Marseille comme aujourd’hui MPM, sont donc dans illégalité et ne peuvent de ce fait interdire tout stationnement de caravanes sur le territoire communal.

Madame Valérie Boyer met en cause le préfet des Bouches-du-Rhône exigeant qu’il décide le recours à la force publique pour expulser ces familles. On rappellera à Madame Boyer que, par une décision en date 13 novembre 2015 le Tribunal Administratif des Bouches-du-RHône a débouté MPM d’une plainte similaire et condamné la collectivité à réaliser les aires d’accueil prévues au schéma dans un délai de six mois. La préfecture des Bouches-du-Rhône a de même été condamnée par deux fois le 16 décembre 2008 et le 15 décembre 2009 sur plainte d’une association de voyageurs, par le Tribunal Administratif pour absence d’aires d’accueil dans le département.

A ce jour, cette situation de carence manifeste conduit les familles de voyageurs, faute de terrains prévus par la loi, à s’arrêter sur des espaces ouverts au public comme le parking de la Barrasse. La présence de ces familles peut sans doute occasionner quelques difficultés de voisinage. Cela ne saurait servir d’excuse à une élue pour stigmatiser ces personnes et tenir des propos erronés à même de renforcer auprès de ses électeurs le rejet parfois violent de ces familles.

Marseille le 17 décembre 2015

Marc Bordigoni nous aide à comprendre les graves incidents de Moirans 22 octobre 2015

Moirans : chez les gens du voyage, «la présence d’un frère à un enterrement est cruciale»

Par Frantz Durupt — 21 octobre 2015 à 18:34 Journal LIBERATION

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Adèle Vinterstein, la mère du jeune homme mort dans un accident de voiture, le 21 octobre 2015 à MoiransPhoto PHILIPPE DESMAZES. AFP

Marc Bordigoni, anthropologue, analyse le rapport aux morts de la communauté et rappelle que les tensions des derniers mois résultent de décisions politiques.

Moirans : chez les gens du voyage, «la présence d’un frère à un enterrement est cruciale»

Après les incidents survenus mardi soir à Moirans (Isère), où des gens du voyage ont demandé la sortie de prison pour quelques heures du frère d’un des leurs décédé le week-end dernier (lire notre résumé des faits), l’anthropologue Marc Bordigoni, auteur de Gitans, Tsiganes, Roms… Idées reçues sur le monde du voyage (Le Cavalier bleu, 2013), explique à Libération les spécificités culturelles de cette communauté dans son rapport aux morts et rappelle que les tensions des derniers mois résultent de décisions politiques.

A lire aussi : Cinq clichés sur les gens du voyage

On dit que les incidents de mardi impliquent des «gens du voyage», mais de quoi parle-t-on exactement ?

De ce que j’ai aperçu, il s’agit de familles qui sont de très vieille implantation en France, qu’on appelle souvent des Manouches, et qui sont sûrement des familles installées en Isère depuis un moment. D’ailleurs, je vous signale qu’il y a une exposition consacrée à la présence des Tsiganes en Isère [«Tsiganes, la vie de bohème ?» au Musée dauphinois, ndlr] qui va être inaugurée vendredi soir à Grenoble, et qui a été organisée avec des familles locales. C’est une exposition qui montre l’apport de ces familles, qu’il faut d’ailleurs appeler «Français itinérants» pour rappeler qu’elles sont avant tout françaises.

Faut-il analyser les événements sous l’angle du rapport aux morts qu’entretiennent les gens du voyage ?

L’anthropologue Patrick Williams a écrit un livre, Nous, on n’en parle pas, les morts et les vivants chez les Manouches [paru en 1993], qui est une ethnographie d’une communauté de ce type-là, dans la Creuse. Il montre que la présence des défunts occupe une place centrale pour le groupe. Le fait d’avoir des morts en commun lie les gens entre eux, tout comme le fait de les honorer, quelle que soit la manière. Marquer du respect envers eux, c’est une valeur essentielle. Quand quelqu’un décède, la veillée et l’enterrement sont un grand moment de rassemblement de tout le groupe, aussi bien les parents que les connaissances. Les enterrements de gens qui paraissent très isolés vont réunir des dizaines, voire des centaines de voitures, ce qui peut surprendre les gens du coin.

Il faut comprendre que la présence d’un frère à un enterrement peut être considérée comme absolument cruciale, c’est d’ailleurs ce que dit la mère des deux garçons, madame Vinterstein. La famille est dans la souffrance, du fait de la bêtise du garçon qui est mort, mais ça n’empêche qu’on lui doit le respect. Une fois qu’il est décédé, on doit l’honorer en tant que tel. On doit lui marquer le respect pour qu’il soit en paix. Par ailleurs, je ne sais pas si c’est une politique voulue ou pas, mais c’était assez fréquent que des autorisations de sortie de prison, pour quelques heures, soient données dans ce genre de situation.

Peut-on replacer ces incidents dans le contexte plus général des relations entre les pouvoirs publics et les gens du voyage ?

Même si ce sont des voitures venant de la casse qui ont été brûlées, c’est sûr que ce qui s’est passé mardi, c’est un trouble plus que majeur à l’ordre public. C’est une manifestation extrêmement forte, que l’on peut condamner et juger disproportionnée, mais qui est une réaction épidermique et sûrement le fait de jeunes. Elle reflète la tension extrême qu’il y a entre certains groupes de gens du voyage et les pouvoirs publics. Depuis 2002, la situation ne fait que se tendre. En 1990, puis en 2000, avec la loi Louis Besson, le pouvoir avait essayé d’esquisser des solutions et de trouver des terrains d’entente – et il y a des choses qui marchent, comme dans le Puy-de-Dôme. Mais dans beaucoup d’endroits, la situation est plus tendue.

A lire aussi : Où vivent les gens du voyage ?

Depuis 2002 et l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, puis des Finances, des lois sur la sécurité intérieure et des amendements à la loi de finances ont permis aux maires de retarder la mise en œuvre de schémas départementaux et de créer des infractions nouvelles pour les gens du voyage. On est passé à une sorte de «guerre des tranchées», puisque c’est la tactique de beaucoup de mairies : dès qu’un groupe s’est installé quelque part, elles vont ensuite creuser des tranchées pour que personne d’autre ne vienne. Mais sans par ailleurs offrir des solutions, et sans respecter la loi sur les aires d’accueil.

On insécurise ainsi le mode de vie des Français itinérants, qui le sont à certaines périodes pour des raisons économiques, notamment pour aller vendre sur les marchés ou faire des travaux agricoles. Quand on entend parler des problèmes de stationnement dans le Sud ou sur la côte Atlantique, c’est parce que ce sont des zones très denses, mais quand elles vont faire la récolte du maïs ou les vendanges dans le Beaujolais, les familles sont accueillies depuis très longtemps par les agriculteurs, sans que ce soit visible. Evidemment, les incidents comme ceux de mardi sont très télégéniques.

Résultat, les jeunes gens qui ont 20-25 ans aujourd’hui avaient 10 ans au début du XXIe siècle et n’ont ainsi connu que ces tensions avec les forces de l’ordre. C’est quelque chose qui est tout à fait nouveau dans l’histoire du voyage puisque, traditionnellement, il y a un grand souci de discrétion : on s’installe dans un coin et surtout on ne laisse pas de trace, on évite les conflits. Je pense que parmi les différents groupes de gens du voyage, beaucoup sont effarés par une telle situation.

Frantz Durupt

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Soutenons Le cirque Romanes 20 octobre 2015

Plus de 6600 signataires pour soutenir le Cirque tzigane Romanès

12 octobre 2015 |  Par Les invités de Mediapart    LA-LUNE-PLUS-POETIQUE-QUE-LE-S_3136997418535342090

Rejoignez les 6 600 signataires de l’appel lancé par le cirque tzigane Romanès, pour que cessent les violences racistes dont le cirque est victime depuis qu’il est installé dans le Square Parodi (Paris 16e). « La situation est grave car notre avenir professionnel est menacé ainsi que notre sécurité. Pour ces raisons, nous demandons à toutes les bonnes volontés de nous soutenir en signant notre appel. »

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Cela fait vingt ans que le Cirque tzigane Romanès, unique en Europe, est implanté à Paris avec le soutien de la Mairie de Paris. Il nous permet de faire notre métier d’artistes en faisant rayonner et mieux connaître la culture tzigane en France. Nos spectacles ont déjà été accueillis par des milliers de spectateurs.

Depuis vingt ans, nous avons été déplacés dans divers lieux, de la Place Clichy (18e) à la Porte de Champerret (17e) en fonction de la disponibilité des terrains. En tant que Gitans Tziganes, nous avons souvent dû faire face à la méconnaissance de notre culture, voire parfois à des réactions  agressives. Nous avons toujours relevé le défi de la peur de l’autre et du racisme.

Installés depuis le mois de juin 2015 dans un nouveau lieu, au Square Parodi dans le 16e arrondissement de Paris, nous faisons face, chaque jour, à un réel vandalisme qui nous fait comprendre que nous ne sommes pas les bienvenus pour certains.

Chaque jour depuis deux mois, nous sommes confrontés à des actes de délinquance odieux, nos portes et fenêtres de caravanes sont défoncées, nos canalisations d’eau percées, notre branchement internet incendié, toutes nos archives photos ainsi que nos costumes de scène ont été volés, etc. Sans compter les multiples procédures judiciaires déposées contre nous, par diverses associations locales.

Lorsque ce site nous a été proposé par la Mairie de Paris, au vu de la pénurie de terrains, nous n’avons pas eu d’autre choix que d’accepter cette proposition.

A ce stade, la situation est grave car notre avenir professionnel est menacé ainsi que notre sécurité. Pour ces raisons, nous demandons à toutes les bonnes volontés de nous soutenir en signant notre appel afin que cessent ces actes racistes. Nous demandons juste qu’on nous laisse faire notre métier d’artistes qui consiste à accueillir chaleureusement tous les publics et à faire découvrir la culture tzigane, dans toute sa beauté et son intégrité.

 

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