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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Habitat sédentaire

Marseille, Le Petit Séminaire : une cité symbole d’une politique municipale de rejet et de mépris 28 mars 2019

Le petit séminaire

C’est avec stupeur que j’apprends que la cité du « Petit Séminaire » à Marseille, dans le XIIIème arrondissement, va être détruite. Si un tel projet est mis en œuvre, ce sera l’achèvement d’une stratégie de longue haleine qui, depuis près de cinquante ans, a conduit les responsables politiques de Marseille à chasser les pauvres au lieu de lutter contre la pauvreté.

Ce projet de démolition resurgit alors que le drame de la rue d’Aubagne a endeuillé la population marseillaise, mettant en lumière une politique municipale en matière d’habitat guidée par une idéologie de ségrégation sociale et ethnique. En terme plus « soft », on parlera d’une politique de « gentrification » et d’une absence assumée, sinon revendiquée, de mixité urbaine. Cette « ségrégation » fort ancienne a été largement développée par Jean-Claude Gaudin et son équipe, laissant les mains libres aux trop nombreux promoteurs qui, toujours à la recherche du plus grand profit, s’adaptent à la demande des « bons clients » qui, à l’évidence, préfèrent se retrouver entre eux.

Mais revenons à la cité du « Petit Séminaire » qu’Habitat Marseille Provence s’apprête à démolir sans aucun scrupule et avec des arguments bien rodés : inconfort, insalubrité, coût d’entretien, comportement des locataires, etc… En 1980, cette petite cité, laissée à l’abandon et déjà vouée à la démolition, va faire l’objet d’une opération de sauvetage exceptionnelle et quasi « miraculeuse » grâce à la ténacité de Michel ANSELME, sociologue (hélas trop tôt disparu) et chercheur au CERFISE, de Michel PERALDI et d’un architecte André JOLLIVET. Dans un premier temps, ils réussissent à convaincre le Ministre du logement, le président d’alors de l’Office HLM et son directeur, de les laisser tenter une autre hypothèse que celle de la démolition. Ils sont en effet convaincus que les habitants de la cité ont leur mot à dire et ils s’engagent à recevoir leurs doléances et, dans la mesure du possible, à en tenir compte. En mai 1981, François MITTERAND vient d’être élu Président de la République. Il a chargé Hubert DUBEDOUT d’une mission sur les banlieues. Le rapport intitulé : « Ensemble refaire la ville », diffusé fin 1982, met en avant l’importance du rôle des habitants dans la requalification des quartiers d’habitat populaire : cette équipe marseillaise de « copains », quelque peu visionnaires, s’est alors installée sur place (pour certains, jours et nuits) et, durant cinq ans, ils ont écouté et enregistré la parole des habitants en tentant de la retranscrire dans leurs plans et leurs travaux. Ce ne fut pas pour eux un long fleuve tranquille, mais la plupart des anciens locataires ont retrouvé, à la suite des travaux, des conditions de vie plus acceptables. Cette « expérimentation » originale à plus d’un titre a fait l’objet de nombreux rapports et enquêtes qui vantaient la démarche et ses résultats (Cf. Les Annales de la recherche urbaine année 1985/26/p 49/50). Le Ministère du logement, en tirant les conclusions de ces travaux, a alors décidé d’engager et financer une nouvelle procédure nationale appelée Maitrise d’œuvre urbaine et sociale largement connue et utilisée aujourd’hui sous le sigle MOUS. Cette modalité d’intervention a eu des retombées jusqu’en Chine où les « copains marseillais  » ont été invités à faire part de leur expérience.

Cette démarche qui aurait dû montrer le chemin et devenir la règle dans tout projet sérieux de réhabilitation est rapidement tombée dans l’oubli sous la pression conjuguée de certains maires et des promoteurs publics ou privés qui voyaient leur pouvoir et leurs choix menacés par des habitants dont ils doutaient ou contestaient la qualité de citoyens et surtout d’électeurs. Les habitants de la cité du Petit Séminaire, dans l’ensemble satisfaits des résultats, se sont sentis abandonnés lors du départ de l’équipe. Il avait pourtant été prévu une période de suivi durant laquelle l’OPHLM mettrait en place une « gestion sociale de proximité » ou GEX financée par l’Etat. Le changement de présidence et de la direction de l’Office HLM, repris d’une main ferme par les élus, a mis à mal ces bonnes intentions et très vite le Petit Séminaire a de nouveau été classée comme cité à problèmes contribuant ainsi ou départ des familles les moins pauvres et à un regroupement de familles d’origine gitane rejetées par ailleurs.

Si nous avons rappelé cette triste mais surtout sinistre comédie c’est qu’elle est le reflet d’une politique de l’habitat volontariste qui contribue, malgré toutes les déclarations et procédures officielles, à aggraver une ségrégation urbaine et sociale. « La politique de la ville » sensée s’appliquer à plus d’un tiers du territoire marseillais n’est qu’un leurre permettant à « quelques bonnes âmes » de se satisfaire de généreux discours.
Dans un tel contexte, il faut d’urgence alerter tous ceux, et ils sont nombreux, qui se battent et souhaitent que Marseille reste fidèle à sa vocation historique : une ville de rassemblement et d’accueil ouverte sur le monde.

Toute politique qui ne prendrait pas en compte l’expertise et la capacité des habitants à être acteurs de leur avenir est vouée à l’échec. Il convient par tous moyens de faire entendre cette réalité à ceux qui auront, dans 18 mois, l’audace de solliciter nos voix.

Marseille, le 26/01/2019
Alain FOUREST
Ancien responsable de la Commission Nationale de Développement Social des Quartiers.
Président d’honneur de Rencontres Tsiganes

« Des aires » un webdocumentaire de Gaëlla Loiseau 20 septembre 2017

En caravane, en yourte ou en camion, qu’ils soient saisonniers, néo-travellers ou gens du voyage, tous peinent à se frayer une place entre l’intransigeance de la règle et la porosité du droit. Des Aires est un webdocumentaire réalisé par Gaëlla Loiseau dans le cadre d’une thèse en sociologie. Il met en exergue des situations rencontrées lors de son travail de terrain et propose un cheminement qui s’approche de l’enquête sociologique elle-même.

« Dans un premier temps, nous présenterons une ou deux situations de gens du voyage cherchant à se sédentariser. Nous verrons que cette notion de sédentarisation est complexe à cerner et qu’elle s’inscrit dans un contexte relationnel paradoxal entre voyageurs et sédentaires.

Dans un second temps nous découvrirons le cheminement émancipatoire dune jeune femme Violette aux prises avec les normes, les contraintes et les contradictions inhérentes à son identité de voyageuse. Nous entrons dans son histoire, qui traverse celle de l’ensemble des gens du voyage, avec un regard ethnographique qui nous permet d’appréhender l’univers voyageur tel qu’il est vécu. » Gaëlla Loiseau

Gaëlla Loiseau :  après des études d’ethnologie (université de Bordeaux) et de sociologie (Paris Est Créteil), elle a travaillé une dizaine d’année comme médiatrice auprès des gens du voyage. Titulaire d’un Master en droit public (université de Montpellier), elle est aujourd’hui doctorante en sociologie à l’Université du Havre. Gaëlla Loiseau a coordonné en 2015 un ouvrage collectif intitulé « Actualité de l’habitat temporaire. De l’habitat rêvé à l’habitat contraint » (Terra HN Editions)

LE WEB-DOCUMENTAIRE EST EN LIGNE  www.desaires.fr

ERDF coupe illégalement le courant à 40 familles de Vitrolles 24 janvier 2017

Une fois de plus la Société ERDF en charge du service public de l’électricité montre son ignorance de la loi et son mépris de certains de ses clients lorsqu’ils habitent dans des caravanes.

 

Ce mardi 10 janvier au matin ERDF est venu couper l’alimentation électrique à une quarantaine de familles de gens du voyage qui habitent, pour certaines depuis plus de dix ans, dans leurs caravanes sur un terrain municipal dans le quartier l’Anjoly à VITROLLES. Ces familles ont été regroupées à titre temporaire sur ce terrain municipal à la suite d’une décision de justice lors de l’évacuation d’un ancien terrain d’accueil jugé insalubre. Les services de la mairie de Vitrolles n’ont pas été avertis de cette coupure alors qu’ils sont les souscripteurs du contrat d’alimentation. ERDF, en supprimant l’accès à l’électricité à ces familles (avec des enfants en bas âge et des personnes âgées contrevient à la loi du 10 février 2000 qui met ERDF dans l’obligation d’assurer le service de l’électricité considéré comme produit de première nécessité. Grâce à la mobilisation des familles et avec l’appui des services de la commune de Vitrolles, l’alimentation électrique a pu être rétablie de manière provisoire vers 22h.

 

Ce très grave incident qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques n’est hélas pas le premier dans notre région. Depuis 2003, date de création de l’association Rencontres Tsiganes, nous sommes très régulièrement alertés par des gens du voyage sur le comportement d’agents d’ERDF ou d’EDF qui, soit procèdent à des coupures de courant intempestives soit refusent d’installer des branchements provisoires ou définitifs sous des prétextes les plus divers et le plus souvent illégaux. Sauf de rares exceptions, les usagers lorsqu’ils tentent de se renseigner sont renvoyés d’un service à un autre ou tout simplement éconduits. Dernier exemple en date : on y est pour rien. C‘est un nouveau logiciel qui nous a dit de couper !

 

A chaque incident, nous tentons d’intervenir soit par téléphone soit par courrier auprès des services concernés afin de rappeler la législation et les multiples décisions de justice donnant tort à EDF et l’obligeant à la fourniture de courant. Nous avons à de nombreuses reprises, sans résultat à ce jour,  sollicité la direction régionale d’ERDF afin de tenter de comprendre ces comportements que nous considérons dans de nombreux cas comme discriminatoires.

Nous venons de saisir le préfet de Région de ce dossier.ERDF Préfet 13-01-2016

Pièces jointes

ERDF Préfet 13-01-2016 Télécharger

A Marseille, la cité abandonnée 23 décembre 2016

Une série de reportages met à nouveau en lumière une cité d’habitat social   gravement dégradée  dans le 12ème arrondissement de Marseille  à Mongrand la Millière.

En 2008 déjà, dans un rapport que nous avions publié avec la Fondation Abbé Pierre  nous avions mis l’accent sur cette cité laissé à l’abandon par le propriétaire la société DOMICIL:

Les titres de cette enquête en résumaient alors l’essentiel :

Une population à très forte majorité tsigane du fait d’un renforcement de la ségrégation ethnique.

Des acteurs sociaux qui quittent le territoire au profit d’une association communautaire, malgré l’implication du centre social.

Une situation sociale qui tend à un repli identitaire

8 années ont passé et nos alarmes n’ont reçu aucun échos comme le confirment les titres de la presse aujourd’hui

Marseille : Montgrand, la cité abandonnée

La stratégie du « pourrissement »

Une secte dans le  quartier  ? Mardi 06/12/2016 à 08H04 Marseille

On annonce qu’un projet immobilier doit voir le jour dans cette zone aujourd’hui plus recherchée. Comme à l’accoutumé le promoteur met la dégradation de cette cité sur le compte du comportement des familles que l’on laissé dans le plus grand abandon  durant 25 ans.

Cette stratégie de pire est  bien ancrée dans la  politique de l’habitat à Marseille  avec la complicité des promoteurs dits sociaux comme DOMICIL

 

 

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A Vitrolles, les huissiers sont en accusation . 24 septembre 2016

En août dernier, alors qu’un grave incendie menaçait une partie des habitants de la commune qui ont du être évacués, une quarantaine de familles de voyageurs sédentarisées recevaient une assignation en référé au TGI d’Aix en Provence demandant leur expulsion immédiate .

Pour la plupart, ces familles ont été installées par la mairie de Vitrolles, sur un terrain appartenant à la commune. Cette installation qui date de plus de 10 ans pour certaines familles, avait un caractère provisoire dans l’attente de l’aménagement d’un lieu d ‘accueil  définitif. Depuis lors les branchements d’eau et d’électricité et les factures correspondantes sont réglées par la mairie de Vitrolles qui avait été contrainte à ce relogement par une décision du TGI en 2010. Face à la stupéfaction et l’inquiétude des familles,  nous avons pu constater les graves errements à l’origine de cette convocation.

La Société LA POSTE est propriétaire d’une importante parcelle voisine et, souhaitant s’en dessaisir, aurait  trouvé un acquéreur qui a mis comme condition que le terrain soit libre de toute occupation. En effet alors qu’aucune clôture ou délimitation sur le terrain ne permet de vérifier les limites de propriété, elle prétextait que des caravanes occupaient ce terrain. Un huissier de justice a donc été chargé d’un constat et sans  se soucier des conséquences de cette grave erreur professionnelle et sans aucune vérification auprès des familles,  a relevé les numéros d’immatriculation de toutes les caravanes présentes sur le terrain communal.

Après avoir effectué de multiples démarches et rassuré les familles en leur conseillant de se présenter au tribunal , une avocate a bien voulu accepter de prendre en charge ce dossier au mois d’août et rédiger des conclusions  mettant en cause le constat de l’huissier et la demande d’expulsion requise par le propriétaire. L’audience a eu lieu le 23 août. Le juge avait annoncé une décision pour le 13 septembre. A ce jour 23 septembre il n’a toujours pas fait connaître sa décision au grand dam des familles toujours très inquiètes pour leur avenir .

 

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Le Ministère du logement et l’habitat adapté 22 juillet 2016

Un message important  de la part de l’ANGVC à diffuser largement

 

Bonjour,
Voici des informations sur l’appel à projets « PLAI adaptés » 2016 lancé par le ministère du Logement et de l’Habitat durable.
Je vous invite à mobiliser et à faire connaitre cette mesure à tous les acteurs de l’habitat et du logement de vos réseaux afin qu’ils soient sensibilisés à cet appel d’offre qui peut permettre également la réalisation d’une offre publique des collectivités d’habitat adapté à la résidence mobile (terrains familiaux notamment).

N’hésitez pas à vous servir de l’argument pour convaincre les élus…
Lancement de l’appel à projets « PLAI adaptés » 2016

Le ministère du Logement et de l’Habitat durable vient de lancer la session 2016 de l’appel à projets « PLAI adaptés » dont l’objectif est de voir émerger une nouvelle offre de logements locatifs sociaux. Initié en 2013, le programme vise à mettre en œuvre des solutions innovantes permettant d’offrir des logements pérennes dont les caractéristiques sont adaptées aux ménages les plus fragiles : proposition d’un loyer et de charges maitrisés, gestion locative adaptée, accompagnement, etc. Pour permettre le financement d’un plus grand nombre de projets, la procédure de sélection des opérations éligibles au financement « PLAI adapté » a été modifiée et assouplie.

Le programme « PLAI adaptés » est destiné à améliorer le financement des opérations de logements locatifs très sociaux par la mobilisation des crédits initialement affectés au fonds national de développement d’une offre de logements locatifs très sociaux (FNDOLLTS) créé par la loi du 18 janvier 2013 et alimenté par la majoration des prélèvements effectués sur les communes déficitaires en logements sociaux (SRU) placées en état de carence par les préfets, lequel fonds disparaîtra le 1er août prochain. A cette échéance, les crédits de ce fonds seront absorbés par le Fonds national des aides à la pierre (FNAP) créé par l’article 144 de la loi de finances pour 2016, qui percevra les majorations SRU et assurera avec cette ressource la continuité du financement du programme « PLAI adapté ».

Les trois premiers appels à projets du programme ont permis de sensibiliser les acteurs à la nécessité de mettre en œuvre des solutions innovantes permettant d’offrir des logements pérennes dont les caractéristiques physiques et financières permettent une meilleure maîtrise des charges et des loyers et qui font l’objet d’une gestion locative adaptée aux ménages les plus fragiles. Ils ont permis le financement de plus de 1 500 logements. Toutefois, ces résultats ne reflètent encore que partiellement l’intérêt qu’ont montré certains acteurs pour ce programme et la mobilisation qui s’est peu à peu mise en place sur les territoires. Il est espéré, en cette année 2016, que les résultats du programme seront à la hauteur des prévisions de cette mobilisation annoncée.

Pour en faciliter la mise en œuvre et permettre le financement d’un plus grand nombre de projets, la procédure de sélection des opérations éligibles au financement « PLAI adapté » a été modifiée et assouplie. Les maitres d’ouvrage pourront en effet désormais déposer leurs dossiers au fil de l’eau, sans échéance fixe, auprès des DDT et des délégataires de compétence. Les services départementaux et/ou régionaux de l’Etat, et/ou les comités créés et/ou mobilisés localement pour ce faire, les analyseront et les transmettront accompagnés de leur avis, via le préfet de région, à la DHUP, qui les soumettra à la validation définitive du FNAP. Celui-ci pourra recourir pour ce faire à la constitution du comité consultatif prévu au R. 435-3 du CCH et un projet de délibération en ce sens sera soumis au conseil d’administration du FNAP dès que possible. Ce comité a vocation à se réunir à intervalle régulier, pour examiner et valider définitivement les dossiers sur la base des remontées régionales, dès que le volume d’opérations reçues au niveau national le permettra.

Par ailleurs, au-delà des modalités de sélection telles que présentées ci-dessus, le cahier des charges 2016 est adapté par rapport au précédent sur les principaux points suivants, susceptibles de faire émerger un nombre plus conséquent de logements financés :

• réévaluation des montants de subventions par PLAI adapté financé, en vue de mieux satisfaire les besoins en fonds gratuits indispensables à l’équilibre financier des opérations ;
• révision du montant des charges locatives maximum considéré comme acceptable dans le cas des opérations en acquisition-amélioration ;
• inscription possible d’un loyer accessoire pour les opérations dédiées à la sédentarisation des gens du voyage.

Plus d’informations sur l’appel à projets et le cahier des charges : http://www.logement.gouv.fr/appel-a-projets-plai-adaptes-2016

Bonne réception.

HABITAT PERMANENT EN RÉSIDENCE MOBILE 19 juin 2016

Photo Brétign.jpg.567C’est un  rapport de grande qualité présenté par le service habitat de la FNASAT  lors de la récente assemblée générale de cette fédération (Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les Gens du voyage)

Ce dossier très complet sur l’habitat des gens du voyage rassemble de nombreuses informations sur les nouveaux besoins des familles qui souhaitent se  sédentariser et sur les possibilités qui leur sont offertes pour y parvenir. Il est très largement illustré par des exemples de réalisations recueillis auprès des adhérents du réseau de la FNASAT

Habitat permanent en résidence mobile_Analyses-actions du réseau FNASAT_Mai 2016

Il a vocation à être largement diffusé auprès de tous ceux (Elus, fonctionnaires, travailleurs sociaux etc.. ) qui sont directement concernés par les politiques locales de l’habitat.

 

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A Montpellier expulsion de gitans sédentarisés 21 mars 2016

expulsion MontpellierInfo 24 par Jean marc AUBERT

 

7 familles de Gitans sédentarisés, soit une quarantaine de personnes dont des enfants ont été expulsés par les services de police ce matin de leurs caravanes installées sur le parking de la résidence du Mas de Cholet, près de l’avenue du Mas de Portalys, aux Près-d’Arènes, à Montpellier.

« Les caravanes et les familles expulsées occupent désormais un terrain proche de celui où elles étaient installées depuis de nombreuses années, des tranchées sont creusées à l’endroit d’où elles ont été expulsées ce matin pour ne plus pouvoir revenir. Il faut savoir que ces Gitans avaient obtenu l’accord verbal il y a 8 ans de Mme Hélène Mandroux, maire de la ville à l’époque et l’autorisation verbale d’Annie Bénézech, adjointe au maire en charge du quartier pour s’installer résidence Cholet » certifie Yaka Maraval, le médiateur de la communauté gitane de Montpellier.

« Aucun dialogue »

Yaka Maraval dénonce ce matin l’absence totale de dialogue avec les collectivités : « Depuis que ces 7 familles m’ont alerté de leur expulsion, il y a quelques semaines, j’ai tenté de rencontrer des élus de la Ville, dont celui en charge des quartiers sud, en vain. Les médiateurs de la Ville, de la Métropole et de la préfecture de l’Hérault font la sourde oreille, également, où ces 40 Gitans vont-ils aller vivre, désormais ? Depuis, ce matin, ils squattent un terrain sans autorisation, c’est un cercle vicieux infernal. Ces Gitans sont nés au Mas de Portalys et Mas de Cholet, c’est leur quartier ».

Opération l’an dernier 

L’année dernière (photo), une opération policière avait été lancée au Mas de Portalys pour enrayer un trafic présumé de ferraille. La procédure judiciaire serait toujours en cours.

Une cinquantaine de policiers ont de nouveau débarqué résidence du mas de Cholet, ce matin avec un tractopelle. Les Gitans expulsables attendaient leur venue.

Yaka Maraval, présent sur place, regrette qu’aucun élu ne se soit déplacé pour cette nouvelle opération.

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Une enquête sur la sédentarisation dans les Bouches-du-Rhône 19 février 2016

Cette enquête a fait l’objet d’une présentation sommaire lors de la dernière réunion de la commission départementale des gens du voyage, le 10 février dernier. Au cours de cette réunion présidée par Stéphane BOUILLON, Préfet de Région, et madame Danièle BRUNET, conseillère départementale,  les participants ont pris connaissance du travail  engagé il y a plus d’un an  que nous attendions avec impatience. Voilà en effet plus de dix ans que, à chaque occasion, nous n’avons cesser de rappeler que, dans la Région, la sédentarisation, le plus souvent contrainte, d’un nombre croissant de voyageurs est une question majeure laissée sans solution .

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Cette enquête à laquelle nous avons pris une part active ne fait que confirmer nos analyses. Ce sont plus de 300 familles qui dans l’urgence nécessitent que  des solutions d’habitat adaptées leurs soient proposées.  Les aires d’accueil prévu au schéma départemental ne peuvent répondre à leurs besoins.

On lira ci joint les avis que Rencontres Tsiganes a rédigé et diffusé sur cette enquête et les  propositions qui sont faites aux pouvoirs publics pour répondre à ces besoins. On peut regretter que la présentation trop rapide de cette étude en fin de séance de la commission, n’ait pas fait l’objet d’un débat et d’un programme d’action.IM000378

Pour éviter une fois de plus, qu’un tel travail soit rapidement oublié et qu’aucune suite ne lui soit donnée, nous  nous engageons à en diffuser les résultats et à agir pour que des programmes d’actions soient  mis en place.

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Étude sur la sédentarisation II des Télécharger
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Marc Bordigoni nous aide à comprendre les graves incidents de Moirans 22 octobre 2015

Moirans : chez les gens du voyage, «la présence d’un frère à un enterrement est cruciale»

Par Frantz Durupt — 21 octobre 2015 à 18:34 Journal LIBERATION

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Adèle Vinterstein, la mère du jeune homme mort dans un accident de voiture, le 21 octobre 2015 à MoiransPhoto PHILIPPE DESMAZES. AFP

Marc Bordigoni, anthropologue, analyse le rapport aux morts de la communauté et rappelle que les tensions des derniers mois résultent de décisions politiques.

Moirans : chez les gens du voyage, «la présence d’un frère à un enterrement est cruciale»

Après les incidents survenus mardi soir à Moirans (Isère), où des gens du voyage ont demandé la sortie de prison pour quelques heures du frère d’un des leurs décédé le week-end dernier (lire notre résumé des faits), l’anthropologue Marc Bordigoni, auteur de Gitans, Tsiganes, Roms… Idées reçues sur le monde du voyage (Le Cavalier bleu, 2013), explique à Libération les spécificités culturelles de cette communauté dans son rapport aux morts et rappelle que les tensions des derniers mois résultent de décisions politiques.

A lire aussi : Cinq clichés sur les gens du voyage

On dit que les incidents de mardi impliquent des «gens du voyage», mais de quoi parle-t-on exactement ?

De ce que j’ai aperçu, il s’agit de familles qui sont de très vieille implantation en France, qu’on appelle souvent des Manouches, et qui sont sûrement des familles installées en Isère depuis un moment. D’ailleurs, je vous signale qu’il y a une exposition consacrée à la présence des Tsiganes en Isère [«Tsiganes, la vie de bohème ?» au Musée dauphinois, ndlr] qui va être inaugurée vendredi soir à Grenoble, et qui a été organisée avec des familles locales. C’est une exposition qui montre l’apport de ces familles, qu’il faut d’ailleurs appeler «Français itinérants» pour rappeler qu’elles sont avant tout françaises.

Faut-il analyser les événements sous l’angle du rapport aux morts qu’entretiennent les gens du voyage ?

L’anthropologue Patrick Williams a écrit un livre, Nous, on n’en parle pas, les morts et les vivants chez les Manouches [paru en 1993], qui est une ethnographie d’une communauté de ce type-là, dans la Creuse. Il montre que la présence des défunts occupe une place centrale pour le groupe. Le fait d’avoir des morts en commun lie les gens entre eux, tout comme le fait de les honorer, quelle que soit la manière. Marquer du respect envers eux, c’est une valeur essentielle. Quand quelqu’un décède, la veillée et l’enterrement sont un grand moment de rassemblement de tout le groupe, aussi bien les parents que les connaissances. Les enterrements de gens qui paraissent très isolés vont réunir des dizaines, voire des centaines de voitures, ce qui peut surprendre les gens du coin.

Il faut comprendre que la présence d’un frère à un enterrement peut être considérée comme absolument cruciale, c’est d’ailleurs ce que dit la mère des deux garçons, madame Vinterstein. La famille est dans la souffrance, du fait de la bêtise du garçon qui est mort, mais ça n’empêche qu’on lui doit le respect. Une fois qu’il est décédé, on doit l’honorer en tant que tel. On doit lui marquer le respect pour qu’il soit en paix. Par ailleurs, je ne sais pas si c’est une politique voulue ou pas, mais c’était assez fréquent que des autorisations de sortie de prison, pour quelques heures, soient données dans ce genre de situation.

Peut-on replacer ces incidents dans le contexte plus général des relations entre les pouvoirs publics et les gens du voyage ?

Même si ce sont des voitures venant de la casse qui ont été brûlées, c’est sûr que ce qui s’est passé mardi, c’est un trouble plus que majeur à l’ordre public. C’est une manifestation extrêmement forte, que l’on peut condamner et juger disproportionnée, mais qui est une réaction épidermique et sûrement le fait de jeunes. Elle reflète la tension extrême qu’il y a entre certains groupes de gens du voyage et les pouvoirs publics. Depuis 2002, la situation ne fait que se tendre. En 1990, puis en 2000, avec la loi Louis Besson, le pouvoir avait essayé d’esquisser des solutions et de trouver des terrains d’entente – et il y a des choses qui marchent, comme dans le Puy-de-Dôme. Mais dans beaucoup d’endroits, la situation est plus tendue.

A lire aussi : Où vivent les gens du voyage ?

Depuis 2002 et l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, puis des Finances, des lois sur la sécurité intérieure et des amendements à la loi de finances ont permis aux maires de retarder la mise en œuvre de schémas départementaux et de créer des infractions nouvelles pour les gens du voyage. On est passé à une sorte de «guerre des tranchées», puisque c’est la tactique de beaucoup de mairies : dès qu’un groupe s’est installé quelque part, elles vont ensuite creuser des tranchées pour que personne d’autre ne vienne. Mais sans par ailleurs offrir des solutions, et sans respecter la loi sur les aires d’accueil.

On insécurise ainsi le mode de vie des Français itinérants, qui le sont à certaines périodes pour des raisons économiques, notamment pour aller vendre sur les marchés ou faire des travaux agricoles. Quand on entend parler des problèmes de stationnement dans le Sud ou sur la côte Atlantique, c’est parce que ce sont des zones très denses, mais quand elles vont faire la récolte du maïs ou les vendanges dans le Beaujolais, les familles sont accueillies depuis très longtemps par les agriculteurs, sans que ce soit visible. Evidemment, les incidents comme ceux de mardi sont très télégéniques.

Résultat, les jeunes gens qui ont 20-25 ans aujourd’hui avaient 10 ans au début du XXIe siècle et n’ont ainsi connu que ces tensions avec les forces de l’ordre. C’est quelque chose qui est tout à fait nouveau dans l’histoire du voyage puisque, traditionnellement, il y a un grand souci de discrétion : on s’installe dans un coin et surtout on ne laisse pas de trace, on évite les conflits. Je pense que parmi les différents groupes de gens du voyage, beaucoup sont effarés par une telle situation.

Frantz Durupt

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