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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Habitat subi

Les grands passages impossibles 9 juillet 2017

 

“BERRE-L’ÉTANG « Nuits de Berre » : des gens du voyage sur place“

 

“Les gens du voyage ont investi le Domaine de la Tour Dans la soirée de dimanche, un convoi de 200 à 250 caravanes a pris possession d’un terrain privé, à proximité du domaine de Tournon. Les gens du voyage ont annoncé être là jusqu’au 9 juillet.“

“Eguilles : gens du voyage installés illégalement, la préfecture réagit après une agression“

 

Comme chaque année, à la même époque, la presse locale fait, quasi chaque jour, des gros titres sur l’arrivée soudaine d‘importants groupes de caravanes qui viendraient perturber la “tranquillité des populations“. Ces titres accrocheurs et les photos et commentaires qui les suivent sont toujours largement accusateurs et le plus souvent partisans en reprenant des témoignages de voisins et des accusations des maires concernés.

 

Lors de la récente commission départementale des gens du voyage tenue à la préfecture de Bouches-du-Rhône le 28 juin dernier, ce dossier a une nouvelle fois fait l’objet d’échanges vigoureux.  Le pasteur Vermeche responsable national des évangélistes a, sur un ton mesuré, regretté l’absence de terrains d’accueil prévus par la loi du 2 juillet 2000 et montré comment les responsables des groupes de voyageurs tentaient, le plus souvent en vain, de prévenir les maires et d’éviter les conflits.  A nouveau le préfet a regretté une telle situation contraire à la loi sans proposer de solution. On a toutefois appris que, dans le département, une mission de médiation avait été confiée à une association. Le responsable a tenté d’expliquer son rôle mais a surtout montré son impuissance en mettant en cause l’attitude d’après lui souvent agressive des gens du voyage. Ces accusations contestées par le gens du voyage, ont démontré en séance l’inefficacité d’une telle mission. (Après recherche cette entreprise privée dénommée ACVG services crée il y a deux ans, a son siège à la Rochelle et vend des conseils et prestations aux collectivités locales. !!!.)   

 

Depuis le vote de la loi du 5 juillet 2000 nous n’avons cessé de dénoncer sans résultat cette situation et le refus des élus d’appliquer la loi de la République.  Les conflits qui en découlent renforcent auprès des habitants la crainte et plus souvent le rejet des voyageurs. Les médias mettent alors  de l’huile sur le feu.  Faudra-t-il attendre que cette sinistre “guerre de positions“ se termine par des affrontements violents pour qu’enfin l’Etat assume ses responsabilités ?

 

 

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Résorption des campements et bidonvilles à STRASBOURG : Objectifs Atteint 22 octobre 2016

C’est le bulletin en date  de la Dihal (délégation interminsisterielle à l’hébergement et l’accès au logement) en date du 18 octobre 2016 qui  nous transmet cette information.

On croit rêver!!  Qu’en pensent  Monsieur  Gaudin maire de Marseille et Monsieur Yves ROUSSET Préfet en charge de ce dossier ?

On peut leur proposer un voyage d’étude à Strasbourg !! C’est une très belle ville  et c’est bientôt le marché de Noël !!

 

Résorption des campements et bidonvilles à STRASBOURG : Objectifs Atteint

 

Le mardi 27 septembre dernier était organisée à Strasbourg une réunion bilan de l’action de résorption des bidonvilles pilotée par la Ville de Strasbourg, en partenariat avec la préfecture du Bas-Rhin. Tous les partenaires de la maîtrise d’oeuvre urbaine et sociale, ainsi que l’Ofii, le Conseil de l’Europe et la Dihal, participaient à cette réunion suivie d’une conférence de presse.

Grâce à la stratégie mise en place depuis 2013, L’objectif de résorption des bidonvilles sur l’ensemble du territoire de Strasbourg a été atteint

En juin 2013, 471 personnes vivaient sur 14 bidonvilles. Aujourd’hui un seul espace, sur lequel un point d’eau, des toilettes sèches et le ramassage des ordures sont assurés par la Ville de Strasbourg, demeure occupé par 26 personnes dans des caravanes mises à disposition par la ville.

Ces bons résultats s’expliquent par plusieurs éléments : Un engagement fort de la ville avec notamment une mission dédiée au sein de ses services ; un partenariat actif et large avec l’Etat u_(dans plusieurs dimensions : social, santé, emploi, éducation, ordre public…), le secteur associatif les opérateurs de la lutte contre la précarité ; Une stratégie pluriannuelle avec un objectif clair de résorption des bidonvilles ; une action globale allant de l’encadrement des terrains jusqu’à l’accès au logement ordinaire, en passant par des dispositifs d’accompagnement sur des espaces temporaires.

espace-temporaire-dinsertion-a-strasbourgDans les mois qui viennent, la Mous et l’accompagnement des familles dans les dispositifs d’insertion vont se poursuivre. La Ville de Strasbourg va également développer les actions d’accompagnement dans des projets de réinsertion dans le pays d’origine, en lien avec l’Ofii.

La MOUS en chiffres (septembre 2016)

éducation : 61 enfants scolarisés à l’école maternelle, primaire et au collège

emploi : 125 personnes ont trouvé un emploi salarié en septembre 2016

logement : 175 personnes ont accédé à un logement, 83 personnes sont en attente de logement

 

 

 

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A Vitrolles, les huissiers sont en accusation . 24 septembre 2016

En août dernier, alors qu’un grave incendie menaçait une partie des habitants de la commune qui ont du être évacués, une quarantaine de familles de voyageurs sédentarisées recevaient une assignation en référé au TGI d’Aix en Provence demandant leur expulsion immédiate .

Pour la plupart, ces familles ont été installées par la mairie de Vitrolles, sur un terrain appartenant à la commune. Cette installation qui date de plus de 10 ans pour certaines familles, avait un caractère provisoire dans l’attente de l’aménagement d’un lieu d ‘accueil  définitif. Depuis lors les branchements d’eau et d’électricité et les factures correspondantes sont réglées par la mairie de Vitrolles qui avait été contrainte à ce relogement par une décision du TGI en 2010. Face à la stupéfaction et l’inquiétude des familles,  nous avons pu constater les graves errements à l’origine de cette convocation.

La Société LA POSTE est propriétaire d’une importante parcelle voisine et, souhaitant s’en dessaisir, aurait  trouvé un acquéreur qui a mis comme condition que le terrain soit libre de toute occupation. En effet alors qu’aucune clôture ou délimitation sur le terrain ne permet de vérifier les limites de propriété, elle prétextait que des caravanes occupaient ce terrain. Un huissier de justice a donc été chargé d’un constat et sans  se soucier des conséquences de cette grave erreur professionnelle et sans aucune vérification auprès des familles,  a relevé les numéros d’immatriculation de toutes les caravanes présentes sur le terrain communal.

Après avoir effectué de multiples démarches et rassuré les familles en leur conseillant de se présenter au tribunal , une avocate a bien voulu accepter de prendre en charge ce dossier au mois d’août et rédiger des conclusions  mettant en cause le constat de l’huissier et la demande d’expulsion requise par le propriétaire. L’audience a eu lieu le 23 août. Le juge avait annoncé une décision pour le 13 septembre. A ce jour 23 septembre il n’a toujours pas fait connaître sa décision au grand dam des familles toujours très inquiètes pour leur avenir .

 

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Actualité de l’habitat temporaire 19 février 2016

Un ouvrage de référence

De l’habitat rêvé à l’habitat contraint

Sous la direction de Grégoire Cousin, Gaëlla Loiseau, Laurent Viala, Dominique Crozat et Marion Lièvre

Longtemps négligé, considéré comme un phénomène marginal, l’habitat temporaire fait l’objet d’une attention médiatique, politique et académique accrue ces dernières années. S’y rencontrent les élites mondialisées hyper-mobiles, les vacanciers le temps d’un été, les travailleurs mobiles ou encore de grands précaires en quête de ville. Dès lors, comment comprendre une notion aussi plurielle ? Ce livre croise les regards d’anthropologues, de sociologues, de géographes, d’architectes, d’économistes et d’acteurs politiques pour montrer que, derrière la diversité des usages sociaux et des formes architecturales, les habitats temporaires présentent une unité profonde.

Il s’agit de jouer sur le temps pour prendre possession de l’espace, pour élargir son champ d’action, pour se rapprocher ou s’éloigner de la ville, du centre. Ce jeu social sur le temps et l’espace a toujours existé. Aujourd’hui, il sert de fondement à un imaginaire revigoré de la liberté traversant toutes les strates de la société et valorisé jusqu’à l’ironie, les mêmes formes d’habitat étant à la fois durement réprimées et célébrées. Cette mise en lumière entraîne une reprise en main drastique du politique qui s’attache à normaliser et contrôler l’habitat temporaire, en particulier celui des classes populaires.

Cette publication web collective en libre accès présente des travaux issus de la recherche contemporaine dans une forme et une langue accessibles au plus grand nombre afin d’alimenter un débat en cours qui dépasse très largement les sphères académiques.

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Communiqué de Presse : pour un moratoire immédiat des expulsions sans solutions des familles vivant en bidonville 28 juillet 2015

Le vendredi 24 juillet 2015, le nouveau Préfet à l’égalité des chances, Yves ROUSSET a présidé une réunion de la commission en charge de l’insertion par le logement des familles vivant en bidonvilles (COPIL). Après un large tour d’horizon destiné à l’information du nouveau préfet, les associations et organismes présents ont à nouveau exposé les difficultés auxquelles ils sont confrontés et les limites d’application de la circulaire du 26 août 2012 censée permettre une mise à l’abri de ces familles.

Le Préfet a indiqué que trois nouveaux sites, regroupant plus de cinquante familles, allaient faire l’objet, dans les tout prochains jours, d’une évacuation en raison des risques d’insécurité déclarée. Il était annoncé en cours de réunion que la police procédait au même instant à l’expulsion d’un premier groupe de familles boulevard National. A ces 15 familles à nouveau à la rue, s’ajoutent celles qui ont dû quitter en urgence leurs cabanes détruites par un incendie le matin même.

Les représentants des associations ont mis en cause le caractère d’urgence de ces décisions en prenant pour exemple la précédente évacuation de la caserne Masséna qui ne leur paraissait pas justifiée. L’absence de solution d’hébergement pour ces familles est contraire à la circulaire interministérielle et n’est pas acceptable.

Dans ces conditions, les associations partenaires de la commission depuis sa création et qui ont apporté leurs connaissances des familles et leur savoir-faire dans l’aide à leur insertion sociale et professionnelle ont réclamé un moratoire sur ces expulsions dans l’attente de solutions appropriées à chaque cas. Cette position est conforme à celle adoptée à l’échelon national par le collectif Romeurope et le Collectif des Associations Unies.

En l’absence d’un engagement en ce sens de la part des pouvoirs publics, les représentants associatifs décident de ne plus prendre part à ces réunions dans l’attente de nouvelles propositions de l’État et de la mairie de Marseille garantissant la mise à l’abri de toutes les familles actuellement à la rue ou menacées d’expulsion.

Signataires : AMPIL (Agence méditerranéenne pour l’insertion par le logement) – Fondation Abbé Pierre – HAS (Habitat alternatif social) –  Médecins du Monde – Paroles vives – Rencontres Tsiganes – Secours Catholique

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Caserne Massena-Busserade : retour sur une évacuation sans solution 20 juillet 2015

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Un squat, un bidonville, un camp, un campement illicite, c’est avant tout un lieu de vie.

La caserne Busserade, rue Masséna à Marseille, l’a été pendant 10 mois. Deux énormes et imposantes bâtisses, inoccupées depuis des années, ont abrité, dès le mois de septembre 2014, des dizaines de familles. Les unes venaient d’être expulsées de la bastide de Fontainieu dans le 14°, les autres d’un terrain, 124 bd Plombières. Chaque groupe a investi un bâtiment : « ceux de Fontainieu » le bâtiment en U, « ceux de Plombières » la grosse bâtisse carré.

Pour « ceux de Plombières », ce nouveau lieu de vie n’était guère éloigné du précédent. Cela a permis aux enfants d’entamer la nouvelle année scolaire dans les mêmes écoles ou collèges : Révolution, Bellevue etc… Pour « ceux de Fontainieu», il a fallu procéder à de nouvelles inscriptions. L’école Masséna-Busserade, mitoyenne de la caserne et dont le directeur s’est montré d’une extrême bienveillance, a pu en accueillir certains, d’autres sont restés en attente d’affectation…

Très vite les associations qui intervenaient dans les lieux où vivaient précédemment ces familles, sont revenus à la caserne : C’est la faute à Voltaire et la bibliothèque de rue d’ATD quart monde ont ramené leurs caisses de livres pour enfants et proposé toutes les semaines des ateliers de lecture et découverte du livre. ArteChavalo a organisé des sorties avec les enfants ou des activités ludiques sur le site. L’école au présent a assuré le suivi de la scolarisation, des inscriptions dans les cantines etc …

Les bénévoles de CCFD Terre solidaire, de RESF, du Secours catholique, de la CIMADE ont continué, comme ils le faisaient auparavant, à accompagner les familles dans leurs démarches administratives, ont proposé du soutien scolaire et des cours de français aux adultes.

Les éducateurs de l’ADDAP13 ont poursuivi l’ accompagnement social de « ceux de Fontainieu ».

A l’initiative de la directrice de la Maison de la solidarité de la Belle de Mai, un projet intitulé « Entre le collège et la mission locale » a vu le jour. Dans des locaux mis à disposition par la Fraternité Belle de Mai, des adolescents de la  caserne ont pu suivre des cours de FLE.

La commission de sécurité GE2II (groupement d’évaluation des installations illicites) habituellement si prompte à venir procéder à un état des lieux et émettre son verdict dès que des familles s’installent sur un nouveau site, n’est pas venue, ni au début ni au cours des mois qui ont suivi.

Pourtant elle aurait pu constater que dès les premiers jours, les montants en fonte des gardes-corps des nombreux escaliers avaient été descellés pour être revendus, idem pour quelques gouttières. Il faut dire que la tentation était grande pour ceux qui, faute de mieux, vivent de l’activité de ferraillage. Cela a été l’objet de vives discussions avec les éducateurs de l’ADDAP13. Si le lieu présentait des risques, ceux ci ne pourraient plus venir et poursuivre le travail d’accompagnement social. Un compromis a été trouvé : remplacer les montants des garde-corps par du contreplaqué ou autres planches, condamner l’accès des parties dangereuses pour la sécurité des enfants.

Au début de l’hiver, suite à de violents orages, il y a eu également un effondrement d’un morceau de toiture dans la grande bâtisse carrée. Une famille vivait dans cette partie là. On lui a conseillé de se déplacer. Ce n’est pas la place qui manquait dans ces bâtiments…

La ville de Marseille, propriétaire du site, a assez rapidement engagé une procédure en référé. Après plusieurs renvois, l’audience a eu lieu le 2 avril 2015 et l’ordonnance de référé rendue le 2 mai 2015. En une demi-page le juge a liquidé le sort de ces familles et demandé leur expulsion en n’accordant qu’un délai d’un mois. L’avocate, avec l’accord des familles, décidait d’interjeter appel contre cette décision.

L’idée qu’une stabilisation sur ce site, comme nous sommes nombreux à le demander lorsque les conditions sont réunies, était possible, a malgré tout fait son chemin. Du côté de la Préfecture on ne semblait guère pressé d’accorder le concours de la force publique pour exécuter le jugement rendu. Mais fin juin, un élu municipal, dans une lettre adressée au préfet, insistait pour que cette évacuation ait lieu. Cela a contraint les services de l’Etat à envoyer cette fois la commission de sécurité. Dans la foulée la ville de Marseille a nommé un expert auprès des tribunaux afin d’évaluer la dangerosité du site. Celui-ci, sans trop de discernement, a décrété que la totalité du site présentait un risque de péril imminent mettant en particulier en évidence la disparition des garde-corps et gouttières et le trou dans la toiture… L’avis était placardé le 29 juin à l’entrée de la caserne et notifié aux quelques personnes présentes. Au cours d’une réunion à la DDCS le 1 juillet, nous apprenions que le préfet avait décidé que l’évacuation aurait lieu le 2 juillet à 8h30. Sur le site vivaient alors 50 familles, 89 adultes et 83 enfants. 8 familles ont bénéficié d’une mise à l’abri à l’hôtel pour 6 nuits… Les autres ont repris le chemin de l’errance.

Et c’est paraît-il dans les Bouches du Rhône que la circulaire interministérielle du 26/08/12 est la mieux appliquée ! On n’ose pas imaginer ce qui se passe ailleurs …

Au cours du mois de juin, un cinéaste chilien habitant le quartier était venu rendre visite aux familles et avait sympathisé avec elles. Il avait en projet de réaliser un film dont il avait déjà le titre « Mes voisins ».

 

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Un “drôle“ de poisson d’avril 4 avril 2015

Nous savions que le bidonville qui depuis plus d’un an s’était reconstitué aux abords du centre commercial Grand Littoral à Marseille avait fait l’objet d’une décision judiciaire d’expulsion à la demande de la ville de Marseille, propriétaire de cette parcelle. Quelques propositions de relogement ou d’hébergement provisoire avaient été faites et la date du 2 avril au matin avait été annoncée pour l’intervention des forces de l’ordre.

Nous avions contesté la validité de cette décision judiciaire car les familles étaient installées sur une parcelle voisine de celle citée dans la décision judiciaire. La Préfecture bien qu’ayant reconnu l’erreur a maintenu la décision d’expulsion. Le 31 au soir des policiers sont venus une nouvelle fois sur le terrain et prétextant un nouveau contrôle d’identité ont annoncé leur venue pour le lendemain. Les dernières familles ont alors quitté les lieux dans la nuit avec leurs maigres baluchons. C’est ainsi que le 1er avril au matin les engins de chantier ont pu sans risque de conflits nettoyer le terrain vide de ses occupants.

La Préfecture peut ainsi annoncer que la décision de justice a été appliquée dés le premier jour de la fin de la trêve hivernale et que les forces de l’ordre n’ont pas eu à intervenir.

Belle hypocrisie !

On s’attend à de nouvelles expulsions « soft » dans les prochaines semaines.

Monsieur le Maire, Monsieur le Premier Ministre vous pouvez dormir tranquille ! Aujourd’hui on met les familles à la rue avec une certaine délicatesse !

Avis sur le respect des droits fondamentaux des populations vivant en bidonvilles 8 décembre 2014

Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme

Avis sur le respect des droits fondamentaux
des populations vivant en bidonvilles

Mettre fin à la violation des droits
Assemblée plénière du 20 novembre 2014
(Adoption à l’unanimité)
·

Alors que l’année 2012 avait suscité un regain d’espoir quant au respect des droits fondamentaux des populations vivant en bidonvilles, illustré notamment par la circulaire interministérielle du 26 août 2012, il est nécessaire de constater deux ans après que l’on est encore très loin du « traitement égal et digne de toute personne en situation de détresse sociale » appelé dans son préambule.

· La CNCDH s’est saisie de la question du respect des droits fondamentaux des populations vivant en bidonville, alertée par le nombre d’évacuations sans précédent enregistrées au cours de la dernière année. La Commission dénonce l’application partielle et hétérogène sur le territoire de cette circulaire – dont le volet répressif a supplanté les actions d’insertion et d’accompagnement social – et estime qu’on ne peut construire une politique sur la violation des droits.

· Ces évacuations forcées contraignent ces personnes à l’errance et rendent impossible l’accès aux droits fondamentaux. Elles illustrent par ailleurs une volonté répressive guidée par une acceptation grandissante des attitudes racistes et discriminantes à
l’égard des populations roms migrantes vivant en bidonville. Ces dernières sont présentées trop fréquemment comme un « groupe à part », associé à l’insalubrité, à la délinquance et aux expédients, et ne souhaitant pas s’intégrer.

· L’accès au droit commun des populations vivant en bidonville prime sur toute autre considération et relève de deux conditions préalables :
– Dans l’urgence, la Commission recommande l’arrêt immédiat des évacuations debidonvilles sans que des solutions de relogement et d’accompagnement dignes,adaptées et pérennes soient proposées aux familles.
– A moyen et long terme, la Commission appelle à une stratégie des en sibilisation et de lutte contre un racisme « anti-Roms » prégnant dans l’ensemble de la société,condition incontournable à une politique d’Etat humaine et cohérente.

· A cet égard, la CNCDH recommande la mise en place de dispositifs effectifs de domiciliation pour les populations vivant en bidonvilles, condition préalable à l’accès au panel des droits sociaux garantis en France.

· La Commission recommande que tombent les obstacles illégaux qui font barrage au respect effectif du droit à la scolarisation des enfants vivant en bidonville, scolarisation
d’autant plus nécessaire qu’elle limite les risques encourus par une population jeune et rendue vulnérable par ses conditions de vie.

La CNCDH appelle au soutien des services de protection de l’enfance auprès d’une population encore trop méconnue. L’attention portée aux phénomènes de délinquance dissimule la vraie problématique de l’exploitation des mineurs et des réseaux de traite dont ces enfants sont avant tout victimes.

· La CNCDH recommande la suppression des entraves à l’accès aux soins et aux prestations sociales entretenues par certains organismes sociaux ainsi que la systématisation des dispositifs de médiation sanitaires.

· Dans le cadre de la fin des mesures transitoires, la CNCDH appelle à une clarification des conditions d’accès aux prestations pour demandeurs d’emploi (tant auprès de la population qu’auprès des services concernés) ainsi qu’à l’accès effectif à l’ensemble
des dispositifs d’insertion professionnelle.

· Enfin, en matière de liberté de circulation et de droit au séjour, la CNCDH recommande le plein respect du droit européen.

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A Martigues la mobilisation citoyenne semble avoir payé 10 novembre 2014

Le témoignage de Nanie

Les Roms ont vocation à s’intégrer…

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C’est ce que, à une échelle très localisée, vient de démontrer l’action menée à Martigues autour de quelques familles Roms, une quarantaine de personnes environ. Celles-ci ont squatté plus d’un an une maison désaffectée appartenant à l’Etat.
Rapidement, un collectif de soutien s’est constitué. Sa caractéristique ? Sa grande diversité[1], son ouverture totale à la citoyenneté, et sa volonté dès le début de conjuguer accompagnement concret des familles, et lutte idéologique contre les exclusions. De mêler participation assidue aux réunions avec les autorités et manifestations, devant la sous-préfecture, ou devant le tribunal. De considérer que les différences entre chrètiens et non croyants, syndicalistes, politiques, caritatifs et militants associatifs, loin d’être un handicap, étaient au contraire une source de richesse et d’efficacité.
Le collectif n’a jamais remis aux autorités, aux instances institutionnelles, le soin de régler le sort de ces familles. Au contraire, il a toujours considéré que l’action au grand jour, l’appel clair aux habitants, la publicité la plus importante possible étaient garants des succès.
Le collectif n’a ménagé aucun effort pour entourer ces familles des nécessaires solidarités qui seules pouvaient assurer leur protection. Pour contrecarrer l’argument de dangerosité de la maison mis en avant par les autorités, des subventions ont permis de refaire l’installation électrique jugée déféctueuse. Des poêles en conformité avec les normes ont été achetés, l’urgence de démolir la maison a été battue en brèche par une étude sérieuse du dossier autoroutier….parallèlement, des militant(e)s s’occupaient du suivi des enfants scolarisés, de l’obtention des cartes AME, des questions quotidiennes qui foisonnaient, on s’en doute.
Mais surtout, des manifestations publiques ont pu rassembler des participants en nombre, montrer la culture de ces personnes, les raisons de leur venue en France, leur grande humanité…Ce fut le cas de la soirée NOUS LES ROMS, à la MJC de Martigues, au mois de mars, et tout particulièrement de la venue de Eric Fassin, le 10 octobre, qui fut une étape décisive dans la période où tout était en train de se régler. Le collectif a participé, avec les familles, aux concerts organisés par RESF contre le racisme. Il a tenu un stand à la journée d’initiative citoyenne organisée par le collectif Front de Gauche de St Mitre….
Un appel à témoignages auquel des personnalités martégales ont répondu avec coeur, et une pétition, qui en 4 semaines a été honorée de 1100 signatures, ont marqué l’ampleur de l’élan de solidarité autour de ces personnes.
Aussi, malgré le jugement d’expulsion sans délai prononcé en décembre, la sous-préfecture a-t-elle proposé, devant un tel élan, de travailler avec le collectif et la mairie à trouver des solutions.
En huit mois, avec les efforts conjugués des trois parties, des résultats appréciables sont obtenus. Et ce sont aujourd’hui six familles de Roms qui sont en bonne position pour travailler, se loger, et ainsi vivre dignement dans notre ville. Même si nous déplorons que deux familles, sous les pressions des autorités, soient reparties en Roumanie, nous saluons les résultats obtenus.
Certes le comportement des familles Roms a beaucoup joué pour attirer les sympathies et les solidarités. Mais c’est aussi la richesse de ce collectif, étayé sur sa diversité et sa citoyenneté, qui a permis que tout au long de ce chemin délicat, les positions politiques adoptées et mises en oeuvre aient été solides, et suivies de ce succès.
Les réunions fréquentes, bruyantes, où chacune et chacun cherchait à apporter sa contribution, pouvaient présenter une apparente désorganisation. Pourtant, c’est grâce à cet investissement libre et généreux de chacune et de chacun que l’ensemble du collectif a pu jouer un rôle majeur.
Une bataille concrète, radicale, qui montre que lorsque les citoyens, les organisations s’emparent d’une cause et la servent sans arrières-pensées boutiquières, ils peuvent l’emporter.
Nanie Bellan, membre de Ensemble OEB, de la LDH, citoyenne du monde.

[1] Le collectif de solidarité aux Roms de Martigues comporte des citoyens engagés et les organisations suivantes : ASTI, CCFD-Terre-Solidaire, EELV, ENSEMBLE, FCPE, FSU Martigues, Ligue des Droits de l’Homme, N.P.A., P.G., R.E.S.F., Sud Education ; UL CFDT Martigues, UL CGT Martigue

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