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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Habitat subi

Fin de la trève : à Marseille, des expulsions sont annoncées 5 mai 2014

Les associations qui suivent ces familles sont invitées à trouver des solutions pour les mettre à l’abri de nouvelles expulsions. La société ADOMA, (Filiale de la CDC) mandatée par le gouvernement pour réduire les bidonvilles ne semble pas encore en mesure de répondre dans l’urgence aux besoins de plusieurs centaines de familles qui vont être mise à la rue dans les prochaines semaines. ADOMA attend des associations la désignation des familles qui répondent à des critères leur permettant d’accéder à un habitat social. Les associations ont toujours exprimées leur réserve pour jouer un rôle de sélection entre les uns et les autres.

Si cette politique se poursuit à Marseille, en l’absence de solution d’accueil d’urgence, c’est à une nouvelle errance de femmes et d’enfants à travers la ville à laquelle il faut s’attendre dans les prochaines semaines.

Le maire de Marseille porte à n’en pas douter la responsabilité de cette politique de gribouille que nous dénonçons depuis plusieurs années. Les élus mettent en avant les plaintes des CIQ et des riverains pour justifier ce triste jeu de chaises musicales qui ne fait que reporter les nuisances chez les voisins.

A ce jour seul le Préfet représentant de l’État est en mesure de persuader le maire de Marseille à plus de réalisme.

A Gardanne, Vitrolles ou encore Martigues, un dialogue plus constructif  est heureusement engagé avec les mairies
 

Un nouvel opérateur pour lutter contre les bidonvilles 3 avril 2014

« La contribution d’ADOMA s’inscrit, à la demande du gouvernement, dans la mise en oeuvre de la circulaire du 26 août 2012 sur l’anticipation et l’accompagnement du démantèlement des campements illicites .

Elle se fera au niveau national sous le pilotage de la DIHAL qui a déjà engagé de nombreuses actions dans le cadre de sa mission de coordination interministérielle de l’action de l’Etat et d’interface avec les associations partenaires.

Elle se fera sous le pilotage des Préfets sur le terrain dés lors que le préfet missionnera ADOMA »

Une telle décision est une avancée importante dans la prise de conscience que la plus grande partie des familles Roms migrantes présentent en France, pour certaines depuis 10 ans, ont vocation à y rester. 

La responsable de ce programme présente sur le terrain jeudi dernier à Marseille a fait preuve d’une grande écoute et a souhaité nous associer à sa démarche .

 Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps. Ce programme nécessitera des longs mois de discussions et des moyens financiers qui sont encore flous. cette décision marque cependant un changement d’approche plus réaliste de la politique gouvernemental. On peut simplement souhaiter que le nouveau Premier Ministre ne remette pas en cause ce choix

Pièces jointes

Le Monde ADOMA Télécharger
mission ADOMA Télécharger

Les campements de Roms : Enfin le retour à plus de raison ? 13 mars 2014

La Société ADOMA (ex SONACOTRA), filiale de la Caisse de Dépots et Consignations a en effet été chargée d’une mission de résorption des bidonvilles et du logement des plus démunis. Cette mission qui doit rentrer en application dans les prochaines semaines concerne tous les sans-abris. Si les campements de familles Roms ne sont pas explicitement désignés il apparaît clairement que cette population sera une cible prioritaire . Il s’agit là enfin d’une application opérationnelle de la circulaire du 20 août 2012 concernant la disparition des des campements illicites. Il est précisé que la Société devra s’appuyer sur le information déjà recueillies par les associations locales. ( voir pièce jointe )

Le gouvernement par une telle décision semble reconnaître que le Roms sont en France pour longtemps et que la politique de gribouille et de bouc-émissaire n’est plus de mise. On notera cependant que la politique d’l’évacuation des occupations illégales n’est pas remise en cause. Adoma devra se donner les moyens de cette nouvelle orientation et mobiliser une partie de son parc existant souvent vacant ou en mauvais état.

Dans le même temps la Préfecture des Bouches-du-Rhône dans une note bilan concernant le pacte de sécurité et de cohésion social pour Marseille  précise ( page 11) :

L’insertion d’une cinquantaine de familles rom sera assurée
 -pérennisation des diagnostics et de l’insertion dans des logements diffus de 20 familles, AMPIL (200 000EUR annuels)
– financement de l’insertion de 30 nouvelles familles (210 000EUR annuels)

Il s’agit là d’une réelle transformation de la politique suivie jusqu’a ce jour vis-à-vis des Roms. Il conviendra de veiller à sa mis en oeuvre concrète. Des contacts seront pris dans tout prochain jour avec la délégation locale d’ADOMA. On rappellera que cette société gérait encore récemment les terrains d ‘accueil de gens du voyage à Marseille. 

Rapport annuel de Romeurope 13 mars 2014

Les Roms, boucs émissaires des politiques

Sylvain MOUILLARD LIBERATION 5 mars 2014 à 17:41

Le collectif Romeurope, dans son rapport annuel, cible les discours stigmatisants des responsables politiques, tous bords confondus.
Le constat est forcément désabusé.

Le collectif Romeurope présentait ce mercredi son rapport politique 2012-2013. Bilan : « Malgré le changement de gouvernement, force est de constater avec consternation que la situation des personnes vivant en squats et bidonvilles s’est dégradée. » L’état des lieux, martelé à intervalles réguliers par les associations et les services spécialisés de l’Etat, est connu : la circulaire du 26 août 2012, censée permettre l’intégration des quelque 17 000 habitants des bidonvilles – majoritairement Roms -, n’est pas suffisamment appliquée.
« Les Roms sont assignés à cette identité et sont vus comme ingérables, voire comme responsables de l’habitat insalubre », souligne Claire Sabah, du Secours catholique. Les associations, déplorant une politique « inefficace, inhumaine et coûteuse », persistent : seul le recours aux dispositifs de droit commun, pour le logement, la santé, et l’éducation, serait pertinent. Mais elles ne rêvent pas. « A deux semaines des élections municipales, la parole se libère, le climat est de plus en plus nauséabond », juge Claire Sabah. Boucs émissaires de premier ordre, les Roms sont souvent dans le collimateur des candidats. A l’image de Paul-Marie Coûteaux, candidat du Front national dans la capitale, qui suggérait récemment sur son blog de les « concentrer (…) dans des camps », qualifiant leur présence dans le chic VIe arrondissement d’« invasion » ou de « lèpre ».
Un dérapage qui n’est malheureusement pas le premier. Dans son rapport, Romeurope pointe la « continuité » d’un discours « stigmatisant de droite à gauche ». « Depuis le discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble [en 2010], la stigmatisation de cette population est perçue comme un impératif par des responsables politiques français dans le cadre de leurs campagnes électorales ». Le collectif a établi un pot bien pourri de ces déclarations en 2013. Inventaire.
« Quand les Roms s’installent quelque part, c’est avéré, après on a une recrudescence des cambriolages. »
Samia Ghali, sénatrice PS et maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, le 9 avril 2013. Elle est candidate à sa réélection.
« Mais c’est 2 000 de trop ! [A propos des 2 000 Roms de l’agglomération marseillaise, ndlr] Même si c’était dix, c’est encore trop (…). Ces gens bien entendu vivent de rapine et de vol… Pas de l’air du temps ! » Guy Teissier, maire UMP des 9e et 10e arrondissements de Marseille, le 1er juin 2013. Il est candidat à sa réelection.« Bientôt à Marseille #Capelette pour la même action »
Marseille, en réponse à un article d’Europe 1 annonçant le 1er juin 2013 que trois cocktails Molotov avaient été jetés dans la nuit contre des caravanes occupées par des Roms à Hellemmes (Nord). Il est de nouveau candidat sur la liste de Guy Teissier.

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Presse Romeurope Télécharger
pdf/rapport_2012_2013_cndh_romeurope.pdf Télécharger

Un répit pour les familles à la rue dans les Bouches-du-Rhône ? 18 décembre 2013

Expulsion : une trêve, par décence

Les trois résistants à la peine : Fathi BOUAROUA (Fondation Abbé Pierre) – Bernard EYNAUD (LDH) – Jean-Paul KOPP (Rencontres Tsiganes)

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Réunis sur le bidonville de La Parette, les responsables associatifs exigent des politiques et institutions qu’ils prennent en compte la situation d’urgence humanitaire.

Après de multiples rencontres, des pétitions et des communiqués, l’action continue des associations a marqué pour l’instant un point malgré les propos mensongers et odieux de certains élus. Même si l’on ne peut parler d’un moratoire et encore moins d’une trêve hivernale, sauf danger immédiat les familles ne devraient plus être inquiétées dans les prochains jours. Entourées de nombreux bénévoles, elles pourraient reconstituer un peu leur force. A Gardanne, à Marseille, à Vitrolles, les collectifs organisent des fêtes familiales pour tenter de redonner un peu le moral à chacun.

Pièces jointes

fêtes roms Gardanne Télécharger

Urgence humanitaire 18 novembre 2013

COMMUNIQUE DE PRESSE

URGENCE HUMANITAIRE

Une trêve hivernale pour les familles sans toit

Après avoir été expulsées, pour certaines de la Capelette il y a seulement quelques jours, des dizaines de familles se sont regroupées sur un terrain appartenant à l’État à proximité du tracé de la future L2 à Frais Vallon et sur un autre espace libre propriété de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, chemin de Saint Jean du désert.

L’expulsion de ces familles a été exigée par ces propriétaires sans que des solutions sérieuses de relogement ou au moins de mise à l’abri ne leur aient été proposées. L’expulsion par les forces de l’ordre est programmée dans les prochains jours .

Nous condamnons, une fois de plus, ces méthodes en contradiction avec les orientations prises par le gouvernement le 26 août 2012 et confirmées par un courrier du Président de République datant du 24 octobre 2013, en réponse à l’interpellation des associations que nous représentons :

« La France a des valeurs, et j’en suis le garant. Les populations Roms, trop souvent stigmatisées, doivent être respectées dans leurs droits. Cela implique de prendre en compte la situation d’urgence humanitaire vécue par ces familles, de faciliter leur accès aux soins, au travail et à la scolarisation, et de soutenir celles qui le peuvent et qui le souhaitent, dans des démarches d’insertion »

Devant les conditions climatiques attendues dans les prochains jours, nous ne pouvons tolérer de laisser à la rue des familles sans abri et en danger. Nous demandons à Monsieur le Préfet et à Monsieur le Président de MPM de prendre toutes dispositions afin de surseoir à toutes expulsions sans solutions alternatives, de réquisitionner terrains, bâtis ou équipements publics et de garantir une trêve hivernale.

Signataires :
Artriballes
CCFD – Terre solidaire
CIMADE Région Paca
Emmau ?s France – Emmau ?s Saint Marcel – Emmau ?s Cabriès – Emmau ?s SOS Familles Marseille
– Emmau ?s Nice
Fondation Abbé Pierre
Ligue des droits de l’homme 13
Médecins du monde
Rencontres tsiganes
Secours catholique

Et encore et toujours les honteuses expulsions de familles Roms 29 juillet 2013

Expulsion de la caserne Cardot, Bd de Plombière à Marseille

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Compte rendu d’un militant toujours pas découragé

7h ce matin. mardi 23 juillet

L’entrée de l’ancienne caserne est déjà bouclée par des 10aines de CRS, avec boucliers, mais pas de casque ; certains cepdt ont un gilet pare-balles (!). Il y a là aussi déjà de nbreux militants, les medias.
Nous décidons de passer par derrière, il y a un passage « secret ». Notre arrivée par l’intérieur de la caserne, dans le dos des CRS provoque notre évacuation manu militari. Nous rejoignons les militants que les CRS bousculent pour les éloigner de l’entrée. Nous sommes de plus en plus nombreux (jusqu’à 150). Parmi ns, présent dès la 1ère h, et subissant le même traitement, JM Coppola arborant son écharpe de Conseiller Régional.
Qq familles rroms, avec enfants, parfois des bébés, et qui n’avaient pas quitté la caserne, sont sur le trottoir. Ils ns regardent, désolés, peut-être moins que nous. Les enfants justement, jouent, dessinent.
Giancarli (et son Samu social) fait ce qu’il peut, comme il dit. Des cartons de déménagement sont amenés, pour récupérer livres et jouets de la salle des petits.
Il est 9h. Ns sommes ts tjrs là. Le préfet de police se pointe. A son départ, il sera vivement interpellé par Fabienne, de Resf.
Puis c’est au tour de la préfète à l’égalité des chances (!) de se mêler aux militants, elle. Elle ne le regrettera pas, confrontée à Anne Issler la responsable d’Emmaûs St Marcel qui avait conduit la réquisition le 12 nov 2012, à l’Ampil, JP Cavalier de la Cimade, Madeleine, Joanne et JMarc du Collectif de soutien aux rroms ; et ts les militants des droits de l’Homme que cpte Marseille, ds une diversité que je n’avais jamais vue. Pas mal d’aixois (Ph chouard…) st venus.
10h. Les autorités, qui ne peuvent tt régler d’un cp de baguette magique disent-elles, s’en vont, laissant les familles… sur le trottoir. Ce sot les militants qui les accompagnent vers un espace vert à l’entrée de l’autoroute. Où ce soir, s’ils st tjrs là, Emmaûs devrait leur distribuer des tentes.
Le fort groupe qui s’était réfugié ds la nuit sur le terrain d’une usine désaffectée à l’entrée d’Aubagne, a été chassé par des ouvriers d’un chantier, au matin. Faisant le dos rond ils sont partis.
Ainsi va la France.
Une propriétaire de la « résidence » voisine de la caserne, qui s’était manifestée de manière virulente en nov, n’a pas évolué et déplore que son bien se soit trouvé dévalué.
Pauvre de ns. Et malheureux parias de l’humanité.
Jean SICARD 6/4

On lira la lettre ouverte au maire de Marseille adressée par des citoyens marseillais révoltés.

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Communiqué LDH Télécharger
expulsion Plombière la Provence Télécharger

La France construit sa politique anti-roms sur des cadavres 12 juin 2013

La France construit sa politique anti-roms sur des cadavres

15 mai 2013 Par philippe alain

 

Depuis lundi 13 mai 2013, la politique de stigmatisation menée par la gouvernement français contre les roms ne se chiffre plus seulement en nombre de reconduites à la frontière ou en nombre de destruction de bidonvilles. Elle se chiffre désormais en nombre de cadavres. Beni, un garçon de 12 ans, ainsi que 2 femmes, Pamela et Patrina sont morts, brûlés vifs, dans l’incendie de l’immeuble dans lequel ils vivaient à Lyon depuis 8 mois.
Il y a quelques jours, en prévision d’une expulsion à venir, la mairie de Lyon, dirigée par le très socialiste Gérard Collomb coupe l’électricité, tenez-vous bien, pour des raisons de sécurité… Les squatteurs ont osé se brancher sur un distributeur de courant et monsieur Collomb craint probablement que des enfants s’électrocutent. Bien lui en a pris, personne n’est mort électrocuté. Il oublie juste que les Roms sont comme nous, ils ont besoin de lumière. (1) Faute de courant, ils s’éclairent donc à la bougie et trois d’entre eux en sont morts.
Quelques heures après l’incendie, alors que les pompiers travaillent toujours sur les lieux du sinistre et que de nombreux journalistes sont présents, les familles se regroupent sur la place voisine. C’est toute la communauté rom de Lyon qui vient présenter ses condoléances aux familles endeuillées. Un peu plus tard dans la matinée, des hommes en noir affublés d’oreillettes blanches descendent de grosses berlines. Les journalistes quittent la place et le bruit commence à courir que Manuel Valls arrive sur les lieux du drame. Dans la confusion la plus totale et en évitant soigneusement les familles, Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, Christine Taubira, Ministre de la Justice, Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean-François Carenco, Préfet de la région Rhône-Alpes vont se présenter devant le bâtiment qui fume encore.
Pas une de ces personnalités qui représentent les plus hautes institutions de la République et élevées dans le sérail des grandes écoles françaises où on n’enseigne visiblement pas la politesse la plus élémentaire, ne va venir présenter ses condoléances aux familles qui attendent à quelques mètres. Les roms sont-ils dangereux ? Manuel Valls aurait-il peur de femmes et d’enfants tétanisés par la douleur ? Un geste, une parole, un simple regard d’un ministre pour dire aux familles que la République Française s’incline devant leur douleur ? Non, rien, rien de rien. Roms vous êtes, roms vous resterez. Au contraire, Valls, oubliant la souffrance dans laquelle sont plongées les familles endeuillées va réaffirmer le leit-motiv de sa pré-campagne présidentielle qui est également devenu le fondement de la politique du gouvernement français contre la minorité rom : « Il faut poursuivre le travail de démantèlement et d’évacuation des campements », « comme l’a si bien commencé Nicolas Sarkozy » aurait-il pu ajouter. Aucune pudeur, aucune retenue. Alors qu’il a sous les yeux le résultat de plusieurs années d’expulsions à répétition, il répète inlassablement les même paroles et promet la même politique qui est responsable de la mort de 3 personnes. Valls tient absolument à continuer la chasse aux femmes, aux enfants, aux vieillards. Il tient absolument à les condamner à vivre dans des endroits de plus en plus dangereux quitte à ce qu’ils en meurent.
Madame Taubira, qu’on a connu plus inspirée se contente d’approuver les propos de son ministre de tutelle, comme si elle n’avait plus aucun rôle politique et humain à jouer après sa loi sur le mariage homosexuel.
Au moment de repartir, Valls se fait interpeller par un homme. Le ministre refuse de parler à un père et une mère qui sont submergés par la douleur d’avoir perdu un fils, mais il n’hésite pas à venir serrer la main d’un riverain qui demande l’expulsion des familles depuis des mois. Le voisin se plaint de vivre dans des « conditions épouvantables », abandonné de tous (rassurez-vous, il n’a jamais mis les pieds dans le squat, il parle seulement de la vue depuis son balcon). Valls vient le saluer et tenter de répondre à ses critiques. Alors que la discussion s’engage et que les journalistes commencent à enregistrer l’échange, monsieur Carenco, préfet de région, visiblement sur-excité repousse violemment plusieurs d’entre eux afin d’éviter une médiatisation des propos le mettant en cause.
Carenco. Préfet sous Sarkozy, préfet sous Hollande. Préfet pour toujours ? On garde les mêmes pour appliquer la même politique raciste de stigmatisation des étrangers. A Lyon, on gaze les enfants roms (2) on les parque dans des classes ghetto (3) et on met en garde-à-vue des bébés (4). En revanche on n’applique pas la circulaire inter-ministérielle censée apportée d’autres solutions que les expulsions. Carenco sera-t-il aussi préfet sous Le Pen ? « Le préfet de région a une grande part de responsabilité… Sur le terrain les expulsions se poursuivent malgré la circulaire du 26 août 2012 » accuse le sénateur Guy Fischer.
Dans l’après-midi, alors que journalistes et politiques sont partis, les proches des victimes attendent que les pompiers sortent les corps du bâtiment. L’ambiance sur la place est lourde. L’odeur âcre de la fumée fait mal à la gorge. Certains espèrent toujours et demandent désespérément s’il est possible qu’il y ait encore des survivants : « Il ne sont peut-être pas morts… ». Alors que la grande échelle s’approche d’une fenêtre afin de permettre à un pompier de prendre des photos, plusieurs dizaines de personnes s’approchent du bâtiment en criant le nom de l’enfant : « Béni, Béni » Face à ce mouvement de foule, un policier bien formé à l’école de Valls se fait menaçant et sort de son gilet une bouteille de gaz lacrymogène histoire de montrer aux femmes et aux enfants de quel bois il se chauffe. Pendant plusieurs heures, les familles sont totalement abandonnées à leur sort. Une femme perd connaissance plusieurs fois. La police municipale, à quelques mètres reste les bras croisés. Il n’y a aucun médecin, aucun psychologue, aucun soutien.
Mardi matin, alors que les corps calcinés de Beni, Pamela et Patrina viennent à peine d’être sortis des décombres fumants de l’immeuble, le préfet Carenco ordonne l’expulsion d’un nouveau squat. Une trentaine de personnes dont 15 enfants sont jetées à la rue, sans aucune proposition d’hébergement. Elle dormiront dans la rue, avec des enfants en bas âge, dans les conditions d’insécurité que l’on peut facilement imaginer, avant de retrouver un autre squat, probablement encore plus dangereux et insalubre. Valls nous expliquera à nouveau qu’il faut les expulser pour leur plus grand bien. Voilà une preuve de plus du discours mensonger du ministre qui, quelques heures auparavant, soulignait qu’il fallait poursuivre les expulsions tout en proposant des « solutions dignes ». Pour Valls, la rue est plus digne que le cimetière. Je n’en suis pas sur.
L’extrême droite à de beaux jours devant elle. Après Sarkozy, elle peut compter sur Hollande, Valls et les socialistes pour tenir le même discours de haine contre les étrangers et appliquer la même politique discriminatoire et hors la loi contre les roms. La France profonde applaudit, l’Union Européenne, pas son silence est complice. Marine Le Pen se frotte les mains. Manuel Valls, lui, ne pense qu’aux présidentielles. Le fait que son chemin soit désormais parsemé de cadavres ne le perturbe pas un seul instant. « Il faut continuer le travail » ose-t-il dire.
Mardi soir, la préfecture du Rhône fait savoir que les expulsions vont s’accélérer dans les jours à venir. La chasse aux Roms est ouverte. La campagne des municipales également.
Valls prétend que les roms n’ont pas vocation à s’intégrer en France. En les obligeant à vivre comme des chiens errants à la rue ou à brûler vifs dans des squats ils est certain d’avoir raison.

L’accueil (l’expulsion ?) des Roms : une négociation dans l’impasse 7 avril 2013

Le contexte marseillais est plus que jamais inquiétant et les familles Roms  payent  déjà très cher  les errements  d’un système politique   local en pleine dérive .

La bonne volonté manifestée par les fonctionnaire de La Préfecture des Bouches-du-Rhône ne suffit plus  à masquer la stratégie du Ministre de l’Intérieur  affirmée à nouveau lors d’un récent interview.

Malgré les  paroles exprimées par le Préfet REGNIER à Paris lors de la dernière rencontre avec les associations  il se confirme que le pouvoir est entre les mains De Manuel Valls et qu’il poursuit   la politique de ses prédécesseurs .

Les deux communiqués de Rencontres Tsiganes  complètent les prises de position des   associations nationales (UFAT , Romeurope, , Médecins du Monde, Etc.)

COMMUNIQUE  de Rencontres Tsiganes du 3 avril 2013

Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’attaque brutale dont ont été victimes des familles installées dans le quartier St-Louis à Marseille dans la soirée du 29 mars.
Afin de les chasser de leur lieu de vie, une bande d’individus n’a pas hésité à s’en prendre violemment à des femmes et des enfants, nécessitant l’hospitalisation de l’une d’entre elles.

Quelques mois seulement après le scandale de la Cité des Créneaux, cette odieuse agression marque une nouvelle étape dans l’escalade de la violence visant une population de plus en plus discriminée et maltraitée.

Une fois de plus Marseille se distingue et pas de la meilleure des façons.

Il est grand temps d’ouvrir les yeux pour constater que les Roms font aujourd’hui l’objet d’une chasse à l’homme dont ont été victimes dans le passé les italiens, les magrébins, les comoriens et bien d’autres population immigrés au cours de périodes bien peu glorieuses qui ont souillé l’histoire de notre ville.

Ces comportements inadmissibles qui se multiplient et se banalisent dans les propos comme dans les actes doivent cesser sous peine de revivre les mêmes horreurs.

C’est pourquoi nous demandons instamment à nos responsables politiques de faire preuve d’autorité morale en réagissant rapidement et fermement pour condamner ces actes racistes qui nous font honte.

 

 

La trève hivernale n’est pas pour tout le monde 16 janvier 2013

Pour le Roms comme pour les voyageurs et les sédentaires, malgré  la trève hivernale, les expulsions continuent

 Plusieurs tribunaux ont reconnu récemment cette nouvelle injustice et annulé des arrêtés préfectoraux ordonnant l’expulsion de familles de voyageurs  et ont accordé parfois des délais comme a  Grenoble sans pour autant remettre en cause cette inégalité devant la loi

Dans la région, manifestement les juges ne l’entendent pas ainsi .

 Durant les dernières semaines nous avons recensé des décisions d’expulsions  à Salon , Bouc Bel Air, les Pennes Mirabeau. A La garde seul la pression associative retarde  pour le moment l’arrivée de la police.

A l’initiative de la FNASAT  un observatoire est mis en place afin de dénoncer cette  scandaleuse discrimination

Du 1er novembre au 15 mars, les habitants de caravanes et de constructions non soumises à des permis de construire ne bénéficient pas de la protection de la trêve hivernale. Ils peuvent ainsi être chassés du site où ils vivent, et privés d’eau et d’électricité, dans de nombreux cas sans même une décision de justice. « Un toit seul ne protège pas (du)tout ! », affirment les associations à l’initiative d’une campagne visant à obtenir au minimum l’application de la trêve hivernale.

« Nous voulons sensibiliser les pouvoir publics sur une injustice supplémentaire que subissent les gens du voyage et tous ceux qui vivent dans des constructions non soumises à des permis de construire. Ils ne bénéficient pas de la protection qu’accorde la trêve hivernale à tous les autres citoyens », déclare Stéphane Lévêque, directeur de la Fnasat-Gens du voyage. L’ensemble des principales organisations tsiganes, ASNIT, ANGVC, Rencontres tsiganes, Fnasat-gens du voyage, lance une campagne intitulé « Un toit (seul), ne protège pas (du) tout. « Du 1er novembre au 15 mars, durant la trêve hivernale, l’exécution des jugements d’expulsion est suspendue pour les familles vivant dans un logement loué. Des mesures particulières leur permettent également d’éviter d’être totalement privées d’eau et d’électricité. Néanmoins, cette protection ne s’applique pas pour les familles vivant en caravane, camping car, mobiles homes, ou dans des constructions non soumises à permis de construire (yourtes, cabanes, abris divers). Qu’ils soient ou non gens du voyage, des milliers de citoyens restent exclus de cette mesure de protection fondamentale pour la raison que leur habitat choisi ou subi n’est pas reconnu comme logement. Ils peuvent être expulsés de leur lieu de vie à tout moment de l’année. Certes, tous ne perdent pas leur toit, mais se retrouvent avec leur résidence mobile sur la route sans possibilité d’habiter dignement et de manière régulière », expliquent les associations participant à l’initiative.

Observatoire des expulsions et des privations d’eau et d’électricité

Celle-ci prend la forme d’un observatoire des expulsions et des privations d’eau et d’électricité. « Jusqu’à présent aucun recensement de ces milliers de situations difficiles n’a été effectué. Les associations agissent localement au cas par cas, mais les pouvoirs publics n’agissent pas car ils ne connaissent pas l’ampleur du phénomène », précise Stéphane Lévêque qui ajoute que « l’opération va bien au-delà d’un simple comptage des cas dispersés à travers toute la France ». En plus des associations organisatrices, la démarche s’appuie sur une dizaine de mouvements qui forment un vaste réseau de solidarité auquel participent l’UFAT, HALEM, la Fondation Abbé Pierre et de multiples associations locales.

Pour en savoir plus : contact Jérôme Burcklen, coordinateur de la campagne : 01 40 35 00 04