Facebook Accueil

Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Migrants Roms

Marseille : ces Roms sur le chemin de la réussite 24 janvier 2017

  • vendredi 30 décembre 2016 :Journal La Marseillaise Ecrit par Gérard Lanux
  • Des familles qui n’aspirent qu’à vivre en France dans la dignité, contrairement aux images véhiculées par les apôtres du rejet.

  • Rencontre avec des citoyens d’origine roumaine dans les locaux de l’association Habitat alternatif social. Yves Rousset, préfet à l’Egalité des chances, est venu saluer une action exemplaire pour l’accueil et le soutien aux réfugiés.

Ils sont venus en famille. Les femmes portant leurs plus jeunes enfants dans leurs bras. Répondant à l’invitation de l’association Habitat alternatif social (HAS), qui, depuis 2013, a assisté – et soutient – une cinquantaine de familles de Roms dans leur parcours pour une meilleure intégration au sein de la société française. Un moment émouvant de chaleur humaine, et un rappel, de la part des animateurs de l’association, des efforts consentis de part et d’autre pour démentir les mauvaises prophéties de ceux qui prétendent que ces familles n’ont qu’à s’en retourner dans leur pays d’origine. Ce n’est pas la conviction d’éric Kerimel, directeur de HAS, qui a tenu, en premier lieu, en présence d’Yves Rousset, préfet à l’Egalité des chances, à « féliciter les personnes les plus avancées dans leur parcours d’insertion. Vous êtes des gens agréables et c’est un plaisir de vous réunir ici. » Un préambule pour rappeler que l’association a assisté, dès 2013, trois familles dont les enfants étaient atteints de tuberculose. « Puis, l’année suivante, ce sont dix autres familles issues des bidonvilles, avec des problèmes de santé qui ont été accompagnées par l’association. »

Le difficile cap de l’accès au logement

De fil en aiguille, c’est un nombre croissant de familles qui ont été prises en charge. Notamment dans la recherche de logements, un cap difficile à franchir, déplorait Eric Kerimel. « A Marseille, c’est un vrai handicap. Les propriétaires de logements vacants n’aiment pas trop travailler avec les associations », poursuit-il en s’adressant aux familles rassemblées. « Ce sont malheureusement les plus pauvres à qui l’on propose les logements les plus chers. »

Autre handicap, l’obtention de tous les droits indispensables à la réussite d’une nouvelle vie. Pas forcément du fait de la mauvaise volonté des institutions, comme la Caisse d’allocations familiales, ou la Sécurité sociale, « mais plutôt en raison de la longueur des procédures ».

Mais ce qui tient particulièrement à cœur au directeur de Habitat alternatif social, c’est l’inscription des enfants à l’école. « C’est à vous de prendre cet aspect essentiel en charge. Nous pouvons aider à résoudre les problèmes de santé, à trouver un logement décent, mais ne pouvons rien faire à votre place pour la scolarisation de vos enfants. Car les parents, c’est vous. » Le préfet a tenu également à s’adresser aux familles et les remercier d’être « les acteurs vivants de la réussite de l’insertion  ». A son tour, Yves Rousset les exhortait à porter une attention particulière à l’éducation de leurs enfants.

En trois ans, l’association HAS, grâce à des aides et soutiens divers, a pris en charge une cinquantaine de familles, soit plus de cent personnes. Une goutte d’eau, pourrait-on dire, comparé aux deux mille autres toujours en situation extrême. Mais c’est la qualité de l’intervention qui prime. Elle se lit sur le visage de ces familles, dont l’une de leurs « enfants » travaille aujourd’hui au sein de l’association.

Gérard Lanux

 

Pièces jointes

Procédures anti Roms : Un sérieux revers pour la Mairie ! 23 décembre 2016

Le Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms des Immigrés et des Sans-Papiers (CADDDRIS) se félicite des récentes décisions de justice :
 Pour le local des Abeilles, sis à Encagnane, Pays d’Aix Habitat demandait une forte indemnité pour cause de détérioration des lieux. Le Tribunal a donné droit aux preuves fournies par Maître Hubert. Il a reconnu que les bâtiments étaient fortement dégradés bien avant l’arrivée des familles et a débouté un demandeur pourtant pleinement soutenu par la Municipalité.
 En ce qui concerne les terrains de Valcros le tribunal refuse la demande d’évacuation de la Mairie. Il indique notamment : « Dans ces conditions, l’ingérence dans le droit de ces familles au respect de leur vie privée et familiale, à la protection de leur domicile et à la préservation de l’intérêt supérieur de leurs enfants que constituerait une expulsion des parcelles ID 40 et 41, qu’elles occupent, est dans ces conditions disproportionnée au regard du but légitime poursuivi, tendant au respect du droit de propriété. »
 Enfin pour la procédure d’appel sur les sites de Valcros et l’Arbois, là encore, la municipalité a été déboutée. Essentiellement au motif de la proportionnalité des droits (droit de propriété et droit à la vie privée et familiale). Le Tribunal a repris, faisant ainsi évoluer la jurisprudence, l’essentiel des arguments mis en avant par notre avocate dont il faut souligner la qualité de la plaidoirie.
Le CADDRIS appelle, plus que jamais et à l’entrée de la période hivernale, à trouver, en lien avec les collectivités locales et l’Etat des solutions durables pour des familles qui vivent avec nous depuis plus de dix ans et ont vocation à s’intégrer au sein de notre territoire.

La_Provence_2016-11-22_Aix_Roms

Le Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-Papiers (CADDRIS): Aix écologie, Aix-Solidarité, Alternatifs 13, Amnesty groupe 133 d’Aix en Provence, Association de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés, Association des Travailleurs Maghrébins de France, ATTAC Pays d’Aix, CFDT du Pays d’Aix, CIMADE-Aix, EMMAUS Cabriès, Europe Ecologie Les Verts Pays d’Aix, Féminin(s) Pluriel(s) en Pays d’Aix, Jeunesse Communiste d’Aix en Provence, Les Jeunes Ecologistes Aix-Marseille, Ligue des Droits de l’Homme, MAIS International, MRAP Aix, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français – Aix, Parti de Gauche, Partit Occitan, Parti Socialiste, Rencontres Tsiganes, Résister Aujourd’hui, Réseau Education Sans Frontières 13, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature, Tous Ensemble Pour Aix, Union des Étudiants Communistes, Union Pour Aix, Union locale de la Confédération Nationale du Logement du Pays d’Aix, Ensemble !…

 

Pièces jointes

La_Provence_2016-11-22_Aix_Roms Télécharger

Le singulier combat de Stéphane Ravier 11 décembre 2016

Suite aux propos tenus par Monsieur Stéphane Ravier, sénateur-maire, dans le « Journal du Maire du 13/14° » du mois de décembre, nous publions, avec Médecins du monde, la LDH, le CCFD-TS et L’Ecole au présent, le communiqué ci-joint

Le singulier combat de Stéphane Ravier

Dans « La Lettre du maire » du mois de décembre éditée par la Mairie du 13/14 de Marseille, Monsieur Stéphane Ravier consacre 4 pages à s’auto congratuler de son action face à ce qu’il appelle les « campements sauvages de Roms ».

A le lire, il mènerait à lui tout seul, et seul contre tous (Etat, Département, Ville, ONG), un vaste programme d’éradication des bidonvilles. On pourrait presque le féliciter d’avoir ainsi participé à sortir tant de familles d’une aussi grande précarité.

Il oublie simplement de préciser que les mesures d’expulsions systématiques qu’il exige sont non seulement coûteuses mais d’une totale inefficacité quand elles ne sont pas accompagnées de
solutions pérennes :

– Monsieur Ravier s’est ainsi félicité de l’évacuation de Frais Vallon – Lagarde (triomphateur, il s’était même fait prendre en photo devant les bulldozers). Ces familles sont actuellement dans ce qu’il appelle « la jungle de la Rose » ;
– Idem pour le boulevard Plombières (où il était également présent). Les familles sont maintenant Avenue Arnavon (ce qu’il appelle « Campagne Larousse ») ;
– Quant aux familles du Boulevard Villecroze, elles avaient été auparavant expulsées de la rue de Lyon ;

En fait, Monsieur Ravier se glorifie de vouloir déplacer les problèmes mais il ne contribue en rien à les régler.
Comme à son habitude, Monsieur Ravier s’agite, gesticule et accuse les collectivités et les associations de terrain d’être responsables d’une situation qu’il contribue lui-même à faire perdurer.

Et nous sommes bien placés pour savoir que les collectivités qu’il accuse d’inertie usent et abusent parfois de tous les moyens légaux pour obtenir des évacuations dont il est en rien responsable.

Quant aux ONG qui seraient selon lui « largement subventionnées » pour qui la solidarité inconditionnelle a encore un sens, leurs actions permettent entre autre de trouver des solutions de
mises à l’abri des familles, prévenir les risques sanitaires, développer la médiation, renforcer la prévention et favoriser la scolarisation des enfants et l’insertion professionnelle des adultes. Autant de domaines où Monsieur Ravier et ses services sont totalement absents.

C’est pourquoi nous invitons Monsieur Ravier à venir rechercher avec les autres collectivités compétentes et acteurs de terrains des solutions humaines et durables qui seront bénéfiques à tout
le monde, et pouvoir enfin rejoindre un véritable combat, digne d’un élu de la République, celui qui doit être mené contre toutes les formes de misère.

Format PDF : Réponse à S.Ravier 10-12-16

Pièces jointes

Réponse à S.Ravier 10-12-16 Télécharger

Résorption des campements et bidonvilles à STRASBOURG : Objectifs Atteint 22 octobre 2016

C’est le bulletin en date  de la Dihal (délégation interminsisterielle à l’hébergement et l’accès au logement) en date du 18 octobre 2016 qui  nous transmet cette information.

On croit rêver!!  Qu’en pensent  Monsieur  Gaudin maire de Marseille et Monsieur Yves ROUSSET Préfet en charge de ce dossier ?

On peut leur proposer un voyage d’étude à Strasbourg !! C’est une très belle ville  et c’est bientôt le marché de Noël !!

 

Résorption des campements et bidonvilles à STRASBOURG : Objectifs Atteint

 

Le mardi 27 septembre dernier était organisée à Strasbourg une réunion bilan de l’action de résorption des bidonvilles pilotée par la Ville de Strasbourg, en partenariat avec la préfecture du Bas-Rhin. Tous les partenaires de la maîtrise d’oeuvre urbaine et sociale, ainsi que l’Ofii, le Conseil de l’Europe et la Dihal, participaient à cette réunion suivie d’une conférence de presse.

Grâce à la stratégie mise en place depuis 2013, L’objectif de résorption des bidonvilles sur l’ensemble du territoire de Strasbourg a été atteint

En juin 2013, 471 personnes vivaient sur 14 bidonvilles. Aujourd’hui un seul espace, sur lequel un point d’eau, des toilettes sèches et le ramassage des ordures sont assurés par la Ville de Strasbourg, demeure occupé par 26 personnes dans des caravanes mises à disposition par la ville.

Ces bons résultats s’expliquent par plusieurs éléments : Un engagement fort de la ville avec notamment une mission dédiée au sein de ses services ; un partenariat actif et large avec l’Etat u_(dans plusieurs dimensions : social, santé, emploi, éducation, ordre public…), le secteur associatif les opérateurs de la lutte contre la précarité ; Une stratégie pluriannuelle avec un objectif clair de résorption des bidonvilles ; une action globale allant de l’encadrement des terrains jusqu’à l’accès au logement ordinaire, en passant par des dispositifs d’accompagnement sur des espaces temporaires.

espace-temporaire-dinsertion-a-strasbourgDans les mois qui viennent, la Mous et l’accompagnement des familles dans les dispositifs d’insertion vont se poursuivre. La Ville de Strasbourg va également développer les actions d’accompagnement dans des projets de réinsertion dans le pays d’origine, en lien avec l’Ofii.

La MOUS en chiffres (septembre 2016)

éducation : 61 enfants scolarisés à l’école maternelle, primaire et au collège

emploi : 125 personnes ont trouvé un emploi salarié en septembre 2016

logement : 175 personnes ont accédé à un logement, 83 personnes sont en attente de logement

 

 

 

Pièces jointes

espace-temporaire-dinsertion-a-strasbourg Télécharger

Associazione 21 luglio 22 octobre 2016

il_tramonto_web_2

Partout en Europe, nombreuses sont les associations qui luttent pour l’accès aux droits des populations Roms/Tsiganes. Nous vous invitons à decouvrir les actions que mène « Associazione 21 luglio » en Italie.  (le site est en italien ! Nous espérons que certains d’entre vous pourront malgré tout en apprécier le contenu)

http://www.21luglio.org/

https://www.facebook.com/Associazione-21-luglio-118459904857820/?fref=ts

Pièces jointes

Enfants des bidonvilles : une rentrée des classes trop souvent impossible 24 septembre 2016

 

couverture-de-letude-1

En France, pour de nombreux enfants vivant en bidonvilles, la rentrée des classes est encore trop souvent un parcours à obstacles. Pour les uns c’est une expulsion, à deux semaines de la rentrée, qui brise leur scolarité, pour d’autres ce sont les maires qui refusent de les inscrire dans les écoles de leur commune.

Il convient de rappeler sans cesse que la France a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant, s’engageant ainsi « à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien être » (art. 3) par le droit de vivre avec ses parents (art. 9), le droit à un « niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social » (art.27), le droit à la santé (art.24) et le droit à l’éducation (art28).

 

http://sur.laprovence.com/s/krYW

http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes/bouches-du-rhone/marseille/marseille-pas-de-rentree-scolaire-pour-les-enfants-roms-expulses-1076695.html

http://www.leparisien.fr/saint-ouen-93400/le-maire-de-saint-ouen-refuse-de-scolariser-les-enfants-roms-13-09-2016-6116833.php

http://www.lavoixdunord.fr/40502/article/2016-09-02/des-enfants-roms-prives-de-rentree-scolaire-par-le-maire-de-maubeuge

 

*Une étude sur la scolarisation des jeunes de 12-18 ans vivant en bidonvilles et en squats est finalisée et imprimée ! Elle sera présentée mardi 27 septembre à 11h au siège du SNUipp-FSU, 12 rue Cabanis à Paris, où se déroulera une conférence de presse. Elle sera également accessible en ligne sur le site internet de Romeurope (www.romeurope.org – onglet CDERE).

Pièces jointes

La ville de Toulouse reloge des familles Roms 21 août 2016

Près de 400 personnes dont 117 enfants vivant sur 4 terrain assez proches appartenant à la Mairie, l’Agglo et un bailleur social ont été relogées lundi et mardi.

Des solutions de relogement ont été trouvées pour tous les habitants : 178 chambres dans le diffus réparties dans 74 appartements. Les appartements appartiennent à la Ville, à l’EPFL et à des bailleurs sociaux. Et la cerise sur la gâteau : des cartons de déménagement, des camions et minibus avec chauffeur étaient prévus, tout comme les interprètes le jour de l’opération (voir page 8 de la décision de justice en pièce-jointe pour les détails). Un accompagnement social est prévu pour les familles dans leur nouveau logement.

Cette « expulsion » est préparée depuis 10 mois dans le cadre d’une Maitrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS) de 35 mois portée par la Mairie qui présente son action ainsi :

« Cette démarche a pour but principal au-delà de la fourniture d’un vrai logement, de faciliter l’insertion sociale et professionnelle de ces ménages en les sortant de la précarité et en les aidant à accéder aux mesures de droit commun. En contrepartie de ces propositions de relogement, les ménages devront de leur côté s’engager à respecter des conditions nécessaires à une véritable insertion : scolarisation des enfants, apprentissage du français, recherche d’un travail ou d’une formation. »
Les quelques points négatifs relevés par le Collectif de soutien aux Roms de Toulouse :
Pas d’informations sur la durée du relogement
Pas de concertation avec les associations de terrain, qui ont reçu une invitation à une réunion d’information quelques heures avant sa tenue
Le souhait de certaines familles de rester ensemble n’a pas été entendu
Éloignement et pertes de repères mal vécus pour certains
Ruptures de certains suivis administratifs et médicaux en cours faute de coordination en amont. Les associations en charge de l’accompagnement social ne connaissent pas les familles jusqu’à présent.
Affectations scolaires qui ne seront connues que fin août-début septembre

A Marseille les expulseurs ne prennent pas de vacances 21 août 2016

ba1680cab247697da48e6f2c4826770c_L

Une quarantaine de personnes ont été expulsées d’un ancien garage, 64 rue de Lyon, dans le 15e arrondissement de Marseille. Les enfants, à la scolarité régulière, et leurs parents, en formation ou en activité, sont relogés temporairement en hôtel.La Cabucelle

 

Installées depuis plus d’un an dans l’immense friche Ford de la rue de Lyon, onze familles ont été délogées au petit matin de leur squat par la police nationale. Vers 9 heures, le site entièrement vidé, à la demande du nouveau propriétaire qui souhaite y démarrer des travaux, laissaient sur le carreau une dizaine de familles roms avec de nombreux enfants en bas âge. Le Samu Social est venu, a fait semble-t-il chou blanc et est reparti. Un riverain passe l’air désolé: « c’est vrai qu’à la fin il y avait trop de monde. Plus de 150 personnes. Du coup il y avait beaucoup de rats. Mais les pauvres, c’est pas la solution de les mettre à la rue. Il faut que tout le monde vive, ait droit à un logement. Moi aussi j’ai vécu en bidonville quand je suis arrivé à Marseille…»

La situation soulève la colère chez les associations de terrain, telle Rencontres Tsiganes, qui déplore: « nous avions eu une discussion en juillet avec le préfet délégué à l’égalité des chances sur ce squat en particulier. 23 des 34 enfants sont scolarisés à Arenc Bachas ou au collège Henri Wallon et la grande majorité des adultes est en parcours d’insertion, voire ont des contrats de travail. Ils n’auraient pas du être mis à la rue, ça met tout le travail social en l’air ». Ainsi Vasil, 34 ans suit-il sérieusement une formation de mécano et se sent « stoppé en plein élan ». Jeune maman, Rosalia désespère: «Je suis agent de nettoyage. Je dois appeler mon patron pour lui dire que je ne pourrai pas venir ce matin. J’ai peur qu’il me dégage à cause de cette absence. Mais je fais comment avec les enfants? On ne sait pas où on va dormir ce soir. Je ne peux pas les laisser là ». De même, c’est la grosse tuile pour Cale qui est auto-entrepreneur et tentera de négocier en vain la récupération de sa ferraille déjà triée, en plaidant: « je suis déclaré. Il y a tout mon boulot là-dedans. Tout est réglo ». Mais la police et les vigiles ont des ordres strictes.

Une directive, mais pas de moyens

Mais le droit de propriété prévaut encore sur les droits les plus élémentaires, comme celui au logement. Après des heures passées à chercher l’ombre sur le trottoir devant le futur éco-quartier Smartseille qui pousse à deux pas de l’Unité d’hébergement d’urgence, les familles ont vu arriver Alban, un habitant du quartier ému par leur situation, avec des pack de bouteilles d’eau et des pains au lait très appréciés. Deux voitures de police sont restées stationnées à leurs côtés avant qu’arrivent quelques propositions des pouvoirs publics, conformes au devoir « d’humanité » préconisé par la circulaire interministérielle du 26 août 2012.

« Évacuer ce camp après la rentrée aurait brisé leur parcours scolaire et ne pas évacuer impliquait que le propriétaire se retourne contre la Préfecture. On a donc tout fait pour qu’une solution durable soit trouvée d’ici la rentrée pour 3 familles identifiées, parmi les onze présentes », explique pour sa part le préfet Yves Rousset. Pour les autres, la solution sera très temporaire, une ou deux nuits d’hôtel tout au plus. Ensuite, ils seront de nouveau condamnés au squat.

Myriam Guillaume

 

Pièces jointes

Odieuse agression à Marseille 21 août 2016

Marseille : violente attaque sur un campement de Roms

La Provence du Mercredi 17/08/2016 à 09H27 – Marseille

20160817_1_5_1_1_0_obj12517749_1

Cocktails Molotov, chevrotines : huit blessés mardi soir boulevard Magallon

Tu restes cette nuit d’accord Madame ? » Dans les yeux d’Andrada, 15 ans, comme dans ceux des autres habitants du squat Rom du boulevard Magallon (15e), il y a de la peur. Dans la soirée de mardi à mercredi, un déferlement de violences sans précédent s’est en effet abattu sur leur terrain, près du métro Bougainville.« Tout le quartier l’a vu, on était tous aux fenêtres », confirme aussi cette voisine directe.20160817_1_2_8_1_0_obj12517619_1

Des « assaillants », pour l’heure non-identifiés, auraient attaqué le campement à l’aide de projectiles, de cocktails Molotov, chevrotine, et peut-être d’une arme blanche « de type sabre » précisent les Roms: « C’est la plus grave agression de ce type survenue à Marseille », s’indigne Laurie Bertrand, coordinatrice technique de la Mission bidonvilles pour Médecins du monde. « Il y a beaucoup de confusion dans le déroulé des faits, nous réunissons encore les éléments », glissait, prudent, Laurent Nunez, préfet de police, qui ne confirmait « pas à cette heure les tirs ». « Ils avaient des fusils », affirment pourtant les jeunes Roms tandis que les riverains témoignent avoir entendu « des coups de feu » au cours de la soirée. L’enquête a été confiée à la sûreté départementale de la DDSP, sous l’autorité du Parquet.

Sept Roms ont été hospitalisés pour des blessures causées, selon les rapports médicaux, par « polycriblage de chevrotine ». Deux jeunes hommes, plus touchés, ont dû subir une intervention chirurgicale hier matin. Enfin, un autre homme, présenté par la police comme l’un des possibles « assaillants », a également été admis aux urgences de l’Hôpital européen. Il souffre d’un grave traumatisme crânien.

Des jets de bouteilles enflammées visibles sur une vidéo

Des groupes d’ « assaillants » organisés, pour l’heure non-identifiés, ont jeté des cocktails Molotov sur le campement, comme on le voit sur cette vidéo réalisée par un voisin.

Gonflé par les expulsions de campements voisins, le squat Rom de Magallon est depuis février, avec ses 160 occupants, le plus important de Marseille. Propriété de la Ville, qui escompte y déménager un jour l’UHU de la Madrague-Ville, le site faisait l’objet d’un arrêté d’expulsion qui n’a finalement pas été exécuté, le 21 juillet dernier.

Sollicité par les associations, le préfet à l’Égalité des chances Yves Rousset avait fait part de sa volonté d’étudier un « projet de stabilisation » des familles. Les voisins, eux, se plaignent des nuisances occasionnées par leur présence.

Alors, que s’est-il passé mardi soir ? Prudente, la police confirme seulement « deux attaques ». Après la première, vers 21 h 30, un équipage de police a été dépêché sur place ; les voisins témoignent alors de la « dispersion » des assaillants dans les petites rues du quartier. « Et puis vers minuit, raconte une voisine, on a vu les jets de cocktails Molotov et appelé les pompiers. Il y a des tas de gosses là-dedans. »

Dans une vidéo postée sur Youtube, que nous avons pu consulter, on distingue nettement des silhouettes lancer des projectiles enflammés à l’intérieur du squat. « Il aurait pu y avoir des morts », s’indigne Patrick, de l’association Just, familière des lieux. Vers 1 h du matin, et jusqu’au petit jour, la police est restée sur place sécuriser les lieux. Médecins du monde, qui va proposer un accompagnement psychologique aux familles après cette violente attaque, regrette « le pourrissement » des relations avec le voisinage, accentué par « l’absence de politique de fond » des autorités. Aux expulsions ne succèdent en effet que la création de nouveaux squats. Depuis 2012, une circulaire ministérielle impose pourtant aux préfets d’accompagner les évacuations de mesures de relogement. À Marseille, elles ne sont que marginalement proposées.

Delphine Tanguy

 

Pièces jointes

Zinzinement vôtre : Accueil des Roms en Paca 17 juillet 2016

Merci à Nicolas Furet de Radio Zinzine pour son émission, Accueil des Roms en PACA, consacrée à   » Tous en fête avec les Roms », manifestation qui a eu lieu le 11 juin 2016 à Gardanne :

http://www.zinzine.domainepublic.net/?ref=2471

 

Gardanne 11 juin 2016 - Photo Jean Barak@ jean Barak

 

Pièces jointes