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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Qui sommes-nous?

Portait d’une grande amie 26 mars 2011

Alice Januel

 

Mère de famille militante

 

Par Olivier Berthelin
 
Gazette des communes 09/02/2009
 
Présidente de l’une des grandes associations tsiganes, Alice Januel s’impose comme une interlocutrice incontournable des collectivités.
 
Logiquement, son premier contact avec des représentants d’une commune concerna la scolarisation de l’aîné de ses quatre enfants. Refus, incompréhension, conflit : Alice Januel, n’en garde pas un bon souvenir : « Il est dommage de devoir aller au tribunal pour que les jeunes puissent accéder à l’école, alors qu’ils ont soif d’apprendre. » Plus pragmatique qu’idéologue, elle préfère trouver des solutions satisfaisantes avec ses interlocuteurs, plutôt que d’achever le dialogue devant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) ou devant les juges. Devenue par la force des choses praticienne du droit des collectivités, trente ans plus tard, Alice Januel se préoccupe toujours d’enseignement. « Avoir des diplômes n’est pas incompatible avec le voyage. Au contraire, nos métiers évoluent sans cesse et plus on en sait, mieux on peut les exercer. En période de crise c’est un atout, car même s’il est plus difficile de voyager, nous ne voulons pas nous sédentariser. »
Esprit citoyen. Dans la préface du « Guide pratique des gens du voyage » publié en 2007, la présidente de l’Association nationale des gens du voyage catholiques (ANGVC) insiste sur la notion de citoyenneté. L’ouvrage présente de manière pédagogique les textes réglementaires qui s’empilent depuis 1969 sur l’habitat caravane et les pratiques de l’itinérance. « Il faut rendre hommage à ceux, tsiganes et gadgés, qui ont fait l’énorme travail de recherche et de rédaction », fait valoir Alice –Januel, qui n’hésite pas à monter au créneau en cas de conflits. « L’association qu’elle dirige formule des critiques virulentes, mais elle sait aussi saluer certaines initiatives », confie l’entourage du sénateur Pierre –Hérisson, président de la Commission –nationale consultative des gens du voyage.
Combative et ouverte d’esprit, commerçante non sédentaire nomadisant dans des conditions parfois précaires et interlocutrice de ministres, Alice Januel peut sembler irréelle. Elle s’amuse de l’étonnement de ses interlocuteurs qui considèrent qu’être à la fois femme et tsigane représente un double handicap. « Je ne suis pas la seule voyageuse exerçant des responsabilités. La condition de la femme n’est ni pire ni meilleure que chez les sédentaires. Certains d’entre nous se conduisent en machos, mais ce n’est pas une caractéristique des gens du voyage. » Loin d’être enfermées dans les caravanes, les femmes tsiganes tiennent une place importante, y compris au sein des grandes associations. Elles connaissent les mêmes difficultés que leurs consœurs sédentaires pour mener de front vie associative, de famille et professionnelle.
Force de propositions. Soutenue dans ses engagements par son mari, Alice –Januel jongle avec les TGV pour participer aux réunions, veillant à s’éloigner le moins longtemps possible des siens, tenaillée par les inquiétudes qui tissent la vie quotidienne des voyageurs. « Dans certaines villes, la police est en permanence sur le dos de nos jeunes. Même avec une carte d’identité, s’ils se trouvent à plus d’un kilomètre de la caravane, ils doivent exhiber l’horrible carnet de circulation, sous peine d’amendes et de multiples ennuis », affirme la mère de famille, en pestant contre le format peu pratique des documents spécifiques à conserver sur soi. « Nous dénonçons ces titres de circulation et nous formulons des propositions concrètes dans tous les domaines. Mais, dans les commissions, les avis donnés par des voyageurs hommes ou femmes sont poliment écoutés, mais rarement suivis d’effets », déplore-t-elle. Mais elle se rappelle qu’autrefois ses parents n’étaient pas même écoutés.
Je ne suis pas la seule voyageuse exerçant des responsabilités. La condition de la femme n’est ni pire ni meilleure que chez les sédentaires.
 
BIO-EXPRESS
 
Jusqu’en 2000 : artisan forain et commerçante.
2003 : devient secrétaire de l’Association nationale des gens du voyage catholiques (ANGVC).
2005 : élue présidente de l’ANGVC.
2006 : nommée membre de la Commission nationale consultative des gens du voyage.
2007 : publication du « Guide pratique des gens du voyage », en collaboration avec la Direction générale de l’action sociale et de la Direction générale de l’urbanisme.
 
 

Hommage à Dédée 6 mars 2011

 
 
 
 

Hommage à Dédé

 

 

Elle était la doyenne de notre association, à laquelle elle a adhéré dès sa création, et dont elle a suivi avec intérêt toutes les activités : Madame Andrée Bianco, « Dédée » pour ses très nombreux amis, est décédée à Marseille le 2 janvier 2011.
 
Pendant plus de cinquante ans, elle a travaillé au service du monde gitan et manouche à Marseille : bidonvilles, cités de transit, HLM, elle les a tous fréquentés du nord au sud de la ville. A une époque où les services sociaux ne s’intéressaient pas beaucoup à cette population, elle a mis sans réserve à son service sa droiture et sa générosité, sur le terrain comme dans les bureaux des administrations. Sa persévérance et sa force de persuasion ont été déterminantes dans le processus qui a permis d’aménager le terrain boueux de Ruisseau Mirabeau en une des premières cités promotionnelles où les caravanes trouvaient place à côté de coquettes maisonnettes. Sans ses interventions que serait-il advenu des familles stationnées sur cet emplacement convoité par de nombreuses entreprises ? En 1979 l’ouverture du centre social a permis de structurer les interventions sur la cité : au-delà du statut officiel de « Conseillère en Economie Sociale et Familiale » qui lui a alors été octroyé, cela a permis à Dédée d’enrichir de nombreuses personnes de sa conception du travail social, tout entier tourné vers le bénéfice de ceux auxquels il s’adressait. Un de ses proches collaborateurs a témoigné en ces termes de ce qu’elle lui avait permis de découvrir :
− « Je [lui] dois beaucoup […] et dis toujours qu’elle m’a préparé à assumer mes engagements dans le domaine de l’action sociale à M… Sa rigueur morale et professionnelle, son dévouement sans limites, le mariage du coeur et de la raison, son attention constante aux plus petits, sa foi en l’homme, sa confiance dans l’Eglise (même si elle se disait non-croyante) sont les traits marquants de sa personnalité dont je garde le précieux souvenir et qui vont continuer de guider ma vie. » (JT)
 
Sans qu’elle ne délaisse jamais sa famille et ses amis gadjé, le monde gitan a rempli une grande part de la vie de Dédée. La seule perspective de le rencontrer, d’en parler, ou même d’en entendre parler lui donnait des ailes. Jusqu’à l’année dernière, elle est resté fidèle au pèlerinage des Saintes Maries de la Mer, et lors d’une de ces dernières visites à Lourdes elle avait eu le plaisir de retrouver le cardinal Etchegaray, qu’elle avait plusieurs fois rencontré à Marseille.
 
Une centaine de personnes, parmi lesquelles de nombreux Voyageurs, se sont retrouvées pour évoquer sa mémoire le 5 janvier. Beaucoup d’autres leur étaient unies un peu partout à Marseille et dans les environs, mais aussi à Strasbourg, Pau ou Limoges…
 
Puisse son souvenir nous aider à continuer sur la voie qu’elle nous a tracée, et raviver notre enthousiasme et notre énergie lorsque nous sommes tentés de baisser les bras ! Puisse-t-il nous préserver de la tentation de récupérer à notre profit le travail avec les Voyageurs !
 
 
Françoise

 

 

Pièces jointes

Un Centre d’information et de documentation sur les Tsiganes et les Roms à Marseille 6 mars 2011

Le Centre de Ressources sur le Culture Tsigane est maintenant à votre disposition. Pour plus d’information vous pouvez joindre
 
Caroline GODARD
 
34 cours Julien à Marseille 13006
au numéro suivant : 07 86 96 65 22
 
émail: crd.rencontrestsiganes@gmail.com
 
 
 
 
 
Une aide financière du Conseil Régional et de la Fondation Abbé Pierre nous permet enfin de pouvoir réaliser ce projet déjà ancien et qui devrait améliorer le fonctionnement de notre association en soulageant un peu la charge des bénévoles. Il s’agit en effet de répondre aux sollicitations de plus en plus fréquentes en matière d’information et de formation. Cette mission d’information et de sensibilisation nous semble en effet plus que jamais nécessaire. A la suite des discours et des circulaires de l’été stigmatisant les Roms et les gens du voyage, on a pu en effet constater un intérêt nouveau de la part de certains de nos concitoyens. Nous avons acquis la conviction que seule une meilleure information de l’opinion publique sera à même de faire évoluer l’attitude des élus et des responsables politiques. C‘est l’objectif principal de ce centre de ressources animé par Caroline GODARD
 
Caroline est salariée en contrat aidé de l’association depuis le 1er février. Elle peut être jointe au téléphone : 07 86 96 65 22 ou sur internet : crd.rencontrestsiganes@gmail.com.
 
Le MRAP gestionnaire de la Maison Méditerranéenne des Droits de l’Homme (MMDH) a bien voulu nous accueillir au 34 Cours Julien 13006 où le public sera reçu du lundi au vendredi de 14h à 17h30 et sur rendez-vous.
 
Caroline précise les priorités du centre :
 
-Rassembler la documentation sur les Roms tsiganes sous toutes les formes : livres, dossier films, DVD, Photos, disques, articles de presse etc… et les mettre à disposition des personnes mais aussi des associations, des enseignants etc… en consultation sur place dans un premier temps puis sous forme de prêts.
-Organiser des rencontres et mettre en place des formations à la demande.
-Participer à l’animation de soirées de débats autour de films et de conférences . etc.…
-Travailler en réseau avec d’autres structures associatives localement et nationalement.
-Assurer la mobilisation et la coordination des bénévoles dans les interventions programmées.
 
 
Les moyens disponibles pour le fonctionnement de cette initiative demeurent modestes et ne sauraient remplacer les interventions militantes des membres de l’association.