Facebook Accueil

Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Sur le terrain

ERDF coupe illégalement le courant à 40 familles de Vitrolles 24 janvier 2017

Une fois de plus la Société ERDF en charge du service public de l’électricité montre son ignorance de la loi et son mépris de certains de ses clients lorsqu’ils habitent dans des caravanes.

 

Ce mardi 10 janvier au matin ERDF est venu couper l’alimentation électrique à une quarantaine de familles de gens du voyage qui habitent, pour certaines depuis plus de dix ans, dans leurs caravanes sur un terrain municipal dans le quartier l’Anjoly à VITROLLES. Ces familles ont été regroupées à titre temporaire sur ce terrain municipal à la suite d’une décision de justice lors de l’évacuation d’un ancien terrain d’accueil jugé insalubre. Les services de la mairie de Vitrolles n’ont pas été avertis de cette coupure alors qu’ils sont les souscripteurs du contrat d’alimentation. ERDF, en supprimant l’accès à l’électricité à ces familles (avec des enfants en bas âge et des personnes âgées contrevient à la loi du 10 février 2000 qui met ERDF dans l’obligation d’assurer le service de l’électricité considéré comme produit de première nécessité. Grâce à la mobilisation des familles et avec l’appui des services de la commune de Vitrolles, l’alimentation électrique a pu être rétablie de manière provisoire vers 22h.

 

Ce très grave incident qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques n’est hélas pas le premier dans notre région. Depuis 2003, date de création de l’association Rencontres Tsiganes, nous sommes très régulièrement alertés par des gens du voyage sur le comportement d’agents d’ERDF ou d’EDF qui, soit procèdent à des coupures de courant intempestives soit refusent d’installer des branchements provisoires ou définitifs sous des prétextes les plus divers et le plus souvent illégaux. Sauf de rares exceptions, les usagers lorsqu’ils tentent de se renseigner sont renvoyés d’un service à un autre ou tout simplement éconduits. Dernier exemple en date : on y est pour rien. C‘est un nouveau logiciel qui nous a dit de couper !

 

A chaque incident, nous tentons d’intervenir soit par téléphone soit par courrier auprès des services concernés afin de rappeler la législation et les multiples décisions de justice donnant tort à EDF et l’obligeant à la fourniture de courant. Nous avons à de nombreuses reprises, sans résultat à ce jour,  sollicité la direction régionale d’ERDF afin de tenter de comprendre ces comportements que nous considérons dans de nombreux cas comme discriminatoires.

Nous venons de saisir le préfet de Région de ce dossier.ERDF Préfet 13-01-2016

Pièces jointes

ERDF Préfet 13-01-2016 Télécharger

Ouverture d’une aire d’accueil à Paris – Priorité aux familles de personnes hospitalisées 24 janvier 2017

Aire d’accueil – Bois de Vincennes

La première aire d’accueil réalisée sur le département de Paris ouvre début janvier.
Ses 13 emplacements sont destinés en priorité aux ménages dont un membre est hospitalisé dans un hôpital / une clinique à Paris.

Vous trouverez en pièce-jointe le flyer et des informations plus détaillées via ce lien : http://www.paris.fr/live/4395

Pièces jointes

Aire d'accueil - Bois de Vincennes Télécharger

Une journée pour la mémoire et pour l’avenir 7 novembre 2016

On pourra regretter qu’il ai fallu de si longues années pour qu’un gouvernement reconnaisse le sort tragique fait aux “nomades“, (Gitans,  Manouches, Sintis Tsiganes etc), durant la seconde guerre mondiale.  Le discours de François Hollande  ce  29 octobre 2016 à Montreuil-Bellay  marquera une étape importante dans un  long combat . Entouré d’un grand nombre de ceux qui ont eu à subir ces représailles  insupportables, le Président de la République s’est engagé en des termes à même de leur redonner leur fierté. Il a également reconnu la pleine citoyenneté à tous ceux qui aujourd’hui encore subissent des discriminations quotidiennes.

Eh bien voilà ! Nous y sommes, ce jour est venu et il fallait que cette vérité fût dite au plus haut niveau de l’Etat : la République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame.  “14595770_587539138104441_8269842228086114006_n

Une telle reconnaissance  ne saurait cependant  satisfaire  tous ceux qui aujourd’hui encore subissent les conséquences d’une législation  condamnable et discriminante.  La loi “égalité et citoyenneté“ doit sans délai  être votée par l’Assemblée Nationale et promulguer pour ouvrir une aire nouvelle dans l’égalité des droits entre tous les  citoyens quels que soient leur culture, leur mode de vie, leurs origines. Nous savons aussi, par expérience, qu’une loi n’est qu’un outil dont la mise en œuvre nécessitera encore de longues batailles.

(1) On remarque à coté du  Président Hollande  notre amie Nelly Debard Présidente de l’ANGVC ( Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens)

discours-pdt-de-la-r_montreuil-bellay_29-oct-2016

une-memoire-francaise-l-internement-des-nomades-en-france-19401946

Pièces jointes

une-memoire-francaise-l-internement-des-nomades-en-france-19401946 Télécharger
discours-pdt-de-la-r_montreuil-bellay_29-oct-2016 Télécharger

A Marseille les expulseurs ne prennent pas de vacances 21 août 2016

ba1680cab247697da48e6f2c4826770c_L

Une quarantaine de personnes ont été expulsées d’un ancien garage, 64 rue de Lyon, dans le 15e arrondissement de Marseille. Les enfants, à la scolarité régulière, et leurs parents, en formation ou en activité, sont relogés temporairement en hôtel.La Cabucelle

 

Installées depuis plus d’un an dans l’immense friche Ford de la rue de Lyon, onze familles ont été délogées au petit matin de leur squat par la police nationale. Vers 9 heures, le site entièrement vidé, à la demande du nouveau propriétaire qui souhaite y démarrer des travaux, laissaient sur le carreau une dizaine de familles roms avec de nombreux enfants en bas âge. Le Samu Social est venu, a fait semble-t-il chou blanc et est reparti. Un riverain passe l’air désolé: « c’est vrai qu’à la fin il y avait trop de monde. Plus de 150 personnes. Du coup il y avait beaucoup de rats. Mais les pauvres, c’est pas la solution de les mettre à la rue. Il faut que tout le monde vive, ait droit à un logement. Moi aussi j’ai vécu en bidonville quand je suis arrivé à Marseille…»

La situation soulève la colère chez les associations de terrain, telle Rencontres Tsiganes, qui déplore: « nous avions eu une discussion en juillet avec le préfet délégué à l’égalité des chances sur ce squat en particulier. 23 des 34 enfants sont scolarisés à Arenc Bachas ou au collège Henri Wallon et la grande majorité des adultes est en parcours d’insertion, voire ont des contrats de travail. Ils n’auraient pas du être mis à la rue, ça met tout le travail social en l’air ». Ainsi Vasil, 34 ans suit-il sérieusement une formation de mécano et se sent « stoppé en plein élan ». Jeune maman, Rosalia désespère: «Je suis agent de nettoyage. Je dois appeler mon patron pour lui dire que je ne pourrai pas venir ce matin. J’ai peur qu’il me dégage à cause de cette absence. Mais je fais comment avec les enfants? On ne sait pas où on va dormir ce soir. Je ne peux pas les laisser là ». De même, c’est la grosse tuile pour Cale qui est auto-entrepreneur et tentera de négocier en vain la récupération de sa ferraille déjà triée, en plaidant: « je suis déclaré. Il y a tout mon boulot là-dedans. Tout est réglo ». Mais la police et les vigiles ont des ordres strictes.

Une directive, mais pas de moyens

Mais le droit de propriété prévaut encore sur les droits les plus élémentaires, comme celui au logement. Après des heures passées à chercher l’ombre sur le trottoir devant le futur éco-quartier Smartseille qui pousse à deux pas de l’Unité d’hébergement d’urgence, les familles ont vu arriver Alban, un habitant du quartier ému par leur situation, avec des pack de bouteilles d’eau et des pains au lait très appréciés. Deux voitures de police sont restées stationnées à leurs côtés avant qu’arrivent quelques propositions des pouvoirs publics, conformes au devoir « d’humanité » préconisé par la circulaire interministérielle du 26 août 2012.

« Évacuer ce camp après la rentrée aurait brisé leur parcours scolaire et ne pas évacuer impliquait que le propriétaire se retourne contre la Préfecture. On a donc tout fait pour qu’une solution durable soit trouvée d’ici la rentrée pour 3 familles identifiées, parmi les onze présentes », explique pour sa part le préfet Yves Rousset. Pour les autres, la solution sera très temporaire, une ou deux nuits d’hôtel tout au plus. Ensuite, ils seront de nouveau condamnés au squat.

Myriam Guillaume

 

Pièces jointes

Sur l’aire de Saint Menet : un air d’opéra. 28 juin 2016

Opé&ra à saint Menet

Samedi 11 juin au soir, une surprise attendait les voyageurs installés sur l’aire de Saint-Menet à Marseille. L’arrivée de  quelques personnes portant de drôles  de cartables  a intrigué les nombreux enfants présents sur le site . Puis des chaises et des bancs ont été installés entre les caravanes.  L’attente était longue et les questions nombreuses.  Puis les nouveaux arrivants s’installent et sortent de drôles d’instruments de musiques de leurs étuis. Au début c’est curieux ils soufflent chacun à leur tour puis tous ensemble dans leurs  instruments. Chut ! il faut faire silence . C’est Pierre qui commence  puis, peu à peu, tous les animaux  se font entendre.  Pierre arrive enfin a attraper le loup . On a eu peur. Heureusement il avait une grande paëlla qui nous attendait.

 Bravo les artistes !!!!

A propos
L’aire d’accueil des gens du voyage de Saint-Menet à Marseille est l’une des rares à bénéficier d’un centre social permanent, lieu d’échange et de vie où tsiganes, rroms et gadjé se côtoient.

Air(e) d’Opéra est à la fois une soirée musicale organisée sur une aire d’accueil et un programme qui participe à l’ouverture du champ culturel et artistique en créant
du lien social.
Les musiciens issus d’une formation de l’Orchestre Philharmonique de Marseille, le service d’animation du centre social de l’aire d’accueil des gens du voyage de St Menet, la médiathèque de la Penne sur Huveaune et le Pôle d’Information Carré Culture, accompagnent les familles de l’aire d’accueil et le public sur des temps d’échange, de partage et d’ouverture en vue du rassemblement
Air(e) d’Opéra qui cette année donnera lieu à un concert-lecture autour du conte musical Pierre et le Loup de S. Prokofief

Pièces jointes

Tous en fête avec les Roms 20 mai 2016

AfficheA4

RAPPEL

 

Les collectifs de soutien aux Roms des Bouches du Rhône vous convient à une manifestation intitulée « Tous en fête avec les Roms » le samedi 11 juin 2016, de 14h à minuit, à la Maison du Peuple de Gardanne.
Le programme et l’affiche de la manifestation sont en pièces jointes.Programme définitif 

Après de longues années passées par d’innombrables bénévoles du département et d’ailleurs à accompagner les familles Roms en déshérence pour tenter de leur permettre d’accéder à des conditions de vie dignes et décentes, les collectifs 13 veulent faire de cette manifestation un temps fort de débats, rencontres, information, mais aussi de fête (voir programme) !

Merci de le faire savoir dans tous vos réseaux associatifs et amicaux, et de venir vous-mêmes le 11 juin avec enfants, petits-enfants, copains… !

Pièces jointes

Programme définitif (3) Télécharger
AfficheA4 Télécharger

Les Roms « s’acampent » sur le carreau de la mine 21 mars 2016

Gardanne la mineRoms a gardanne 1Le collectif des Roms de Gardanne qui depuis 4 ans suit les familles installées sur l’ancien carreau de la mine propose  d’organiser le 11 juin à Gardanne une FETE ROM qui doit être UN EVENEMENT POSITIF alors que tous les « sites, camps, campements, bidonvilles… » sont globalement et toujours sous la menace d’expulsions, d’exclusions et de violences en tous genres. Des détails de  cette journée seront données plus tard .Roms a Gardanne 2

Pour mieux comprendre les conditions d’accueil des familles Roms  dans cette ville on lira avec intérêt la remarquable enquête réalisée sur place par des élèves venus de différents lieux autour de la méditerranée. L’encadrement de ce travail a été réalisé par Laurent DUSSUTOUR, enseignant au Lycée agricole de Valabre et Béatrice MESINI, chercheuse  au CNRS

-Les Roms de Gardanne cx

Pièces jointes

-Les Roms de Gardanne cx Télécharger

A Marseille Frais Vallon, les Bulldozers font la loi 20 janvier 2016

Communiqué de presse – Frais vallon – les bulldozers font la loi

 

COMMUNIQUE de la LDH  13

 A Marseille Frais Vallon, les Bulldozers font la loi

 

 Depuis près de deux ans, une vingtaine de familles, chassées de toutes parts, avaient trouvé un refuge en construisant quelques cabanes sur un terrain appartenant à l’Etat à proximité de la future L2. La préfecture ayant engagé contre elles une procédure d’expulsion, le TGI de Marseille s’est déclaré incompétent et a débouté l’Etat par une décision en date du 18 septembre 2015. La Préfecture a fait appel de cette décision et la date de l’audience n’est pas encore connue à ce jour .

 

Le 21 décembre, la société privée qui réalise la L2 a assigné les mêmes familles au tribunal administratif qui s’est également déclaré incompétent. Malgré cette décision quelques familles ont dû quitter les lieux contraintes par l’avancée des engins de chantier. Pour les autres, elles sont dans l’angoisse quotidienne car les engins ont cerné les baraques encore en place qui menacent à chaque instant de s’écrouler.

IMG_1634

Quelles que soient les contraintes et les urgences d’un chantier nous considérons qu’il est inadmissible qu’une entreprise privée refuse de se plier à une décision de justice et mette ces familles en danger. Nous exigeons l’arrêt immédiat des engins et la fin de ce harcèlement physique. Nous demandons l’ouverture de négociations permettant d’offrir à ces familles des conditions d’hébergement satisfaisantes.

 

Marseille le 19 janvier 2016

 

 

 

Pièces jointes

Communiqué de presse - Frais vallon - les bulldozers font la loi Télécharger

76 évacuations forcées En 2015 20 janvier 2016

C’est le chiffre  annoncé par le rapport publié par la Ligue des Droits de l’homme et l’organisation ERRC

(European Roma Rights Centre) que l’on peut lire en annexe.

Plusieurs familles de Roms ont été évacuées par la police d'un squat qu'ils occupaient sur la place Cazemajou (15è)

Plusieurs familles de Roms ont été évacuées par la police d’un squat qu’ils occupaient sur la place Cazemajou (15è)

Sous le titre:  Recensement des évacuations forcées de lieux de vie occupés par des Roms ( ou des personnes désignées comme telles)  en France, ce rapport  confirme  une nouvelle fois  les propos du haut commissaire des Nations Unies  aux droits de l’Homme , Zeid Ra’ad Al Hussein : « Il apparait qu’il existe une politique nationale systématique d’expulsions de force des Roms » 

 

Ce travail repose sur une enquête précise auprès des associations et organismes qui, sur le terrain, tentent de venir en aide à ces familles.  Marseille et la région figure en “bonne place » dans ce sombre catalogue.

Expulsions-forcées-année-2015-final

Pièces jointes

Expulsions-forcées-année-2015-final Télécharger

Une intégration réussie 20 octobre 2015

Lintégration réussie

 

Une famille de Roms du puits Z s’est installée sur la commune de Saint-Martin-de-Boubaux, en Lozère, permettant à l’école du village d’éviter la fermeture. Ou quand l’immigration est une chance pour les zones rurales à la démographie déclinante.

La ville de Gardanne (et son maire communiste, Roger Meï), s’est retrouvée sous les feux médiatiques il y a 3 ans, pour avoir accueilli 11 familles de Roms sur un terrain aménagé au puits Z. Un hébergement provisoire qui a permis à la Ville et ses services, aux associations impliquées et à certains habitants jamais déstabilisés par la bronca populaire et les récupérations électorales malveillantes, d’aider les familles à trouver une issue à leur errance.

Depuis, certains ont, selon leurs souhaits, regagné la Roumanie. Une famille a été relogée aux Pennes Mirabeau, une autre à Marseille, deux ont pris le chemin de l’Irlande. Des trajectoires variées auxquelles vient de s’ajouter celle, inattendue, qui a conduit Cornel, Violeta et leurs quatre enfants jusqu’à Saint-Martin-de-Boubaux, où leur arrivée a permis à l’école du village un sursis salutaire.

2012-2015 : l’accueil au puits Z

Septembre 2012 : deux camps de Roms s’installent illégalement à Gardanne, l’un au puits Morandat, l’autre sur un terrain privé. Alerté par des associations locales, le maire PCF, Roger Meï, prend la décision, au lieu de les mettre dehors comme l’écrasante majorité de ses homologues, d’accueillir la dizaine de familles en un seul lieu : le puits Z, inexploité depuis la fermeture des mines au début des années 2000.

Pour justifier cet accueil décrié par une grande partie de la population, Roger Meï brandit la circulaire du 26 Août 2012, rappelant que « les principes fondateurs de la République exigent d’assurer un traitement égal et digne de toute personne en situation de détresse sociale ». Ce à un an et demi des élections municipales… Une prise de risque que l’édile balaie d’un argument : pour lui, il s’agit de respecter les Droits de l’Homme. « Nous prenons notre part d’humanité pour aider ces personnes, qui sont des citoyens comme les autres, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. »
Constituées en collectif, les associations épaulent la municipalité et le CCAS. Raccordements électriques, alimentation en eau potable, installation de caravanes et d’une toilette sèche, mise en place d’un container et d’une zone de ferraillage… La police municipale est présente au quotidien pour s’assurer que les familles respectent la charte rédigée par la Ville : scolarité obligatoire des enfants, entretien du camp, interdiction de mendier, interdiction d’accueillir des personnes extérieures et autres règles y sont listées.

Un accompagnement à la scolarité est organisé, les mères suivent des cours d’alphabétisation. Médecins du Monde se charge du suivi médical tandis que le collectif, aidé par un travailleur social missionné par le CCAS, se dépêtre de formalités administratives compliquées pour notamment, aider les Roms à trouver du travail suite aux levées des mesures transitoires en janvier 2014.
L’opération nécessite des demandes de financement auxquelles répondent l’Etat (83 666 euros), le Conseil général (35 000 euros), la Ville déboursant 34 000 euros. L’Europe, sollicitée, est aux abonnés absents malgré la confortable enveloppe allouée à ce type de projet. En juin 2014, de nouvelles subventions permettent la reconduite de l’accueil, avec pour objectif une fermeture définitive du camp dans les mois à venir – à condition que chaque famille soit réinsérée en dehors de Gardanne : 140 000 euros sont injectés par les mêmes acteurs, avec une enveloppe supplémentaire de l’Etat (11 500 euros) pour accompagner le relogement. Sur les 85 personnes accueillies en 2012, 31 ont quitté le site sur un projet d’intégration, 6 ont été exclues, 6 sont parties volontairement. Une quarantaine de Roms reste à reloger après l’année scolaire en cours.

D’une ville industrielle à un village rural

A la frontière du Gard et de la Lozère : Saint-Martin-de-Boubaux, minuscule village auquel on accède par une route étroite et sinueuse, bordée de châtaigniers et de vieilles pierres. Un coin de paradis forestier où vit une petite poignée d’habitants – trop peu pour assurer à son école une ouverture pérenne. Pour les élèves, les conséquences de la fermeture seraient lourdes, comme l’indique Jean-Pierre Michelet, adjoint au maire : « Les enfants seront obligés de se rendre à 15 kilomètres, soit 40 minutes de car jusqu’au Collet de Dèze, où il faudra en plus ouvrir une classe et créer un poste. Cela revient à déplacer le problème. On a estimé à 40 000 euros les frais de transport par an. Pour nous, c’est inenvisageable. »

La solution, c’est un bénévole de la Fondation Abbé-Pierre, Patrick, qui la leur donne : pourquoi ne pas demander au maire de Gardanne, à 184 kilomètres de là, d’installer une famille rom dans le village ? Aussitôt proposé, aussitôt mis en pratique : Roger Meï et les membres du collectif Roms désignent quatre familles potentiellement intéressées, et les emmènent jusqu’en Lozère. Sur place, le maire PCF, Alain Louche, leur explique qu’il mettra à leur disposition, un logement social (460 euros par mois), et au père de famille, un travail dans la scierie de la commune. Les principaux intéressés ne semblent pas renversés outre mesure par le tableau dépeint.

Cornel et Violeta Banciu, eux, se montrent instantanément séduits par la perspective d’un changement de vie radical : d’une ville industrielle de 21 000 habitants à une commune rurale de 180 âmes (le village en lui-même compte une douzaine d’habitants en plein hiver), l’idée de refuser une telle expérience ne les effleure même pas. Alain Louche demande à Cornel de faire un essai à la scierie. Concluant. Précédés par un camion affrété par le collectif, où s’entassent quelques meubles offerts par la Fondation Abbé-Pierre, Cornel et Violeta prennent donc la route en mars 2015 avec leurs enfants, Cornelia, Amador, Armando et la petite dernière, Maria, deux ans – un des quatre « bébés puits Z ».

Pièces jointes