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Rencontres Tsiganes

Archives du tag : discriminations

Quinze ans de chasse aux Roms 20 octobre 2015

Rapport sur la situation des ‘Roms‘ en Provence-Alpes-Côte-d ‘Azur  présenté jeudi 22 octobre 2015 à 18 h 30 au cinéma l’Alhambra à Marseille 13016

 

Rapport RT – situation Roms oct.2015 – Couverture

 

Rapport RT – situation Roms oct.2015 – Version DEF

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Le maire de Roquebrune /Argens condamné en appel 2 juin 2015

Luc Jousse Roquebrune 545x460_autocrop-1Après un incendie survenu dans un campement rom, le maire de Roquebrune-sur-Argens avait lâché : «Ce qui est presque dommage, c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours.» La cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé mardi la condamnation en première instance pour provocation à la haine raciale.

Me Florence Leroux-Ghristi, défenseure de la Ligue des Droits de l’homme et du Forum européen des Roms et des gens du voyage, avait assuré «frémir sur l’impact qu’auraient pu avoir ces paroles».

Luc Jousse a par ailleurs été condamné en appel le 14 avril à 5 ans d’interdiction de droits civiques (et donc d’inéligibilité) et 20.000 euros d’amende pour détournement de fonds publics, pour avoir notamment abusé de l’utilisation de cartes d’essence de sa commune. Il a annoncé qu’il se pourvoie en cassassion et se maintient comme maire.

Est ce un hasard ?

ON connait depuis déjà longtemps le comportement odieux de ce maire en lutte permanente contre les Roms et les Gens du Voyage. On apprend qu’un groupe de voyageurs installés sur la commune depuis quelques semaines vient de recevoir d’un huissier l’ordre de quitter les lieux sous 24h. Les associations et la LDH se mobilisent pour venir en aide à ces familles et défendre leurs droits

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La persistance des préjugés anti-Roms 30 mai 2015

Le chapitre IV du rapport de la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) est consacré à la situation des Roms en France. Une fois de plus ce rapport met en évidence que les Roms sont vus comme les principales victimes du racisme en France.

Un peu d’espoir cependant qui montre que l’action de militants n’est pas toujours sans effet sur l’opinion : On remarque toutefois que dans le même temps la prise de conscience du niveau de discrimination contre les Tsiganes, les Roms et les gens du voyage en France a fortement augmenté, atteignant 16 % en 2014, un petit peu moins qu’en 2013 mais bien plus qu’en 2003. Et le pourcentage de ceux qui estiment qu’on ne parle pas assez de l’extermination des Roms pendant la Seconde Guerre mondiale est monté depuis l’an dernier de 35 % à 40 %.

L’attention croissante portée à la discrimination des Tsiganes est le miroir de plusieurs mobilisations qui se sont développées autour des droits des Roms.

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LES-PRÉJUGÉS-ANTI-ROMS Télécharger

Le rappport d’Amesty International sur la situation des Roms en France 12 mars 2015

FRANCE
République française

Cette année encore, des Roms ont été expulsés de force de leurs campements précaires ; les personnes et les communautés concernées n’ont le plus souvent pas été consultées et ne se sont
pas vu proposer de solution de relogement convenable. L’impartialité et l’exhaustivité des enquêtes sur les allégations de mauvais traitements infligés par la police restaient source de préoccupation. Les couples de même sexe ont été autorisés à contracter un mariage civil à la suite d’une modification de la législation en 2013.

DISCRIMINATION – LES ROMS

Selon des chiffres officiels, plus de 19 000 personnes vivaient au début de l’année dans 429 bidonvilles. La plupart d’entre eux étaient des migrants roms originaires de Roumanie, de Bulgarie et de l’ex-Yougoslavie. Les autorités françaises ont continué de procéder à des expulsions forcées tout au long de l’année. Selon la
Ligue des droits de l’homme et le Centre européen pour les droits des Roms, plus de 11 000 personnes ont été expulsées de force
au cours des neuf premiers mois de l’année.

La ministre de l’Égalité des territoires et du Logement a annoncé le 31 janvier un plan visant à fournir des solutions de logement
dans la durée aux habitants des bidonvilles. Une convention a été signée le 28 février entre le gouvernement et Adoma, un
fournisseur d’hébergement financé par l’État, et quelques communautés expulsées de campements de fortune se sont vu proposer un relogement.
En dépit de ces évolutions, la plupart des personnes et des familles expulsées n’ont semble-t-il pas été relogées. C’est ainsi que
le 18 juin, quelque 400 personnes ont été expulsées par la force de La Parette, le plus grand campement précaire de Marseille.
Seules 18 familles (150 personnes), se sont vu proposer un hébergement de remplacement.
Le 21 octobre, plus de 300 personnes ont été expulsées de force du campement du quartier des Coquetiers, à Bobigny, en banlieue parisienne, à la suite d’un arrêté municipal ordonnant l’évacuation.

Selon les autorités, 134 familles se sont vu proposer une solution de relogement. Plus de 100 auraient quitté le campement avant
l’évacuation car on ne leur avait fait aucune proposition de relogement. Une soixantaine de personnes ont été expulsées de force et se sont vu proposer un hébergement provisoire
à Paris1.

Les autorités ne recueillaient pas de données officielles sur les crimes et délits motivés par la haine et spécifiquement dirigés
contre les Roms, mais des organisations de la société civile ont signalé plusieurs attaques violentes visant des membres de
cette minorité. Le fait que, dans les enquêtes sur ces actes, les autorités ne prenaient le plus souvent pas en compte les motifs
discriminatoires qui pouvaient sous-tendre les violences restait source de préoccupation.

L’enquête pénale ouverte contre quatre policiers qui avaient blessé un Rom en novembre 2011 lors d’une expulsion forcée à Marseille n’était pas terminée à la fin de l’année 2.

Didier Réault condamné pour son tweet sur les Roms 10 novembre 2014

« Bientôt à Marseille Capelette pour la même action ». L’élu UMP Didier Réault a été condamné cet après-midi pour ce tweet de juin 2013 faisant allusion à un jet de cocktail molotov dans un campement de Roms du Nord. Le conseiller général écope d’une amende de 1 000 euros avec sursis pour « incitation à la violence à l’égard d’un groupe ethnique » et devra verser 600 euros de dommages et intérêts au Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), qui avait porté plainte. Le jugement devra en outre être publié dans La Provence et La Marseillaise.

Dany Cohen, l’avocat de l’association, se déclare « satisfait. On demandait à ce que le tribunal siffle un franchissement de ligne jaune, c’est ce qu’il a fait ». De son côté Didier Réault ne fera pas appel a indiqué son avocate Catherine Martini dans La Provence. Elle évoque « une peine de principe qui sanctionne une simple maladresse d’expression ». Dans une dizaine de jours, toujours à la demande du MRAP, le tribunal aura à juger le mentor politique de Didier Réault, le président de la communauté urbaine Guy Teissier, pour ses déclarations sur « l’africanisation » de Marseille.

Des tampons de sinistre mémoire ! 17 septembre 2009

A Créteil ce 28 août à 6 h du matin les gendarmes font irruption sur un terrain occupé par 150 Rroms . la distribution d’OQTF (Obligation à Quitter le Territoire Français) s’accompagne d’un coup de tampon sur le bras de chaque expulsable . « Cela fait parti de la procédure habituelle » dit un gendarme . Sauf que « cette procédure » rappelle aussi de sinistre mémoire, celle employée par les nazis dans les camps de concentration . On comprend l’émotion ressentie par l’ensemble de la communauté des Rroms Tsiganes. et les critiques exprimées par le Ministre Besson ne changent rien à la honte et ne garantissent pas la reconduction d’une telle procédure.

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L’antitsiganisme en Europe 1 septembre 2008

{{ {{{Conseil de l’Europe}}} }}

{{ {{{«L’histoire honteuse de l’antitsiganisme en Europe est oubliée – et se répète »}}} }}

[18/08/08] *Seuls quelques milliers de Roms en Allemagne ont survécu à l’holocauste et aux camps de concentration. Ils ont eu énormément de mal à se construire une vie nouvelle, après avoir perdu tant de membres de leur famille et vu leurs biens détruits ou confisqués. En outre, nombre d’entre eux étaient en proie à la maladie. Certains d’entre eux cherchèrent à obtenir réparation mais leurs demandes furent rejetées pendant des années

*Or, justice ne fut pas rendue à ces survivants pendant la période post-hitlérienne. Au procès de Nuremberg, l’extermination massive des Roms ne retint pas l’attention, ce qui est significatif. Le génocide des Roms–/Samudaripe/ ou /Porrajmos/ — ne fut guère reconnu dans le discours officiel.

Cette négation passive de la sinistre réalité ne pouvait hélas pas surprendre outre mesure les Roms eux mêmes car, pendant des générations, ils avaient été traités comme un peuple dépourvu d’histoire. Les violations dont ils avaient été victimes furent rapidement oubliées, si tant est qu’elles aient été reconnues

Malheureusement, l’histoire se répète.

C’est pourquoi, il est particulièrement appréciable que le Conseil de l’Europe ait établi une série de fiches d’information sur l’histoire des Roms. Ces fiches sont destinées aux enseignants, aux étudiants, aux responsables politiques et autres décideurs et à toute personne désireuse de savoir quelles épreuves ce peuple a traversées.

Les lecteurs de ces fiches d’information peuvent ainsi découvrir que les divers groupes roms ont subi, en Europe, cinq cents ans de répression honteuse depuis qu’ils sont arrivés d’Inde au terme d’une longue migration. Les méthodes répressives étaient variées, allant de l’esclavage au massacre en passant par l’assimilation forcée,
l’expulsion et l’internement.

*Les *«* **raisons d’être *» * **de ces politiques étaient, quant à elles, similaires. Les Roms étaient considérés comme peu fiables, dangereux, criminels et indésirables. Ils étaient ces étrangers dont on pouvait aisément faire des boucs émissaires lorsque les choses tournaient mal et que la population locale ne voulait pas en assumer la responsabilité.

En Valachie et en Moldavie (la Roumanie d’aujourd’hui), les Roms vécurent dans la servitude pendant des siècles, jusqu’en 1855, date à laquelle les derniers esclaves roms furent enfin émancipés. En Espagne, un jour de 1749, plus de dix mille Roms furent arrêtés dans le cadre d’une action militaro policière soigneusement planifiée. Selon un homme d’Eglise éminent qui conseillait le gouvernement, cette opération avait pour but « d’éradiquer cette sale race qui était odieuse à Dieu et pernicieuse à l’homme ». Les conséquences furent effroyables pour la communauté rom ; les déportations, les détentions, le travail forcé et les meurtres détruisirent, en grande partie, la culture rom originelle.*

*Au XVIIIe siècle, sous l’Empire austro hongrois, les autorités appliquèrent une politique d’assimilation forcée. Les enfants roms furent retirés à leurs parents et l’on interdit aux Roms de se marier entre eux. En outre, il ne fut plus permis de pratiquer la langue romani. Cette politique fut brutalement appliquée. Par exemple, tout individu employant la langue « tsigane » était passible d’une condamnation à la
flagellation.

Au XXe siècle, les fascistes s’en prirent aussi aux Roms. En Italie, fut publiée, en 1926, une circulaire qui ordonnait l’expulsion de tous les Roms étrangers afin de « débarrasser le pays des caravanes tsiganes qui, cela allait s’en dire, constituaient un risque pour la sécurité et la santé publique du fait du mode de vie caractéristique des Tsiganes ».

L’instruction indiquait clairement que le but était de « frapper au coeur de l’organisme tsigane ».Dans l’Italie fasciste, les Roms furent ainsi en butte à des discriminations et à des persécutions. Nombre d’entre eux furent détenus dans des camps spéciaux ; d’autres furent envoyés en Allemagne ou en Autriche et plus tard exterminés. *

*En Roumanie, le régime fasciste de la « garde de fer » entreprit les déportations en 1942. Comme de nombreux Juifs, quelque 30 000 Roms furent déplacés en Transnistrie où ils connurent la faim, la maladie et la mort. Seule la moitié d’entre eux environ parvinrent à survivre aux deux années de privation extrême qu’ils endurèrent avant que la politique ne change.

En France, quelque 6 000 Roms furent internés pendant la guerre, dans la zone occupée, pour la majorité d’entre eux. Contrairement à d’autres victimes, les Roms ne furent pas systématiquement remis en liberté lorsque les Allemands battirent en retraite. Les nouvelles autorités françaises virent dans l’internementun moyen de les forcer à la sédentarisation.

Dans les Etats baltes, un grand nombre d’habitants roms furent tués par les forces d’invasion allemandes et leurs partisans locaux au sein de la police. 5 à 10 % seulement des Roms d’Estonie survécurent. En Lettonie, près de la moitié des Roms furent fusillés et l’on estime qu’en Lituanie, les Roms furent aussi tués dans leur grande majorité. *

*En fait, les idées racistes de l’époque n’épargnaient aucun pays d’Europe. En Suède, pays neutre, les autorités avaient déjà, dans les années 1920, encouragé la mise en oeuvre d’un programme de stérilisation qui avait principalement pour cible les Roms (et qui s’est poursuivi jusque dans les années 1970). En Norvège aussi, des pressions s’exercèrent sur les Roms en vue de leur stérilisation.
Le régime nazi définissait les Roms (dont les Sintis) comme une « race inférieure » ayant un « comportement asocial » considéré comme héréditaire. Ce jugement était en fait une amplification de préjugés anciens et largement répandus tant en Allemagne qu’en Autriche. Lesdites lois raciales de Nuremberg, datant de 1935, privèrent les Roms de leur nationalité et de leurs droits civils. Il était exigé qu’ils soient internés dans des camps de travail et stérilisés de force.

Un plan antérieur imaginé par les racistes nazis et visant à maintenir certains Roms « de race pure » dans une sorte de musée anthropologique fut oublié, tandis que d’autres Roms, en particulier des enfants, furent sélectionnés pour être soumis aux cruelles expériences médicales de Josef Mengele. Une politique de stérilisation forcée fut mise en oeuvre, souvent sans anesthésie.*

*L’élimination systématique des Roms débuta pendant l’été 1941 lorsque les troupes allemandes attaquèrent l’Union soviétique. Ils étaient considérés comme des espions (à l’instar de nombreux Juifs) au service du « bolchévisme juif » et furent fusillés en masse par l’armée allemande et les SS. De fait, dans toutes les zones occupées par les Nazis, des Roms furent exécutés.

Les chiffres sont imprécis mais l’on estime que plusieurs centaines de milliers de Roms furent exécutés dans ces circonstances, y compris dans les Balkans où les massacres étaient soutenus par les fascistes locaux. La milice Oustacha de Croatie géra des camps mais organisa aussi des déportations et procéda à des exécutions massives. . En décembre 1942, le régime nazi décida de déporter à Auschwitz tous les Roms du « Reich allemand ». Là, ils durent porter un triangle noir et se faire tatouer un Z sur le bras. De tous les détenus du camp, ils avaient le plus fort taux de mortalité : 19 300 d’entre eux y perdirent la vie. Sur ce nombre, 5 600 furent gazés et 13 700 moururent de faim, de maladie ou à la suite d’expériences médicales pratiquées sur eux.

On ne sait toujours pas combien de Roms au total furent victimes des persécutions nazies car ils ne furent pas tous inscrits comme Roms et les registres sont incomplets. L’absence de statistiques fiables sur le nombre de Roms vivant dans ces régions avant leur extermination massive rend encore plus difficile l’estimation du nombre réel de victimes. Selon les fiches d’information du Conseil de l’Europe, il est fort probable que ce nombre s’élève à au moins 250 000. D’après d’autres études crédibles, plus de 500 000 Roms perdirent la vie, et peut être même beaucoup plus.*

*Les fiches d’information soulignent la nécessité d’entreprendre des recherches complémentaires sur l’histoire des Roms. Les Roms eux mêmes ont eu peu de moyens de consigner les événements et les autorités n’avaient guère intérêt à le faire. Cependant, il y a des spécialistes roms et autres dont les travaux doivent être encouragés (les auteurs des fiches d’information ont notamment mis à profit les connaissances de plusieurs d’entre eux comme Ian Hancock et Grattan Puxon).

Cela dit, les fiches d’information publiées ont déjà des effets positifs. J’espère que de nombreuses personnes les liront et que les gouvernements européens soutiendront cette démarche et la faciliteront en traduisant ces textes dans leur langue nationale et en les diffusant auprès des enseignants et des responsables politiques entre autres. Il faudrait aider les organisations roms à les propager aussi largement dans leur communauté.

Un lecteur attentif ne pourra que tirer un certain nombre de conclusions. L’une d’entre elles est qu’il n’est pas surprenant que de nombreux Roms éprouvent de la méfiance vis à vis de la société majoritaire et que certains considèrent les autorités comme une menace. Lorsqu’on leur enjoint de se faire recenser ou de donner leurs empreintes digitales, ils craignent le pire.**/ /**En effet, plusieurs pays ne reconnaissent toujours pas l’oppression dont cette minorité a été victime par le passé et n’ont présenté officiellement aucune excuse. On peut, néanmoins, citer un bon exemple de comportement inverse ; en 2003, le gouvernement de Bucarest a pris la décision de créer une commission sur l’holocauste qui a, ultérieurement, publié un important rapport sur la**/ /**répression et les massacres en Roumanie pendant la période fasciste.

Les fiches d’information montrent que les Roms ne vivent pas en nomades pour des raisons retorses ou parce qu’ils ont le voyage « dans le sang ». Lorsque c’est possible, ils se fixent bel et bien quelque part mais, pendant longtemps, ils ont dû se déplacer d’un pays à l’autre ou au sein d’un même pays pour éviter la répression ou simplement parce qu’ils n’étaient pas autorisés à s’installer dans un endroit donné. L’autre raison principale est que le type d’emploi ou de travail qui leur était accessible exigeait leur déplacement.*

*L’histoire nous donne des leçons sur la façon de faire face à la montée actuelle de l’antitsiganisme dans certains pays. Le discours de certains responsables politiques et des médias xénophobes ravive les stéréotypes séculaires au sujet des Roms, ce qui, à son tour, « légitime » les actions, souvent violentes, menées contre des personnes roms. Une nouvelle fois, on en fait des boucs émissaires.

Le discours d’aujourd’hui contre les Roms est tout à fait semblable à celui qu’employaient les nazis et les fascistes avant que ne commence l’extermination de masse dans les années 1930 et 1940. On prétend à nouveau que les Roms sont une menace pour la sécurité et la santé publique. Aucune distinction n’est faite entre une poignée de délinquants et la majorité écrasante de la population rom. C’est une attitude honteuse et dangereuse.

**/Thomas Hammarberg/*

Une bonne nouvelle : Un Préfet devant la justice 2 juillet 2007

PARIS, 21 juin 2007 (AFP) – 20h08

{{Condamnation requise contre un préfet pour des propos sur les tziganes}}

Le procureur de la République a requis jeudi à Paris la condamnation du préfet d’Indre-et-Loire, Paul Girot de Langlade, pour « provocation à la discrimination à raison de l’origine » en raison de propos assimilant délinquance et gens du voyage. Dans une interview parue en novembre 2006 dans La Nouvelle République du Centre-Ouest et sur un blog de ce quotidien régional, M. Girod de Langlade affirmait notamment, à propos des tziganes: « Il y en a trop sur le département. On a été trop laxiste pendant trop longtemps. Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance ». « Je ne me sens pas responsable ni coupable d’un quelconque racisme ou d’une discrimination », a déclaré le préfet, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée par Nicolas Bonnal. « J’ai simplement dit que quand les gens du voyage arrivaient quelque part, il y avait de la délinquance, point », a-t-il ajouté, précisant: « Je suis dans mon job de préfet quand je dis ça ». La représentante du parquet a estimé que les propos tenus par M. Girod de Langlade étaient bien constitutifs d’une provocation à la discrimination à l’encontre d’un groupe de personnes à raison de leur origine. « De tels propos sur les juifs, les nègres, les Arabes seraient intolérables et sont intolérés », a ajouté Mme Anne de Fontette, plaidant pour inscrire les gens du voyage dans la catégorie des communautés protégées dans le cadre de la législation sur la discrimination. Une analyse qu’a faite sienne l’avocat du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) qui avait poursuivi le préfet, Me Pierre Mairat, qualifiant les propos d' »inadmissibles et insupportables ». De son côté, la défense de M. Girod de Langlade a soutenu que la qualité de gens du voyage était une catégorie administrative qui ne rentrait pas dans le cadre des textes sur la discrimination. « En affirmant que la présence des gens du voyage s’accompagnait souvent de délinquance, M. Girod de Langlade s’est borné à exprimer un fait qu’il a pu constater dans l’exercice de sa mission », a plaidé son avocat, Me Bertrand Domenach. Jugement le 13 septembre.

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