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Rencontres Tsiganes

Archives du tag : roms

Les bannis de la Terre 30 mai 2015

Rohingyas originaires de Birmanie et de Thailande, les Falachas originaires du Soudan et aujourd’hui en Israël, les Moken ou nomades de la mer le long des côtes Birmanes, les Kirghiz et les Kazakhs en Mongolie et à l’Est de la Chine, combien sont-ils ces peuples de traditions en partie nomades qui à travers le monde sont aujourd’hui l’objet des pires processus d’extermination ?

L’actualité la plus récente a fait brutalement apparaître la détresse de quelques-uns de ces groupes humains objets de toutes les malédictions, contraints de toujours fuir au risque de leur vie. Ils ont su pourtant à travers les siècles et les vicissitudes de leur vie d’errance maintenir une culture et des traditions qui leur permettaient de survivre dans un monde qui tend à l’uniformité et à imposer la loi du plus fort.

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Chacun peut s’émouvoir pour un temps de ces conflits lointains qui concernent ces peuples considérés comme « attardés » et pour lesquels la seule solution qui leur est proposée est de renier leur passé en adoptant sans murmure la règle commune du progrès et de la modernité. On peut aussi, à l’appel du large et de l’inconnu s’inscrire dans ces voyages qui nous promettent les découvertes d’authentiques civilisations en voie de disparition. On peut aussi s’attacher à la lecture des travaux du regretté Claude Levi-Strauss et avec ses disciples s’engager à la défense des cultures en danger de mort.

On peut enfin s’interroger sur la présence souvent proche de chez nous, de ces hommes et de ces femmes qui les yeux baissés, survivent en fouillant nos poubelles et en mendiant au coin des rues, des enfants dans les bras. On peut alors comme la majorité de nos concitoyens, parfois mal à l’aise et même un même un peu honteux de cette misère trop voyante, considérer qu’en ces temps difficiles, il n’y a pas de place pour eux et que nos gouvernants ont raison de les inciter (les contraindre) à retourner chez eux.

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On peut (on doit ?) s’interroger sur les valeurs qui fondent notre vivre ensemble et qui seraient, paraît-il, inappropriées pour s’appliquer à l’ensemble de l’humanité.
L’universalité des droits ne se partage pas en fonction des aires géographiques ou de stratégies géopolitiques des puissants.
Quoiqu’il en coûte, les principes républicains de liberté et de solidarité, voire de fraternité ne peuvent se limiter aux frontières aujourd’hui largement ouvertes sur le reste du monde.
On ne peut à la fois profiter des avantages de la mondialisation et estimer qu’ils ne sont accessibles qu’à quelques-uns.

Le monde est directement et virtuellement à portée de main, à portée de smartphone, mais ceux qui à notre porte demandent un peu de partage ne sont pas des êtres virtuels.

Alain FOUREST

18 mai 2015

Pièces jointes

Les Rohingya de Birmanie condamnés à l’exil Télécharger
La longue marche des Falachas vers la terre promise Télécharger

Les deux bouts de la chaîne de l’exclusion 29 mai 2015

Le bateau en cartonMardi 14 au Mazarin, cinéma d’Aix, jeudi 16 au Renoir, à Aix encore, ont été projetés deux excellents films que l’on pourrait faire dialoguer, se faire répondre l’un à l’autre. Le premier est « Le Bateau en carton » (2010) de José Vieira, le second est « Perdus entre deux rives, les Chibanis oubliés» de Rachid Oujdi (2014). Vieira relate la vie d’un bidonville de Roms en région parisienne pris dans le processus des expulsions, Oujdi relate la vie de ces vieux travailleurs maghrébins, restés en France et vivant leur solitude entre deux rives qui ne les reconnaissent ni l’une ni l’autre. Essayons ce dialogue entre eux.

Le film de Vieira est austère mais pas misérabiliste, les gens sont positifs, ils veulent vivre, ils ont l’avenir devant eux et veulent le saisir. Le second est solaire. Il montre une population très âgée, finissante, souffrant de solitude, mais souriante tout au long des images, maniant l’humour, gardant l’amour de la vie (et de la France, malgré tout !) malgré les difficultés.

La vie des bidonvilles des années 50 et 60 est évoquée, lorsque ces Chibanis étaient jeunes, qu’ils sont venus travailler pour faire vivre leurs familles restées au bled. La pluie, la boue, les cabanes froides et non étanches, la corvée d’eau. Dans une France des « 30 glorieuses » ces gens étaient les acteurs de notre développement tout en vivant aux marges dans une situation indigne.[1] Dans les années 2000 voici les mêmes bidonvilles qui renaissent, toujours dans la boue et avec les corvées d’eau, toujours les cabanes suintantes. Cette fois-ci avec des familles entières à qui on refuse de travailler, alors que les Maghrébins étaient des hommes seuls qui travaillaient dur, on les avait fait venir pour cela. Des Roms, on ne veut pas qu’ils arrivent. Le traitement des bidonvilles par les autorités a donc été bien différent : tout bidonville est édifié sur un terrain vague, par définition illicite (il n’appartient pas aux occupants), mais dans les années 50 on s’en moquait, on voulait que les gens restent et bossent, ne retournent pas « chez eux », ce « chez eux » qu’ils vont donc perdre. Maintenant on se braque sur cette illicéité pour les pourchasser, espérant que leurs habitants s’enfuient « chez eux ». Dans un cas comme dans l’autre, on ne sait plus ce que signifie « chez eux ».

Les maghrébins étaient des hommes seuls, venus pour envoyer de l’argent à leurs femmes pour élever les enfants qu’ils ne connaissaient pas, ou si peu. Ils ont accepté cette séparation pour devenir des soutiens uniquement économiques. Ceci est leur souffrance actuelle, leurs enfants ne les (re)connaissent pas. La France les abandonne à leur sort, elle ne les voit plus. Et s’ils sont défendus, ils deviennent un « problème », ces quelques centaines de milliers de vieux ! Les Roms sont venus en famille, ont refusé cette séparation, c’est sur place qu’ils les nourrissent en glanant quelques euros. La présence des familles explique en partie le rejet. Les hommes seuls étaient baladés d’un bout à l’autre de l’Hexagone pour répondre à nos besoins, et on comptait bien les voir disparaître quand ils ne serviraient plus. Mais des familles, avec enfants, alors qu’on dit ne pas avoir besoin de leur travail (ce qui est une erreur ou un mensonge suivant le cas), cela inquiète, cela est « insupportable », pour qui se prennent-ils ? Ils deviennent le problème central, ces quelques 20000 personnes … dérisoire ![2]

Les Chibanis subissent une grande pauvreté (l’un disait avoir une retraite de 140€ mensuels). Les règlements exigent de rester au moins 6 mois en France pour toucher la totalité des retraites et allocations diverses. Sinon ce qu’ils toucheraient serait infime, cela après quarante ans de travail ! Mais ne peut-on changer une loi ou une réglementation quand ses conséquences entraînent une telle injustice ?[3] Non, parait-il, leur régime s’applique à tout le monde. On oublie qu’ils n’ont pas été au régime général (boulots non déclarés, papiers égarés – ils sont en majorité analphabètes – parce que personne ne s’est occupé de les aider à constituer des dossiers ou à déclarer leur travail, lorsqu’ils étaient en activité). Misère totale pour les Roms. On leur refuse des contrats de travail, ils sont alors sous-payés (30€ est un « bon salaire » quotidien… quand on les embauche), ils n’ont aucune aide, ni allocations familiales, ni aide au logement, puisqu’ils n’ont pas de contrat ! « Ils seraient une charge insupportable pour le système social français ». Ne parlons pas du RSA ou d’autres allocations. On leur refuse même l’aide juridictionnelle quand on les convoque au tribunal pour les expulser car « ils ne prouvent pas qu’ils sont pauvres ». Changer le règlement, ou l’appliquer avec souplesse serait un passe-droit insupportable (a précisé le Sous-préfet d’Aix).

On voit un Chibani du film à qui on réclame environ 19000€ de « trop perçu » parce qu’il est resté un an au Maghreb à cause de sa fille très malade. Donc il doit rembourser ce qu’il a perçu les trois années précédentes. S’il s’agissait de 19 millions d’euros, l’administration ferait sûrement une transaction (il n’est pas besoin d’évoquer Tapie ou Balkany ou quelques autres) comme elle en a le pouvoir, mais pour lui, pas question, il rembourse mois après mois…et il garde le sourire quand il l’évoque ! Quant aux Roms, quand ils font de la ferraille sur les décharges, ils se font arrêter puis condamner par les tribunaux (ils n’ont pas la chance d’être sur le bidonville du Caire qui fait vivre des milliers de gens, nous sommes en France tout de même !), c’est la loi…inventée pour qui ? Les banques refusent de leur ouvrir des comptes (la ferraille doit – règlement assez récent, visant qui ? – être payée par chèque). La raison invoquée par le capitaine de gendarmerie témoin de la chose : en Roumanie il existe des faux-papiers, alors il faut se méfier ! Il n’y a pas de faux-papiers à Marseille ? Qu’en sait-il sur la Roumanie ? Ainsi, dans les deux cas, les administrations, censées permettre aux citoyens de vivre, sont des machines à exclure. Racisme ordinaire…

Cette façon de faire de l’Administration est sous-tendue par cette idée récurrente de la fraude. Tous ces pauvres, Chibanis ou Roms (et tous les autres  « pauvres » d’ailleurs) seraient des fraudeurs en puissance (et des voleurs pour les Roms, tous bien sûr). Pas les autres « bons français », les Cahuzac, Tapie ou Balkany, ou encore Tiberi, pour parler des grands, ou les braves gens qui ne font pas de vagues. Mais les pauvres ! Alors pour eux il y a surveillance, méfiance, durcissement des réglementations, amalgames (« si ce n’est toi, c’est donc ton frère »), atmosphère puante dans laquelle nous marinons.

Les Chibanis sont des migrants. En 50 ils étaient soumis au code de l’Indigène, bien que français : on pouvait les déplacer librement, pour les besoins de la France. On les a transplantés en France pour nous servir. Nous avons fabriqué des migrants et ils l’ont accepté, bien obligés de nourrir leurs familles. Les Roms sont aussi des migrants, mais ce sont eux qui ont décidé de quitter leur pays qui ne leur proposait que le chômage et l’exclusion. Nous n’en voulons pas, les pensant inutiles. Ils sont venus pour les même raisons que les autres. Les premiers font verser une larme à notre député : « c’est nous qui les avons fait venir et voilà le résultat ! », ils sont de « bons pauvres », de « bons migrants ». Les seconds ont la malchance d’être de « mauvais pauvres ou migrants », alors on botte en touche quand on les évoque. Comme a dit notre Sous-préfet : « ce sont eux qui se sont mis dans leur tort en venant », fermez le ban. Mais les « bons » ou les « mauvais » sont de toutes façons les exclus du système, ceux qui payent dans leur chair et leur cœur pour l’indifférence et la haine des autres.

Que faire ? Les uns ont proposé une pétition, immédiate. Les autres une manifestation. Très bien, mais après ? On est devant une machine étatique à exclure, qui broie les personnes. Derrière cette machine se cachent les braves gens. « Il n’y a pas de fumée sans feu ». Si on peut mépriser les Chibanis, c’est que finalement ils auraient dû rentrer « chez eux », ce « chez eux » qu’ils ont perdu à notre service. Si on dit tellement de mal des Roms, c’est bien que ce doit être vrai, et eux aussi pourraient rester « chez eux », ce peuple que chaque pays a considéré comme « gens d’ailleurs ».

Cette machine, aveugle, injuste, broyeuse de vies, est au service de certains. Elle n’est pas une machine folle, mais une machine dirigée, elle est au service de certaines volontés. C’est à ces volontés qu’il faut s’attaquer. Partout le peuple doit manifester qu’on ne peut pas mépriser des travailleurs qui ont passé leur vie à œuvrer pour nous, qu’on ne peut pas accepter la chasse à des familles qui essayent de survivre dans un monde qui ne veut pas d’elles. Nous sommes tous responsables de nos dirigeants, nous sommes tous responsables de l’atmosphère dans laquelle nous vivons[4].

Marc Durand

Vendredi 17 avril 2015

 

[1] Les deux films montrent bien l’indignité, l’horreur des lieux, habités par des gens dignes. Cet hiver le bidonville de Luynes n’avait rien à leur envier. La réalité est chez nous.

[2] Quand il y a des élections, les 300 000 (environ) Chibanis ne sont pas évoqués, ils sont tombés dans l’indifférence de tous. Et on se concentre sur les 20 000 Roms qui seraient « le problème » de la France à voir la place qu’ils prennent à ce moment ! ils suscitent la haine de tous.

[3] Tout étudiant en Droit apprend dès le début de ses études que le Droit n’est pas un but, mais un moyen de permettre à une société à vivre en conformité avec ses valeurs, et qu’il doit constamment évoluer pour le permettre.

[4] « Responsables » ne signifie pas « coupables », mais « en responsabilité ». Cette situation est de notre responsabilité.

Pièces jointes

Un peuple Rom ? 4 avril 2015

Drapeau RomNul doute qu’un tel titre, malgré le point d’interrogation, sera considéré par certains comme politiquement incorrect. Le débat sur ce concept est ouvert de longue date y compris parmi ceux qui sont les premiers à se mobiliser pour défendre les droits de ces nouveaux migrants européens venus de l’Est et que l’on a pris l’habitude de désigner sous l’étiquette Rom. Afin d’éviter une stigmatisation, à caractère ethnique ou simplement culturelle, nous avons convenu, avec d’autres, de privilégier la dimension économique de cette nouvelle migration et de mettre l’accent sur les conséquences dramatiques de la politique de rejet dont ces familles sont l’objet en France depuis plus de dix ans. Nous tentons d’éviter des désignations ouvrant la porte à une xénophobie latente. Lors d’une récente rencontre, à l’initiative de la Fondation Abbé Pierre à Marseille, consacrée au mal logement et aux bidonvilles nous avons fait état de la mise à la rue par le Maire de Marseille d’une trentaine de familles avec de nombreux enfants sans que leur soit proposé un relogement ou même un hébergement. L’assistance a montré sa solidarité avec ces familles. Mais la suite du débat a confirmé que pour chacun il s’agissait sans aucun doute de familles Roms comme l’a précisé la Préfète dans son intervention.

Une fois de plus, nos précautions sémantiques sont apparues bien fragiles en face de la réalité du langage courant permettant à chacun de reconnaître et classer de manière simple sinon simpliste un groupe humain au comportement perçu comme étrange et dangereux. Volens nolens, le terme Rom s’applique ainsi en France à des groupes d’hommes et de femmes venus d’ailleurs et considérés pour la plupart comme non-intégrables. Parfois avec une certaine retenue, ils sont désignés à tort comme roumains alors que leurs pays d’origine sont beaucoup plus divers. La présence fort ancienne en France de groupes familiaux désignés sous le terme « gens du voyage » et qui n’ont souvent que de très lointaines relations avec les Roms venus de l’Est, participe à une large confusion. Les discours politiques ont su utiliser cette confusion des termes dans un amalgame douteux que nous dénonçons sans cesse.

Alors, que faire ? renoncer à ces distinctions sémantiques trop subtiles pour être prise en compte par une large majorité de l’opinion ? Reprendre la proposition d’un expert comme Jean Pierre Liégeois qui propose le mot composé de Rom/Tsigane ? ou plus simplement admettre que le qualificatif Rom (Homme en Romanes) s’applique à une large diversité de groupes humains présents à travers l’Europe et qui peuvent se reconnaître par des origines, une histoire, une culture, une langue, un mode de vie semblable ?

C’est ce qu’a proposé lors d’un congrès à Londres en 1972 un groupe de Roms venus de par le monde pour déclarer la naissance du « peuple rom », avec sa langue, son hymne et son drapeau. Cette initiative n’a pas eu alors le succès espéré et n’a pas recueilli l’adhésion des multiples composantes à travers l’Europe. Cependant à l’approche du 8 avril reconnue comme la 44ème journée internationale des Roms (Romano Dives) de multiples initiatives pour la reconnaissance de ce « peuple en devenir » démontrent que « la voix des Roms »commence à être entendue et reconnue en Europe mais aussi en France. A Marseille, le festival annuel Latcho Divano confirme depuis 8 ans la curiosité et l’intérêt grandissant de nos contemporains pour ce « peuple ». C’est aussi le cas à Paris et dans de nombreuses autres villes qui le 8 avril prochain vont rassembler, autour de la fête de la musique et de la danse, une foule nombreuse .

Sans arrière-pensée ni réticence, le 8 avril prenons part à la fête, échangeons nos expériences avec les Roms, les Tsiganes, Gitans, Manouches et autres Bohémiens pour le plaisir de chacun dans une joyeuse fraternité. A Rencontres Tsiganes, le débat est ouvert mais que chacun se rassure, le changement de dénomination n’est pas inscrit à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale !

Marseille, le 2 avril 2015
Alain FOUREST

Pièces jointes

A Gardanne, une famille trouve un lieu d’accueil en Lozére 12 mars 2015

Le 03/03/2015 23:38, Didier BONNEL a écrit :

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> Voilà, c’est fait.
> La famille Banciù (Cornel, Violeta et leurs quatre enfants) sont installés dans un beau et grand logement à St Martin de Boubaux, en Lozère, en pleine forêt cévenole, dans un cadre magnifique… Cornel commence à bosser demain matin.
> L’équipe de l’expédition était composée d’Anne-Marie, Marie-Véronique, Odile et moi-même. Mais tout le Collectif y était largement impliqué.
>
> Retour express sur les épisodes précédents :
> – voyage à St Martin le 24 novembre (Maire de Gardanne, Élus, CCAS, Police Municipale, Collectif, familles Roms),
> – visite à Gardanne en décembre du Maire de St Martin et de l’un de ses adjoints,
> – voyage du Collectif avec Cornel à St Martin le 2 février. Accueil remarquable des « Saint-Martinois » (je ne sais pas si on dit comme ça) et autres personnes attachées au projet (notamment Jur Jacobs). Cornel fait un essai de travail concluant. Rencontres multiples et très concrètes (école, collège, élus locaux, …). Rendez-vous est pris pour le 2 mars (4 semaines plus tard) pour l’arrivée de la famille à St Martin.
>
> Entre les deux, un très gros travail de préparation de tous : côté St Martin, et côté Gardanne.
> Côté Gardanne (et environs) : Mairie, CCAS, Fondation Abbé Pierre, Emmaüs Cabriès, Restos du Coeur, Éducation Nationale, …, Collectif.
> Donateurs généreux, déménageurs courageux, équipe s’occupant des questions scolaires en liaison avec l’école de St Martin et le collège du Collet de Dèze, des affaires sociales diverses (et essentielles), organisation matérielle du déménagement,… Une planification et une répartition du travail « au cordeau ».
>
> Chargement hier matin d’un camion de 20 m3 rempli jusqu’à la gueule, départ du Puits Z vers 11h, arrivée à St Martin en début d’après-m, déchargement et transfert à l’étage d’une bonne tonne de matériel, de quoi meubler et équiper l’appartement de tout ce qu’il faut pour vivre bien : mobilier, rangement, couchage, équipement électro-ménager, vêtements, matériel de cuisine, linge de maison, matériel scolaire, …
> A nouveau accueil chaleureux du Maire, de son équipe, et de sympathisants.
> Bonne météo, ouf !
> Déballage, « bricolage » tous corps de métiers, travail remarquablement efficace sur les questions scolaires et sociales en liaison avec tous les partenaires. L’équipe des « filles » (susnommées) fera sans tarder un compte-rendu sur ces derniers points (notamment les rencontres très fructueuses qu’elles ont eues).
> On siffle la récré vers 20h. Mais Violeta a continué en soirée, et a ré-attaqué ce matin à 6h.
>
> Le boulot s’est prolongé jusqu’à cet après-midi, et s’est conclu par un briefing en Mairie de St Martin auquel assistaient bien sûr Cornel et Violeta.
> Nous avons repris la route vers 17h.
>
> En résumé :
> – Cornel et Violeta, qui se sont progressivement familiarisés avec ce déracinement jusqu’à avoir ces derniers temps une grande hâte de partir, sont installés dans des conditions optimales. Du boulot pour Cornel et bientôt sans doute pour Violeta, un lopin de terre à cultiver, un appartement de village clair et confortable, dont les enfants ont pris possession avec un plaisir évident, une scolarisation qui va certainement se passer au mieux,
> – un accompagnement (de la part des Cévenols) qui s’annonce exemplaire,
> – une opération harassante, mais joyeuse et prometteuse,
> – et maintenant, la balle est dans le camp des Banciù. Ils nous semblent dans un état d’esprit tellement positif que nous sommes convaincus que tout se passera très bien. Ces impressions vont être confrontées à la réalité, et nous espérons qu’elles s’avéreront justes, que ce sera une réussite.
>
> Il y aurait bien sûr des tas d’autres choses intéressantes à raconter, mais ce serait un peu long ce soir…
> Quelques photos suivront, mais j’étais beaucoup trop pris ces deux jours pour faire un reportage digne de ce nom.
>
> Bonne soirée (nuit).
> Didier

« Spartacus et Cassandra » : Un très beau film à l’affiche 12 mars 2015

spartacus-cassandraSpartacus & Cassandra

Un film de Ioanis Nuguet – 1h20 – 2014
Le film est programmé à partir du mercredi 11 mars au cinéma L’Alhambra de Marseille.

Rencontres Tsiganes prendra part au débat en présence des acteurs de Spartacus & Cassandra, le samedi 14 mars à l’issue de la projection de 16h30.

Spartacus, jeune Rrom de 13 ans et sa soeur Cassandra, 10 ans sont recueillis dans le chapiteau-squat de Camille, une drôle de fée trapéziste qui prend soin d’eux, leur offre un toit et leur montre le chemin de l’école. Mais le coeur des enfants est déchiré entre l’avenir qui s’offre à eux… Et leurs parents qui vivent encore dans la rue.


« Un film tendre et rude, merveilleux. Sa présence entière, l’ampleur de sa vision, sa musicalité et sa grâce offrent comme une réparation au chagrin de vivre dans un monde terrible. »
D. Cabrera, cinéaste, membre de l’Acide

« Ce film est une merveille » Sud Ouest

« Du quotidien d’une fratrie à la dérive, Ioanis Nuguet réalise un film lumineux. »
Le Monde

« Entre réalisme et poésie, documentaire et fiction, cette histoire frappe au coeur. »
« Troublant et émouvant. »
Première

« Le film, lumineux, refuse la fatalité de ceux qui sont nés pour n’être chez eux nulle part. Et défend le droit de chaque enfant, même « du voyage », à planter un arbre qu’il pourra voir grandir. »
Télérama

« Ce n’est pas un film sur les Roms, c’est un film sur ces gens-là, sans clichés, sur leur détresse, leur vie, avec deux petits héros éblouissants »
Le Journal du Dimanche

« Avec un tel sujet, on n’ose pas dire que l’image est belle, mais on le pense. Belle et sauvage. »
Le Nouvel Obs

Pièces jointes

Le rappport d’Amesty International sur la situation des Roms en France 12 mars 2015

FRANCE
République française

Cette année encore, des Roms ont été expulsés de force de leurs campements précaires ; les personnes et les communautés concernées n’ont le plus souvent pas été consultées et ne se sont
pas vu proposer de solution de relogement convenable. L’impartialité et l’exhaustivité des enquêtes sur les allégations de mauvais traitements infligés par la police restaient source de préoccupation. Les couples de même sexe ont été autorisés à contracter un mariage civil à la suite d’une modification de la législation en 2013.

DISCRIMINATION – LES ROMS

Selon des chiffres officiels, plus de 19 000 personnes vivaient au début de l’année dans 429 bidonvilles. La plupart d’entre eux étaient des migrants roms originaires de Roumanie, de Bulgarie et de l’ex-Yougoslavie. Les autorités françaises ont continué de procéder à des expulsions forcées tout au long de l’année. Selon la
Ligue des droits de l’homme et le Centre européen pour les droits des Roms, plus de 11 000 personnes ont été expulsées de force
au cours des neuf premiers mois de l’année.

La ministre de l’Égalité des territoires et du Logement a annoncé le 31 janvier un plan visant à fournir des solutions de logement
dans la durée aux habitants des bidonvilles. Une convention a été signée le 28 février entre le gouvernement et Adoma, un
fournisseur d’hébergement financé par l’État, et quelques communautés expulsées de campements de fortune se sont vu proposer un relogement.
En dépit de ces évolutions, la plupart des personnes et des familles expulsées n’ont semble-t-il pas été relogées. C’est ainsi que
le 18 juin, quelque 400 personnes ont été expulsées par la force de La Parette, le plus grand campement précaire de Marseille.
Seules 18 familles (150 personnes), se sont vu proposer un hébergement de remplacement.
Le 21 octobre, plus de 300 personnes ont été expulsées de force du campement du quartier des Coquetiers, à Bobigny, en banlieue parisienne, à la suite d’un arrêté municipal ordonnant l’évacuation.

Selon les autorités, 134 familles se sont vu proposer une solution de relogement. Plus de 100 auraient quitté le campement avant
l’évacuation car on ne leur avait fait aucune proposition de relogement. Une soixantaine de personnes ont été expulsées de force et se sont vu proposer un hébergement provisoire
à Paris1.

Les autorités ne recueillaient pas de données officielles sur les crimes et délits motivés par la haine et spécifiquement dirigés
contre les Roms, mais des organisations de la société civile ont signalé plusieurs attaques violentes visant des membres de
cette minorité. Le fait que, dans les enquêtes sur ces actes, les autorités ne prenaient le plus souvent pas en compte les motifs
discriminatoires qui pouvaient sous-tendre les violences restait source de préoccupation.

L’enquête pénale ouverte contre quatre policiers qui avaient blessé un Rom en novembre 2011 lors d’une expulsion forcée à Marseille n’était pas terminée à la fin de l’année 2.

Les Rroms de Marseille 27 février 2010

 Grâce aux pressions répétées de la part des associations auprès de la ville de Marseille , les familles qui on du quitter l’immeuble de la rue du Musée dans le centre ville  sont pour l’instant provisoirement hébergées dans des chambres d’hôtel. Jusqu’à quand ? 
 
Une nouvelle fois nous avons été  alertés par l’arrestation et la mise en garde-à-vue de familles avec femmes et enfants  (2ans et 7 ans ) par les policiers du XVème arrondissement de Marseille. Une intervention auprès du commissaire ne nous a pas permis d’en savoir plus. Seule constatation: les familles ont été  remises en liberté quelques minutes après notre intervention.  Simple coïncidence ? ou crainte des policiers après la remise en cause des gardes à vue dans les médias ?  
 
 
 Nous poursuivons  notre campagne d’information auprès des publics le plus variés pour faire mieux connaître le peuple Rrom et ses condition de vie aujourd’hui en France et en Europe. 
 
 Une réunion au centre paroissial "Le Mistral" à Marseille a ainsi permis de rassemblée durant plus de trois heures près de 80 personnes. 
N’hésitez pas à nous consulter pour des interventions.