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Rencontres Tsiganes

Archives du tag : Pèlerinages

A Lourdes, on pratique la discrimination des voyageurs 10 novembre 2014

A Lourdes. Le 17 août 2012, une famille de 5 personnes — dont un bébé de quelques mois et un homme sous dialyse — se présente à l’accueil du camping Domec. Ils ont réservé un mobil-home à partir du lendemain et pour une semaine. La famille a versé 200 EUR d’arrhes. « Ils sont juste venus la veille pour vérifier la réservation », explique Hélène Haziza, avocate de la famille. Ils sont reçus par la mère du responsable du camping qui l’a tenu pendant des années. « Pour eux, il s’agissait de quelqu’un représentant le camping », souligne Me Haziza. « On ne prend pas les gens du voyage. Vous auriez dû me dire à la réservation que vous étiez membres de la communauté des gens du voyage », indique la mère du gérant du camping à cette famille venue à l’occasion du pèlerinage des gitans dans la cité mariale. Le ton monte alors rapidement. « En voyant un petit garçon noir dans le camping, vous avez dit : vous êtes des racistes. Vous acceptez les nègres et les Arabes mais pas les gens du voyage. » La présidente Élisabeth Gadoullet cite un propos tenu par la mère de famille. La mère du patron du camping, elle, s’empresse de rendre les 200 EUR d’arrhes et invite la famille à quitter les lieux. La famille dépose alors une main courante auprès de la police, laquelle va entendre la dame du camping. Elle confirme en substance aux policiers que le camping « choisit ses clients et ne prend pas les gens du voyage ». Un témoin de l’altercation ajoute que la dame du camping aurait ajouté : « Il fallait que je m’en débarrasse pour le confort de mes clients ».
Dans le même temps, Christian Domec porte plainte contre la famille des gens du voyage qui, en partant, aurait dégradé le portail du camping.
Interdit de choisir ses clients selon l’origine
Pour Me Haziza, « on n’a pas le droit de sélectionner sa clientèle selon l’origine. Il s’agit d’une discrimination caractérisée ». Outre l’humiliation ressentie, Me Haziza, explique que la famille a dû trouver en urgence un logement de fortune : en l’occurrence, une toile de tente. Elle ajoute que le nourrisson de 2 mois a dû être hospitalisé.
La substitut du procureur explique que la mère du gérant ne représente pas la personne morale. Elle estime, en substance, « que le refus de la prestation sur le seul motif de l’origine » n’est pas clairement établi, pas plus qu’une éventuelle « politique discriminatoire » du camping.
L’avocat du camping soutient d’ailleurs qu’il n’y a absolument « aucune politique discriminatoire » mise en place par le camping qui « a déjà accueilli et accueille encore des gens du voyage ». Il explique qu’il s’agit « d’une simple querelle de personnes ». S’il y a eu un problème, « c’est parce que la famille voulait être hébergée la veille de sa réservation. Ce qui n’était pas possible car le mobil-home était occupé… Mme Domec, maladroitement, a tenté de se sortir de cette situation ». Il ajoute que son client, Christian Domec, ne peut-être « responsable, au pénal, que des faits dont il est l’auteur ».
Le tribunal a reconnu le camping Domec coupable de discrimination et l’a condamné à 1.000 EUR avec sursis et à verser 100 EUR de dommages et intérêts à la partie civile.
Thierry

Grand rassemblement de VIE ET LUMIERE 31 août 2014

Ce sont 5 700 caravanes,  rassemblant près de 30 000 personnes qui se sont retrouvées pour quelques jours sur un terrain militaire près de Troyes en Champagne.

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Pièces jointes

Les Saintes Maries de la Mer 28 mai 2011

 L’assemblée générale de l’ANGVC ( Association Nationale des Gens du Voyage Catholiques ) qui  s’est tenue le 21 mai au centre culturel a rassemblée des voyageurs venus de toute la France Les débats ont porté sur les obstacles  multiples à  la sédentarisation  et les relations parfois conflictuelles avec les  organisations  d’évangélistes .
 
Notre amie Georgette ( alice JANUEL) a, malgré la fatigue et la lourdeur de la tâche, accepté d’être reconduite à   la fonction de présidente pour une année de plus . Bonne chance et bon courage à elle et à sa famille .

Le temps des pélerinages 17 septembre 2009

Après les Saintes Maries-de la Mer en mai, et Paray le Monial , en Août, c’est a Lourdes que les catholiques se sont rassemblés. A Couvron dans l’Aisne près de 30 000 évangélistes venus de toute la France , se sont, pendant huit jours, retrouvés pour prier et faire la fête. Malgré les craintes habituelles des pouvoirs publics et des populations voisines, aucun incident notable n’est venu troublé ces réunions traditionnelles.

{{ {{{Lourdes. Pèlerinage des gens du voyage : « On progresse ensemble »
}}} }}

{{La Dépêche .Gens du voyage. Un pèlerinage haut en couleur et très encadré.}}

Le pèlerinage des gitans et gens du voyage se poursuit à Lourdes et pour apaiser un climat qui n’a pas toujours été serein, de nombreuses actions sont organisées. Les réunions directement sur le terrain entre les représentants des gens du voyage, les services de la ville et ceux de la police sont un bon moyen de prendre la température au jour le jour. Un espace de dialogue entre les uns et les autres et l’occasion de certaines mises au point, notamment de la part du commandant Spinosi : « La loi est la même pour tout le monde, on ne laissera pas faire n’importe quoi. S’il y a des comportements déviants, ces gens-là auront des comptes à rendre. Il faut cesser toutes sortes de rodéos en voiture, même dans les camps, c’est dangereux et il peut y avoir un accident . Nous, on souhaite que tout se passe bien ». Une même fermeté mais aussi un désir de pacifier les choses du côté de la ville par le biais de son maire, Jean-Pierre Artiganave : « Il faut communiquer, comme vous le faites, avec les médiateurs qui ne sont pas là pour faire la police. Les choses se passent bien dans l’organisation et dans le moral ; alors, allons jusqu’au bout. On est là pour tout le monde. Petit à petit, on progresse et je crois qu’on progresse ensemble ».

{{ {{{Quelque 30.000 Tziganes évangéliques rassemblés à Couvron}}} }}
(
AFP) – 30 AOUT 2009

COUVRON, Aisne — Le rassemblement de quelque 30.000 Tziganes évangéliques s’est achevé dimanche par une cérémonie de baptêmes par immersion à l’issue de deux semaines de convention religieuse sur l’ancienne base militaire de l’Otan à Couvron (Aisne).
La convention annuelle des Tziganes évangéliques est organisée par la mission évangélique tzigane, plus connue sous le nom de Vie et Lumière, un mouvement pentecôtiste adhérent de la Fédération protestante de France (FPF).
Sous un grand chapiteau jaune et bleu réunissant près de 4.000 fidèles, chants et prières étaient accompagnés par les accords des guitares manouches, alors que les pasteurs de la communauté des gens du voyage s’adressaient au public à la manière des télé-évangélistes.
De récents convertis ont également été invités à témoigner de leur expérience avant que les évangélistes ne procèdent aux baptêmes d’une quinzaine de personnes.
Tout de blanc vêtus, les fidèles se sont présentés successivement devant une petite piscine gonflable disposée sur une scène avant de s’y allonger entièrement, la tête maintenue sous l’eau quelques secondes par leur pasteur.
« Ma vie vient de changer, j’ai maintenant la paix dans mon coeur », a déclaré Joseph Reinhart, enveloppé dans un peignoir de bain et encore ruisselant de l’eau baptismale.
Pour Joseph Fabulet, un des pasteurs de la communauté, les conversions à la foi pentecôtiste se multiplient chez les gens du voyage qui y trouvent une « école de vie et de respect des autres dans un contexte social très défavorisé ».
Selon le pasteur, les pèlerins sont principalement venus de toute la France, essentiellement du Nord-Est de l’Hexagone, mais également de Belgique, d’Allemagne, d’Italie ou d’Espagne.
Au plus fort de la manifestation, près de 5.000 caravanes ont été recensées selon lui sur le tarmac de l’ancienne base militaire.
En août 2008, 20.000 Tziganes s’étaient retrouvés sur l’aérodrome de Toul Rosières (Meurthe-et-Moselle).

Le temps des pélerinages 17 septembre 2008

{{Rassemblement tzigane de Toul : « les nuisances moins importantes que dans toute autre population »}}

LIBERATION 04/09/2008

– Alors que l’incompréhension perdure année après année entre élus et Tziganes, la préfecture de Meurthe-et-Moselle a indiqué mercredi avoir enregistré un recul de 15% de la délinquance en un an pendant le grand rassemblement évangélique organisé du 17 août au 2 septembre sur l’aérodrome de Toul-Rosières par Vie et Lumière. « Un quartier de 20.000 habitants produit son lot d’insécurité et de d’incivilités. Mais les nuisances ont été moins importantes que dans toute autre population », se félicite le préfet, Hugues Parant. Les organisateurs ont évalué à 35.000 le nombre de participants.
La délinquance sur le secteur a baissé d’environ 15% par rapport au mois d’août précédent, alors que les violences aux personnes ont diminué de 60%, selon les statistiques préfectorales. Seules 128 infractions ont été recensées, dont 90 liées aux véhicules. La manifestation s’est aussi traduite par d’importantes recettes supplémentaires pour les commerçants: +50% chez les discounters, +30% dans les commerces de bouche, +15% dans les supermarchés, selon la préfecture. La cellule médicale installée sur le site a permis de réaliser près de 1.100 consultations.
Le seul point noir concerne les bords de route, salis par les pèlerins. Une équipe de Tziganes s’emploie à nettoyer les abords du site conformément aux indications des maires, note le préfet.
Quelque 4.000 caravanes avaient été comptées au plus fort de la convention annuelle des Tziganes évangéliques, organisée par la mission Vie et Lumière, mouvement pentecôtiste adhérent de la Fédération protestante de France.
Fin août, une réunion publique avait été organisée par la préfecture entre les pèlerins et les élus du secteur. Un pasteur des Tziganes, Charles Velty, avait souligné « l’humiliation » ressentie par les Tziganes à « chaque arrêté municipal discriminatoire ». « Quand on arrive dans les villes, le maire est toujours invisible. Et son adjoint ne peut pas prendre de décision. On part alors dans la ville suivante, où on reçoit la même réponse négative. Quand le soir tombe, on finit par s’installer où l’on peut », avait-il expliqué. « Si la population tzigane respectait la population sédentaire, elle serait respectée », avait protesté le maire d’un village du secteur, courroucé de constater que des terrains proches de sa commune avaient été salis.
AFP

{{ {{{Lourdes. Un pèlerinage haut en couleur}}} }}

{{Gens du voyage. Lourdes vit au rythme du pèlerinage des voyageurs depuis une semaine.}}

Delphine Pereira. |LA DEPECHE 23 Août 2008

C’est un pèlerinage qui, chaque année, inquiète autant qu’il fascine. Le grand rassemblement des gitans et gens du voyage amène à Lourdes près de 7.000 pèlerins depuis 52 ans.

L’arrivée massive de plus de 500 caravanes, le 15 août, s’est finalement bien passée avec l’ouverture des principaux terrains quelques heures avant la date officielle. Maisqu’importe, l’installation s’est déroulée dans le calme. Les premiers incidents ont eu lieu le samedi, sur le terrain du Tydos, mais après l’intervention des CRS, tout semble être rentré dans l’ordre, du moins à cet endroit-là.
Le dialogue avant tout

Il faut dire que les responsables, élus et direction de pèlerinage, travaillent depuis des mois pour parvenir à ce résultat, comme le souligne le père Dumas, le directeur du rassemblement : « Nous avons nommé des médiateurs dans chaque camp. C’est vrai, tout le monde a peur d’être médiateur mais l’essentiel, c’est de faire d’abord la paix dans sa propre famille afin que tout se passe bien avec toutes les autres. Ce sont des médiateurs de paix ».

Pour le commissaire de police Nicolas Canouet, le pèlerinage se passe bien, dans l’ensemble : « Nous avons connu quelques agitations, notamment sur le terrain du Paradis, et ça nous a inquiétés un peu mais il faut absolument traiter les problèmes qui deviennent récurrents sur ce site. Les forces de police organisent aussi des contrôles de routine dans les bars. Cela fait partie du dispositif, il ne faut pas prendre ça comme une agression car les cafetiers et les commerçants ont aussi besoin de ça. C’est important d’avoir des médiateurs qui sont autant d’interlocuteurs pour avoir le ressenti de chacun. On peut être dans l’échange ».

En ville, on aura aussi noté des problèmes de stationnement et de circulation générés par le marché qui a lieu tous les matins et qui attire, à chaque fois, de nombreux Lourdais en quête de bonnes affaires. Les CRS ne sont jamais loin, une nécessité selon le maire de Lourdes : « S’il y a des effectifs supplémentaires, c’est aussi et avant tout parce que Lourdes est une ville touristique et que les mouvements de population, en particulier sur le mois d’août, sont très importants. Il est essentiel que l’on continue à se parler ».

Les gens du voyage regrettent, eux, que les agissements d’un petit nombre viennent ternir l’image de cette communauté en démarche de pèlerinage : « C’est une minorité qui commet des méfaits mais après, c’est la réputation de tous les gens du voyage qui est entachée ».

Les premières caravanes ont déjà commencé à lever le camp avant la fin du pèlerinage, dimanche matin, avec la messe de l’au revoir et la translation de la statue de Notre-Dame des gitans.

Le rassemblement évangélique annuel des tsiganes 19 septembre 2007

{{
Convention 2008 des Tsiganes évangéliques lundi, 27 août 2007}}

Journalchretien.net Par Linda Caille

La convention annuelle tsigane a été officiellement inaugurée près de Chaumont (Haute-Marne), sur la base aérienne de Sémoutiers, le 22 août en présence du pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), de Yves Guillot, préfet de la Haute Marne et de Pierre Hérisson, sénateur de la Haute-Savoie et président de la commission nationale consultative des gens du voyage.
A la montée des officiels sur l’estrade barrée, sous l’immense chapiteau de l’association Vie et Lumière, la Marseillaise a retenti, jouée par deux guitaristes, version tsigane. Cette réunion annuelle des tsiganes évangéliques est organisée par la mission évangélique tsigane, connue sous le nom de l’association Vie et Lumière, membre de la Fédération protestante de France (FPF).
La convention rassemble 30 000 personnes et 6 000 caravanes, ce qui fait de ce campement annuel « la première ville de la préfecture » en nombre d’habitants a souligné Yves Guillot. Ce dernier avait déjà accueilli la convention en 2004, en tant que préfet de l’Ariège.
Pierre Hérisson, le « sénateur des gens du voyage » comme les tsiganes le nomment, se rendait pour la troisième fois à la convention annuelle. Il a rappelé la nécessité pour eux que l’accès au droit de vote, aux services bancaires et aux services d’assurances soit facilité. De plus, la loi oblige les communes de plus de 5000 habitants à posséder une aire d’accueil convenable dans le respect du mode de vie des gens du voyage.
Le pasteur Claude Baty assistait pour la première fois à ce grand rassemblement. Il a souligné la place particulière du témoignage tsigane au sein de la Fédération protestante, rappelant que le thème du voyage traverse toute la Bible. Il a également invité la communauté des tsiganes évangéliques à participer à la grande fête du protestantisme, prévue en 2009, à Strasbourg.
Le président de l’association Vie et Lumière, le pasteur George Meyer a quant à lui remercié la présence de tous, précisant : « Ce n’est pas la gendarme qui a changé notre cœur mais Jésus Christ ».
Pendant trois mois, une tournée d’évangélisation composée de caravanes tsiganes et de prédicateurs ont voyagé de ville et ville pour « prêcher la parole de Jésus » lors de réunions publiques, ouvertes à tous, « croyants ou non croyants ». La convention est le point d’orgue de cette tournée.
Sur la base aérienne de Sémoutiers une gendarmerie est présente sur place, ainsi qu’une douzaine de pompiers, deux médecins, deux infirmières, le Samu. Une petite maternité a même été organisée.
Le temps fort de ce rassemblement, qui se termine le 26 août, sera les baptêmes par immersion de tsiganes adultes.

Les « fils du vent » à Lourdes 30 août 2006

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Les « fils du vent » à Lourdes}}}

La cité mariale accueille cette semaine le cinquantième pèlerinage des gens du voyage, en présence du cardinal Roger Etchegaray
«La Mère de Dieu n’a demandé l’autorisation à personne pour camper dans cette grotte, lance le cardinal Roger Etchegaray. C’est elle qui vous accueille. Gardez l’esprit du voyage, ne vous accrochez pas à ce monde. » À peine rentré d’une mission au Liban à la demande du pape, le cardinal français préside cette semaine le 50e pèlerinage des gens du voyage à Lourdes. Très à l’aise devant ces 8.000 pèlerins, il a rappelé qu’il fut jadis aumônier diocésain des Gitans à Bayonne et, à ce titre, présent au tout premier pèlerinage organisé à Lourdes en 1957.

« Je me souviens bien aussi du couronnement de la statue de Notre-Dame des Gitans par Paul VI, le 27 septembre 1965 à Pomezia, près de Rome, où le pape a valorisé la mission des “éternels pèlerins” que vous êtes », souligne le cardinal. Sur les divers lieux de campement, l’ambassadeur itinérant des papes a répété, citant cette fois Jean-Paul II : « Il faut développer la compréhension et la solidarité envers la population gitane, en repoussant toute tentation égoïste de méfiance et d’indifférence. »

Souvent confrontés à des réactions d’exclusion, Roms, Manouches, Gitans, Sintis ou Yéniches, tous ensemble Tsiganes, se sentent chez eux à Lourdes. « Ici, devant les grands personnages de la ville et de la région, Bernadette – qui ne savait pas lire – a su témoigner de sa foi malgré les oppositions », remarque le P. Jean-Pierre Etcheverry, ancien directeur du pèlerinage.
Une antenne locale créée à Lourdes pour les gens du voyage
Les responsables des sanctuaires de Lourdes ont d’ailleurs voulu donner la première place à ces « voyageurs » à l’occasion de leur jubilé. Venus de toute la France et de plusieurs pays d’Europe, les « fils du vent » – comme ils aiment se définir – ont par exemple présidé et guidé la procession aux flambeaux, lundi 21 août au soir, portant la statue de Notre-Dame des Gitans, qui pérégrine d’une région à l’autre chaque année. Dans la foule était tenue bien haut l’effigie de Céferino Gimenez Malla, ce Gitan espagnol fusillé en 1936, le rosaire à la main, et béatifié par Jean-Paul II en 1997.

« Nous avons mission d’être une famille de nomades dans l’Église, pour l’aider à faire mémoire de ce qu’elle est en profondeur : un peuple en marche », témoigne un pèlerin, Jean-Paul Weiss, dit « Pouchou ».

Tous les « voyageurs » apprécient aussi qu’une antenne locale ait été créée à Lourdes dans le cadre des services de l’Église en lien avec les Sanctuaires Notre-Dame, pour accueillir et répondre toute l’année aux attentes des gens du voyage. Cette permanence, souhaitée par l’évêque de Tarbes et Lourdes, permet d’assurer un suivi entre deux pèlerinages.
Une pastorale confrontée au « prosélytisme pentecôtiste »
L’enjeu est de taille pour l’Église catholique, et le travail immense pour le P. Claude Dumas, aumônier national des gens du voyage, lui-même issu de ce monde des voyageurs comme deux autres prêtres, trois diacres et une religieuse. Avec eux, environ 80 personnes sont en responsabilité directe dans les aumôneries diocésaines françaises, ils proposent une animation pastorale soutenue mais souvent confrontée au « prosélytisme pentecôtiste ».

« Des pentecôtistes entretiennent la peur et la superstition chez les voyageurs, mettant exagérément en valeur les phénomènes extraordinaires au détriment de l’Évangile vécue au quotidien, et ils rebaptisent leurs adeptes, au mépris des relations oecuméniques, déplore Mgr Gilbert Louis, évêque de Châlons-en-Champagne, accompagnateur des gens du voyage au nom des évêques de France. Cette intolérance, apparue dans les années 1950, ne cesse de s’amplifier, causant de grandes souffrances dans les familles divisées par la foi chrétienne qui était jusqu’à présent leur ciment. »

C’est d’ailleurs pour faire face au pentecôtisme qui commençait déjà à toucher les Gitans que les PP. d’Armagnac, Fleury et Barthélemy ont eu l’intuition de fonder ce pèlerinage à Lourdes au cours de l’hiver 1956.

« Après Lourdes, nous nous retrouvons régulièrement dans les écoles de la foi, qui se développent, et nous approfondissons notre connaissance de la Bible, Parole de Dieu vivante dans nos cœurs », souligne James. Ce « fils du vent » de l’Essonne a, comme d’autres laïcs de sa communauté, reçu de l’aumônerie une mission de « rassembleur » au sein de son peuple.

François VAYNE, à Lourdes

Rassemblement annuel des Tsiganes évangélistes 25 août 2006

{{{Trente mille Tziganes sont attendus en Moselle pour leur grand rassemblement annuel}}}
LE MONDE | 17.08.06

Par centaines, les caravanes ont commencé à affluer, mercredi 16 août, sur la base militaire de Grostenquin (Moselle), à quelques jours du coup d’envoi de la Convention nationale évangélique des gens du voyage, qui doit se dérouler du 23 au 27 août, à l’appel de Vie et Lumière, mouvement pentecôtiste rattaché à la Fédération protestante de France. Les premiers pèlerins sont arrivés deux jours plus tôt que prévu dans cette commune rurale proche de la frontière allemande, alors qu’organisateurs et services de l’Etat terminaient d’aménager la plate-forme, une ancienne base de l’OTAN de 400 hectares.

Sous la pression des élus locaux, Daniel Ferey, préfet par intérim, a consenti à ouvrir le site dès mercredi – et non vendredi comme envisagé initialement -, de manière à libérer les aires de stationnement, terrains agricoles et voies d’accès occupés par les convois de voyageurs qui, de toute la France et des pays limitrophes, convergeaient vers Grostenquin. Trente mille Tziganes sont attendus pour ce rassemblement, organisé chaque année sur un site choisi par l’Etat.

Un immense chapiteau, sous lequel seront célébrés les offices et baptêmes d’adultes par immersion, a été dressé mercredi. Auparavant, et dans un temps record, les services de l’Equipement et de la protection civile s’étaient employés à « viabiliser » le site : 1 800 barrières formant une ceinture métallique de 4,5 kilomètres ont été installées le long des pistes, afin de délimiter le périmètre de 160 hectares que les pèlerins seront autorisés à occuper. Vétustes, les bâtiments et hangars ont été exclus de la zone pour des raisons de sécurité. Une brèche a été ouverte à coups de bulldozer de manière à aménager un second accès pour les secours. Des plaques métalliques ont été posées dans la boue pour permettre aux véhicules de passer. D’immenses tuyaux ont été tirés pour l’alimentation en eau potable. Des sanitaires chimiques ont été installés, une entreprise privée a été sollicitée pour organiser l’assainissement et le traitement des ordures. Des groupes électrogènes seront mis en service pour alimenter un dispensaire de campagne, où une centaine de consultations pourront être assurées quotidiennement par des médecins volontaires.

Les commerçants locaux ont été sollicités pour participer aux ravitaillements de cette ville éphémère, deux fois plus peuplée que Saint-Avold, la cité la plus proche, qui compte 14 000 habitants. Côté sécurité, trois escadrons de gendarmerie mobile viendront renforcer les brigades du secteur ainsi que le service d’ordre – une centaine d’hommes – du comité organisateur.

Répondant aux inquiétudes des élus locaux, affolés à l’idée de voir tripler en si peu de temps la population de leur canton, le préfet a assuré que « la plupart des prestations seront facturées aux organisateurs ». Un chèque de garantie de 60 000 euros a déjà été déposé par Vie et Lumière, pour le paiement des fournitures.

« AU PIED DU MUR »

Cette année encore, la tenue de la manifestation a suscité une vive polémique. « Si les communes du secteur devaient débourser 1 centime, je démissionnerais aussitôt », avait menacé Claude Bitte, conseiller général (UMP) du canton de Grostenquin. Informé le 27 juillet du choix de « ses » terres pour la tenue du pèlerinage, cet élu avait protesté en haut lieu. Dans un courrier à Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, il se disait « scandalisé » d’avoir été mis ainsi « au pied du mur ». Mercredi après-midi, en visitant le site, investi en quelques heures par 2 500 caravanes, l’élu se disait « rassuré ». « Cela dit, je ne peux pas faire un pas sans être interpellé sur cette manifestation, qui continue à inquiéter la population locale », confiait-il.

Guide spirituel de la communauté tzigane, le pasteur Joseph Charpentier multiplie les contacts sur place pour « rassurer » les autochtones. « Nous sommes là pour prier, mais ce rassemblement est aussi un moyen, pour notre communauté, de faire tomber les préjugés et de montrer aux riverains que nous pouvons cohabiter en harmonie. Toutes nos célébrations seront ouvertes aux gens de l’extérieur. » Et d’ajouter : « Si nos rassemblements se passaient mal, l’Etat ne mettrait pas chaque année à notre disposition des aires d’accueil aussi vastes. »
Nicolas Bastuck
Article paru dans l’édition du 18.08.06