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Archives du tag : Romeurope

Communiqué de presse Romeurope 20 juillet 2015

Pour un moratoire immédiat des expulsions sans solutions de familles vivant en bidonville

Romeurope

Paris, le 20 juillet 2015

Un grand nombre de bidonvilles est expulsé sans solution d’hébergement ou de relogement pour les personnes, dans l’indifférence estivale.

Une situation dramatique qui vient de frapper de plein fouet 450 personnes à Nantes, 180 personnes à Marseille dont la moitié sont des enfants, 500 personnes à Chelles, 150 personnes à Ris-Orangis, 100 personnes à Ivry-sur-Seine, 50 personnes à Aubervilliers, Bordeaux, le Havre et Logne…

Une situation dramatique qui pèse également aujourd’hui sur plus de 400 personnes à Grenoble dont 160 enfants, comme vient de le dénoncer le maire de Grenoble dans une lettre ouverte au Président de la République, mais aussi 240 personnes dont 100 enfants à La Courneuve, 300 personnes à Saint-Denis, 200 personnes à Bordeaux, à Nantes…

Chaque expulsion est un nouveau drame humain pour les familles qui sont forcées de trouver, en urgence, un autre abri de fortune sur un nouveau terrain ou dans les rues des grandes agglomérations en rompant avec toute attache territoriale. Ces opérations policières ont des conséquences humaines et psychologiques importantes pour ces familles sans cesse sous pression. Elles aggravent la situation des personnes en interrompant le suivi social et sanitaire organisé par les associations. Elles renforcent également l’exclusion de nombreux enfants en empêchant leur accès durable à l’école.

Chaque expulsion est un nouvel échec en matière de politiques publiques : qui peut encore croire que la destruction des bidonvilles fait disparaître la misère ?

Alors que cette politique répressive a montré toute son inefficacité, le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope et le Collectif des Associations Unies demandent au gouvernement la mise en œuvre immédiate d’un moratoire sur les expulsions tant que des solutions dignes d’hébergement, de logement et d’accompagnement social ne sont pas proposées aux familles.

En France, en 2015, environ 20 000 personnes vivent en bidonville. L’accès à des conditions de vie dignes et à l’insertion est possible pour ces personnes si l’Etat et les collectivités locales se mobilisent. Il n’en reste pas moins que la stabilisation des personnes et la sécurisation de leurs lieux de vie (accès à l’eau, à l’électricité, ramassage des ordures, sanitaires) sont les conditions indispensables pour qu’enfants et adultes accèdent à leurs droits (école, emploi, santé…). Comment suivre une scolarisation régulière, trouver et/ou garder un emploi et être suivi médicalement lorsqu’on est condamné à l’errance ?

A ce jour, la circulaire du 26 août 2012 qui prévoyait un accompagnement social et une anticipation des expulsions n’a pas produit les effets positifs attendus. Il est donc désormais impératif de rompre avec une approche fondée sur les expulsions systématiques qui finissent par créer les phénomènes qu’elles prétendent pourtant endiguer.

Le Collectif des Associations Unies et le CNDH Romeurope rappellent que notre République est fondée sur le respect de la dignité et des droits humains pour toutes et tous et qu’il est de notre devoir de proposer ensemble un accompagnement vers l’hébergement et le logement aux familles vivant aujourd’hui dans les bidonvilles.

Stoppons les expulsions sans solutions !

Pièces jointes

CP Bidonvilles Romeurope du 20-07-2015 Télécharger

Rapport annnuel du collectif ROMEUROPE 29 juin 2013

 Lors de cette conférence de presse, Caroline GODARD représentante de Rencontres Tsiganes a fait part de la situation des familles Roms dans la région.

Le CNDH Romeurope publie son rapport d’Observatoire sur les situations de ressortissants européens en situation de précarité en France, pour la période 2012/2013.

Le bilan documenté dans ce rapport est alarmant :

– l’accès aux droits (santé, logement, travail, scolarisation) relève d’un parcours du combattant ;
– les évacuations sans proposition de solution se multiplient. Le Collectif Romeurope dénombre dans son rapport, depuis la publication de la circulaire du 26 août 2012, près de 100 évacuations de bidonvilles et de squats sur l’ensemble du territoire français ;
– et la mise en oeuvre du volet préventif de la circulaire du 26 août 2012, qui prévoit l’anticipation et l’accompagnement des opérations d’évacuation des bidonvilles, reste lettre morte sur les différents territoires, les préfets continuant d’évacuer les terrains sans véritable diagnostic ni proposition de relogement.

Dans ces conditions, les évacuations de bidonvilles et de squats réduisent à néant les efforts des familles pour leur insertion. Ces évacuations les précarisent toujours plus en les éloignant du droit commun.
Le CNDH Romeurope est de plus en plus inquiet des propos stigmatisants véhiculés par des élus ou des responsables politiques qui ciblent une population en raison d’une origine ethnique. Cela ne peut que renforcer un climat de tensions propices à toutes les dérives et il est du devoir des autorités d’afficher ici la plus grande fermeté.
Cinq semaines après la rencontre du collectif avec le Premier ministre et dix mois après la mise en place de la circulaire du 26 août 2012, le changement annoncé se fait attendre et les habitants des squats et bidonvilles en subissent les conséquences.
L’approche sécuritaire mise en place depuis vingt ans, qui donne la priorité aux évacuations des lieux de vie et aux expulsions du territoire, a démontré sa couteuse inefficacité. Nous attendons une réponse forte et sans ambiguité, pour l’effectivité sur tous les territoires d’une politique de respect de tous les droits et des valeurs de notre République.

Rencontre nationale du collectif ROMEUROPE à Marseille 24 novembre 2012

 Deux journées de travail qui ont permis à la fois de faire le point sur la situation dans les principales villes de France et d’échanger les expériences des uns et des autres. La présentation des conditions de vie des familles Roms dans la région et les Bouches-du-Rhône a incité le collectif Romeurope à accentuer la pression sur le gouvernement pour que les engagements pris soient réellement appliqués dans l’ensemble des départements.

COMMUNIQUE ROMEUROPE

Paris, le 23 novembre 2012

Bidonvilles, campements précaires et squats sans alternatives dignes et durables : la situation s’aggrave en France

L’ensemble des associations et collectifs membres du CNDH Romeurope s’est réuni pendant deux jours à Marseille. Lors de cette rencontre, le tour d’horizon des situations locales a révélé une disparité de traitements entre les différentes régions et départements dans le volet préventif de la circulaire du 26 août 2012. Il a également mis en avant l’absence de politique globale et de pilotage national à destination de ces migrants en situation de très grande précarité, pour une grande majorité, mais non exclusivement, des ressortissants communautaires.

Leur situation demeure difficile et précaire : le nombre d’évacuations des lieux de vie s’est accentué ces derniers mois dans certaines régions. Les harcèlements policiers sont toujours plus nombreux, parfois violents qui entraînent l’errance de nombreuses familles fragilisées. De plus, des actes et manifestations racistes se multiplient sur le territoire. Cet acharnement contre ces populations est inacceptable.

Face à ce constat accablant, le CNDH Romeurope, demande en priorité au gouvernement :

-  la mise en place immédiate d’un moratoire sur les évacuations pour permettre un accompagnement individualisé et pérenne qui respecte les choix et besoins des personnes. Ce moratoire peut prendre la forme d’une extension de la trêve hivernale à ces populations.

-  l’application du droit commun pour permettre une véritable insertion sociale, professionnelle et scolaire et l’accès aux soins.

-  la levée des mesures transitoires qui limitent l’accès au marché du travail pour les ressortissants européens roumains et bulgares.

Le CNDH Romeurope participera aux groupes de travail instaurés dans le cadre de la mission confiée au Délégué interministériel M. Alain Régnier, à l’échelle nationale et également par la mise en place de rencontres au niveau régional, afin de relayer ces situations locales et ne manquera pas d’exprimer ses éventuels désaccords tant sur les politiques conduites que sur les pratiques observées.

Le CNDH Romeurope défend une véritable politique d’insertion de toutes ces personnes afin de mettre un terme à une approche répressive qui prédomine jusqu’à présent.

Contacts presse :

Lola Schulmann, CNDH Romeurope : 06 35 52 85 46

Un communiqué et une circulaire qui laissent insatisfait 4 septembre 2012

‘Peut et doit mieux faire’ c’est la réaction des mouvements associatifs généralement entendue après la publication du communiqué du Premier Ministre et la publication d’une nouvelle circulaire.

ROMEUROPE

Dès le mois de juin, le CNDH Romeurope a demandé au nouveau Premier Ministre de mettre en place un comité interministériel afin d’apporter une réponse globale et concertée à la précarisation et aux conditions de vie indignes des ressortissants roumains et bulgares sur notre territoire. Comme vous le savez, suite à notre lettre ouverte en date du 9 août, une délégation du collectif a été reçue par le Premier Ministre le 22 août dernier, avant la réunion interministérielle.

Une circulaire interministérielle (en pj) définit les nouvelles approches de la politique que le gouvernement entend mener avec la mise en place de diagnostics individualisés le plus en amont possible des évacuations – qui resteraient nécessaires -, des concertations locales avec les différents acteurs concernés et la mobilisation prioritaire de tous les dispositifs de droit commun.

Cependant, le titre de cette circulaire ne correspond pas à nos attentes, car nous demandions que l’entrée du sujet soit d’abord sur le volet d’accompagnement social et d’insertion. Nous regrettons également les insuffisances concernant l’accès au travail, en particulier le maintien dérogatoire d’une obligation d’obtention d’un titre de séjour en préfecture, avec ces inacceptables délais et les politiques de guichet…

De plus, malgré ces annonces, des évacuations de terrain continuent sans réelle préparation, voire sans aucune alternative, et mettent ainsi, à une semaine de la rentrée scolaire, des familles dans une situation toujours plus précaire.

 

A Marseille, présentation du rapport de ROMEUROPE 19 février 2012

 Les principales associations de soutien aux Roms dans la Région et membres du collectif national Romeurope ont présenté le rapport national et ont rappelé le contexte régional.

Après une rencontre en janvier avec le représentant du Préfet de Région qui laissait espérer l’ouverture d’un dialogue, la table ronde promise se résume semble-t-il des contacts préparatoires et à une mission confiée à un Préfet.

Pendant ce temps, sur le terrain, les expulsions de familles se poursuivent et le harcèlement policier s’accentue. Le Procureur de la République a, sur plainte des familles, engagé une enquête. Un représentant de l’Archevêque a proposé une ancienne école pour accueillir quelques familles. A Aix-en-Provence, un collectif manifeste et interpelle sans résultat le Sous-Préfet alors que plusieurs familles expulsées de Marseille se regroupent sur l’Arbois où à proximité d’Aix .

Il est convenu de poursuivre sans relâche le travail d’information et de dénonciation de cette situation afin de sensibiliser nos concitoyens et mobiliser les militants. 

On pourra lire ci dessous les articles de la presse locale presse Notons également que les nouveaux médias relayent avec beaucoup d’intérêt nos informations sur le sujet . N’hésitez pas à les consulter régulièrement et tout particulièrement

www.depechestsiganes.fr

www.marsactu.fr

www.med-in-marseille.info

Rendez pour une soirée de solidarité avec les Rroms le 29 février à 18h30 au Théâtre TOURSKY

Conférence de Presse jeudi 16 février 2012 11h à la MMDH, 34 Cours Julien 13006 Marseille 15 février 2012

Rapport du CNDH Romeurope 2010-2011

 

Synthèse

 

Chaque année le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope dénonce la stigmatisation et les discriminations dont sont victimes les quelques 20 000 Roms vivant ou séjournant en France en situation de grande précarité, mais les positions prises publiquement en cet été 2010 par le chef de l’Etat, relayé par divers ministres et responsables politiques, officialisaient une inacceptable ethnicisation des choix politiques dans un non moins inacceptable amalgame Roms/Gens du voyage. Dans un contexte d’exacerbations des questions sécuritaires et d’immigration, un bouc-émissaire était créé, les Roms et particulièrement ceux originaires de Roumanie, étaient désignés comme délinquants et asociaux, prêts à envahir la France pour bénéficier d’avantages sociaux auxquels ils n’ont pas accès ! Ce discours politique aux accents xénophobes a attiré l’attention des médias, de la société civile et même des institutions européennes et internationales qui ont dénoncé l’attitude du gouvernement français.

 

 

 

LE RENFORCEMENT DES POLITIQUES DE REJET

 

Ces politiques combinent différentes pratiques, qui sont toutes aussi iniques les unes que les autres :

 

La reconduction des mesures transitoires prévues par le traité d’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, maintenant hors du marché du travail français les ressortissants de ces deux seuls pays européens, surtout les plus pauvres et moins qualifiés ;

 

La priorité accordée à l’éloignement avec la distribution massive d’OQTF (Obligation à Quitter le Territoire Français) et sous couvert d’aide au retour humanitaire ;

 

La systématisation ciblée des pratiques de fichage. Le fichier OSCAR qui vise tous les étrangers ayant bénéficié d’une aide au retour dite volontaire (ARV) ou humanitaire (ARH) revêt d’évidence un caractère discriminatoire. Dans plus de 80% des cas enregistrés sur OSCAR, les données biométriques concernent des citoyens de l’Union européenne de nationalité roumaine ou bulgare et, de fait, des Roms.

 

La mise sur pied d’un arsenal juridique spécifique. Celui-ci veut limiter le droit au séjour (mesures d’éloignement étendues aux personnes résidant depuis moins de 3 mois sur le territoire), restreindre le droit de circulation (invention de la notion d’ « abus du droit de libre-circulation »), faciliter les évacuations des squats et terrains occupés de manière « illicite » et interdire la mendicité (arrêtés préfectoraux prévoyant la reconduite à la frontière des étrangers, européens ou non, pratiquant la « mendicité agressive »).

 

La multiplication des violences de tous ordres : stigmatisation, évacuations de terrain systématiques, brutales et suivies de la destruction des biens personnels, harcèlement policier attesté par de nombreux observateurs et par les victimes elles-mêmes.

 

Ces pratiques qui visent directement les migrants roms, concernent aussi les autres personnes qui, pour une raison ou pour une autre, vivent en situation de grande précarité. Les Roms seraient-ils les cobayes d’un dispositif anti-pauvres en cours de construction ?

 

 

 

DE LA MARGINALISATION ACCRUE DES MIGRANTS ROMS A LA MOBILISATION DE LA SOCIETE CIVILE

 

Ces politiques à la fois discriminatoires et répressives autant qu’inefficaces ont des répercussions très néfastes sur les migrants roms qu’elles visent au premier chef.

 

A la stigmatisation s’ajoute en effet une précarisation accrue des conditions de vie, liée aux difficultés de plus en plus grandes pour accéder aux prestations sociales, aux évacuations à répétition et aux interruptions de suivi sanitaire, scolaire et social qu’elles impliquent, ainsi qu’aux difficultés voire à l’impossibilité effective d’accéder à l’emploi salarié à cause des mesures transitoires.

 

Ces situations dramatiques n’ont pas laissé la société civile indifférente.

 

Au contraire, des résistances se sont organisées. Grâce à la mobilisation citoyenne, des comités de soutien se sont créés et associés aux organisations humanitaires et de défense des droits pour apporter une aide régulière aux personnes en détresse, interpeller les pouvoirs publics et développer des projets d’insertion avec quelques collectivités locales volontaires.

 

Des solutions sont possibles dès lors que l’Etat réaffirme l’égalité des droits et propose un traitement adapté à chaque situation individuelle

 

 

 

LES REVENDICATIONS PRIORITAIRES DE ROMEUROPE

 

Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope rappelle que les Roms séjournant ou vivant en France en situation de précarité ont des droits auxquels il importe de leur donner un accès effectif, en arrêtant les pratiques, souvent abusives, qui les restreignent ou s’y opposent.

 

Ce sont ces revendications portées localement par les comités et les associations, que le CNDH Romeurope défend à l’échelle nationale et européenne. Pour l’essentiel il s’agit de :

 

LEVER IMMEDIATEMENT LES MESURES TRANSITOIRES qui limitent l’accès au travail ;

 

SUPPRIMER LES PROCEDURES ADMINISTRATIVES ET JURIDIQUES comme la distribution d’OQTF motivées sur l’« abus de droit » QUI PORTE ATTEINTE AU DROIT AU SE-JOUR ;

 

RENDRE, de ce fait, EFFECTIF L’ACCES AU DROIT COMMUN ;

 

ARRETER IMMEDIATEMENT LES EXPULSIONS DE TERRAINS sans aucune proposition d’hébergement et prendre les mesures pour garantir un habitat digne ;

 

PERMETTRE UN ACCES PLEIN ET EFFECTIF A LA SCOLARISATION POUR LES ENFANTS roms vivant en squat et bidonville et assurer leur protection en application de la convention internationale de l’enfant signée par la France ; 

 

GARANTIR L’ACCES AUX SOINS ET A LA PROTECTION DE LA SANTE : une attention particulière doit être accordée à la prévention, à la vaccination des enfants et au dépistage des maladies infectieuses et chroniques.

 

Ces revendications ne sont pas spécifiques à une population. Elles s’inscrivent au contraire dans l’application à tous du même principe, celui du DROIT COMMUN.

Les élections européennes et les Roms 20 mai 2009

{{ {{{Collectif national droits de l’Homme Romeurope :}}} }}

Le Secours catholique et la Fondation Abbé Pierre s’associent aux associations membres de Romeurope pour signer ce courrier.

Paris, le 16 mars 2009
Madame, Monsieur,

Depuis 2007, suite au dernier élargissement à 27 pays, les Roms sont devenus la première minorité de l’Union Européenne, soit 6 millions de citoyens de l’Union, présents dans la plupart des pays membres : leur situation intéresse, au premier chef, les électeurs européens et donc les candidats aux élections européennes.

L’accumulation de rapports, recommandations et résolutions officielles témoignent de l’inapplication à leur endroit des textes européens et internationaux qui fondent l’égalité des droits entre les citoyens de l’Union. Pour ne citer que les plus récents émanant des institutions européennes : le Parlement vient a rappelé dans ses résolutions du 11 mars 2009 et du 14 janvier 2009, faisant suite à celles du 31 janvier 2008 et du 28 avril 2005, la nécessité d’une protection spécifique et d’une stratégie globale et intégrée de l’Union en faveur des Roms. Le Conseil européen a invité de son côté en décembre dernier la Commission et les Etats membres à tenir compte de la situation des Roms dans la conception et la mise en œuvre des politiques et d’identifier des actions concrètes pour 2009 et 2010.

La réalité est cependant toujours celle des préjugés et discriminations dans l’accès aux droits : obstacles à l’accès aux soins et à l’assurance maladie, ségrégation scolaire et refus d’inscriptions à l’école, discriminations à l’embauche et fermeture du marché du travail dans le cadre des mesures transitoires imposées aux ressortissants de la Roumanie et de la Bulgarie notamment en France, conditions de logement indigne, expulsions répétées ou ghettoïsation, politiques d’éloignement du territoire et de retour forcés dans leur pays d’origine des Roms migrants de la part de certains pays d’Europe de l’Ouest…

Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope – auquel s’associent pour l’occasion le Secours catholique et la Fondation Abbé Pierre – représente un réseau d’associations nationales, locales et de comités de soutien qui interviennent sur le terrain pour le respect des droits fondamentaux des Roms d’Europe de l’Est présents sur le territoire français.

Nous vous interrogeons donc, dans la perspective de votre candidature au Parlement européen, sur les actions que vous envisagez d’impulser :

Quels dispositifs spécifiques entendez vous promouvoir pour permettre un contrôle de la mise en œuvre dans les Etats membres des résolutions et recommandations émanant des institutions européennes, qui invitent toutes à des actions concrètes pour lutter contre les discriminations spécifiques dont sont victimes les Roms ?

Quelles mesures souhaitez-vous proposer pour accélérer la mise en conformité des réglementations et législations nationales avec le droit communautaire dans différents domaines, notamment lorsqu’il s’agit de dispositions qui vont à l’encontre des principes fondateurs de l’Union tels que l’égalité de traitement entre citoyens de l’Union européenne et la liberté de circulation des personnes ?

Dans l’attente de votre réponse et de votre engagement, nous vous prions de recevoir, Madame, Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée.

Pour le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope,

Didier BOTTON (01-40-35-00-04)

{{ {{{Elections européennes}}} }}

La délégation socialiste française s’est concertée afin de répondre au mieux à votre courrier. Au sein de notre délégation, c’est la députée Catherine Boursier, membre de la Commission des Libertés publiques, qui a de plus près suivi les questions liées à la place des Roms en Europe. Elle a donc rédigé le courrier ci-joint, à l’adresse de Monsieur Botton.

Je me permets de souligner que moi-même et l’ensemble de la délégation socialiste française partageons entièrement la position de notre collègue Catherine Boursier, et que nous défendrons cette ligne au cours de la prochaine législature.

Monsieur Didier BOTTON
Collectif national Droits de l’Homme
Romeurope
c/o FNASAT Gens du Voyage
59, rue de l’Ourcq
75 19 Paris
FRANCE

Monsieur,

Au nom de mes colistiers, je tiens à vous remercier pour votre courrier du 16 mars denier concernant l’action menée au niveau européenne dans la défense des Roms. Sachez qu’il a retenu toute notre attention, c’est pourquoi je tiens à vous informer des éléments suivants.
Derrière la longue liste de bonnes intentions fréquemment énoncée par les responsables tant européens que nationaux, il existe une réalité particulièrement dramatique à laquelle sont quotidiennement confrontés les Roms, et que vous soulignez à juste titre. L’Agence des droits fondamentaux de l’UE, ainsi que le Conseil de l’Europe (ECRI) et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (BIDDH) ont d’ailleurs déploré le 20 mars dernier une recrudescence des actes violents en direction de minorités telles que les Rom, du fait de la crise économique. Cette situation ne nous paraît pas acceptable et mérite que l’on y réponde par des propositions ambitieuses mais réalistes.

Au cours de la précédente mandature, les Socialistes européens se sont à plusieurs reprises émus des discriminations récurrentes dont sont victimes les Roms, notamment par l’adoption d’un rapport critique sur les mesures sécuritaires prises en Italie à l’encontre des Roms en 2008, en particulier des mineurs, ou par l’adoption de résolutions appelant les gouvernements à adopter des mesures mettant fin aux discriminations constatées dans certains pays européens, ou encore récemment par l’adoption du rapport de notre collègue socialiste hongroise Magda Kosane Kovacs sur la situation sociale des Roms et l’amélioration de leur accès au marché du travail dans l’UE, en février 2009, qui formule des propositions propices à de réelles avancées.

Certes, des propositions existent, et la Commission européenne vient tout juste d’en ajouter une supplémentaire, le 20 avril dernier, en proposant la création d’un forum européen sur l’intégration, dans lequel la question des Roms est considéré comme un impératif majeur. Nous devrons nous montrer vigilants afin que ce énième instrument ne serve que d’alibi à un succédané patent d’actions.

Nous refusons que les Roms deviennent les boucs émissaires de discours populistes. Aussi souhaitons-nous œuvrer pour le développement de mesures concrètes permettant de passer des paroles aux actes, en matière d’accès des Roms à l’éducation, à l’emploi et à la formation, au logement ou encore aux soins de santé. Nous demanderons à ce que la Commission européenne, gardienne des traités, s’engage à faire respecter les législations européennes visant à lutter contre la xénophobie et surtout nous réclamerons des procédures de carence à l’encontre des Etats membres qui n’appliquent pas la législation européenne en matière de discrimination, notamment dans les cas de discriminations dont sont victimes les Roms. Nous voulons également promouvoir des législations plus fortes qui permettront aux collectivités locales de mieux respecter le droit international en matière de droit au logement, ce qui permettra d’améliorer sensiblement le quotidien de tous.

Restant à votre disposition pour toutes les suggestions que vous souhaiteriez me transmettre afin de préciser le projet que nous souhaitons développer sur cette question essentielle, je vous prie de croire, Monsieur, en l’expression de ma considération distinguée.

Cordialement,

Kader ARIF
Député européen

Pièces jointes

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L’ANAEM abuse les Roms 14 avril 2008

Collectif national droits de l’Homme Romeurope :
ALPIL (Action pour l’insertion sociale par le logement) – ASAV (Association pour l’accueil
des voyageurs) – ASET (Aide à la scolarisation des enfants tsiganes) –
CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués) – FNASAT-
Gens du voyage – Identité rrom – LDH (Ligue des Droits de l’Homme)-
Liens Tsiganes-MdM (Médecins du Monde) – MRAP (Mouvement
contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) –
Mouvement catholique des gens du voyage – PARADA – Procom –
Rencontres tsiganes – RomActions _ Une famille un toit 44
URAVIF (Union régionale des associationsvoyageurs d’Ile de France) –
Et les Comités de soutien de Bonneuil, Choisy le Roi, Fontenay-sous-Bois, Montreuil, du Nord-ouest parisien, de Saint-Etienne, de Saint-Maur, Saint Michel sur Orge, de Savigny-Lieusaint-Melun,
Vitry-sur-Seine et du Val de Marne.

7 Avril 2008

{{ {{{Les Roms abusés par l’Anaem pour les statistiques de Monsieur Hortefeux.}}} }}

Les citoyens français doivent savoir comment le ministre de l’immigration achète, grâce à l’Anaem, plusieurs milliers de « retours au pays » qui vont lui permettre d’atteindre ses quotas. Depuis quelques mois, l’Anaem recrute dans les bidonvilles où des familles roms roumaines et bulgares sont contraintes de trouver un abri. Le discours est simple : « retournez dans votre pays, nous paierons votre voyage de retour, nous vous donnerons de l’argent et nous vous aiderons à votre arrivée. »

Déclarer, comme le fait l’Anaem, que les familles sont volontaires pour rentrer en Roumanie en donnant pour preuve l’existence d’une liste d’attentes pour les retours est une manière de dissimuler la vérité. Si les coups de filets précipités comme à Bondy en octobre 2007 semblent avoir cessé, les opérations de retour soit-disant volontaire sont toujours coordonnées avec des opérations policières d’expulsion.

En réalité, le Ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité Nationale a mis en place un système pervers.

Des familles rroms installées, pour certaines, en France depuis quelques années, qui y ont établi des liens (scolarisation des enfants, emplois, suivi médical….), rompent ces liens pour retourner en Roumanie et bénéficier de cette somme.
Qui plus est, si le système géré par l’Anaem avait pour objectif de diminuer le nombre de personnes présentes en France, il est un échec. Ainsi des familles très pauvres en Roumanie ont eu connaissance de cette opportunité et arrivent en France pour bénéficier de la prime de l’ANAEM, qui représente pour elles un pactole. Certaines personnes n’hésitent pas à quitter leur emploi et interrompre la scolarisation des enfants. Qu’on ne se méprenne pas : les Roms n’abusent pas du système, c’est bien le système qui abuse les Roms, en les utilisant pour augmenter les chiffres des expulsions, au mépris de l’errance ainsi générée et de ses conséquences sur la vie de ces familles.

En effet, au regard de la situation socio-économique en Roumanie, l’argent promis est très attractif : 300 € par adulte et 100 € par enfant. Une famille peut ainsi toucher jusqu’à 1000 euros. En mars 2008, le salaire moyen en Roumanie est de 194 € par mois et un salaire minimum devrait être fixé à 137 € par mois. Le taux de chômage des Roms dépasse encore les 70 % dans certaines régions. La tentation est alors grande pour des familles qui ne disposent que de faibles revenus.

Ces aides au retour sont d’autant plus absurdes qu’en tant que ressortissants européens, les Rroms peuvent revenir quand ils le souhaitent. Ce système permet donc le cas échéant, à une même famille de bénéficier de plusieurs retours successifs et être comptabilisée plusieurs fois dans les quotas. C’est ainsi que le Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement fait du chiffre, uniquement du chiffre.

Le Collectif Romeurope dénonce l’hypocrisie à toutes les étapes de ce système pervers qui instrumentalise les Roms et déstabilise ceux qui, en Roumanie ou en France, ont commencé à trouver quelques points d’ancrage. Les moyens financiers doivent être orientés vers un accueil digne et durable dans notre pays pour les Roms qui le souhaitent, sans discrimination envers des ressortissants européens. A cette fin, le cadre législatif et administratif doit être modifié, notamment pour lever les entraves existantes dans l’accès au logement et à l’emploi.

Lors de la venue du Premier ministre roumain en France,, Romeurope souhaite que les deux Gouvernements décident enfin des mesures concrètes pour permettre aux Roms une réelle insertion dans le pays de leur choix.

Pour le Collectif Romeurope

Michel FEVRE Stéphane LEVEQUE
06 08 55 28 33 01 47 80 15 87

Comité Romeurope Bouches-du-Rhône 21 janvier 2008

{{COMITE ROMEUROPE des Bouches-du-Rhône}}

Fondation Abbé Pierre ( délégation régionale), MRAP
Ligue des Droits de l’Homme 13, Cimade, Rencontres Tsiganes.

{{Compte-rendu de la réunion Romeurope 13 du 18 janvier 2008}}

25 personnes ont pris part à cette rencontre représentant 13 associations. Outre les membres ci-dessus : Médecins du Monde, Jeunes Errants, Pastorale des migrants, CCFD, Croix Rouge , Secours Catholique, Ampil, Sichem.

Après une présentation de la situation nationale à partir des informations fournies par le collectif ROMEUROPE un rapide tour d’horizon des associations permets de faire le point sur la situation locale.

On rappelle qu’au printemps dernier une amorce de dialogue positif s’était insaturée avec le nouveau Préfet délégué à l’égalité des chances. Plusieurs réunions élargies avaient permis pendant l’été d’envisager des solutions d’urgence pour répondre aux besoins d’urgence sanitaire de plusieurs groupes de familles à Marseille et à Aix-en-Provence. Une association avait été chargée d’un premier diagnostic. Un médecin de la DDAS avait pris contact avec Médecins du Monde qui avait constitué une équipe de bénévoles.

On a appris en septembre qu’à l’occasion d’une nouvelle réorganisation administrative, un nouveau sous-préfet avait été chargé de ce dossier. Ceci a conduit remettre en question les premiers contacts et à ce jour le dialogue n’est pas réellement renoué avec les services de l’Etat malgré plusieurs relances.

Plusieurs évènements se sont produits depuis :

A Sainte Marthe, dans le XIV arrondissement, les familles qui occupent l’ancienne école Barrelier font l’objet de multiples pressions et plaintes de la part du voisinage. Une réunion de la population concernée convoquée par les élus locaux a mal tourné. Des propos odieux ont été proférés et des menaces directes sur les familles Rroms. Leur situation est très précaire malgré l’aide d’associations. Le TA leur a accordé un délai jusqu’en avril prochain et, à ce jour, aucune solution de repli n’est proposée.

A Marseille le 17 décembre dernier la police a fait évacuer un immeuble squatté par une cinquantaine de personnes avec femmes et enfants sans qu’aucune mesure de relogement ne soit proposée.
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A Aix, sur le plateau du Réaltor la situation des familles est tout aussi précaire. Sans eau et sans électricité, une quarantaine de personnes dont quinze enfants originaires de Serbie ne survivent qu’avec l’aide des bénévoles associatifs. Une mère de famille de huit enfants a été interpellée à la suite d’un vol. Un arrêté d’expulsion lui a été notifié mais à la suite de nos interventions, elle a été relâchée, la préfecture ne sachant que faire des enfants. Cet arrêté a été confirmé par le TA. Cette famille est aujourd’hui sans droit si ce n’est celui d’être expulsable à tout moment alors que plusieurs enfants sont scolarisés à Vitrolles.

Ces différents exemples ne sont qu’une partie des problèmes relevés dans le département . plusieurs autres groupes plus réduits se déplacent dans la ville en fonction des procédures ou des menaces d’expulsion dont elles sont l’objet. On constate ainsi une assez large dispersion des familles dans la ville ce qui rend plus difficile encore des mesures de suivis sanitaire et social de la part de associations comme Médecins du Monde. Il semble toutefois qu’il n’y ait pas d’augmentation significative du nombre de ces familles dans le département. Le syndrome de « l’appel d’air » régulièrement invoqué par les responsables pour ne rien faire n’est pas confirmé. On note simplement des mouvements d’aller et retour vers la Roumanie ou vers l’Espagne et l’Italie et probablement quelques arrivées en provenance de la région parisienne ou de Lyon ou Saint Etienne à la suite des expulsions. Il semble enfin que, pour l’instant, les mesures de police ne s‘appliquent qu’à l’expulsion des squats ou des terrains occupés illégalement à la suite de décisions de justice. Nous n’avons pas eu connaissance de distribution massive d’oqtf ou d’intervention de l’ANAEM pour inciter à des retours volontaires.

Les perspectives.

A la suite de la dernière lettre collective envoyée au Préfet laissée à ce jour sans réponse, il est convenu de demander à nouveau une réunion de travail avec les services concernés afin de faire le point sur les mesures d’urgences en matière de santé, de scolarisation et d’accès à l’emploi.

Après le témoignage de l’équipe varoise il est convenu que si des emplacements sont définis et proposés il sera possible d’accompagner ces installations avec des éléments mobiles (sanitaires, lieux de réunion etc.) Il est toutefois jugé indispensable que de tels équipements soient pris en charge par une équipe de gestion permanente.

L’information des différents publics sur la présence de ces familles et leurs conditions de vie est jugée indispensable. Toutefois la période électorale qui s’ouvre présente des risques de dramatisation et de manipulation qui pourraient se retourner contre ces familles . Il est convenu de multiplier les occasions de rencontres et d’information de la population avec l’appui des mouvements associatifs et culturels. A ce jour Médecins du Monde annonce une conférence au CRDP le 13 mars et Un festival Rrom est programmé par le Théâtre Badaboum à Marseille du 1er au 13 avril.

Marseille le 21/01/2008

Pièces jointes

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