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Pourquoi les Roms quittent-ils la Roumanie ? 19 août 2013

Pourquoi les Roms quittent-ils la Roumanie ?

Manon Duret

18/06/2013

Ils sont nombreux à quitter la Roumanie et la Bulgarie pour venir tenter leur chance en France. Le Journal International a interviewé des Roms de Lyon, originaires de Roumanie, sur les raisons de leur départ.

Des Roms expulsés manifestent / Crédits : AFP / Miguel Medina
On parle beaucoup (trop ?) de ces migrants de l’est de l’Europe qui viennent en France, et en particulier des Roms. L’incompréhension domine quant à leurs motivations. Pourquoi quittent-ils leurs pays alors que les conditions de vie en France de la plupart d’entre eux sont loin d’être réjouissantes ? Et pourquoi de nouveaux arrivants continuent d’affluer malgré les lois discriminatoires et les expulsions médiatisées ? Ces questions peuvent être posées à de nombreux migrants sur tous les continents. A ceux qui s’arrachent à leur terre dans l’espoir d’une vie meilleure et se heurtent à une vie difficile, dans des pays rarement ravis de les accueillir. A ceux qui continuent à venir malgré tout. On connaît l’histoire de ces immigrés maghrébins qui rentrent au bled pour les vacances et n’arrivent pas à convaincre leurs voisins, candidats à l’immigration, des difficultés qu’ils rencontrent ici en France. Il y a un fossé entre la France rêvée et la réalité.

Nous avons demandé à Maria (tous les prénoms ont été modifiés), une Rom originaire d’un petit village de Roumanie, à la frontière hongroise, ce qui l’avait poussé à venir en France plutôt que dans un autre pays d’Europe. Embarrassée, elle nous dit qu’elle ne sait pas bien. Pour elle, personne ne sait vraiment pourquoi, mais « tout le monde parle de la France ». Comme un leitmotiv dont personne ne connaitrait l’origine. Quelques années auparavant, les migrants seraient sans doute partis pour la RDA, mais la situation a changé. Elle a vu beaucoup de Roms partir pour la France, jamais pour l’Allemagne ou l’Italie. Parce qu’on dit qu’en France, « il y a des droits ». Peut-être aussi parce qu’ils ont tous appris un peu de français à l’école, même si ce n’est pas suffisant pour se débrouiller. Dans son village d’origine, il n’y a presque plus de Roms, « ils sont tous partis maintenant, en France ou dans d’autres régions de Roumanie ». Ces départs massifs sonnent comme la conséquence d’une situation déplorable et alarmante des Roms dans certaines régions de Roumanie.

Si le choix de la France n’a pas été véritablement délibéré, la décision de l’émigration est en revanche motivée par de nombreux facteurs. « En Roumanie, il n’y a pas de travail, pas d’école pour les enfants, pas de droits sociaux » résume Georges, un Rom installé en France depuis 2010. La destination importait finalement moins que le départ pour eux. Il fallait partir, sortir de l’ornière, « pour que les enfants aient une autre vie ».

La scolarisation : un moteur de l’émigration

L’avenir des enfants. Ce souci pousse de nombreux parents à choisir l’émigration à en croire les témoignages. « Je suis venu ici parce qu’en Roumanie c’est la misère, et surtout parce qu’ici mon fils peut aller à l’école », nous dit Georges. Si l’école est obligatoire de 6 à 15 ans, en Roumanie, les Roms rencontrent parfois des difficultés à y inscrire leurs enfants. Maria nous raconte qu’on lui a souvent dit que la classe était déjà pleine, qu’il n’y avait plus de chaises libres pour ses enfants. « En France, les maitresses sont gentilles », nous dit Georges, soulignant la discrimination que certains ont pu subir là-bas. Selon le recensement roumain de 2002, les Roms (se reconnaissant comme tels) étaient alors six fois moins scolarisés que la moyenne nationale. Si plusieurs facteurs rentrent en jeu dans cette faible scolarisation, et que les disparités sont grandes entre les régions et les groupes sociaux, on ne peut nier ce défaut de scolarisation qui pèse sur les parents. Ils ne veulent pas que leurs enfants rencontrent les mêmes difficultés qu’eux à l’âge adulte.

« Je travaillais, mais je ne gagnais rien »

L’absence de perspective professionnelle est l’autre cause de départ avancée par les Roms interrogés. « En Roumanie, c’est la misère », « c’est la catastrophe ». Au-delà de ce constat sans appel, le problème n’est pas tant l’absence de travail, que l’absence de revenus. Maria nous explique qu’après avoir obtenu l’équivalent du baccalauréat, elle a travaillé comme vendeuse, mais son salaire était insuffisant pour vivre décemment. Partir, c’est pour beaucoup tenter la promotion sociale par le travail, sortir d’une situation sans avenir. Une solution envisagée également par de nombreux Roumains, non Roms. Le taux d’émigration roumaine vers les pays d’Europe de l’Ouest, des plus élevés de l’UE, est le même pour les Roms et les non-Roms selon les chiffres nationaux.

Quand corruption et discrimination vont de paire

Outre l’émigration économique, qui n’est pas propre aux Roms, il y a la question du rejet de cette minorité. Les Roms souffrent de discriminations diverses, au travail, à l’école et surtout dans l’administration, selon Maria : « Les Roms sont mal vus partout, à la mairie par exemple, il faut toujours faire la queue plus longtemps, chez le médecin, l’avocat. On te parle mal, on ne te respecte pas ». Mais elle nuance aussitôt son propos : « en fait, quand on est pauvre, on est mal vu en Roumanie. Il faut toujours donner de l’argent, et si tu n’en as pas, tu n’es pas respecté ». Une démarche peut trainer en longueur si elle n’est agrémentée d’un bakchich. Maria dénonce une discrimination économique au quotidien, qui empêche certaines catégories de Roumains, les plus pauvres et en particulier les Roms, d’accéder à des services fondamentaux.

Répartition des 619 007 Roms de Roumanie (3,25 % de la population)

L’avant et l’après Ceausescu

Les discriminations envers les Roms ont-elles augmenté depuis la fin du régime communiste, expliquant l’émigration massive de cette population ces dernières années ? On a pu parler de la recrudescence de la haine envers les Roms avec la chute de Ceausescu en raison des privilèges dont ils auraient bénéficié pendant la période de Ceausescu. Les Roms se sont effectivement vu allouer des maisons, un salaire minimum et des aides diverses dans le cadre d’une politique de sédentarisation et de « roumanisation » forcée. Cela aurait eu pour conséquence de cristalliser les discriminations au sortir du communisme. Les Roms devenaient les boucs émissaires du nouveau régime.

Dans les années 1990, des pogroms anti-Roms ont secoué la Roumanie postsoviétique. Mais Maria, qui a passé son enfance et son adolescence sous le régime de Ceausescu, a une perception tout autre de la situation. Pour elle, rien n’a changé. Les Roms étaient autant discriminés avant qu’après la chute de Ceausescu. Simplement, les violences étaient moins perceptibles en raison de la fermeture des frontières. Maria se souvient du rejet quotidien. Exclus des villages, ils étaient mis à l’écart, le pope refusait parfois de venir célébrer une messe, ou d’enterrer les Roms dans le cimetière communal, à la manière des suicidés ou des condamnés. Elle se souvient des villages brûlés, des disparitions fréquentes dans les familles roms, disparitions classées sans suite par la police locale. Pour Maria, les discriminations ne sont pas récentes, c’est bien l’ouverture des frontières qui a offert l’opportunité du départ.

De nombreux Roms de l’est de l’Europe ont repris la route. Mais leurs migrations ne doivent rien au nomadisme que beaucoup leur attribuent à tort. Contrairement aux Tziganes de France qualifiés de « gens du voyage » depuis le XIXe siècle, les Roms venus de l’Est sont pour la plupart sédentarisés depuis des siècles. Ce n’est pas un mode de vie, plutôt la fuite d’un passé effrayant, d’un futur sans avenir.

Roms de Roumanie : les causes d’un exode, les raisons d’un échec 13 février 2013

Roms de Roumanie : les causes d’un exode, les raisons d’un échec

De notre correspondant à Bucarest

Mise en ligne : jeudi 24 janvier 2013
Pourquoi les Rroms de Roumanie quittent-ils leur pays pour la France ? Une étude vient de montrer que les causes de cette migration sont uniquement économiques – et les expulsions, même rebaptisées « retours volontaires » ne servent à rien, car les Rroms reviennent. Retour sur un échec français, celui des politiques d’intégration, échec partagé par la gauche et la droite.
Par Matei Martin

Alors que les controverses font rage sur les expulsions de Rroms originaires de Roumanie et les mesures de limitation de la liberté de circulation mises en place par la France et d’autres pays européens, le Centre roumain pour les politiques européennes (CRPE) a analysé les effets économiques de la migration des Rroms roumains en France.

Retrouvez notre dossier :
Expulsion des Rroms en France : Valls dans les pas de Guéant et de Sarkozy ?

L’étude se fonde sur 500 interviews réalisées dans les plus grandes communautés rroms de l’Hexagone (à Paris, Marseille, Montpellier, Aix-en-Provence, Toulon). L’objectif : comprendre les motivations de cette migration, la situation économique des Rroms, leurs attentes et leurs « stratégies » d’adaptation sociale et culturelle. Par ailleurs, ce rapport offre une image claire de l’échec des politiques de rapatriement entreprises par l’Office français de l’immigration de l’intégration.
Trois conclusions se dégagent de cette étude, et c’est à partir de ces constats que devraient se fonder les nouvelles politiques d’intégration des Rroms en France, mais aussi en Roumanie :
o Les Rroms se rendent en France pour des raisons strictement économiques : ils gagnent la moitié du salaire minimum de ce pays, mais huit fois plus que ce qu’ils touchent en Roumanie.
o Les Rroms veulent travailler et cherchent à officialiser les relations avec les employeurs (notamment par contrat), mais sont victimes de la discrimination.
o Les Rroms ne sont pas des immigrants durables en France. L’emploi du terme d’« immigration » ne peut pas être justifié dans leur cas par la demande d’un permis de séjour. La plupart des Rroms envoient régulièrement de l’argent « chez eux », « à la maison » (c’est-à-dire en Roumanie), et retournent périodiquement dans leur pays d’origine. Les conclusions et interviews sont plus éloquentes que tous les clichés transmis de manière presque hystérique par les chaînes de télévision françaises comme roumaines.

Découvrez notre cahier :
Rroms des Balkans : intégration, citoyenneté, démocratie
Le Courrier des Balkans / éditions Non Lieu, octobre 2012, 216 pages, 15 euros

En France, comme ailleurs en Europe, il existe une évidente méfiance par rapport à ces vagues de migrations plutôt saisonnières. Et cette méfiance se solde par une démonisation des Rroms. « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », avait répété, après d’autres, le ministre de l’intérieur Manuel Valls. La formule avait fait la une de la presse en France comme en Roumanie.
Or, que reste-t-il de la liberté de circulation en Europe ? Il y a deux ans déjà, la décision de la France d’expulser collectivement plusieurs communautés de Rroms originaires de Roumanie avait ouvert le débat sur l’une des valeurs fondamentales de l’Union européenne : n’importe quel citoyen d’un État membre a le droit d’aller et de s’installer où il le souhaite. Le gouvernement de Paris a dû donner des explications, affirmant alors qu’il ne s’agissait pas d’ « expulsions collectives » mais de « rapatriements individuels », « à la demande », et que l’on proposait aux familles de Rroms de rentrer chez elles en échange de sommes avancées par l’État français. Les mesures de ce type n’étaient pas une nouveauté ; elles ont déjà été appliquées dans le passé avec le même (in)succès.
À l’été 2010, puis à nouveau à l’été 2012, ces expulsions (ou « rapatriements ») ont été particulièrement visibles car elles ont concerné des centaines de personnes, sur une courte période de temps. Les communautés rroms établies à la périphérie des grandes villes sont devenues un enjeu politique majeur. Les gouvernements – de droite puis de gauche – croyaient devoir montrer leur autorité face à une communauté mal aimée. Ainsi, les autorités se sont-elles mises à chasser les Rroms – avec un large soutien de l’opinion, au moins durant quelque temps. Puis, lorsque la société civile s’est mise à dénoncer les abus et à montrer les clichés sur lesquels étaient fondées ces politiques d’expulsion, les citoyens se sont rendu compte qu’en réalité les Rroms n’étaient que la dernière et la plus visible des communautés d’immigrés en France, et nullement la plus nombreuse ou la plus mal intégrée (les quelque 15.000 Rroms de France représentent une communauté bien moins nombreuse que celles provenant des pays africains et des anciennes colonies).
Les autorités ont prétendu qu’il existait un lien entre la montée de la criminalité urbaine et l’émergence de cette vague récente d’immigrants, mais les statistiques ne confirment pas cette conclusion. En fait, la majeure partie des mesures prises pour écarter les Rroms indésirables des villes semblent être voués à l’échec : ils reviennent chaque fois et reconstruisent leur camps pour repartir ensuite quand on les chasse.
L’échec de la France – de droite comme de gauche
Les politiques « d’intégration » menées par le gouvernement sont paradoxales et contradictoires. Contrairement à l’Espagne ou l’Italie, où l’on compte, malgré des échecs isolés mais retentissants, de nombreuses réussites, la France n’a pas su concentrer ses efforts pour intégrer les Rroms. Par exemple, on reproche aux Rroms leur manque d’éducation et de qualifications – ce les rend incapables de trouver un emploi. Mais les écoles prêtes à accepter des étudiants rroms (qui, par delà des problèmes sociaux ont presque toujours un déficit linguistique) sont très peu nombreuses. En outre, des descentes de la police dans les banlieues peuplées par les Rroms et la destruction systématique de leurs camps de ruine les efforts des parents qui essaient justement d’envoyer leurs enfants a l’école.
Finalement, la communauté internationale a condamné le gouvernement français pour ses mesures, et la méthode française pour « se débarrasser » des Rroms s’est avérée être un échec : l’argent reçu n’a pas empêché les Rroms de revenir en France. A partir du mois de mars, l’OFII a baissé « l’aide de retour humanitaire », d’un montant de 300 euros, à 50 euros. Avec cette somme, on ne pourra plus prétendre qu’il s’agit d’un retour « volontaire »…
En Roumanie, l’impasse dans laquelle se trouve le gouvernement français est observé avec ironie et condescendance. La France, qui donnait il y a encore peu de temps des leçons de démocratie à la Roumanie et voulait nous apprendre la tolérance et le multiculturalisme, ne parvient pas aujourd’hui à intégrer quelques milliers de Rroms ! Une attitude revancharde, dépourvue de toute dimension constructive… C’est une guerre des boucs émissaires ; et même les discussions intergouvernementales bilatérales ne mènent à aucune solution pratique.
La Roumanie est le pays qui abrite la plus grande communauté de Rroms de l’Union européenne : entre 600.000 et deux millions de Rroms vivent sur le sol roumain. Les Rroms, comme (presque) toutes les communautés, y sont représentés au Parlement ; le pays dispose d’institutions anti-discrimination et même de politiques de discrimination positive en faveur des Rroms.
Bien sur, il est difficile de juger des résultats de ces politiques : il est certain que les Rroms figurent toujours parmi les populations les plus pauvres de Roumanie. La migration des Rroms vers l’Europe occidentale a surtout des causes économiques – et non politiques, comme les autorités françaises ont essayé de le prétendre en invoquant la discrimination dont seraient victimes les Rroms en Roumanie. L’intégration des Roms – en France comme en Roumanie – devrait donc commencer par le marché du travail.

Les projets honteux d’un ministre en Roumanie 27 février 2010

   Le but de la  visite du Ministre Claude LELOUCH à Bucarest  était sans ambiguïté : Trouver avec le gouvernement Roumain des mesures conduisant au retour forcé des Rroms en Roumanie en les stigmatisant et en cherchant à contourner la réglementation  européenne.   Des associations  de droits de l’homme en Roumanie  ont condamné les propos explicitement racistes du Ministre de l’Intérieur Roumain tenus lors de cette visite. En France, les réactions se multiplient  dénonçant les mensonges et une instrumentalisation scandaleuse des Rroms à des fins électorales.
En pièce jointes  :
-Une lettre ouverte a Monsieur Claude LELOUCH 
-Un communiqué des association de  Bucarest
-Un point de vue d’experts
-Une déclaration du Conseil de l’Europe  
 
 










 

Roms: Paris et Bucarest cherchent des solutions bilatérales et européennes

De Jean-Louis DE LA VAISSIERE (AFP)Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés.

 

BUCAREST — Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche a plaidé à Bucarest pour une "mobilisation commune" franco-roumaine pour endiguer les allers-retours de Roms roumains en France et travailler au niveau européen à leur insertion.

M. Lellouche a pratiquement consacré, jeudi et vendredi, toute sa visite à la situation précaire de cette minorité, contraire, selon lui, aux "valeurs" européennes et donc "inacceptable".

"En Roumanie ce sont deux millions de personnes, à l’échelle de l’Europe dix millions de personnes, il faudra qu’on se donne les moyens de réussir", a-t-il déclaré.

Non-intégration sur le marché du travail et dans le système éducatif, trafics d’êtres humains, prostitution, criminalité et mendicité: un groupe de travail s’est réuni vendredi dans la capitale roumaine sous la présidence de M. Lellouche et de son homologue Bogdan Mazuru pour tenter de pallier les problèmes épineux touchant les Roms.

Le document de travail qui en est issu devrait être "une sorte de modèle" pour les autres pays européens concernés, a indiqué M. Lellouche.

L’aide au retour humanitaire française semble inefficace: 8.000 Roms ont été reconduits vers la Roumanie en 2009, avec un billet d’avion, 300 euros par adulte (100 euros par enfant). Soit un budget de 9 millions d’euros, auquel s’ajoutent 4.000 euros versés à quelque 160 Roms aidés par des ONG et ayant démarré un projet professionnel en Roumanie Mais près des deux-tiers d’entre eux reviennent ensuite, selon les estimations.

"Leur donner de l’argent est voué à l’échec, la plupart vont retourner en France" pour gagner de nouveaux pécules, a prévenu Marian Tutilescu, secrétaire d’Etat roumain à l’Intérieur. M. Lellouche se propose d’engager une réflexion sur la validité de cette aide pécuniaire.

Le Premier ministre roumain Emil Boc a assuré la France de la "tolérance zéro" de son pays sur les trafics d’êtres humains. "De nouvelles voies de coopération sur le plan institutionnel et politique" doivent être explorées, mais dans le plein respect de la législation européenne sur la libre circulation des personnes", a-t-il indiqué.

Aucun cadre juridique ne permet d’empêcher les Roms, citoyens roumains et communautaires, de voyager en Europe, sauf s’ils sont des délinquants recherchés ou des mineurs non accompagnés.

M. Boc a annoncé la désignation d’un secrétaire d’Etat chargé du suivi de la réinsertion des Roms expulsés, instamment réclamée par la France, et une présence permanente et étoffée de magistrats et surtout de policiers roumains en France pour repérer les responsables des trafics. Des engagements ont été pris en matière d’éducation.

Un troisième volet de la coopération concerne l’utilisation de fonds français et européens pour l’insertion dans une société où la discrimination des Roms reste forte malgré les efforts du gouvernement roumain.

Paris et Bucarest devraient présenter des projets d’insertion à l’occasion d’une conférence européenne sur les Roms à Cordoue (Espagne), en avril. "Nous ne venons pas comme donneurs de leçons", a assuré M. Lellouche en soulignant les liens étroits et confiants de la France et la Roumanie.

A l’issue de la visite, le ministre soulignait que "les Roumains ont compris que le risque de dégradation de leur image en France et dans d’autres pays européens commençait à être sérieux".

"Dès lors, a-t-il observé, ils ont aussi réalisé qu’il fallait se mobiliser contre les trafics d’êtres humains et commencer une véritable politique d’insertion, en sachant que l’Europe est disposée à les aider".

Pièces jointes

déclaration du conseil de l'Europe Télécharger
Point d evue d'experts Télécharger
communiqué Roumanie Télécharger
lettre ouverte à C LELOUCH Télécharger

Madona : une chanteuse engagée ! 17 septembre 2009

Madonna et les Roms hués à Bucarest

LE MONDE | 29.08.09 |

Bucarest, correspondant

Ce devait être le concert de l’année en Roumanie. Mercredi 26 août, plus de 60 000 Roumains se sont bousculés pour voir Madonna, venue donner un concert à Bucarest, vingt ans après la chute du régime communiste. Mais le rêve a tourné au vinaigre lorsque la star a fait monter sur scène le Kolpakov Trio, un groupe de musiciens roms. « Hello Romania !, a-t-elle lancé au public au milieu du concert. Il y a beaucoup de cas de discrimination en Europe de l’Est, et cela m’attriste profondément. Notre foi est la tolérance envers les Roms, les homosexuels et les gens qui affichent leurs différences. Ils doivent tous être traités de la même manière, ne l’oubliez pas. » Une partie du public a aussitôt hué la star.

Le lendemain, les Roms qui accompagnent Madonna dans sa tournée ont organisé une conférence de presse à Bucarest. « C’est terrible de voir qu’on est au XXIe siècle et qu’une telle situation existe en Europe, a déclaré Vadim Kolpakov, un des membres du groupe. Nous sommes très tristes et nous voulons dire à la Roumanie et à l’Europe de l’Est que tout le monde a des droits, les Roms comme les autres. » La Roumanie compte officiellement 535 000 Roms mais, selon les leaders de cette minorité, ils seraient plus de deux millions. Malgré la pression des institutions européennes depuis l’adhésion du pays à l’UE en 2007, la discrimination des Roms reste présente dans la société roumaine.

Madonna avait promis aux Roumains un spectacle à la hauteur de leurs attentes, mais l’organisation du concert a été mal gérée. Malgré 1 000 kilowatts de lumière, 2 000 lasers, 160 enceintes et 120 m2 d’écrans vidéo, la plupart des spectateurs ne voyaient pas la scène, tandis que la poussière les empêchait de respirer. L’appel contre la discrimination des Roms est tombé sur un public hostile, d’autant que la majorité des Roumains déplorent qu’on les associe aux Roms, qu’ils considèrent comme responsables de la mauvaise image du pays. « J’ai payé cher mon billet, un quart de mon salaire, s’insurge Vlad, un jeune qui a hué Madonna. Je voulais voir un concert et je me suis retrouvé devant une donneuse de leçons. J’ai payé pour sa musique, pas pour son blabla. » De leur côté, les associations locales de Roms ont protesté contre la réaction du public. Selon un sondage de l’Institut Gallup publié en 2008, un Roumain sur trois ne veut pas avoir de Roms parmi ses voisins.

Mirel Bran
Article paru dans l’édition du 30.08.09

Comment vivent les Rroms de Roumanie 22 février 2008

07/02/2008 N°1847 Le Point
{{{ {{Roumanie – La détresse des indésirables}} }}}

{{
A Bucarest, il existe une frontière invisible entre le quartier des Roms et le reste de la capitale roumaine. Visite d’une communauté victime de préjugés.}}
De notre correspondant Mirel Bran

Lorsqu’ils aperçoivent de leur voiture Zabrauti, le ghetto rom de Bucarest, les conducteurs se signent en suppliant Dieu de ne pas tomber en panne. Vu de loin, le pâté d’HLM en ruine où habitent environ 2 000 Roms suscite chez les Roumains une peur ancestrale envers leur minorité. Vu de près, Zabrauti a tout d’une cité interdite. A cause des odeurs, il faut un certain courage pour s’en approcher. Sur le terrain vague qui sépare une dizaine d’immeubles, les poubelles tiennent lieu de relief. Au milieu des monticules de restes ménagers, de ferraille rouillée et de débris que fouillent quelques chiens errants, une tête surgit, puis deux, puis trois. Des yeux pétillants scrutent l’horizon. « Tsiganes de merde ! » crie un chauffard qui ferme sa vitre avant que l’écho ne lui revienne. Les enfants continuent à fixer l’horizon tels de petits Sphinx. Ils ne savent pas encore que dans leur pays le mot « Tsigane » est une insulte, synonyme de « voleur », de « fainéant », de « sous-homme »… Ils constatent seulement qu’entre leur ghetto et le reste de Bucarest et du monde il y a une frontière invisible qui les isolera de plus en plus au fur et à mesure qu’ils grandiront.
« Je m’appelle Maria », lance d’une voix joyeuse une petite fille surgissant derrière une rangée de poubelles. « Vous voulez… chez nous ? » demande-t-elle sans se soucier de grammaire. La chaleur de sa poignée de main enlève les dernières réticences et elle semble ravie de faire découvrir son univers. A l’entrée de l’immeuble, les murs moisis conservent un vague souvenir de la peinture des années 70. C’était l’époque où le dictateur Nicolae Ceausescu avait ordonné la sédentarisation de cette population nomade incontrôlable. Aujourd’hui, à Zabrauti, dix-huit ans après la chute de la dictature, Ceausescu fait figure de bienfaiteur. « Il nous donnait du travail, nous pouvions faire soigner nos enfants à l’hôpital, on ne vivait pas si mal que ça, car on avait de quoi manger », résume Ilinca, la grand-mère de Maria, qui ouvre la porte de son petit studio.
Malgré la misère qui règne dans les couloirs de cette HLM et la précarité des appartements, les habitants préservent un minimum de propreté. Des chaussures pleines de boue sont rangées devant l’entrée. Des tapis aux couleurs vives recouvrent une partie des murs : on y voit des cygnes immaculés glisser sur un lac en regardant une princesse qui sourit. « Ça nous fait rêver, c’est un spectacle paisible, nous on aime la paix », explique Ilinca. La paix, c’est justement ce qui risque de disparaître dans le ghetto de Zabrauti. Depuis qu’un Roumain d’origine rom a agressé mortellement une Italienne, à Rome, le 30 octobre 2007, la vague de racisme anti-Roms frappe encore plus fort.

L’effet Romulus. La Roumanie concentre la plus forte population rom de toute l’Union européenne. Officiellement, elle en compte 537 000. Mais, selon leurs leaders, les Roms seraient au moins 1,5 million, voire 2 millions, sur 22 millions de Roumains. Lors des recensements, beaucoup d’entre eux cachent leur identité rom, qu’ils n’aiment pas trop voir inscrite sur les papiers officiels. Car, pour les Roumains, il y a toujours trop de « Tsiganes ». L’intégration de leur pays à l’Union européenne, le 1er janvier 2007, a provoqué une véritable vague migratoire vers l’Occident ! Parmi les 2,5 millions de Roumains partis travailler à l’Ouest, beaucoup sont des Roms à la recherche d’une vie meilleure.
Leur départ a été fêté par les Roumains. « C’est très bien qu’ils soient partis , résume l’ingénieur Cristian Georgescu. Les Occidentaux vont enfin découvrir cette peste. Ils nous reprochaient toujours de ne pas les intégrer, maintenant, ils n’ont qu’à essayer eux-mêmes. Je leur souhaite bonne chance. » L’hémorragie de Roms vers l’Ouest ne suscite chez lui aucun état d’âme. « Les Tsiganes sont partis et basta. C’est plutôt une bonne nouvelle, on ne dira plus que nous sommes racistes », conclut l’ingénieur. Bien qu’il avoue une pénurie de main-d’oeuvre sur son chantier, il précise qu’il n’embaucherait des Roms qu’à l’article de la mort.
Pourtant, l’Ouest n’est pas la terre promise que cherchent les Roms nomades depuis qu’ils sont partis de l’Inde, au Moyen Age, avant d’arriver en Europe. Sans travail, sans sécurité sociale, ils se heurtent à l’hostilité des Européens et, dans le meilleur des cas, à leur indifférence. Leur kit de survie, c’est la mendicité, parfois agressive, le vol et la prostitution, quand ils ne sont pas embrigadés dans les réseaux d’esclavage que leur impose leur hiérarchie selon des règles non écrites. Dans certains villages roumains, une petite mafia richissime s’est fait construire des palais dignes de Disneyland. Mais, hormis une minorité de Roms qui s’en sortent grâce à la musique qu’ils jouent en virtuoses, la majorité d’entre eux semble condamnée au statut de parias.
Après avoir fermé les yeux sur les bidonvilles qui poussaient à la périphérie de Rome, les autorités italiennes ont découvert soudainement le problème rom. Début novembre 2007, il revêt un visage, celui de Romulus Mailat. Ce jeune Rom que ses parents avaient baptisé Romulus en référence aux origines latines des Roumains, est accusé d’avoir tué une Transalpine. Du jour au lendemain, Roumains et Roms confondus deviennent l’objet d’une surenchère médiatique. Les autorités s’affolent à Rome, elles décrètent l’expulsion immédiate des étrangers qui représentent un danger pour la sécurité nationale. Sans le dire expressément, le décret visait les Roumains, dont une soixantaine ont été expulsés dans leur pays en l’espace d’un mois. « C’est une méthode facile pour gagner la sympathie de l’électorat aussi bien en Italie qu’en Roumanie , explique Magda Matache, présidente de l’association Romani Criss. Il était pourtant évident que la Roumanie n’allait pas adhérer à l’UE uniquement avec sa population riche et sa classe moyenne, mais aussi avec sa population pauvre et ses problèmes. »

Un relent nazi. L’effet boomerang a été immédiat. Les Roumains, qui attendent depuis dix-huit ans la liberté de circuler en Europe, redoutent que ce précieux sésame puisse être remis en question à cause de la minorité rom. Le racisme anti-Roms atteint actuellement des sommets en Roumanie. Exaspéré par la confusion entretenue par les Occidentaux entre les Roumains et les Roms, le ministre roumain des Affaires étrangères, Adrian Cioroianu, avait déclaré le 2 novembre qu’il songeait à acheter un morceau de désert pour y déporter les Roms. « C’est une déclaration totalitaire, extrémiste, à caractère nazi, a déclaré l’avocat rom Marian Mandache. Nous ne l’acceptons pas et nous demandons la démission du ministre. » Mais le ministre est toujours là, après avoir présenté ses excuses et précisé que la déportation des Roms n’était pas prévue dans l’immédiat. « Les dix ans de boulot que j’ai faits dans ma communauté ont été effacés d’un seul coup », avoue le jeune militant rom Ciprian Necula.
Pour couronner le tout, au lieu d’apaiser le climat, le Sénat de Bucarest n’a rien trouvé de mieux que de dépêcher en Italie le nationaliste Vadim Tudor. Celui qui avait promis de déporter les « Tsiganes » se voyait ainsi confier un rôle de médiateur pour résoudre le problème rom. Au même moment, dans un studio de Zabrauti de 3 mètres sur 4, où vit une famille de sept Roms, c’est la colère. « Ce Romulus Mailat est un criminel et il doit être puni ! Mais c’est injuste que pour la bêtise d’un seul d’entre nous on fasse payer tous les Roms », se désole la vieille Ilinca. Maria, sa petite-fille, n’a pas quitté des yeux le tapis kitsch accroché au mur : « Grand-mère, ne pleure pas, lui dit-elle doucement , notre princesse va nous protéger. »
3 COMMENTAIRE(S)
mariolo doudou
Merci
mercredi 13 février | 08:27
Pour ce très bon article, moi qui joue de la musique avec des Amis tsiganes de Nantes et qui travaille dans l’insertion professionnelle, je suis très sensible à ce sujet qui pose de nombreux problèmes des deux côtés de la barrière en pays nantais, et il faut se rassembler autour d’une table de médiation, mais avec des représentant roms, ne pas les exclure du débat et parler au nom d’eux ! On sait bien que les absents ont toujours tort !
gavali
Détresse des indésirables
dimanche 10 février | 11:00
J’ai apprécié le ton de cet article, tout à fait d’accord pour le mot « paria » (mot tamoul qui désigne les Intouchables dans le Sud de l’Inde) mais en tant que Rromni française je désirerais y ajouter quelques remarques. 1) 96 % (statistiques de l’OSCE) des Rroms sont sédentaires. Peu voyagent par choix, les autres parce qu’on les chasse. 2) Je n’ai pas séjourné dans le ghetto rrom de Bucarest mais dans celui de Sofia (l’été) et malgré l’extrême misère ça ne sentait pas mauvais. 3) J’ai travaillé six ans et demi comme interprète avec Médecins du Monde dans les bidonvilles de l’Île de France et nous étions émerveillés de voir, dans une telle déréliction, des intérieurs de cabanes propres et décorés, mais aussi les corps des consultants très propres, les enfants si bien tenus quand l’eau était rare et lointaine. 4) Les Rroms ne regrettent pas Ceaucescu pour lui mais regrettent le régime qui leur donnait du travail. Maintenant, avec cette chère libéralisation, on n’embauche plus les Rroms (90 % de chômage dans les Balkans). 5) The last but not the least : Mailat n’est pas un nom rrom : le père de Romulus et plusieurs professeurs de linguistique, sans compter des flopées de Roumains l’ont déclaré. Alors pas d’amalgame, c’est trop dangereux. Je terminerai par la mendicité : je n’ai jamais vu de mendicité agressive. Quant à la prostitution elle est tabou dans nos coutumes.
Alain K.
Bravo !
vendredi 8 février | 19:04
Quel bel article de presse courageux et sérieux, signé par un journaliste roumain, sur ce grave problème qui concerne toute l’Europe. Mais à quand son pendant en roumain dans un journal de Bucarest ?
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Les Rroms sont aussi des Européens 5 décembre 2007

{{Les Roms sont aussi européens !}}

{{L’Italie, la Roumanie et l’UE doivent réévaluer radicalement le statut social de cette communauté}}

Le crime atroce récemment commis dans les environs d’un camp de réfugiés situé à Tor di Quinto, près de Rome, a provoqué une véritable onde de choc, tant en Italie qu’en Roumanie. Dans le cadre du débat public sur le statut des réfugiés et des résidents étrangers, ce fait divers a vite revêtu une dimension sociale et politique. Le meurtre, qui a suscité de violentes réactions dans une partie de l’opinion, a également donné lieu à de scandaleuses prises de position de la part de certains responsables politiques italiens et roumains, tout prêts à y répondre par des mesures expéditives aux accents xénophobes et totalitaires de triste mémoire.

Amplifier le caractère déjà tragique d’un crime individuel par une sanction collective visant l’ensemble d’une communauté constituerait un acte hautement irresponsable et lourd de conséquences néfastes, pour les victimes aussi bien que pour la communauté d’où le coupable est issu. Envisager une punition collective reviendrait à faire preuve d’une inacceptable amnésie, tant du côté italien que du côté roumain. Non seulement en raison de ce qui s’est passé en Europe à l’époque du fascisme, du nazisme et du communisme, mais aussi au vu de ce qui se pratique aujourd’hui dans le monde sous diverses dictatures.

L’histoire même de ces deux peuples, italien et roumain, vient nous le rappeler. Les Italiens, qui ont souvent migré du Sud vers le Nord, mais aussi à l’extérieur de leurs propres frontières, en savent long sur la condition d’exilé ou d’étranger. Quant à la Roumanie, la façon dont elle a traité et traite ses citoyens roms est tout sauf admirable. Alors que leur présence est signalée sur le territoire de l’actuelle Roumanie depuis le XIVe siècle, il faudra en effet attendre 1856 pour qu’ils soient officiellement affranchis du statut d’esclave qui fut le leur cinq siècles durant. Et, si le postcommunisme a libéré une formidable énergie, il s’est aussi caractérisé par une course cynique aux privilèges et un darwinisme social où dominent les intrigues byzantines des nouveaux parvenus.

Selon les données publiées par le quotidien Evenimentul Zilei, la minorité rom compterait ainsi 41 % de travailleurs non qualifiés et souffrirait d’un taux d’analphabétisme de 38,7 %. Or ce vieux problème roumain, et plus largement centre-est-européen, touche aussi, depuis peu, l’Europe occidentale. Ces nomades venus de l’Inde, qui ont pérégriné à travers le Moyen-Orient et l’Empire byzantin, sont désormais européens à 80 %. Dans l’affaire qui nous occupe, l’assassin, Nicolae Romulus Mailat, un jeune homme de 25 ans, avait déjà été condamné en Roumanie pour vol qualifié à l’âge de 14 ans. L’année ayant précédé son arrivée en Italie, il avait en outre été interné dans un centre fermé de rééducation, avant d’être libéré. La pauvreté serait-elle à l’origine de sa délinquance juvénile comme du crime perpétré en Italie ?

Dans le grand roman de Dostoïevski Crime et châtiment, ce n’est pas seulement le nihilisme qui pousse au crime l’étudiant Raskolnikov, c’est aussi la misère. Si son identité sociale est tout autre que celle de Mailat et son  » profil spirituel  » radicalement distinct, son double meurtre n’en est pas moins abominable. Nous n’avons par ailleurs aucune raison de penser que le crime pourrait constituer, pour Mailat, le point de départ d’une renaissance spirituelle ou d’un salut par la souffrance, comme dans le cas de Raskolnikov. Nous pourrions néanmoins nous arrêter un instant sur les mots de l’un des interlocuteurs du héros dostoïevskien qui, tout en évoquant la  » Sodome repoussante  » où il s’est égaré, estime que la pauvreté n’est pas un vice, à la différence de la misère. Dans la pauvreté, au moins gardons-nous  » la noblesse des sentiments innés « , dit-il. Dans la misère, en revanche, l’effondrement s’avère souvent catastrophique.

Mailat a fui la misère qui régnait dans son pays sans s’imaginer qu’il se retrouverait en Italie dans un camp de réfugiés où la misère serait tout aussi oppressante. Cela ne constitue, bien entendu, ni une excuse ni une circonstance atténuante pour un tel crime, ni d’ailleurs pour quelque crime que ce soit. Il s’agit néanmoins d’une prémisse qui ne saurait être ignorée pour peu qu’on veuille tenter à l’avenir de remédier à ce genre de situation.

Pour l’heure, il ne serait évidemment pas raisonnable d’escompter une réincarnation angélique du criminel Mailat. Nous pouvons et nous devons toutefois solliciter une radicale réévaluation du statut social de ces marginaux. Nous pensons ici, avant tout, aux Etats roumain et italien, aux communautés rom et roumaine qui vivent dans ce pays, mais aussi à l’Union européenne. Car, qu’on le veuille ou non, le coupable relève de toutes ces communautés à la fois.

Depuis quelque temps, des voix facilement exaspérées tendent à s’élever contre l’Europe et les problèmes nouveaux que sa réunification engendre inévitablement. La libre circulation ouvre aussi sur une coexistence mutuellement bénéfique, comparable à celle qui, après la seconde guerre mondiale, a rassemblé les pays d’Europe de l’Ouest. L’Europe mérite de devenir une communauté réelle, à la hauteur de la civilisation qu’elle incarne. Diverse, démocratique, spirituelle, libre et prospère. Un continent exemplaire.

Norman Manea

Traduit du roumain par

Alexandra Laignel-Lavastine

Ecrivain

ACTUALITES SOCIALES HEBDOMADAIRES N°2530
Du 9 novembre 2007

{{Des préconisations pour garantir le droit au logement des Roms}}

« Les gouvernements devraient prendre des mesures positives afin de protéger le droit au logement des Roms en Europe » a estimé Thomas HAMMARBERG, commissaire aux droits de l’homme, rattaché au conseil de l’Europe, en tirant, le 23 octobre, le bilan des plaintes reçues par ses bureaux sur cette question.
Celles ci proviennent d’une douzaine de pays, dont la France. « Le taux et le nombre d’expulsions forcées de Roms a considérablement augmenté, et la ségrégation ainsi que la ghettoïsation dans le domaine du logement semblent s’être renforcées et enracinées. On observe également que les activités des municipalités en matière d’urbanisme sont de plus en plus déterminées à la fois par les impératifs du marché et par un mépris à l’égard de personnes considérées comme TZIGANES», estime T Hammarberg. Il pointe aussi le fait que « le sentiment d’hostilité à l’égard des Roms ou l’antitziganisme se sont indéniablement accrus en europe. Les expulsions forcées s’accompagnent souvent de menaces ou d’actes de violence à l’égard des Roms. »

Estimant que « la législation, la politique et la pratique doivent absolument être amélioré pour mettre fin à la crise du logement qui touche les Roms », le commissaire aux droits de l’homme a émis plusieurs recommandations.
Il estime tout d’abord que :
L’utilisation de mesures relevant du droit pénal pour empêcher les modes de vie itinérants doit cesser.
Et que,
Des terrains adéquats doivent être réservés aux gens du voyage dans les pays, régions ou zone où ces communautés existent.
Il préconise également,
d’officialiser les campements non-officiellement autorisés aux Roms, et de les mettre aux normes de manière à garantir la dignité des habitants.

« Les communautés de Roms concernées devraient, sur ce point, être pleinement et véritablement consultées », a-t-il estimé. En outre, les pays devraient mettre en place des cadres juridiques solide afin de s’assurer que les collectivités locales respectent le droit international en matière de droit au logement. Et « les normes juridiques européennes relatives à la législation contre la discrimination devraient être rigoureusement appliquées afin de mettre fin au traitement arbitraire fondé sur l’hostilité raciale à l’encontre des Roms. »

Un témoigage en direct de Bucarest 12 janvier 2007

Voilas Alain recevez mes Veux chaleureux pour cette
année qui commence depuis Bucarest ou je me trouve
avec mon Alina

Que vous dire ; il y a tant à dire

D abord même si je connais votre modestie laisse moi
vous remercier pour le travail des Rencontres Tsiganes
et j’espère que 2007 puisse concrétiser encore plus
des actions

Quand à moi et ce nouveau monde qui m’entoure ici à
Bucarest , j’en suis à peine sortie de la phase
dérouté et abasourdie de l’ampleur du changement et
la tournure des choses.

Le plus choquant fut de voire que le prix de la vie
est tout aussi cher voir plus qu’en France . La chose
qui a le moins de valeur sur le marché local c’est
l’être humain
; 200€ salaire moyen par économie

En somme les prix sont rentrés dans la Communauté
E.U. et les salaires sont restées au tiers -monde

Même si on serait tente de croire que tenant compte
des revenus infimes des roumains la misère ambiante
règne figurez vous qu’ une apparente richesse
ostentatoire enveloppe tout Bucarest dans une frénésie
marchande et capitaliste à bloc.

Les bloc ils y sont toujours , mais à présent ils sont
vêtus de gigantesques enseignes publicitaires .

Je prends l’exemple de AUCHAN qui s’est ramené dans
mon cartier avec une pompe à la CESAR et territoire
conquis.
À l’intérieur tout est pareil à ce que vous
connaissez facture à la caisse y compris à la seule
différence que les clients se baladent désemparées
avec ces chariots trop grades pour leurs poches vides
et à la caisse la queue avance vite vu la légèreté
des acquisitions.

Ma soeur a travaillé pour eux dans les rayons elle
touchait 150€ par mois ( imaginez leurs bénéfice )
Et pour ne pas niveler prix et salaire vaut mieux
jeter les qantites de nourriture périmée et ici vu
que tout est permis l’incendier derrière le magasin.

En fin même si je suis de ceux qui plaident pour L ‘
Europe tout ce que je vois en Roumanie est la
Communauté des Multinationales ou seule la
marchandisation à de la valeur .

Pour renforcer mes dites je vous dépeint l’état
dramatiques des personnes âgées avec leurs retraites
symboliques avec des soins et des médicaments payants
au prix fort , avec des changements incessants de
monnaies et de parité ( 8 changements de monaies en 10
ans ) ils sont jettes comme une poubelle inutile à
cette société en frénésie de réussite personnelle.
On les croise aux coins des rues en train essayer de
vendre leurs objets personnels , ou de suplier pour
qu’on leurs acheter un litre de lait ou mendier tout
court.
Merci d’avoir vécu la guerre , le communisme , une
révolution et la dépossession de toute reconnaissance
et dignité.

Et les tziganes la dedans ! j’ai bien peur qu’ils
deviendront eux aussi la poubelle de L’EUROPE .
mais ici à Bucarest c’est difficile de trancher et de
déduire une seule tendance ou position envers eux
dans les médias que dans la population.
Ils y a deux tendances jeter la pierre et assimiler la
tare

De tout ça j’espère qu’ on pourras parler de vive voix

Encore une fois BONNÉ ANNÉE ALAIN FOUREST ET
RENCONTRES TZIGANES.

La situation des Roms en Roumanie 1 mars 2006

{{Le Commissaire aux droits de l’homme publie un rapport sur la situation des Roms en Europe}}

Strasbourg, 15.02.06 – Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Alvaro Gil-Robles, a présenté aujourd’hui son rapport final relatif à la situation des droits de l’homme des Roms, Sinti et Gens du voyage en Europe. Les Roms comptent environ dix millions de personnes, présents dans presque tous les Etats membres du Conseil de l’Europe. Dans la plupart des pays visités par le Commissaire, la population rom est confrontée à des obstacles considérables dans la jouissance de ses droits fondamentaux.

Dans son rapport, Alvaro Gil-Robles relève que  » la trop longue histoire des discriminations et persécutions perpétuelles vécue par les Roms doit s’arrêter « . Tout en exposant les principales violations de droits de l’homme dont sont victimes les Roms, le rapport présente également une série de recommandations afin de mettre un terme aux discriminations dans le logement, l’éducation, l’emploi, les soins et le traitement accordé par les autorités publiques.

Le rapport appelle à un partenariat actif de toutes les autorités, institutions et personnes concernées, y compris les Roms eux-mêmes, pour mettre en place les mesures nécessaires et garantir le plein respect des droits de l’homme des Roms, Sinti et des Gens du voyage. Le Protocole 12 à la Convention européenne des Droits de l’Homme relatif à la non-discrimination et la directive de l’Union européenne sur l’égalité fournissent une base légale pour ces efforts.

Enfin, le Commissaire aux droits de l’homme salue la création du Forum européen des roms et des Gens du voyage qui permet de mieux appréhender la diversité des communautés Roms en Europe et amplifie leurs voix au sein des organes décisionnels nationaux comme européens.

Le rapport final est disponible sur le site internet du Commissaire aux droits de l’homme: http://www.coe.int/Commissionar.

Division de la Presse du Conseil de l’Europe
Tel: +33 (0)3 88 41 25 60
Fax:+33 (0)3 88 41 39 11
pressunit@coe.int
internet: www.coe.int/press

Contact:
John DALHUISEN, Bureau du Commissaire aux droits de l’homme
Tel. +33 (0)3 88 41 23 13, mobile +33 (0) 6 61 14 70 37
e-mail: john.dalhuisen@coe.int

Pièces jointes

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