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Rencontres Tsiganes

Une réunion faite d’inquiétude mais aussi d’espoir 28 juin 2009

{{ {{{Compte-rendu de la réunion du 10 juin 2009}}} }}
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I- Le fonctionnement de l’association}}

La lettre de convocation à cette réunion avait été adressée à 90 personnes qui, à un moment ou un autre, avaient pris part à certaines de nos activités ou manifesté leur intérêt pour notre association. Parmi elles 25 n’ont pas répondu et n’ont donné depuis aucun signe d’intérêt. D’autres, tout en adhérant nos actions, n’ont pas la disponibilité pour jouer un rôle actif, mais souhaitent cependant être tenues informées régulièrement. C’est finalement un petit groupe d’une trentaine d’adhérents qui s’impliquent directement dans l’activité de l’association sous diverses formes. C’est évidemment peu si l’on tient compte des multiples sollicitations dont nous sommes l’objet et si l’on veut répondre aux attentes parfois pressantes des familles de voyageurs ou de sédentaires. La tâche quotidienne est ainsi parfois lourde pour notre petite équipe de retraités disponibles et pour son président. Cette situation n’est hélas pas propre à notre association et reflète sans doute les incertitudes du monde qui vient et la crainte vis-à-vis d’un engagement militant.

N’hésitez donc pas à faire connaître autour de vous Rencontres Tsiganes : ses objectifs, ses réussites et ses projets , son site internet etc !!!!

Un tel état des lieux n’a pas démobilisé pour autant les présents à cette rencontre qui s’est conclue autour d’un abondant buffet. Pour la suite, il est convenu de prévoir une nouvelle réunion fin septembre et comme chaque année une assemblée générale début décembre. Entre temps des réunions de bureau plus restreintes seront organisées en fonction des urgences.
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II- Un bilan en demi-teinte}}

Les voyageurs

La création de Rencontres Tsiganes en 2002 coïncidait avec la mise en œuvre de la deuxième loi Besson et fixait ainsi notre première priorité. L’espoir créé par cette loi auprès des voyageurs comme de certains d’entre nous, nous a mobilisé presque quotidiennement pour tenter de la faire appliquer dans les départements de la région. Force est de constater que 9 ans après, aucun progrès sérieux n’a été accomplis dans la reconnaissance pour les voyageurs du droit d’aller et de venir et donc de s’arrêter. Plus grave encore, l’impasse juridique dans laquelle se trouvent l’Etat et la plupart de maires, conduit à la multiplication des conflits et à des discours xénophobes de plus en plus inquiétants. Les derniers incidents graves survenus ces derniers jours dans le Var ne font que confirmer cette impasse. Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons pu être associé à la révision du schéma département initial et le diagnostic qui est proposé reflète largement nos avis. Toutefois, l’attitude passive si ce n’est hostile des élus comme de l’administration nous fait craindre que ce document ne soit rapidement enterré comme d’autre avant lui A l’échelon national,malgré quelques signes d’ouverture, la re-nomination du Sénateur Hérisson comme président de la Commission nationale après deux ans de silence ne laisse espérer aucune évolution positive. Il en est de même du rattachement du dossier des « gens du voyage » au Ministère des Affaires Sociales.

Les cités de sédentaires

Il y a deux ans, après des incidents parfois violents survenus dans les cités à Marseille (La Renaude, Ruisseau Mirabeau etc..) Nous avions, avec la fondation Abbé Pierre et l’appui de professionnels, réalisé une enquête sur l’état de ces cités. Le rapport a été largement diffusé l’année dernière auprès de administration, des élus et des professionnels. On nous a en général fait comprendre que cette population relevait du droit commun et ne saurait bénéficier de mesures spécifiques. Quand on connaît l’état du mal logement dans le département c’est une manière de « noyer le poisson’ . Sur le terrain la situation n’a fait que s’aggraver comme le montre les dernières démarches que nous avons engagées à propos de Ruisseau Mirabeau (cf. lettre au maire de Marseille)

Les propriétaires de terrain

Comme nous le rappelons régulièrement, dans les Bouches-du-Rhône mais aussi dans le Var et le Vaucluse de nombreux voyageurs, faute de trouver des emplacements qui leur conviennent, ont acheté des parcelles de terrain le plus souvent inconstructibles. Tout en considérant que ces achats n’étaient pas une solution satisfaisante du point de vue de l’urbanisme, nous avons, à de multiples occasions, soutenu les démarches des propriétaires pour faire valoir leur droit contre le point de vue des maires ou d’EDF. Presque toujours, les dossiers pris en main par des avocats sérieux ont été tranchés par le juge en faveur des propriétaires voyageurs. La récente réponse détaillée du ministre de l’environnement à un Sénateur, confirme nos analyses. Il est inadmissible que, face à cette jurisprudence, les maires continuent de mauvaise fois à poursuivre les voyageurs.

Les Rroms migrants

La encore à Marseille comme à Aix ou à Toulon et Fréjus on ne peut que constater une aggravation des conflits liés à la présence de familles dans une très grande détresse. Malgré de multiples démarches avec Médecins du Monde, la Fondation Abbé Pierre, la LDH, le MRAP, RESF, le Secours Catholique etc… L’impasse est totale et les pouvoirs publics n’ont qu’un objectif : contraindre par tout moyens ces familles à rentrer « chez elles » ou disparaître.

A Aix, sur plateau du Réaltor, les bénévoles désespèrent à la perspective d’une nouvelle année sans perspective. A l’occasion des élections européennes, certains candidats ou partis politiques ont pris des engagements en faveur du droit des Rroms migrants et du respect de leur droit de citoyens européens. On sait malheureusement, qu’au-delà des belles déclarations, les institutions européennes ont bien peu de pouvoir vis-à-vis des Etats qui font la chasse aux Rroms au mépris de toutes les règles internationales

{{Information communication}}

Cette fonction de l’association apparaît de plus en plus capitale. Nous avons en effet acquit la conviction que c’est par une meilleure information de nos semblables et une réduction des préjugés vis-à-vis des tsiganes que les responsables politiques pourront être conduits à des comportements moins discriminatoires. Il semble également indispensable que, mettant en veilleuse leurs différences, les composantes de la communauté tsigane se rassemblent pour revendiquer leur droit à citoyenneté et à l’expression de leur culture. Si Rencontres Tsiganes se doit de souhaiter et soutenir ces démarches proprement politiques elle ne peut en aucun cas parler au nom des tsiganes ou se substituer à eux dans la revendication politique.
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Les Perspectives d’actions}}

Elles devront nécessairement s’ajuster aux moyens dont nous disposons et à la disponibilité des bénévoles.
-Le bilan des interventions dans les collèges est positif et elles pourraient être reconduites et développées.

-D’autres interventions sont prévues dans les centres de formations auprès des travailleurs sociaux, des éducateurs, des enseignants.

Des interventions peuvent également être renforcées à l’occasion des conférences, débats ou réunions culturelles qui se multiplient sur l’histoire et la culture Rrom Tsigane.

Le site internet de Rencontres Tsiganes a un écho encore trop modeste, il doit être amélioré et développer. On attend des volontaires compétents.

Notre appui au festival LATCHO DIVANO pourrait être renforcé l’année prochaine. On attend des volontaires.

Le projet Marseille 2013 est une occasion de mettre en valeur la culture tsigane sous tous ses aspects. Un pré-projet présenté récemment à quelques représentants culturels a été bien accueilli et doit faire l’objet d’une nouvelle rencontre en septembre.

Il en est de même de notre participation au programme du mémorial des Milles sur le génocide tsigane.

Ces perspectives ne doivent pas toutefois remettre en cause notre campagne permanente pour la reconnaissance des droits et la dénonciation de toutes les formes de discrimination et de racisme. Ce combat de tous les jours demeure notre raison d’être. Reste à en convaincre nos proches, nos amis, nos voisins et faire tomber leurs préjugés. L’exclusion et le rejet du peuple tsigane est, pour l’avenir de notre société une faute dramatique à l’opposé des valeurs qu’elle entend promouvoir depuis le siècle des Lumières et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme .

Marseille le 15/06/2009

On recommande à tous la lecture du petit livre remarquable de Jean Pierre LIEGEOIS : ROMS TSIGANES collection Repère, Editions la Découverte.