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Rencontres Tsiganes

Archives de l'auteur : webmaster

Le rappport d’Amesty International sur la situation des Roms en France 12 mars 2015

FRANCE
République française

Cette année encore, des Roms ont été expulsés de force de leurs campements précaires ; les personnes et les communautés concernées n’ont le plus souvent pas été consultées et ne se sont
pas vu proposer de solution de relogement convenable. L’impartialité et l’exhaustivité des enquêtes sur les allégations de mauvais traitements infligés par la police restaient source de préoccupation. Les couples de même sexe ont été autorisés à contracter un mariage civil à la suite d’une modification de la législation en 2013.

DISCRIMINATION – LES ROMS

Selon des chiffres officiels, plus de 19 000 personnes vivaient au début de l’année dans 429 bidonvilles. La plupart d’entre eux étaient des migrants roms originaires de Roumanie, de Bulgarie et de l’ex-Yougoslavie. Les autorités françaises ont continué de procéder à des expulsions forcées tout au long de l’année. Selon la
Ligue des droits de l’homme et le Centre européen pour les droits des Roms, plus de 11 000 personnes ont été expulsées de force
au cours des neuf premiers mois de l’année.

La ministre de l’Égalité des territoires et du Logement a annoncé le 31 janvier un plan visant à fournir des solutions de logement
dans la durée aux habitants des bidonvilles. Une convention a été signée le 28 février entre le gouvernement et Adoma, un
fournisseur d’hébergement financé par l’État, et quelques communautés expulsées de campements de fortune se sont vu proposer un relogement.
En dépit de ces évolutions, la plupart des personnes et des familles expulsées n’ont semble-t-il pas été relogées. C’est ainsi que
le 18 juin, quelque 400 personnes ont été expulsées par la force de La Parette, le plus grand campement précaire de Marseille.
Seules 18 familles (150 personnes), se sont vu proposer un hébergement de remplacement.
Le 21 octobre, plus de 300 personnes ont été expulsées de force du campement du quartier des Coquetiers, à Bobigny, en banlieue parisienne, à la suite d’un arrêté municipal ordonnant l’évacuation.

Selon les autorités, 134 familles se sont vu proposer une solution de relogement. Plus de 100 auraient quitté le campement avant
l’évacuation car on ne leur avait fait aucune proposition de relogement. Une soixantaine de personnes ont été expulsées de force et se sont vu proposer un hébergement provisoire
à Paris1.

Les autorités ne recueillaient pas de données officielles sur les crimes et délits motivés par la haine et spécifiquement dirigés
contre les Roms, mais des organisations de la société civile ont signalé plusieurs attaques violentes visant des membres de
cette minorité. Le fait que, dans les enquêtes sur ces actes, les autorités ne prenaient le plus souvent pas en compte les motifs
discriminatoires qui pouvaient sous-tendre les violences restait source de préoccupation.

L’enquête pénale ouverte contre quatre policiers qui avaient blessé un Rom en novembre 2011 lors d’une expulsion forcée à Marseille n’était pas terminée à la fin de l’année 2.

Une condamnation qui pourrait faire réfléchir certains ! 12 mars 2015

Le directeur de la publication de « Valeurs actuelles » condamné pour provocation à la haine envers les Roms
LeMonde.fr – 05/03/2015

Yves de Kerdrel, le directeur de la publication de Valeurs actuelles, a été condamné jeudi 5 mars à une amende de 3 000 euros pour provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers les Roms et diffamation. La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a également ordonné la publication, dans Valeurs actuelles et un autre journal, d’un communiqué judiciaire qui souligne le caractère « particulièrement stigmatisant » envers les Roms dans ce dossier.
Le 22 août 2013, l’hebdomadaire avait consacré un dossier aux Roms, intitulé « Roms l’overdose », qui avaient scandalisé plusieurs associations et particuliers. Les juges ont souligné jeudi que, dans ce dossier, « la répétition et la juxtaposition de termes censés [être] descriptifs tels que « fléau », « overdose », « plaie », « invasion », tous évocateurs de maladies ou de catastrophes […] contribuent nécessairement, par-delà le supposé « constat » à opposer la communauté visée, appréhendée sous un prisme uniquement négatif, à « la France » ou aux « Français » ».

Yves de Kerdrel et la société Valmonde, éditrice du journal, ont également été condamnés à verser solidairement 2 000 euros de dommages et intérêts à la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) et 1 euro à l’association La Voix des Rroms. Cette condamnation doit « servir d’exemple pour les journalistes et les hommes et femmes politiques », a réagi l’avocat de la Voix des Rroms, Me Henri Braun, à l’issue du jugement.

De son coté le directeur de la publication de l’hebdomadaire a dénoncé un « nouvel acte decensure fait à destination de Valeurs actuelles, sur un sujet grand public qui intéresse lesFrançais » et une « atteinte à la liberté d’expression ». Ce dernier avait déjà été condamné le3 février à 2 000 euros d’amende pour une « une » intitulée « Naturalisés, l’invasion qu’onnous cache », présentant une Marianne voilée. Il a fait appel.

Les sédentaires dans les Bouches-du-Rhône 5 février 2015

 Voilà de nombreuses années que nous dénonçons le silence de l’administration et des élus sur la sédentarisation totale ou partielle de très nombreuses familles de voyageurs dans le département mais aussi dans l’ensemble de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Une étude vient d’être enfin confiée à un bureau d’étude(1) qui doit rendre son son rapport dans trois mois. Nous avons regretté de n’avoir pas été associés au cahier des charges et nous estimons que ce travail ne sera que partiel. Nous avons cependant accepté de prendre notre part à ce travail indispensable et urgent. Nous insisterons sur les conséquences juridiques sociales et techniques qui devront nécessairement être prises à l’issu de ce travail. 

(1) Noel de Coligny.
Consultant urbanisme et ingénierie sociale.

Communauté, communautarisme : des mots piégés ? 5 février 2015

La communauté est un concept du droit qui désigne un groupe de personnes qui partagent en commun un certain nombre de valeurs de croyance, d’histoire ou de mode de vie. Reconnaître appartenir à une communauté, c’est en accepter librement, au moins en partie, les règles ; c’est partager avec ses membres des moments de solidarité, de joies et de peines ; c’est accepter, en cas de besoin de défendre collectivement les valeurs communes lorsqu’elles sont remisent en cause. De la communauté familiale ou villageoise plus ou moins élargie à la communauté nationale voir internationale sinon humaine, toutes les formes et les dimensions sont reconnues et perçues, en général comme un facteur positif permettant d’assurer le vivre ensemble.

Un glissement sémantique conduit trop fréquemment de la communauté au communautarisme. Ce dernier terme est critiqué pour son usage jugé tendancieux pouvant servir à légitimer un discours raciste : le « communautariste », c’est toujours l’autre, une figure pathologique composite pointée du doigt comme une sorte d’ennemi de la nation5 Le communautarisme est un terme polémique utilisé en France pour qualifier l’attitude ou, plus généralement, le mode de vie d’une communauté minoritaire devant lesquels les idéaux républicains, égalitaires et laïcs devraient s’effacer au nom d’un droit à la différence revendiqué par ces mêmes minorités.

Voilà des années que nous ne cessons de dénoncer cette dérive concernant les Roms/Tsiganes et plus spécialement les gens du voyage. Relayés par la presse et les médias, les services de police rendent compte d’actes de délinquance plus ou moins graves et utilisent régulièrement l’expression : « issus de la communauté des gens du voyage » pour désigner les éventuels acteurs de ces méfaits. Ils confortent ainsi aux yeux de l’opinion les stéréotypes les plus éculés sur le comportement supposé criminogène d’une communauté. Il y aurait donc deux catégories d’appartenances communautaires : les unes considérées comme compatibles avec les lois de la République et utile au maintien de la cohésion nationale, les autres atteintes de dérives sectaires et dangereuses pour l’unité nationale.

Cette approche simplificatrice relève d’une double erreur lorsqu’elle concerne la communauté des gens du voyage. Une rapide analyse en effet montre qu’il n’y pas une communauté de « gens du voyage » mais une grande diversité de groupes humains qui même s’ils partagent quelques valeurs ou histoire commune, revendiquent des comportements et une façon de vivre parfois forts éloignés. Même si certains d’entre eux ont, lors d’un Congrès à Londres en 1970 décidé d’un nom, d’une langue, d’un hymne et d’un drapeau commun, cette volonté unificatrice n’a pas trouvé, cinquante ans après, le succès attendu. De même une communauté établie suppose une organisation et une représentativité reconnue. La très grande diversité des groupes de Roms/Tsiganes rend illusoire en France mais aussi en Europe la recherche d’un interlocuteur unique. La tentative intéressante des institutions européennes de construire un Forum Européen des Roms demeure aujourd’hui encore modeste.

La France a adopté depuis un siècle une démarche parfaitement contradictoire avec les principes constitutionnels en adoptant des lois et règlements propres à cette supposée communauté, lui donnant un nom (Gens du voyage) et un statut qui pourraient enfermer ses membres dans une dérive communautaire par ailleurs condamnés. Tous ceux qui connaissent ces familles savent heureusement que, au-delà du droit à la reconnaissance d’une culture et d’une histoire propre, ces hommes et ces femmes acceptent sinon revendiquent des idéaux républicains et laïques du pays qui les accueille.

Dés lors, pour reprendre l’expression proposée par de Jean-Pierre Liégeois, il convient, lorsque l’on désigne les Roms/Tsiganes, d’adopter le pluriel en parlant des communautés dans leurs diversités et leur multiplicité à l’image d’une mosaïque ou encore d’un kaléidoscope. Ces « communautés », pour peu qu’elles soient acceptées dans leurs diversités et leurs richesses humaines et culturelles, constituent une part incontournable de notre avenir commun.

 

Alain FOUREST

Marseille, le 5 février 2015

La fermeture imprévue d’une aire d’accueil à Marseille 5 février 2015

Les faits

Mettant en avant la réalisation de travaux de sécurité jugés urgents, la mairie de Marseille a donné l’ordre au gestionnaire de fermer l’aire d’accueil pour une durée d’un mois et de faire partir les familles présentes sur le terrain.

Aucune proposition d’un lieu de replis provisoire n’a été faite aux familles et en cette période de fêtes. Les quelques terrains de la région étaient saturés. On rappelle que la Ville de Marseille est dans l’illégalité depuis 12 ans faute d’avoir ouvert une deuxième aire d’accueil.

Nos courriers adressés au Maire et au Préfet étant restés sans réponse nous avons participé le 29 décembre à l’occupation par les familles d’un vaste terrain privé et abandonné depuis plusieurs années. Ce terrain étant proche de l’aire d’accueil, les enfants ont pu ainsi poursuivre leur scolarité.

A l’arrivée de la police, nous avons expliqué les raisons de cette occupation. Un représentant du propriétaire (un grand groupe immobilier) venu sur place a déposé plainte.

Sur nos conseils les familles ont fait appel à maître Le Mailloux qui les a représentés au TGI. L’avocat a obtenu plusieurs renvois et plaidé le 4 février dernier en présence des familles. Le juge remettra sa décision le 25 février prochain. Les familles auront pu ainsi stationner dans des conditions de confort minimum pour une durée d’au moins deux mois.

En conclusion de ces événements, nous constatons une fois de plus le peu de considération portée par la mairie de Marseille envers les voyageurs et le caractère souvent condamnable de la gestion des aires d’accueil.

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Pièces jointes

Un important décret sur la gestion des aires d’accueil 5 février 2015

Ce décret rappelle les conditions que les gestionnaires d’aires d’accueil doivent remplir pour pouvoir bénéficier des aides de la CAF. Le nouveau calcul de cette aide va sensiblement modifier les conditions de financement du fonctionnement des aires.

On peut s’attendre à ce que des gestionnaires soient amenés à augmenter leurs tarifs de stationnement. Le décret rappelle aussi l’importance du rôle des services de l’Etat dans le contrôle des conventions prévues avec les gestionnaires. Trop souvent ce contrôle n’est pas ou mal assuré comme l’a révélé le rapport de la Cour des Comptes qui a notamment mis en évidence les graves abus de la société GDV qui sévit encore dans la région.

Nous avons saisi le préfet afin de faire le point ce dossier que tenter d’y voir plus clair dans ces conventions.

 

Pièces jointes

Note sur la gestion des aires Télécharger
Décret sur la gestion des aires Télécharger