Facebook Accueil

Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Devoir de Mémoire

Le mémorial du camp de Saliers à ARLES profané 20 septembre 2017

 

Une croix gammée a été peinte sur la stèle du mémorial du camp tzigane de Saliers, un camp de concentration longtemps oublié en Camargue, près d’Arles (Bouches-du-Rhône).  Les associations
du Mémorial des Nomades de France ont annoncé avoir porté plainte contre les auteurs de la récente profanation du mémorial de ce camp et contre le maire d’Arles pour non-dénonciation de ces faits.

Pièces jointes

Une journée pour la mémoire et pour l’avenir 7 novembre 2016

On pourra regretter qu’il ai fallu de si longues années pour qu’un gouvernement reconnaisse le sort tragique fait aux “nomades“, (Gitans,  Manouches, Sintis Tsiganes etc), durant la seconde guerre mondiale.  Le discours de François Hollande  ce  29 octobre 2016 à Montreuil-Bellay  marquera une étape importante dans un  long combat . Entouré d’un grand nombre de ceux qui ont eu à subir ces représailles  insupportables, le Président de la République s’est engagé en des termes à même de leur redonner leur fierté. Il a également reconnu la pleine citoyenneté à tous ceux qui aujourd’hui encore subissent des discriminations quotidiennes.

Eh bien voilà ! Nous y sommes, ce jour est venu et il fallait que cette vérité fût dite au plus haut niveau de l’Etat : la République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame.  “14595770_587539138104441_8269842228086114006_n

Une telle reconnaissance  ne saurait cependant  satisfaire  tous ceux qui aujourd’hui encore subissent les conséquences d’une législation  condamnable et discriminante.  La loi “égalité et citoyenneté“ doit sans délai  être votée par l’Assemblée Nationale et promulguer pour ouvrir une aire nouvelle dans l’égalité des droits entre tous les  citoyens quels que soient leur culture, leur mode de vie, leurs origines. Nous savons aussi, par expérience, qu’une loi n’est qu’un outil dont la mise en œuvre nécessitera encore de longues batailles.

(1) On remarque à coté du  Président Hollande  notre amie Nelly Debard Présidente de l’ANGVC ( Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens)

discours-pdt-de-la-r_montreuil-bellay_29-oct-2016

une-memoire-francaise-l-internement-des-nomades-en-france-19401946

Pièces jointes

une-memoire-francaise-l-internement-des-nomades-en-france-19401946 Télécharger
discours-pdt-de-la-r_montreuil-bellay_29-oct-2016 Télécharger

Internement des familles « nomades » dans les camps de 1940 à 1946. Le récit de Violette. 22 octobre 2016

image001

Voici le témoignage de Violette Vanhasebroecke, filmée en 2016. Elle y raconte ce que furent ses années d’enfermement pour sa famille, ses parents et leurs treize enfants. Son père et son petit frère ont trouvé la mort dans les camps, parce qu’on pouvait mourir de froid ou même de faim derrière ces barbelés. Comme tous les survivants des camps et leurs descendants, elle attend une parole publique qui reconnaisse la spécificité de cet internement et l’implication des autorités françaises ainsi que la mise en place d’une politique mémorielle.
https://vimeo.com/187655974

Pièces jointes

Une reconnaissance à petits pas 19 décembre 2015

Jargeau, cérémonie, 15 décembre 2015

Photo Jargeau

Mardi 15 décembre  2015, le 70ème anniversaire de la libération du camp de JARGEAU a été une nouvelle fois l’occasion de rappeler le sort fait en France aux tsiganes pendant la  seconde guerre mondiale. Cette  cérémonie s’est déroulée sous le haut patronage et en présence de Jean marc TODESCHINI secrétaire d’Etat chargé des anciens combattants et de la mémoire  et en présence de nombreux représentants de la communauté tsigane.

La participation à cette cérémonie du souvenir mais réel, d’une reconnaissance d’une page honteuse de l’histoire de la France de vichy.

Pièces jointes

Jargeau, cérémonie, 15 décembre 2015 Télécharger

Cérémonie du 23 Mai 2015 au Camp de Saliers 30 mai 2015

Ce samedi matin, par un fort mistral, au milieu de la Camargue sauvage, nous étions plus d’une centaine venus de tous les horizons à nous retrouver pour un moment de recueillement et d’amitié autour du Mémorial de Saliers.

Rappel de l’histoire de ce camp, témoignages, lecture de noms des morts en présence de nombreux descendants, dépôts de gerbes et chants.
Nous étions six représentants de l’association Rencontres Tsiganes à cette cérémonie pour montrer par notre présence aux nombreux représentants de la communauté Tsigane, notre solidarité et notre soutien.

Saliers-2015-1

Tous les descendants de familles internées au Camp de Saliers de 1942 à 1944, et présents samedi au Mémorial, ont posé dignement, en mémoire de tous ceux et celles qui ont vécu, souffert ou sont morts ici. (©Photo André Luzy)

La veille, lors de l’assemblée générale annuelle de l’ANGVC (Association Nationale des Gens du Voyage Catholiques) Nelly DEBARD avait été élue présidente. Nous la félicitons pour cette désignation et nous lui souhaitons courage et détermination pour mener à bien cette mission et poursuivre le combat pour le respect des droits.

Saliers 2015

Pièces jointes

Commémoration à Salier 5 juin 2014

André LUZY a représenté Rencontres Tsiganes à la manifestation annuelle du souvenir au camp de Salier.  A l’occasion du pèlerinage des Saintes-Maries, de nombreux tsiganes, gitans et voyageurs se retrouvent en effet autour de ce monument érigé en Camargues pour rappeler l’emprisonnement par le régime de Vichy des tsiganes durant la guerre de quarante.

jpg/Salier_3_2014.jpg

 

jpg/Salier_2_2014.jpg

 

jpg/Salier_1_2014.jpg

 

Pièces jointes

Berlin rend un hommage tardif aux Roms victimes du nazisme 26 octobre 2012

 Cette reconnaissance bien que tardive marque cependant un étape importante dans la reconnaissance du peuple tsigane. Dans le contexte européen de chasse aux Roms, il convient sans cesse de rappeler cette période dramatique de l’histoire à nos contemporains

En France un projet de loi pour la reconnaissance du génocide tsiganes a été déposé par un groupe de parlementaires mais il est peu probable que ce texte aboutisse un jour tant cette question fait débat. à propos du génocide arménien.

 L’attitude du gouvernement de Vichy vis-à-vis des nomades tsiganes a trop longtemps été occultée et le travail de mémorisation doit s se poursuivre .

Mémorial aux Roms et Sintis - Berlin -

Mémorial aux Roms et Sintis – Berlin –

C’est un large bassin rond, rempli d’une eau aux reflets sombres. Au centre, une stèle, sur laquelle repose une fleur fraîchement coupée. De ce mémorial, que la chancelière allemande Angela Merkel devait inaugurer mercredi 24 octobre dans le parc de Tiergarten, au centre de Berlin, émane une impression de désolation, surtout lorsque l’eau de ce vaste puits reflète le gris d’un ciel d’octobre.
OEuvre de l’artiste israélien Dani Karavan, ce monument doit rappeler, à quelques centaines de mètres de la porte de Brandebourg et du Reichstag, l’extermination de 500 000 Tziganes européens pendant le IIIe Reich.
Telle une nouvelle pièce dans le puzzle rappelant l’horreur des crimes nazis, l’ouvrage est situé tout près du mémorial dédié aux juifs d’Europe assassinés, ce champ de stèles conçu par Peter Eisenman et inauguré en 2005, et non loin de celui consacré à la déportation de 50 000 homosexuels.
Mme Merkel l’a déjà dit, les lieux du souvenir doivent permettre aux générations futures de se confronter au passé de leur pays lorsque les derniers témoins auront disparu. Mais pour le représentant des communautés tziganes outre-Rhin, ce monument est avant tout la reconnaissance par l’Etat allemand d’un « Holocauste oublié ».
« L’Allemagne place désormais sa responsabilité dans l’extermination des Roms européens au coeur de ses lieux de pouvoirs, commente Romani Rose, le président du conseil central des Sintis et Roms. Aucun homme d’Etat invité à Berlin, qu’il vienne d’Europe centrale ou d’ailleurs, ne pourra l’ignorer. Les Européens dont les pays avaient collaboré avec les nazis prendront mieux conscience que les crimes commis contre les Roms durant la guerre sont une partie de leur histoire. Nous avons dû attendre longtemps, mais cette inauguration marque une césure. »

le Monde du 21/10/2012

A Aix-les-Milles, le travail de mémoire se poursuit 2 août 2011

Intervention à la Fondation des MILLES

commémoration de la rafle du Vel’d’hiv, hommage aux « Justes »

Je voudrais remercier,au nom de tous les membres de l’association Rencontres Tsiganes, que je représente ici, Alain CHOURAQUI de nous avoir sollicités pour participer à cette cérémonie .
Lors du premier colloque international de la jeunesse gitane à la fin des années 90 à Barcelone, Yehudi MENUHIN rappelait dans sa conférence inaugurale qu’il y avait au moins deux choses que partageaient le peuple juif et le peuple tsigane, c’était en premier l’amour et l’importance de la musique et en second, tragique, les persécutions, le génocide dont ils ont été victimes pendant la deuxième guerre mondiale, comme en témoignent aujourd’hui les deux mémorial à BIRKENAU, celui dédié aux victimes juives et celui dédié aux victimes tsiganes marquées au bras d’un Z comme Zigeuner.
De cette période, présente encore dans nos mémoires,nous retiendrons une idéologie construite sur la haine, le mépris, le rejet, la peur de l’autre, l’ignorance, le refus de l’autre dans ses droits les plus élémentaires et des actes barbares allant de la privation de la liberté jusqu’à son extermination.
Ce fut planifié, organisé avec hélas la complicité active ou passive d’une partie de la population française, son indifférence, son silence. Il y eut aussi des hommes et des femmes plus ou moins organisés qui se sont opposés, ont secouru et ont sauvé des enfants, des femmes et des hommes.
Concernant les populations tsiganes, nous savons peu de choses globalement et sur cette période particulièrement, quelques chercheurs, quelques associations ont commencé à réunir des documents d’archives, des témoignages, comme ici à la fondation des Milles et cette méconnaissance est liée certainement à plusieurs facteurs, les uns liés à l’extrême difficulté d’évoquer pour les survivants ce qu’ils ont subi, à la relative marginalisation de cette population surtout en situation de précarité et de nomadisme pour certains et au poids des représentations très négatives dont fait l’objet une bonne partie d’entre eux, mais aussi aux formes de transmission essentiellement orales de la culture tsigane. Ils ont été secourus par quelques religieux comme le Père FLEURY, des résistants, quelques civils mais ils furent peu nombreux.
Ils ont été massivement, par familles entières, conduits en camps d’internement comme celui, proche, de Salier, dans des conditions de vie indignes, malgré leur nationalité française et l’engagement dans la résistance de certains d’entre eux. Ils ont été envoyés en camps de concentration. On parle de 250000 à 500000 décès.
Que savons-nous d’eux ? Ils sont partis d’Inde au XXème-XXIème siècle vers l’Ouest. Qu’après deux siècles environ (entre le XVème et le XVIIème ) pendant lesquels, en France regroupés le plus souvent en Compagnies sous l’autorité d’un capitaine, ils ont assuré des fonctions guerrières, d’entretien et de divertissement à la demande des nobles et de leurs armées. Qu’au moment où le pouvoir féodal est combattu, ils sont pourchassés, proscrits, bannis, rejoignant les groupes d’errants, de vagabonds. Dans d’autres pays d’Europe, leur histoire n’est pas très différente, ils seront mis en esclavage en Roumanie et ce, jusqu’en 1855.
Ce qui va marquer profondément les relations depuis cette période et encore maintenant entre les groupes tsiganes précarisés et la société ce sont de part et d’autre des incompréhensions, de la méconnaissance mutuelle,  de la méfiance réciproque, de la peur et peu d’espace de médiation .
Et l’arrivée de migrants urbains et ruraux d’origine Rom venant des ancien pays de l’Est complexifie la compréhension de ces situations très contrastées et qui nécessite des réponses elles aussi diversifiées.
Mieux connaître le passé pour mieux construire le présent, pour garder mémoire et rester vigilant, sensibiliser, éduquer pour mieux vivre ensemble, nous nous réjouissons de pouvoir contribuer même modestement à cette mission que s’est donné la Fondation des Milles.
Michèle DORIVAL
17 Juillet 2011