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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Ouvrages de référence

Une médiathéque Mateo Maximoff à la FNASAT 1 octobre 2014

MATEO MAXIMOFF (1917-1999)

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Mateo Maximoff et sa famille en 1921

Né en 1917 à Barcelone d’un père Rom kalderash venu de Russie et d’une mère manouche de France, Matéo Maximoff est incontestablement le plus prolifique et le plus connu des écrivains tsiganes de langue française.

Totalement autodidacte , Matéo écrit son premier livre à l’âge de 21 ans, « Les Ursitory » publié en 1946. Il entame alors une longue carrière, tour à tour écrivain, conteur, cinéaste, journaliste, conférencier et photographe. Il parcourt le monde sans relâche pour faire connaitre les Tsiganes, défendre leurs droits et lutter contre l’exclusion.

A travers ses livres, traduits dans une dizaine de langue et ses images, Il décrit la vie des siens, mêlant son expérience personnelle à la mémoire de ses ancêtres.
On lui doit également la traduction du Nouveau Testament et des Psaumes en langue romani.
En 1985, Matéo Maximoff a reçu l’insigne de Chevalier des Arts et des Lettres du Ministère de la Culture.

BIBLIOGRAPHIE :
« Les Ursitory » écrit en 1938, publié en 1946 (Flammarion)/ « Savina » (Flammarion,
1957) (réedition Wallâda) « La septième fille » (Concordia 1969) « Condamné à survivre »
(Concordia 1984) « La poupée de Maméliga » (Concordia 1986) « Vinguerka » (Concordia
1987 « Dites-le avec des pleurs » (Concordia 1990) « Ce monde qui n’est pas le mien »
(Concordia 1992) « Routes sans roulottes » (Concordia 1993) « E nevi vastia » (Pierrefitte
: Société Biblique Française, 1995) « Le nouveau testament » traduit en kalderach
« Le prix de la liberté » (Wallâda 1996) « Les Anges du destin » Texte de Matéo
Maximoff, photos de Claude et Marie-josé Carret (Filigranes, 1999)
BIOGRAPHIE :
« Matéo Maximoff. Carnet de route » / par Gérard Gartner . Alteredit. 2006

Pièces jointes

Médiatèque Matéo Maximoff Télécharger

Un nouveau numéro d’ETUDES TSIGANES 1 octobre 2014

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Etudes tsiganes n°51 

Les Tsiganes en Amérique du Sud

Une diaspora surprenante. Plus d’un million et demi d’individus dont les ancêtres sont parfois présents depuis près de six siècles sur le continent. Les Tsiganes qui vivent en Amérique latine se répartissent principalement en trois groupes : les Calons surtout présents au Brésil, les Gitans répartis dans les anciennes colonies espagnoles et les Roms que l’on retrouve un peu partout. Quand et comment sont-ils arrivés là ? Quelle est leur situation actuelle ? Sont-ils mieux insérés qu’en Europe ? Y vivent-ils un rejet similaire ? La réalité est surprenante, faite autant de traits qui se retrouvent ailleurs dans le monde que de singularités. Six articles portant sur l’histoire, l’ethnographie, les représentations et l’actualité sont réunis dans ce dossier pour la découvrir et mieux la comprendre.

SOMMAIRE

INTRODUCTION

Les Tsiganes en Amérique Latine, Alain Reyniers

GENERALITES

L’Odyssée méconnue des Tsiganes en Amérique latine, Anne-Isabelle Ligner

Chili : les Tsiganes, Anne-Isabelle Ligner

BRESIL

Entre rupture et permanence, cinq siècles de présence Cigana au Brésil, Elisabeth Clanet dit Lamanit

Fausse identité gitane : un cas brésilien, Antonio Guerreiro de Faria & Christina Da Costa Perreira

Figure et fondement de la pensé calon contre l’État, Florencia Ferrari

MEXIQUE

Le spectacle des Tsiganes Ludar au Mexique. Transformation, innovation et créativité, Neyra Alvarado Solis

FOCUS

« Nous avons été muette pendant très longtemps… Maintenant nous voulons parler de tout ». La constitution d’un féminisme, Catherine Réa

Les politiques, les journalistes, l’opinion publique les Roms/Tsiganes : un quadrille infernal, Alain Fourest

Les Tsiganes au cinéma avant l’arrivée du parlant, Nicole Gabriel

+ Chroniques de livres, Jacqueline Charlemagne, Marie-Claude Vachez, Bernard Cossée

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Revue Etudes Tsiganes n°51 – Les Tsiganes en Amérique du Sud

Pièces jointes

A Génolhac : « Un escandalle public » 5 mai 2014

Génolhac, janvier 1696…
« Un escandalle public » selon le curé et le prieur des Dominicains :

Des bohémiennes dansent la nuit dans diverses maisons…
Et sous ces prétextes, il se pourrait faire quelque chose de pire…

 Au début de 1696, une information est ouverte contre plusieurs habitants de Génolhac, à cause de leurs relations avec des Bohémiens qui séjournent dans cette ville.
Le curé et le prieur des Dominicains se plaignent d’un « escandalle public » ; on dit que les Bohémiennes dansent, la nuit, dans diverses maisons, et l’on appréhende que, « sous ces prétextes, il se pourrait faire quelque chose de pire ».
Pierre de Leyris, conseiller du Roi, maire perpétuel et juge en la baronnie de Génolhac pour l’évêque et comte d’Uzès, est chargé de faire respecter les termes de la déclaration royale.
Dès son arrivée en ville, le vendredi 20 janvier 1696, il est mis au courant des détails de l’affaire et prend contact avec les autorités locales.
Or, le premier consul, Jean-Pierre André, notaire du lieu, n’a pas osé expulser les indésirables, car des notables les protègent.
Tout d’abord, le capitaine de bourgeoisie, qui s’appelle Jean-Baptiste de Narbonne, seigneur de Florensac. Il a lui-même, dit-on, introduit ces gens dans la ville, leur a procuré un logis, et fait danser les femmes chez lui. Le juge est conduit à un endroit où l’on fait, d’habitude, sécher les châtaignes.
Il aperçoit autour d’un feu plusieurs Bohémiennes et un garçon de bonne taille, habillé de bleu, couché sur une paillasse ; l’homme déclare être bohémien et enrôlé par M. le marquis de Morangiès (c’est-à-dire Charles de Molette, marquis de Morangiès, d’une famille languedocienne, devenu colonel d’un régiment d’infanterie de son nom par commission du 16 avril 1695).
Cette assertion étant confirmée, le juge n’ose arrêter le soldat, mais il enjoint aux femmes de quitter la ville sur-le-champ.
Là-dessus, Florensac arrive ; il jure que les femmes ne partiront pas avant le lundi suivant, qu’il est le maître. Il s’emporte, donne un soufflet au juge, le prend au collet de son justaucorps, jette son chapeau à terre et arrache sa perruque ; puis il court chercher son épée et ameuter ses amis. Le petit groupe des représentants de l’ordre demande en vain à l’apothicaire Polge et à son associé Castanier de lui prêter main-forte. Ils refusent. Des artisans refusent aussi. On s’adresse, sans plus de succès, au sieur Roche, lieutenant de bourgeoisie, au sieur de Vernissac et au sieur de Fontgival. Ce dernier (Antoine-Hercule de Leyris, sieur de Fontgival) s’oppose avec véhémence à l’expulsion des Bohémiennes, traite le juge de malhonnête homme et menace de le bâtonner.
Menaces semblables de la part de Charles de Narbonne, sieur de la Bessède, frère du sieur de Florensac, du sieur de Montlebourg, de l’apothicaire Polge. Le pauvre juge ne peut rien faire de mieux que de se réfugier dans la maison claustrale qui sert de maison commune de Génolhac, d’y passer la nuit, de crainte de mauvais coup, et d’y rédiger son procès-verbal. Le dimanche suivant, les Dominicains sont insultés dans leur couvent et, pendant la nuit, la porte de leur jardin est défoncée, le jardin mis au pillage. L’on pense que ces ravages sont l’oeuvre, sinon de la bande bohémienne, du moins de ses protecteurs…

Vient de paraître : Etudes Tsiganes N°50 13 mars 2014

Consacré à trois personnalités qui ont marqué la connaissance des populations tsiganes, ce numéro est aussi une invitation à parcourir un demi-siècle d’études sur les Roms, les Sinti, les Manouches, les Gitans et les Voyageurs. Georges Calvet, un linguiste qui enseigna la langue romani à l’École des Langues Orientales, consacra une partie importante de son existence à l’étude des dialectes tsiganes en insistant autant sur leurs singularités que sur leur profonde unité grammaticale.

Très largement influencé par une approche structuraliste des réalités culturelles et sociales, l’ethnologue Philippe Lemaire de Marne, qui travailla au musée des Arts et Traditions populaires, réalisa les premières études proprement anthropologiques des Roms Kalderash de la Région parisienne.

Rom lui-même, le sociologue roumain Nicolae Gheorghe réalisa à
l’époque communiste toute une série d’études sur les Roms de son pays avant de se lancer, dès 1990, avec une rigueur et une foi hors du commun, dans un combat tout autant politique que social, pour l’accès des Roms à l’égalité avec les autres citoyens. Cet engagement l’amena à jouer un rôle important sur le plan international dont on ne mesure pas encore totalement l’importance et l’impact sur l’appréhension des Roms et autresGens du Voyage.
Alain Reyniers
Directeur scientifique de la revue
n°50
Informations pratiques

Un livre pour dépasser les clichés 20 octobre 2013

Lors d’une rencontre le 17 octobre dernier à Marseille, entouré des membres de Rencontres Tsiganes et de nombreux amis, l’auteur a expliqué l’origine de ce travail et les principales raisons de son engagement auprès des Roms/Tsiganes.

Ci dessous l’invitation à une prochaine présentation

 

INVITATION pour la présentation du livre
« Nous sommes tous des Roms/Tsiganes » d’Alain Fourest
le 25 octobre à 19 h à la médiathèque Fnasat-gens du voyage

« En dramatisant de façon parfois caricaturale des incidents, les journalistes font resurgir auprès de nos concitoyens les vieux réflexes d’une peur ancestrale qui perdure et risque de porter atteinte aux règles républicaines du respect de l’autre et de la liberté d’aller et venir. Des élus en manque de notoriété en profitent pour occuper la scène médiatique et les propos qu’ils tiennent mettent de l’huile sur le feu.. Si chaque été ce même scénario se reproduit, il semble que l’on ait au cours de ces derniers mois, ‘dépassé les bornes’. »

Pour une approche plus sereine d’un débat qui se résume trop souvent à une dangereuse polémique, ALAIN FOUREST membre et fondateur de l’association Rencontres Tsiganes, signe aujourd’hui un livre « NOUS SOMMES TOUS DES ROMS TSIGANES » qui parait en octobre 2013, aux éditions Mélibée . Il y relate son expérience et ses réflexions après une quinzaine d’années faites de rencontres et souvent d’amitié avec les Roms/Tsiganes.

Vous êtes cordialement invités à venir nous rejoindre pour la présentation de ce livre, le vendredi 25 octobre à la Médiathèque Fnasat-gens du voyage en présence de l’auteur et de nombreux amis qui partagent son combat parmi lesquels Henri Leclerc, président d ‘honneur de la LDH , Malik Salemkour LDH Romeurope, Christophe Robert Fondation Abbé Pierre, Alice Januel ( Georgette ) ancienne présidente de l’ANGVC ,Nelly Debard Vice présidente de l’ANGVC, Jean Paul Kopp Président de Rencontres Tsiganes en Provences Alpes Côte d’Azur, Michèle Mézard (Romeurope), Laurent El Ghozi (président de la Fnasat-gens du voyage).

MEDIATHEQUE FNASAT-GENS DU VOYAGE
59 rue de l’Ourcq 75019 Paris (bus 60 ou métro Crimée)
evelyne pommerat Tel 01 40 35 12 17
documentation@fnasat.asso.fr

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Et toujours de beaux livres et un film 29 juin 2013

« Je suis Tzigane et je le reste », un livre d’espoir et un appel au courage

29 mai 2013
By la rédaction de Dépèches Tsiganes

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En ces temps où l’ignorance et le rejet dominent toujours le discours sur les Roms en France, il est infiniment salutaire d’écouter les voix discordantes. Celle d’Anina Ciuciu, jeune Rom roumaine, résonne avec force. Elle raconte une histoire humaine édifiante à faire pâlir Manuel Valls, ministre de l’Intérieur socialiste, adepte d’une politique d’expulsion à courte vue ou tel éditorialiste du Figaro, payé grassement pour colporter les stéréotypes les plus vils sur les Roms comme sur les homosexuels ou toute autre catégorie de population

« Just the wind » sortie nationale du film de Bence Fliegauf primé au Festival de Berlin

12 juin 2013

By

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Entre 2008 et 2009 en Hongrie, un groupe armé a commis des actes de violence contre les Roms. 16 maisons ont été attaquées avec des cocktails Molotov et 63 coups de feu ont été tirés.
Ces crimes ont fait 55 victimes. 5 personnes ont été blessées. 6 sont mortes dans les attentats. Les suspects font actuellement l’objet de poursuites pénales.

Le film s’inspire de ces faits, pour décrire le quotidien d’une famille qui s’apprête à émigrer au Canada pour fuir la misère et le racisme. Au cours de cette journée, qui est l’unité de temps dans laquelle évoluent les personnages du  film, le climat devient de plus en plus pesant, jusqu’à faire ressentir avec une grande intensité émotionnelle,  la traque que subissent  les Roms devant un ennemi qui reste invisible.

Un film choc, pour une approche de l’antitsiganisme en Hongrie annonciateur de dérives racistes et de violence qui se répandent en France et en Europe.

Mémoire du camps des MiIlles

Yves Jean Mougins, photographe, publie un beau livre accompagné de texte d’Alain Chouraqui qui permet de lutter contre l’oubli et vient illustrer le travail de mémoire engagé par la fondation du camps des Milles (voir pièce jointe)

Pièces jointes

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Pour se mettre à jour : Un article de Patrick William 26 octobre 2012

Entretien avec Patrick Williams, anthropologue au CNRS-Paris, spécialiste des Tsiganes.

 D’où viennent les Tsiganes ?
Il est aujourd’hui admis, même si cette théorie scientifique est toujours en discussion, que les Tsiganes viennent d’Inde. Leur langue est dérivée du sanskrit. Les historiens reconstituent peu à peu l’itinéraire de ce peuple, passé par la Perse, l’Asie mineure, les contours de la mer Noire, la Grèce et la Turquie. C’est dans ce dernier pays que leur parcours et leur langue se sont éclatés pour former différentes branches : on trouve aujourd’hui des dialectes influencés par le turc, le grec, le roumain, l’allemand, l’espagnol…
En France, on relate l’arrivée des premiers groupes de « Bohémiens » dès le XVe siècle. On les appelait aussi les « Egyptiens » – d’où viennent les mots « gypsy » en anglais et « gitano » en espagnol (gitan en français). Même s’ils ne venaient pas d’Egypte, les gens étaient sensibles à leur exotisme et concevaient, déjà à l’époque, des idées fausses à leur endroit.
Les Tsiganes qui s’installent en Roumanie ont un statut d’esclave depuis le XIVe siècle, et ce jusqu’au XIXe. C’est à ce moment, lors de leur émancipation, qu’ils commencent à se déplacer vers l’Europe occidentale. Certains viennent en roulotte, d’autres en train, avec des tentes. On trouve, au milieu du XIXe siècle, des reportages dans la presse française sur ces groupes qu’on trouve très pittoresques, les femmes portant de longues jupes colorées et des pièces d’argent dans leurs nattes, les hommes, chapeaux, grandes bottes, barbe et cheveux longs…

o Comment sont-ils accueillis en France ?
Lorsque les premiers Tsiganes arrivent en France, il y a d’abord un moment d’émerveillement. Ils se présentaient aux portes des villes en tant que pèlerins chrétiens, disant qu’ils avaient dû abjurer leur religion sous la pression de l’empire ottoman. Ils disaient qu’ils devaient, depuis, aller de ville en ville sans jamais s’arrêter. Dans les premières décennies, on leur offrait l’hospitalité, des victuailles, de la viande, du vin… Mais peu à peu, on s’est rendu compte qu’ils ne faisaient pas que passer. Et il y a eu de plus en plus de plaintes pour de petits larcins – des vols de volaille dans les campagnes, des arnaques de diseuses de bonne aventure…
A partir du XVIe siècle, l’attitude à leur égard a changé : les autorités se sont mises à les expulser. Et comme tout le monde les chassait en même temps, ils tournaient partout… et ce jusqu’à aujourd’hui ! Mais la vision qu’on s’en fait reste toujours ambivalente, entre fascination et rejet. On les considère toujours à travers des traits stéréotypés, à la fois positifs et négatifs : ils sont libres, et ne respectent pas les lois, proches de la nature, et non-civilisés, leurs filles sont séduisantes, mais ensorceleuses… Louis XIV, par exemple, adorait se déguiser en Bohémien pendant les fêtes à Versailles, ce qui ne l’a pas empêché de signer le « décret du roi contre les Bohémiens ». Au cours de l’histoire, ils ont subi des traitements plus ou moins violents – avec, au plus extrême, la solution finale des nazis, qui aura tué entre 500 000 et 1 million de Tsiganes en Europe, selon les sources.

o Y a-t-il une unité du peuple tsigane ?
L’unité se trouve surtout dans le regard qui est porté sur eux, de l’extérieur. Vu de l’intérieur, il y a plutôt une grande diversité. En banlieue parisienne, par exemple, un gitan qui vend des habits sur le marché peut prendre une cliente rom pour une immigrée d’Europe de l’Est, et la Romni le prendre pour un « gadjo » (terme romani pour désigner les non-tsiganes). A l’inverse, des Roms roumains peuvent se comprendre avec des Roms kaldéraches qui vivent en France depuis le XIXe siècle.
En France, les dialectes romani restent très vivaces dans certaines communautés – comme le manouche dans le Massif central, en Alsace et dans les Pyrénées. D’autres parlent un « argot des voyageurs », dont certains mots ont été d’ailleurs repris dans l’argot des cités [c’est le cas par exemple de « poukave » (dénoncer), « chourave » (voler), « marrave » (frapper)].
o Dans quels secteurs travaillent, traditionnellement, les Tsiganes ?
Les Tsiganes ont souvent associé l’artisanat et le commerce. Du temps des roulottes à chevaux, c’est-à-dire jusqu’aux années 1950-1960, ils s’étaient spécialisés dans la vannerie. Les hommes fabriquaient, les femmes vendaient. Ils travaillaient aussi dans le maquignonnage – ils élevaient des chevaux et les vendaient -, ou encore dans le colportage, les marchés. Puis, avec les automobiles, ils se sont mis à revendre des pièces de voiture et de la ferraille, ou encore tout autre produit de récupération. Les Roms kaldéraches étaient chaudronniers et réparaient le matériel de cuisine, pour des cantines, des hôpitaux, etc. Mais comme le cuivre et l’aluminium ont disparu, ils se sont reconvertis dans la remise en état de l’outillage industriel. Ils ont toujours, en tout cas, su s’adapter aux conjonctures économiques.
Enfin, il y a aussi des familles tsiganes dans le cirque, les fêtes foraines, et une tradition de la musique et de la danse, des spectacles de rue. La musique tsigane est d’ailleurs en vogue aujourd’hui, avec des groupes comme les Gypsy Kings, et le jazz manouche de Django Reinhardt.
Par ailleurs, dans les années 1970 à 1990, on a vu apparaître en France des Tsiganes venus d’ex-Yougoslavie, avec des bandes d’enfants qui font les poches dans le métro. Puis, après la chute de Ceausescu en Roumanie, des Roms de Roumanie et de Bulgarie, qui pratiquent une mendicité parfois agressive. Au passage, les mesures récentes du gouvernement sur l’élargissement de l’accès à l’emploi des Roms ne concerne finalement que peu de monde : les 15 000 à 30 000 Roms venus de Roumanie et de Bulgarie, qui ont acquis une visibilité particulière dans l’actualité ces derniers temps. C’est peu, par rapport aux quelque 300 000 à 400 000 Tsiganes de France.

o Les Tsiganes sont-ils nomades ?
L’image du gitan qui voyage sur les routes est typique d’Europe occidentale. En Europe de l’Est, les Tsiganes sont sédentaires, et sont plutôt associés à l’image des cabanes, de petites maisons misérables dans un guetto, en ville ou à la sortie des villages. Depuis la fin des régimes socialistes, les migrations de l’Est vers l’Ouest de l’Europe sont dues à des motifs économiques et politiques, à des questions de pauvreté et de racisme. En Hongrie et en Roumanie, il ne faut pas oublier qu’il y a des pogroms, des descentes de bandes néo-nazies contre les Roms.
En France, les Tsiganes peuvent vouloir se déplacer pour différentes raisons. Dans mon enfance, dans le Massif central, des Manouches circulaient avec les chevaux, les roulottes, ils s’arrêtaient près des rivières, faisaient un grand feu de camp… Mais ils se déplaçaient de quelques kilomètres par jour, sur à peine deux départements. Il y a aussi beaucoup de mouvements liés à la vie interne de la communauté – noces, décès, religion – et d’autres liés à l’activité économique, pour faire les marchés par exemple. Il y a des déplacements liés aux expulsions aussi… Et des longs voyages dans leurs familles, en Europe ou aux Amériques. Ils ont la culture de la rencontre, toutes les occasions sont bonnes pour se rassembler.
Angela Bolis