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Rencontres Tsiganes

Archives par catégorie : Discriminations / Racisme

Le mémorial du camp de Saliers à ARLES profané 20 septembre 2017

 

Une croix gammée a été peinte sur la stèle du mémorial du camp tzigane de Saliers, un camp de concentration longtemps oublié en Camargue, près d’Arles (Bouches-du-Rhône).  Les associations
du Mémorial des Nomades de France ont annoncé avoir porté plainte contre les auteurs de la récente profanation du mémorial de ce camp et contre le maire d’Arles pour non-dénonciation de ces faits.

Pièces jointes

Qui sont vraiment les Roms de France ? 20 septembre 2017

On estime entre 15 000 et 20 000 le nombre de Roms en France. Venus majoritairement de Roumanie et de Bulgarie, ce sont des Européens à part entière. Ils font pourtant l’objet d’une logique politique d’exclusion et de préjugés tenaces. Des chercheurs démêlent le vrai du faux dans cet article initialement paru dans le numéro 2 de la revue Carnets de science.

https://lejournal.cnrs.fr/articles/qui-sont-vraiment-les-roms-de-france

Expulsion de 200 personnes à bougainville. 9 juillet 2017

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 COMMUNIQUE

 

Ce jeudi 6 juillet 2017, environ 200 personnes, dont la moitié d’enfants, seront remises à la rue après avoir trouvé refuge pendant 1 an et demi dans un bâtiment de la ville de Marseille. Aucune solution de relogement n’aura lieu. Les forces de police travailleront à empêcher toute réinstallation, plongeant les familles dans une situation d’errance contrainte et d’insécurité extrême.

A Marseille, 12 000 personnes vivent à la rue alors que de nombreux bâtiments publics restent inutilisés et 74 000 logements inoccupés.

 

Depuis février 2016 des familles ont trouvé refuge, suite aux expulsions de leurs précédents lieux de vie, dans un site inutilisé appartenant à la ville de Marseille. A moyen terme, ce site serait destiné à accueillir le transfert de l’Unité d’Hébergement d’Urgence. Ce site entrait donc avant l’heure dans ses nouvelles fonctions en offrant un toit à des familles à la rue.

 

Au fil des expulsions sur le territoire marseillais, le nombre de personnes habitant le site a grossi, pour atteindre jusqu’à 250 personnes. Extrême précarité, absence d’intervention des pouvoirs publics, accès aux services de première nécessité très réduits (eau, assainissement, électricité), intérêts économiques de certains habitants et d’entreprises locales profitant de l’opportunité ; le site s’est progressivement empli d’un amoncellement de déchets ménagers et transformé en décharge sauvage.

Les familles et habitants n’ont bénéficié d’aucun accompagnement vers le logement et l’insertion par les pouvoirs publics.

 

Ce jeudi 6 juillet 2017, la police viendra faire appliquer l’ordonnance de quitter les lieux. Ce sera de nouveau une errance sur le territoire marseillais en recherche de nouveaux lieux où s’abriter. La police veillera à empêcher toute nouvelle installation. Ces personnes seront pour la plupart expulsées à peine leurs maigres bagages posés et baladées de friches en trottoirs. De nouveau, les parcours de santé, de scolarité, d’insertion, d’emploi seront rompus.

 

Les associations et les collectifs demandent aux pouvoirs publics de respecter le droit inconditionnel à l’hébergement des personnes prévu par le CASF qui stipule qu’ « II appartient aux autorités de l’Etat de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale. ».

 

Les associations et les collectifs demandent au Préfet Délégué pour l’Egalité des Chances et au Maire de Marseille, dans le cadre de leurs prérogatives et en attente de solutions pérennes, d’apporter des réponses transitoires telles que la réquisition des bâtiments publics inutilisés (ordonnance de 1945), ou encore la stabilisation temporaire de certains lieux de vie.

 

Les associations et les collectifs demandent que soient garantis la dignité et les droits fondamentaux des personnes.

 

Les associations et les collectifs appellent à un rassemblement, jeudi 6 juillet 2017 à 8h00, devant le lieu de vie, au 31 Boulevard Magallon 13015 Marseille (derrière le métro Bougainville).

 

 

Signataires :

Médecins du Monde, Fondation Abbé Pierre, JUST, CIMADE, ATD Quart Monde PACA, CCFD-TS, Pastorale des Migrants, LDH Marseille, Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-Papiers (CADDRIS), Collectif départemental Roms (Aubagne, Aix, Marignane, Gardanne), SAF (Syndicat des Avocats de France), Collectif des Délinquants Solidaires

 

 

 

Contacts Presse :

Laurie Bertrand

Coordinatrice technique Mission Bidonville Médecins du Monde

06 16 45 96 49

Mission.bidonville.marseille@medecinsdumonde.net

Pièces jointes

Un important avis de la CNCDH 24 avril 2017

Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (Extraits)
Situation des « gens du voyage » et des roms migrants

Les questions relatives aux « gens du voyage

CNCDH gens du voyage

 

30/03/17 – Rapporteur national indépendant sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, la CNCDH rend chaque année un rapport dans lequel elle dresse un état de lieux du racisme sous toutes ses formes et des moyens de lutte mis en œuvre par les Institutions de la République et la société civile.

Pièces jointes

CNCDH gens du voyage Télécharger

“A bras ouverts”, esprit fermé – une œuvre inacceptable !!!! 6 avril 2017

Un film qui entraîne de nécessaires  réactions: A LIRE

Communiqué de la CNCDH Romeurope

Paris, le 5 avril 2017

Comme beaucoup de spectateurs, nous sommes atterrés par l’image des personnes dites Roms que renvoie le film A bras ouverts. Empilement de clichés racistes et de préjugés stigmatisants, ce film est un miroir du traitement particulier dont les Roms sont l’objet en France.

Certes le film se veut une comédie et une caricature, mais son auteur ainsi que son acteur principal auront beau se réfugier derrière leur ambition de moquer les « bobos de la gauche caviar », il n’en demeure pas moins qu’il entretient les pires stéréotypes qui alimentent très concrètement le traitement indigne dont sont victimes les personnes Roms.

Le 30 mars dernier, la Commission nationale Consultative des droits de l’Homme (CNCDH) a publié un rapport annuel sur le racisme confirmant que les Roms restent en tête du box-office des personnes les plus rejetées en France. Concrètement, ce sont des refus aux guichets pour ouvrir des droits, des jets de cocktails molotov dans des bidonvilles de personnes identifiées comme Roms, des morts suite à des incendies de leur habitat précaire, des expulsions à répétition sans solution de relogement, des propos haineux envers les Roms

Nous aimerions bien pouvoir rire, mais la situation ne s’y prête absolument pas. Les personnes Roms avec lesquelles les membres du CNDH Romeurope luttent au quotidien vivent en France dans une situation d’extrême précarité, en bidonville, en squats ou à la rue. La mise au ban de la société de ces migrants précaires d’Europe de l’Est est entretenue par des politiques publiques basées sur la destruction à haute fréquence des bidonvilles où ces personnes s’installent. Ces politiques contribuent à l’ancrage dans une misère de plus en plus profonde d’enfants, de femmes et d’hommes qui sont présents en France pour certains depuis de nombreuses années.  Il est toutefois important de rappeler que nombre de Roms en France ne vivent ni dans la pauvreté, ni dans des bidonvilles. « Les Roms » sont pourtant systématiquement associés dans le débat public à un groupe homogène formé de personnes incapables de sortir de la précarité.

Le CNDH Romeurope considère qu’il est urgent de changer de regard, de réaffirmer l’égalité et la fraternité entre tous, ce que ce film ne permet pas.

Spartacus Ursu, membre de l’association la Voix des Roms, réagit à la sortie du film de Philippe de Chauveron.

Né il y a 19 ans en Roumanie, Spartacus Ursu s’est installé en France à 7 ans. Il a vécu dans des bidonvilles jusqu’à ses 13 ans, avant d’être accueilli avec sa famille dans un squat, puis chez un couple. Son histoire a fait l’objet d’un documentaire, «Spartacus et Cassandra», sorti en 2012.

 

Membre de l’association la Voix des Roms, le jeune homme a vu «A bras ouverts». «Le film empile les clichés. Beaucoup de ce qu’il montre est faux : ni poules ni cochons dans les campements, on ne mange ni hérissons ni taupes. Le film rit de situations que les Roms subissent. Si les enfants ne vont pas à l’école, c’est parce que les campements sont régulièrement évacués. Et la violence est liée à la pauvreté.»

 

VIDEO. La critique cinglante du film « A bras ouverts » par un jeune Rom

 

«C’est aussi ce qui explique que certains Roms vivent de la mendicité. J’ai fait la manche de 7 à 17 ans et j’en avais honte, mais il fallait bien manger […] On peut rire de tout, à condition de savoir de quoi on parle. Nous sommes déjà rejetés par la société. Il ne manquait plus pour nous détruire qu’un film qui nous présente comme des sauvages.»

Le Parisien

 

«À bras ouverts» n’est pas seulement un mauvais film, c’est une œuvre inacceptable

Hendy Bicaise — 26.03.2017 – 16 h 22, mis à jour le 27.03.2017 à 9 h 30

Dans les salles le 5 avril prochain, la nouvelle comédie de Philippe De Chauveron avec Christian Clavier reproduira-t-elle le succès de leur précédente collaboration («Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?», 12 millions d’entrées en 2012). S’appuyant sur une représentation abjecte de la communauté Rom, on ne pourrait que le déplorer. Sous ses atours de comédie populaire et enjouée, le film est un objet dangereux qu’il convient de combattre.

 

La famille Rom d’À bras ouverts.

AVERTISSEMENT: Cet article spoile une grande partie du film À bras ouverts, mais un tel développement nous est paru nécessaire pour mieux juger des ressorts nauséabonds du film.

C’était le 6 mars dernier, lors d’une avant-première publique du film à Lille, le scénariste et réalisateur Philippe De Chauveron s’adresse aux spectateurs avant qu’ils ne découvrent À bras ouverts. On lui demande ce que cela fait de le présenter enfin quand il a tant fait parler en amont sur internet.
Sans doute la question porte-t-elle sur un «bon buzz» plutôt qu’un «mauvais buzz», reste que De Chauveron se défend: «Je ne fais pas attention aux polémiques», avant d’ajouter quelque chose qu’il n’aurait sans doute pas pensé préciser en préambule de la projection: «Nous avons essayé de rendre les Roms sympathiques». «Essayé» seulement? Et de les «rendre» sympathiques, vous dîtes? Autrement dit, en réalité, ils ne le seraient pas vraiment? Allez, on taquine… Cessons le procès d’intention, le film parlera de lui-même, se dit-on. Verdict quatre-vingt dix minutes plus tard: À bras ouverts ne rattrape pas ces propos maladroits, il fait même pire, infiniment pire.

Aïe? Ouais, ouais…

 

Pourtant, ça commence en douceur: la première attaque n’est même pas formulée à l’encontre d’un groupe ethnique ou d’une catégorie sociale, elle se porte sur les aficionados de l’art contemporain. Une cible facile et privilégiée de longue date par la comédie française, même dans ses productions les plus nobles. En 1995, Les trois frères aident ainsi à populariser et ridiculiser à la fois Braque et Vaserely (Les Inconnus remportent le César du meilleur premier film).
En 2011, Intouchables réduit un tableau abstrait à l’erreur d’un artiste qui a juste pissé le sang sur la toile (le film totalise 9 nominations aux César). C’est toujours la même rengaine avec l’art contemporain: «Attends, je peux le faire ça, moi aussi», «Le gars, il a pas fait exprès…», etc.. Ici, la première réplique voit ainsi Daphné Fougerole (Elsa Zylberstein) présenter sa dernière œuvre à son mari Jean-Etienne (Christian Clavier), précisant s’être inspiré de l’exposition Monumenta… d’Ai Weiwei.

Or, l’artiste chinois n’a jamais participé à l’événement du Grand Palais. Ça a l’air d’un détail mais ce n’en est pas un, c’est la preuve tangible d’un mépris pour ce milieu artistique, pour ceux qui l’alimentent et ceux qui l’affectionnent. Alors, peut-être De Chauveron se moque-t-il de la méconnaissance de Daphné? Il serait généreux de donner un tel crédit à un film qui s’amusera plus tard à comparer une œuvre conceptuelle à un empilement hasardeux de poubelles.

Passer notre Rom à la machine

En l’occurrence, celui qui s’autorise cette comparaison, le faisant sans penser à mal, c’est Babik, le «chef» d’une famille Rom que les Fougerole hébergent dans leur jardin. À bras ouverts débute par un débat télévisé durant lequel, acculé par son interlocuteur d’extrême droite, l’intellectuel de gauche Fougerole cherche à joindre l’acte à ses belles paroles et annonce que sa maison est désormais ouverte pour toute famille Rom dans le besoin. Avant de revenir plus bas sur la caricature du «gauchiste», il faut s’attarder, longuement, sur la représentation de cette famille, car c’est de ce point de vue que À bras ouverts va rapidement devenir irrécupérable.

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Le blackwashing n’existe pas

Première raison de faire la moue: le choix d’Ary Abittan pour incarner un Rom, l’acteur lui-même ne l’étant pas. Le type de «washing» dont il s’agit reste à définir, mais c’est forcément une maladresse. Seulement, on re-tique derechef quand on découvre que le majordome des Fougerole, l’indien Ravi, est joué en réalité par un certain Armen Georgian. Là, white washing il y a, mais ce à quoi on ne s’attendait pas, c’était de découvrir que le comédien est plus régulièrement connu en tant que «journaliste diplomatique» sur France 24. Un choix curieux, pas seulement parce qu’il ne se hisse pas au niveau de drôlerie de Peter Sellers dans La Party, prestation aussi ayant pour elle d’avoir bientôt un demi-siècle, mais parce que l’on aurait supposé que cette personne que l’on a notamment pu voir s’exprimer sur sa chaîne à propos du génocide arménien aurait eu des scrupules à tourner dans un film qui humilie ouvertement le peuple Rom (eux-mêmes originaires du nord de l’Inde à l’origine, d’ailleurs).

Car le problème est bien là: on pourra parler de caricature, de satire ou de second degré pour légitimer le traitement infligé aux personnages roms, mais les dégâts causés n’en sont pas moins considérables, et ce pour au moins trois raisons:

1/ renforcer l’image déjà négative d’une communauté dans l’esprit des gens n’est jamais souhaitable, même sous l’égide de la comédie…

2/ …probablement moins que jamais quand le distributeur cale la sortie du film à trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle…

3/ …et peut-être moins encore dans le cas de la communauté rom que d’autres puisqu’elle est déjà largement stigmatisée et jugée indésirable dans de nombreux pays de l’Union européenne.

Les dix dénigrements

 

Alors maintenant, prenons le temps nécessaire pour répertorier autant que la mémoire du spectateur le permet l’ensemble des attaques perpétrées à l’encontre de la communauté rom dans le film. La comédie a bon dos, vous n’allez pas être déçus du voyage.

  • 1/ La famille de Babik est laide et sale. Apparences physiques, vêtements, dentition… Ils sont manifestement censés provoquer le rejet. Le pompon revenant au cousin Crouch, mentalement déficient, au visage disgracieux et… qui assomme des hérissons et les dévore crus. Ce serait déjà grossier mais pas encore choquant si De Chauveron ne souhaitait pas ensuite imaginer que l’ensemble de la famille se régale quotidiennement avec les trouvailles de Crouch!
  • 2/ Famille qui, d’ailleurs, contrairement aux Fougerole n’a pas même de patronyme… À quoi bon, n’est-ce pas?
  • 3/ Toujours concernant le physique, Daphné et une amie commentent celui d’Erwan, l’un des membres de la famille de Babik, alors qu’il passe la tondeuse dans la jardin. Elles s’étonnent: «Le Rom est plus trapu et velu normalement, non?» Malgré l’inélégance et la xénophobie intrinsèque à la réflexion, il y avait ici moyen de tordre le coup aux clichés. Or, Erwan étant en réalité un caucasien français intégré incognito aux roms hébergés par les Fougerole, étant plus grand et plus athlétique que les Roms autour de lui, ceci atteste de l’affirmation première de Daphné sur leur physionomie peu avantageuse.
  • 4/ Un «running gag» consiste aussi à se moquer de la façon dont les Roms s’expriment pour demander de l’argent dans la rue: «Sivouplééé!». C’est vrai après tout, c’est tordant la mendicité… L’expression donnait même son titre au projet il y a quelques mois, heureusement changé depuis.
  • 5/ On les voit mendier, mais aussi voler et manipuler les quidams (le fameux coup du faux handicap que le réalisateur reconduit sans vergogne), ou encore faire preuve d’une grande intelligence quand Babik utilise le roman de Fougerole comme papier toilette (et non, ce n’est pas un acte politique).
  • 6/ Ce chef de famille gagne malgré tout notre sympathie pendant les deux-tiers du film, puis De Chauveron prendra les quelques décisions nécessaires vers la fin pour le rendre détestable: Babik devient plus violent, il impose aux femmes de se taire quand les hommes parlent, et va même chercher à vérifier l’hymen de sa fille pour savoir si elle a oui ou non perdu sa virginité avec Lionel, le fils Fougerole.
  • 7/ Aux yeux de spectateurs déjà échaudés, ce mode de pensée jugé archaïque s’exprimera aussi par la demande de Babik que Lionel devienne lui-même rom s’il veut épouser sa fille Lulughia; soit le cauchemar de bien des Français que d’imaginer que les minorités refusent l’intégration au point de leur demander à eux de se conformer à leur mode de vie et/ou leur religion.
  • 8/ Vers la fin du film, lorsque l’on croise d’autres personnages que les «Babik», une poignée de Roumains possiblement Roms mais pas forcément, De Chauveron en cadre un obèse ronfleur mal habillé et un autre plus mince et discret mais qui se balade néanmoins dans un TGV avec une poule sous le bras… car il aurait été tout de même dommage d’imaginer que l’un d’eux puisse lire un roman ou porter le costard.
  • 9/ Filtre ainsi petit à petit l’idée que les Roms sont des sous-hommes. Le coup du PQ littéraire et des hérissons au dîner induisent déjà cela, en plus du fait que Ravi le majordome parle péjorativement de «zoo» pour qualifier le jardin des Fougerole depuis leur arrivée. Mais Philippe De Chauveron est capable de pire. Il faut voir ce plan ignoble sur la main de Babik la première fois qu’il sonne chez Fougerole, lente et squelettique comme celle d’un vampire.

– Il est montré comme un vampire… Oui, oui. Ce plan + l’idée qu’il doit être invité chez vous pour mieux vous nuire. #ABrasOuverts pic.twitter.com/da4ud1ntv1

— Hendy Bicaise (@hendicaise) March 16, 2017
De quoi convoquer un pan célèbre de la mythologie de la créature: l’idée qu’elle doive impérativement avoir été invitée par l’hôte pour avoir le droit de passer le pas de sa porte. Et en l’occurrence, Jean-Etienne Fougerole a bien invité les «Babik», il ne pourra dès lors pas se plaindre s’il se fait saigner à blanc.

  • 10/ Viendra ensuite la grande scène finale… Dans la plupart des comédies françaises jouant sur le choc des cultures, l’épilogue se veut une grande fête où les anciens ennemis devenu amis s’amusent ensemble, alors que le générique s’apprête à défiler. Devant tant de malaise et d’abjection, on était prêt à accueillir chaleureusement ce lieu commun naïf et hypocrite du genre. Seulement surprise, si fête il y a, en l’occurrence le mariage de Lionel et de Lulughia en Roumanie, le sourire vire à la grimace pour Fougerole qui réalise que la famille de Babik va rester dans sa vie pour toujours…

Le Rom, ennemi commun

 

Face à À bras ouverts, on en viendrait presque à regretter Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?, le précédent De Chauveron, qui reposait sur un comique de vannes, rebonds d’une communauté à l’autre, toutefois nuisible dans sa façon de marteler et entériner les stéréotypes. Son excuse pouvait être de taper équitablement sur tout le monde façon South Park (qui est passé à autre chose depuis une quinzaine d’années), mais une hiérarchie existait en réalité: quand l’un des gendres du personnage incarné par Christina Clavier imagine pour plaisanter que s’il avait eu une cinquième fille, elle aurait épouser un Rom… tout le monde se marre.
De même que Rien à déclarer (Dany Boon, 2010) permettait aux Belges et Français de dépasser leurs discordes en trouvant un nouvel ennemi commun, le Chinois. Ici, c’est le Rom qui permet de trouver un terrain d’entente, dans la haine de l’autre donc. Le gag de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu? est devenu un film entier, avec un ennemi unique désigné, dont on pourra cette fois «rire de» plutôt que «rire avec» puisqu’il est probable qu’une majorité de roms vivant en France ne dépensent pas leur argent pour se faire humilier sur grand écran ce printemps.

L’idée n’est donc pas d’aller draguer les spectateurs de la communauté vivant en France, comme ce fut le cas de celle portugaise avec La Cage dorée (Ruben Alves, 2013), ou de se réjouir qu’ils se rendent dans les salles même si ce n’était pas calculé (on pense en particulier aux Hmongs, petit boost surprise de Gran Torino de Clint Eastwood en 2008).
Dans le cas de À bras ouverts, la moquerie semble donc se faire dans le dos des roms. Le portrait est de surcroit tellement rabaissant qu’il invite même à la comparaison entre le film et Les visiteurs. Seulement, tant que le voyage dans le temps n’existera pas et ne fera pas de nos ancêtres nos contemporains, on pourra se permettre de se moquer d’eux…

@hendicaise on dirait Les Visiteurs (Avec des Roms à la place des Moyennageux)

— Victor Saint Macary (@victorsaintmac) March 17, 2017

«On est chez nous!»

Alors que, dans le cas présent des Roms, franchir une frontière non pas temporelle mais spatiale pour mieux humilier ses voisins, faire fi des persécutions qu’ils subissent, se désintéresser complètement de leurs us et coutumes (ah si pardon, j’oubliais le civet de hérissons…) et se concentrer uniquement sur les clichés les plus odieux, ça, c’est inacceptable. Et le plus révoltant, c’est ce que l’on ne parviendra pas même à dire avec assurance que «l’enfer est pavé de bonnes intentions» à l’endroit de Philippe De Chauveron.

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En 2016, la comédie française a encore rimé avec malaise

La question doit néanmoins se poser, comme toujours. Prenons l’exemple de Just the wind (Benedek Fliegauf, 2012), film autrement moins léger que À bras ouverts, revenant sur le meurtre d’une famille entière de roms en Hongrie en 2009. Un carton au début du film dénonce l’injustice, et sert dès lors de parade pour le réalisateur, puisque sur le papier ses intentions sont dès lors officiellement bonnes. Or, par sa mise en scène, Fliegauf montre par la suite les personnages comme vils, répugnants, fainéants voire responsables de leurs supplice (c’est l’un d’entre eux qui provoque gratuitement la seule bagarre du film), et ne les filmera dignement que dans la mort.
Et bien chez Philippe De Chauveron, c’est la même chose, ce sont finalement des décisions esthétiques et narratives qui expriment ce que la seule comédie ne pensait pas dire. C’est là que se pose la traditionnelle question de la distinction entre le discours des personnages et celui du film. Lorsque Daphné hurle «On est chez nous!», il est possible que De Chauveron se moque seulement des relents estampillés FN de quelqu’un se réclamant de gauche. Il va pourtant apposer son propre discours sur celui des personnages.

Le réalisateur met en place une sorte de système faisant que les dires de ses personnages de gauche faussement progressistes se révèlent presque systématiquement contredits par l’image. Un exemple: Fougerole cherche à convaincre le maire de sa ville que les Roms sont victimes de clichés infamants, cut, plan suivant, la mère bien portante de Babik tient en laisse un énorme cochon, partant en promenade. Second exemple: Fougerole est sur son lit devant la télévision et insulte bassement l’élu d’extrême droite à l’écran, ceci déclenche automatiquement l’arrivée des «Babik» à l’intérieur de sa maison, souhaitant utiliser ses toilettes, sous-entendu et gag attendu: le début des emmerdes.

Fougerole est en quelques sortes puni, le cut et le champ-contrechamp font le travail: à peine a-t-il reproché à demi-mot le racisme de son ennemi politique que le film lui donne tort, c’est bien le politique d’extrême droite qui a raison, celui qui sait mieux que Fougerole que les Roms, ces vampires, ne risquent pas de s’arrêter au seuil du foyer. On n’est plus chez nous…

À droite toute!

Le plus gênant dans À bras ouverts, c’est bien cela, c’est qu’il donne systématiquement raison au personnage d’extrême droite. L’élu s’appelle Barzach, ce qui sonne un peu comme Forbach, fief de Florent Philippot, mais peut-être n’est-ce qu’un hasard. Il faut aussi dire qu’il est jeune, et qu’il est homosexuel, mais là encore, possible qu’il ne s’agisse que d’une coïncidence de caractérisation plutôt qu’une inspiration. Que ce soit le cas ou non, il y a là une volonté de rajeunir et de revaloriser l’image historiquement étriquée de l’extrême droite française, a contrario de la gauche incarnée par Fougerole, profondément ridiculisée. L’homme est plus vieux, moins séduisant, libidineux et maladroit, et plus que tout, c’est un menteur.

Et cela, Philippe De Chauveron ne l’indique non pas uniquement au détour de cuts assassins mais de façon plus diffuse. On le comprend quand Barzach nous dit que Fougerole accueille avec une feinte générosité les «Babik» pour mieux «vendre sa soupe», et que cela s’avère, puisqu’effectivement l’intellectuel pense aux ventes de son dernier essai en premier lieu. Idem quand Barzach nous dit qu’il est «démago», l’attitude de Fougerole dans le film tendra à le prouver de plus en plus clairement au fil du récit.

Si l’on peut arguer que la pensée politique d’extrême droite est bel et bien différente des autres, plus nocive et nauséabonde, certains spectateurs jugeront acceptable et même bienvenu qu’un parti nationaliste ait voix au chapitre au travers d’un film, «pour une fois». Ils peuvent le penser, mais on peut aussi estimer qu’il en va de la responsabilité des producteurs et distributeurs, et surtout avec un «timing» ostensiblement seyant, de ne pas livrer aux spectateurs des comédies aux discours rances et à ce point hostiles aux minorités, faisant le lit de l’extrême droite.

En début d’année, Si j’étais un homme d’Audrey Dana a déjà été accusé de transphobie, depuis quelques semaines Gangsterdam a lui été accusé d’homophobie, de misogynie et de prôner la culture du viol (sortie le 29 mars).

Donc dans le film Gangsterdam, qui sortira à la fin du mois avec son avalanche de promo, il y a beaucoup de scènes vraiment pas terribles.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Mais surtout, il y a une scène particulièrement choquante.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Pour résumer, 4 potes gentils arrivent à coincer et à maîtriser 2 potes méchants. Jusque-là, tout va bien.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Celui-ci suggère, plutôt que de les tuer, des les humilier. Et pas n’importe comment.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Regards en coin, les gentils s’interrogent… Finalement, ils acceptent. Après micro-réflexion collective de 4 secondes.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Et tout le monde en rigole. Les gentils, évidemment, mais aussi les premiers concernés.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Bienvenue dans le monde merveilleux de scénaristes qui ne se rendent même pas compte de ce qu’ils sont en train de faire.

— Pablo Maillé (@PabloMaille) March 14, 2017

Avec sa représentation proprement inacceptable de la communauté rom, À bras ouverts s’ajoute à ce corpus et invite, plus encore qu’à souhaiter son insuccès, à espérer un éveil moral des décideurs au-delà même des auteurs et connaître au plus tôt une nouvelle mue de la comédie française.

 

Jean Marie LE PEN à nouveau condamné. 24 mars 2017

 

 

La Cour d’appel d’Aix en Provence a de nouveau condamné Jean Marie LE PEN pour les propos qu’il avait tenus à Nice lors d’une conférence de presse.

« Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Roms qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante. Ceci n’est que le petit morceau de l’iceberg », avait notamment déclaré Jean-Marie Le Pen.

Devant la Cour d’Appel il a maintenu ses propos : « Ce sont des termes que je maintiens parce que je les ai pensés », avait expliqué à la barre le père de Marine Le Pen, qui devra payer 2.000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme, partie civile. La Ligue des droits de l’Homme, partie civile en première instance, recevra 1.000 euros.

La cour d’appel d’Aix-en-Provence l’a de nouveau reconnu coupable de provocation à la haine et à la discrimination pour ces propos et condamné a 5.000€   d’amende

 

 

 

Pièces jointes

Roms en Hongrie : une lueur d’espoir 21 février 2017

Le rapport d’Amnesty International  sur la situation des Roms en Hongrie montre que, la discrimination envers cette communauté ne se limite pas à la seule Roumanie

Publié le 26.01.2017.

Amnesty International / David Gaspar

https://www.amnesty.fr/discriminations/actualites/roms-en-hongrie-une-lueur-despoir

Quatre ans après le déferlement de haine contre les communautés roms de Devecser dans l’ouest de la Hongrie, la Cour européenne des droits de l’Homme exhorte le gouvernement à mieux protéger cette minorité.

Le 5 août 2012, les familles roms de la ville de Devecser, dans l’ouest de la Hongrie, ont fait face à un déferlement de haine d’une rare violence. 700 militants d’extrême droite se sont rués sur leurs habitations armés de parpaings. Saisie des faits, la Cour européenne a rendu une décision qui dénonce la passivité de la police et de la justice au moment des faits.

Une victoire pour les familles roms

C’est une décision qui sonne comme une victoire aux yeux des familles roms violemment agressées par des centaines de militants d’extrême droite à Devecser, en Hongrie le 5 août 2012.

A l’heure où le climat xénophobe de la Hongrie fait couler beaucoup d’encre, les attentes étaient fortes de voir officiellement reconnues par la Cour européenne les pratiques anti-tsiganes qui sévissent dans le pays depuis de nombreuses années.

Un signal fort envoyé au gouvernement hongrois

En dépit des plaintes déposées par les familles en 2012 suite à leur agression, l’enquête n’avait rien donné, la motivation haineuse n’avait pas été retenue et les agresseurs courent toujours.

En reconnaissant le comportement passif des forces de police au moment de l’agression et le manque d’empressement de la justice à qualifier les faits de crimes de haine, la Cour européenne envoie un signal fort au gouvernement actuel de Victor Orban, dont le parti, Fidesz, est réputé pour ses positions hostiles aux minorités.

Le Jobbik, 3ème parti au gouvernement ouvertement d’extrême droite, s’est quant à lui, illustré pour ses propos d’une rare violence à l’égard des Roms.

Le calvaire de la minorité rom hongroise

En 2008 et 2009, une série d’attaques anti-tsiganes avaient coûté la vie à six personnes appartenant à la minorité rom. Aujourd’hui, la minorité continue de subir discrimination et rejet dans de nombreux domaines comme l’école et l’emploi.

Dans notre rapport de 2010 « Agressions contre les Roms en Hongrie. Il faut enquêter sur les motivations racistes des agresseurs », nous interpellions le gouvernement hongrois sur l’importance de reconnaître et de traiter les crimes de haine mais également de protéger les populations ciblées par ces crimes.

 

 

 

 

Pièces jointes

Confirmation de la condamnation de Mr Jousse, ex-maire de Roquebrune/Argens 21 février 2017

 

 

Le 12 novembre 2013, le maire de Roquebrune sur Argens déclarait lors d’une réunion publique et suite à un départ de feu sur un terrain occupé par des familles roms : “Je vous rappelle quand même que les gens du voyage, que dis-je, les Roms, m’ont mis neuf fois le feu. Neuf fois des départs de feux éteints par le SDIS dont le dernier, ils se le sont mis eux-mêmes. Vous savez ce qu’ils font : ils piquent des câbles électriques et après ils les brûlent pour récupérer le cuivre et ils se sont mis à eux-mêmes le feu dans leurs propres caravanes. Un gag ! Ce qui est presque dommage, c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours ! Mais je ne l’ai pas dit, je ne l’ai pas dit. Non mais parce que les Roms, c’est un cauchemar, c’est un cauchemar

Le recours contre l’arrêt de la Cour d’Appel d’Aix en Provence du 26/05/2015, condamnant le Maire pour délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence pour leur appartenance à une ethnie, une race, une religion, vient d’être rejeté.

 

Cour de cassation provocation discrimination (1)

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Un racisme soft ? 24 janvier 2017

Du 30 janvier au 4 février prochain s’ouvre dans les Bouches du Rhône une Semaine départementale de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine. De nombreuses manifestations auxquelles Rencontres Tsiganes prendra part vont tenter de mettre en lumière les diverses formes de racisme et d’exclusion qui subsistent et parfois se renforcent dans notre région .

 

Le dernier rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme sur ce thème fait état « d’une plus grande tolérance de l’opinion publique depuis 2015…. Cette progression générale de la tolérance, déjà perceptible en novembre 2014 et en mars 2015, s’est confirmée lors de la dernière vague du baromètre réalisée en janvier »

 

Ce constat, à priori encourageant, peut cependant étonner ceux qui, au quotidien, sont confrontés aux diverses formes d’exclusion fondées sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les «races», ou, plus souvent encore, sur une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. Les Roms/Tsiganes ou encore gitans ou gens du voyage, qu’ils soient ou non citoyens français, font historiquement partie de ces “catégories » considérées comme inférieures. Ils sont condamnés à choisir entre une marginalisation coupable et une assimilation qui, sous le prétexte du droit commun nie leurs histoires et leurs cultures.

 

En contact régulier avec les divers membres de cette population, nous mesurons que le rejet dont ils sont l’objet ne se réduit pas hélas. La récente lettre de Monsieur Ravier, maire des XIIIème et XIVème arrondissements de Marseille, diffusée dans toutes les boîtes aux lettres est le dernier exemple de ce racisme assumé et appuyé de multiples informations mensongères et d’un appel à la haine. Moins ouvertement mais tout aussi pervers est le comportement de certains élus qui se refusent d’appliquer la loi et de permettre aux voyageurs de s’arrêter ou de séjourner sur leur propre terrain. Ils mettent en avant la sécurité et la tranquillité de leurs électeurs laissant ainsi supposer que les arrivants sont de dangereux délinquants. Comment justifier encore le comportement de ces agents en charge de fournir un bien reconnu de première nécessité, l’électricité et qui, sans prévenir coupent brutalement l’alimentation électrique d’une quarantaine de familles avec enfants et personnes âgées au matin d’un jour de grand froid ?

 

De telles attitudes que nous dénonçons régulièrement mettent en cause des élus, des fonctionnaires, des responsables politiques qui prennent prétexte d’une opinion publique désorientée et sensible aux arguments xénophobes de l’extrême droite et parfois la droite.

 

Certes dans les derniers mois de l’année 2016 des nouvelles rassurantes laissent espérer une évolution plus conforme au nécessaire respect de la diversité. Le discours du Président de la République à Montreuil Bellay en mémoire de l’enfermement des Tsiganes pendant la guerre de 1939-1945, la reconnaissance officielle de la culture tsigane par la signature d’une charte et le vote par le Parlement le 22 décembre 20016 de la suppression de la loi du 6 janvier 1969 qui faisait des gens du voyage des citoyens de seconde zone, sont autant de signes positifs venus d’en haut mais qu’il conviendra de faire reconnaître et appliquer sur le terrain. C’est la lourde tâche qui est devant nous et la semaine de lutte contre le racisme qui s’ouvre sera une nouvelle occasion de faire entendre la voix des discriminés.

 

Marseille le 20/01/2017

 

Alain FOUREST

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L’UE reconnait son échec dans la lutte contre la discrimination des Roms 23 décembre 2016

 

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Par : Euroefe | Traduit par: Marion Candau

30 nov. 2016 (mis à jour: 30 nov. 2016)

« Les Roms disent : ça suffit ! »

Exclusion sociale, chômage, pauvreté et même famine : voilà ce qui résume le quotidien des Roms dans l’UE, selon l’agence européenne des droits fondamentaux. Un article d’EurActiv Espagne.

« Ce rapport met en lumière une réalité inquiétante et inévitable : la plus grande minorité ethnique de l’UE continue d’être victime d’une discrimination intolérable et d’une inégalité d’accès aux services de base », résume Michael O’Flaherty, directeur de l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA).

30 % des Roms européens manquent d’eau potable, un enfant sur trois vit dans un foyer où il souffre de la faim et seuls 53 % des mineurs reçoivent une éducation primaire.

Les données, recueillies dans la « seconde enquête de l’Union européenne sur les minorités et la discrimination », proviennent d’entretiens avec près de 8 000 Roms et rassemblent des informations sur 33 787 membres de cette minorité dans neuf pays de l’UE.

C’est en Bulgarie, en Croatie, en République tchèque, en Grèce, en Hongrie, au Portugal, en Roumanie, en Slovaquie et en Espagne que vivent cinq des six millions de Roms résidant dans l’UE.

Des politiques qui tournent à l’échec

Environ 80 % d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, exactement le même pourcentage qu’en 2011, année du sondage précédent. Dans la population globale, les personnes vivant sous ce seuil représentent 17 % de la population.

« Étant donné l’ampleur des ressources investies ces dernières années et le poids des politiques de la Commission, je crois que nous pouvons qualifier cette absence de progrès d’échec », regrette Andrey Ivanov, un des responsables du rapport, qui s’est concentré sur les données et non sur les solutions.

Andrey Ivanov, chef de la section des Roms et de l’intégration des migrants à la FRA, reconnaît qu’il est très difficile de résumer les raisons de ce manque d’avancées, mais qu’il faut tout de même reconsidérer les politiques.

>> Lire : La France poursuit sa politique d’expulsion des Roms condamnée par l’Europe

« Un des indicateurs les plus marquants de ce sondage est celui de la faim : 7 % des personnes interrogées assurent que dans leur foyer au moins une personne a souffert de la faim quatre fois durant le mois précédant l’entretien.

Selon les données collectées auprès de ces personnes, le taux de chômage est de 34 %, et celui de scolarisation, chez les enfants âgés de sept à 14 ans, est de 93 % mais retombe à 52 % chez les jeunes de plus de 15 ans et de 5 % pour les plus de 18 ans.

Par ailleurs, 20 % des élèves roms dans le secondaire ont un niveau inférieur aux autres élèves de leur âge. Même si elle est interdite, la ségrégation des enfants dans les écoles est toujours très fréquente en Grèce, en Hongrie, en Slovaquie et en Bulgarie.

Dans ce dernier pays, 60 % des enfants roms scolarisés entre 6 et 15 ans vont dans des centres où tous leurs camarades de classe sont de la même ethnie.

Quant au logement, un autre grand indicateur du niveau de vie, la situation est très grave en Europe de l’Est et meilleure en Espagne et au Portugal. Ainsi, 67 % des Roms vivant en Roumanie n’ont pas l’eau courante et 65 % des Roms de Bulgarie n’ont pas de toilettes, de douche, ou de salle de bain.